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LETTRE n° 98
Mars 2009

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

Le respect des droits de l’homme et des libertés :
une exigence au cœur des relations entre croyants

A la fin de l'année 2008, plusieurs colloques entre chrétiens et musulmans, marqués par des échanges aussi fraternels qu'exigeants, ont abouti à des "déclarations communes". Ce fut le cas à Bruxelles en octobre lors d’un séminaire rassemblant des chrétiens et des musulmans d’Europe dont nous publions la déclaration dans les pages qui suivent. Ce fut aussi le cas à Rome lors du forum catholico-musulman dont nous avons publié la déclaration finale dans le précédent numéro (Lettre du SRI, 97, décembre 2008).

Ces textes sont importants car ils engagent leurs signataires qui ont des responsabilités dans les Eglises chrétiennes ou sont des personnalités influentes au sein des communautés musulmanes. Les uns et les autres ont le souci d’affirmer le respect des droits de l’homme et des libertés, inscrits dans les différentes déclarations internationales qui fondent le vivre ensemble planétaire.

Mais les droits de l’homme forment un tout et doivent pouvoir être partout respectés. Comment demander le respect des libertés de conscience et de religion, y compris le droit de choisir sa religion, quand les droits élémentaires de la personne humaine ou d’un peuple sont bafoués ?

A l’occasion de la fête de Noël et du début de l’année 2009, nous avons échangé des souhaits et vœux de paix et nous les avons renouvelés à l’occasion du 1° jour de l’an musulman. C'était malheureusement dans le contexte de la guerre à Gaza, guerre dont les conséquences dramatiques pour le peuple palestinien demeurent jusqu’à ce jour.

Nous savons que ce conflit entre palestiniens et israéliens n’est pas d’abord un conflit religieux mais un conflit politique ; nous savons aussi que la dimension religieuse ne peut être oubliée, particulièrement dans cette région. Nous comprenons l’émotion des musulmans dans le monde puisque près de 98 % de la population de Gaza est musulmane. Les témoignages que nous avons reçus des chrétiens de Gaza qui font aussi partie du peuple palestinien expriment la même angoisse et les mêmes souffrances.

Je reviens d’Egypte et j’ai pu mesurer combien l’émotion et la colère restent vives devant le sort réservé à la population de Gaza, l’aide humanitaire internationale bloquée, des conditions inhumaines qui ne seraient tolérées dans aucune autre région du monde : « A Gaza, le peuple palestinien est acculé comme un chat dans une impasse. Avant même l’offensive israélienne, il ne jouissait ni de la liberté ni de la paix ni de la justice.», déclarait le patriarche de Jérusalem, Mgr Fouad Twal. (Interview à La Croix, 8 janvier 2009). En France aussi, l’émotion est profonde, le sentiment d’injustice devant les morts, les blessés, les destructions, est fort chez beaucoup, musulmans, chrétiens et même parmi des amis d'Israël. Les responsables politiques se réjouissent car il n’y a pas eu d’affrontements intercommunautaires sur notre sol. Les médias ne s’intéressent plus à Gaza … la page serait-elle tournée ?

Au cœur de nos relations entre croyants, nous ne pouvons pas oublier notre responsabilité de citoyens et tout simplement notre condition d’êtres humains créés par Dieu « à son image et à sa ressemblance ». Nous ne serons crédibles dans notre engagement et les liens que nous tissons entre croyants que si la cause de l’homme, inséparable de la cause de Dieu, est au centre de nos paroles et de nos actes, que si  le respect de la dignité de tout être humain, la justice pour chacun comme individu et comme peuple est au cœur des initiatives que nous prenons. 

Christophe Roucou

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"Etre citoyen d'Europe et homme de foi, chrétiens et musulmans,
partenaires actifs dans les sociétés européennes"

 Déclaration finale de la rencontre islamo-chrétienne européenne à Malines en Belgique

Cette rencontre, organisée par le Comité conjoint pour les Relations avec les Musulmans en Europe du Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) et de la Conférence des Églises d’Europe (KEK), avec le soutien financier de l’Union européenne, a réuni, du 20 au 23 octobre 2008, 45 musulmans et chrétiens provenant de 16 pays d’Europe. [1] Elle s’inscrit dans le cadre de l’Année européenne du dialogue interculturel et du 60e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies.

Comme chrétiens et musulmans, nous nous sommes réunis ici, dans la ville de Malines, en Belgique, afin de discuter sur le thème "Etre citoyen d’Europe et homme de foi".

À la suite des profondes transformations qu’elle vit actuellement, l’Europe est en train de devenir une société pluraliste, interethnique, interculturelle et interreligieuse. Et cela en partie à cause des migrations, tant à l’intérieur de ses frontières que provenant de l’extérieur.

Certains pays d’Europe ont une religion d’État, d’autres pas. Cependant, tous adoptent en principe une attitude résolument neutre vis-à-vis de la religion. Cette attitude tend à créer une situation dans laquelle toutes les Églises et religions reçoivent le même traitement, jouissent des mêmes droits et sont tenues d’observer les mêmes devoirs et responsabilités. En certains endroits, on observe une tendance à reléguer progressivement la religion dans la sphère privée, ce qui peut aboutir à sa marginalisation du domaine public, et par suite, à la suppression de toute manifestation publique de la foi.

Les Églises, communautés religieuses et communautés idéologiques d’une part, et l’État de l’autre, sont des entités distinctes qui interviennent dans des domaines différents. Néanmoins, dans toute société démocratique, les premières ont le droit et le devoir de guider leurs membres. L’État doit se garder de mettre ses citoyens dans l’obligation de choisir entre leur loyauté à son endroit et leur fidélité à leurs convictions religieuses. L’État est en droit d’exiger de tous ses citoyens un engagement clair et public en faveur de la démocratie et une attitude responsable en vue de leur intégration dans la vie, la culture et les traditions du pays.

Comme chrétiens et musulmans, nous déclarons que nous sommes citoyens et croyants, et non pas citoyens ou croyants. Nous sommes donc appelés à travailler main dans la main avec l’État auquel nous appartenons selon les modalités les plus appropriées, sans devenir pour autant des subalternes du gouvernement. Nous disons cela parce que nous sommes convaincus que les communautés religieuses et l’État doivent construire ensemble le bien commun. Cette conviction découle de notre sentiment d’appartenance non seulement à nos dénominations respectives, mais aussi à l’entreprise collective qu’on appelle citoyenneté. Nous croyons que l’unité et la diversité de nos sociétés contribuent à les enrichir et à les rendre meilleures.

Comme chrétiens et musulmans, nous croyons que le futur de nos sociétés européennes dépendra en grande partie de notre volonté, comme citoyens et hommes de foi, de préserver et développer les fondements culturels et religieux de l’Europe, ainsi que de la possibilité qui nous sera donnée d’y contribuer.

Comme chrétiens et musulmans, nous croyons au principe d’intégration. Ce principe ne doit jamais comporter l’obligation de renoncer à notre identité religieuse, ce qui pourrait être le cas si on nous interdisait de porter ou d’exposer des symboles religieux dans les lieux publics, ou si on nous empêchait de célébrer nos fêtes religieuses sous prétexte qu’elles risquent de heurter la sensibilité des autres croyants ou qu’elles vont à l’encontre des principes de l’État laïc.

Comme chrétiens et musulmans, nous reconnaissons le droit à la liberté de conscience, le droit de changer de religion ou de décider de vivre sans religion, et le droit de manifester publiquement et de proclamer nos convictions religieuses sans être ridiculisés ou réduits au silence par les préjugés, les stéréotypes intentionnels et l’ignorance.

Comme chrétiens et musulmans, nous croyons que le dialogue consiste autant à écouter qu’à parler, en nous permettant ainsi d’approfondir notre connaissance mutuelle. C’est pourquoi nous affirmons la nécessité d’écouter les femmes et les hommes dans tous les domaines du leadership de la société civile.

Ce dialogue doit exister non seulement entre nous, musulmans et chrétiens, mais aussi avec les autres grandes religions et traditions humanistes. Lorsque ce dialogue débouche sur l’action, celle-ci peut également inclure les ONG, conseils religieux et autres organisations communautaires. Nous apprenons ainsi à guérir les blessures de la division dues aux conflits du passé, afin de devenir vraiment des ambassadeurs de réconciliation. Pour cela, il est nécessaire de nous connaître les uns les autres.

Comme chrétiens et musulmans, nous affirmons par-dessus tout l’importance du témoignage de notre religion et de nos traditions respectives. Nous offrons un témoignage commun du fait que l’homme découvre son identité à travers sa relation à Dieu. Cela nous amène à affirmer l’importance primordiale et le rôle vital de la famille, de la dignité humaine, de la justice sociale et de la défense de l’environnement. Cela exclut également tout recours à la violence au nom de la religion. Nous condamnons par ailleurs toutes les formes militantes et hostiles du laïcisme qui créent des discriminations entre les citoyens et ne laissent plus aucune place à la foi et à la pratique religieuse. Nous soutenons non seulement l’engagement social des communautés religieuses mais aussi leur appel commun à vivre selon la Parole de Dieu.

Comme chrétiens et musulmans, nous appelons à un approfondissement de notre connaissance mutuelle, en ouvrant les mosquées et les églises aux visiteurs des autres communautés et en apprenant des personnes engagées. Cela inclut des rencontres entre spécialistes et des échanges universitaires. Nous devons nous intéresser à l’esprit des religions autant qu’à leur apparence extérieure. Nous nous engageons à éviter toute généralisation à propos de l’« Autre ».

Les droits humains sont universels, et parmi eux, il y a le droit à la liberté de religion. Nous appelons de nos vœux un partenariat entre chrétiens et musulmans en Europe afin de promouvoir ce droit fondamental. La solidarité avec ceux qui souffrent dans et hors d’Europe doit être encouragée, et une médiation doit être offerte chaque fois que possible.

L’identité comporte de nombreuses couches, dont l’une est la religion. À l’image d’une corde dont la solidité dépend de ses nombreux fils torsadés, notre identité est celle d’Européens, de citoyens de tel ou tel pays, ayant une certaine origine ethnique. Nous sommes stimulés à bâtir des ponts entre les cultures et les religions. L’Europe est appelée à devenir un laboratoire de connaissance mutuelle pour les musulmans et les chrétiens.

Notre désir pour les générations futures est qu’elles vivent en paix et en harmonie en tenant compte de nos différences religieuses, et qu’elles travaillent au progrès de la société. Le dialogue interreligieux doit débuter très tôt, là où les enfants et les jeunes se rencontrent et prennent conscience de leurs différences, c’est-à-dire dans les salles de classe et les cours de récréation de nos collèges et dans nos communautés religieuses. Cela demande des projets spécifiques au niveau local.

En tant que participants, nous nous engageons à diffuser le contenu de ce document dans nos communautés et structures respectives, et à encourager son application concrète tant au niveau national que local. Nous recommandons qu’une conférence soit organisée pour en assurer le suivi, et nous suggérons qu’elle se tienne dans deux ans, afin de vérifier les progrès accomplis en réponse aux défis que nous avons indiqués, et d’envisager les nouvelles questions qui pourraient se présenter.

Mechelen/Malines, 23 Octobre 2008, Texte original : anglais



[1]     Parmi les français participant à cette rencontre : Mgr Jean-Luc Brunin (évêque d'Ajaccio), Mme Bénédicte du Chaffaut, Mr Azzedine Gaci (président du CRCM Rhône-Alpes), Mr Saïd Ali Koussay (co-président du GAIC) et Mr Abdallah Dliouah.

 


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ë    Paris (Chrétiens en Forum) - 14 et 15 mars 2009

A Ivry-sur-Seine, l'association organise le12ème Forum sur "Choc des identités, vers une société métissée". Conférences d'Hamid Vienot (psychothérapeute) : "Vous avez dit identité ?" et de Joseph Maïla (directeur du Centre de Recherche sur la Paix) : "Du choc des identités à une société métissée". Ateliers : "Les identités dans la cité" et "Acteurs du métissage au quotidien", table ronde : "Identités et métissage dans l'espace public". Renseignements : Chrétiens en Forum, 4, allée Pernette du Guillet, 75019 Paris - T. 01 43 31 74 74 - forum@cef.fr

ë    Gennevilliers - Mosquée En Nour - 4 avril 2009

 "Après Gaza, questions pour l'Occident", la mosquée ouvre ses portes à "La Maison islamo-chrétienne", le samedi 4 avril. A 15 h, accueil par des musulmans de Genneviliers, visite de la mosquée, exposition. A 15 h 30, conférence-débat : "La relation Monde mususulman-Occident après Gaza" par Mr Mustapha Chérif et "Un prêtre syrien au milieu des musulmans" par le Père Elias Zahlaoui.
Entrée libre. Renseignements : T. 01 49 12 49 88.

ë   Cathédrale d'Evry - 26 avril 2009

Le Service Diocésain des Relations avec l'Islam propose une conférence à deux voix entre Mgr DUBOST et Mr. Mahmoud AZAB, sur le thème "Islam et christianisme, l'esprit et la lettre". Peut-on interpréter le Coran ? la Bible ? Faut-il les interpréter ? De 17 h à 19 h dans la salle de conférences de la cathédrale d'Evry. Renseignements : Mme Hélène Dixmier, T. 01 69 06 44 53.

 

ë Lyon (Centre d'Etudes des Cultures et Religions - Université Catholique) - 28 avril 2009

De 9h à 17h : journée d'étude sur le thème "L'adoption : enjeux interculturels et interreligieux". Cette journée d'études abordera les enjeux interculturels et interreligieux liés à cette démarche. Quel regard portent les religions sur cette démarche ? Comment démêler le culturel du religieux ?

Renseignements : CECR - T. 04 72 32 51 31 - cecr@univ-catholyon.fr 

 

ë Angers (Faculté de théologie) - 9 mai 2009

Dans le cadre des "Ateliers, connaissance des religions", une matinée, de 9h30 à 12h30 sur le thème : "L'islam : 'Tout vient de Lui'", avec Malek Chaieb.

Renseignements : Faculté de théologie, T. 02 41 81 66 22 - theologie@uco.fr

 

ë Paris (La Fraternité d'Abraham) - Conférences :

- Mercredi 13 mai 2009, à 18h30 : "Le devenir du dialogue islamo-chrétien", par Christophe Roucou (SRI) et Djelloul Seddiki (vice-recteur de la Mosquée de Paris). Espace Bernanos, 4, rue du Havre, 75009 Paris.

- Dimanche 7 juin 2009, à 14h : "Le devenir du dialogue judéo-musulman", par Abdel Rahmène Azzouzi (professeur au CHU d'Angers) et Philippe Haddad (rabbin du CCJUVC). 19, rue de l'Assomption, 75016 Paris.

 

ë    G.A.I.C. - Pèlerinage islamo-chrétien - 23 mai 2009

 Pèlerinage islamo-chrétien à Chartres sur les pas de Marie, avec marche, visite guidée sur les lieux et leur symbolique et itinéraires spirituels d'une chrétienne et d'une musulmane. Date limite des inscriptions : 18 mai 2009. Renseignements : GAIC, T. 01 43 35 41 16 - gaicf@wanadoo.fr ou catherine.stroebel@free.fr

 

ë   Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle (Grignan, 26) - 24 mai  2009

Une rencontre islamo-chrétienne, dimanche 24 mai à 15 h, en mémoire des 7 Frères de Tibhirine et des martyrs d'Algérie : "Sous le signe du Pardon", avec Mr Azzedine Gaci (président du CRCM de Rhône-Alpes) et Sr Colette Hamza (déléguée pour les relations avec l'islam, diocèse de Marseille).

Renseignements : Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle - T. 04 75 98 64 70

 

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I N I T I A T I V E S

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*   Dijon (21)  : "Musulmans et chrétiens, quelle parole commune ?" - novembre 2008

Comment sensibiliser chrétiens et musulmans aux événements importants de ces derniers mois : la Lettre des 138 musulmans, la rencontre commune à Rome en novembre ?

L'équipe locale du SRI a proposé une réflexion avec deux intervenants, Azzedine Gaci, président du CRCM Rhône-Alpes et Christophe Roucou. Deux phrases significatives :

-       C. Roucou: : "Une parole commune", ce sont aussi des gestes de convivialité, une parole pour faire reculer la peur de l'autre".

-       A. Gaci : "Le dialogue religieux, c'est une "entre connaissance", c'est respecter ce que l'autre porte en lui, parce que nous avons à bâtir ensemble".

120 personnes y ont participé, chrétiens et musulmans. Et parmi eux, les 6 présidents des communautés musulmanes et le président actuel du CRCM Bourgogne ainsi que son prédécesseur. (Monique Aletti).

 

*       Cergy (95) :  Colloque : "La Lettre des 138" - novembre 2008

A l'initiative du CRCM d'Ile-de-France Ouest et du diocèse de Pontoise. Les exposés de Monsieur Mohammed Moussaoui, président du CFCM, et du Père François Bousquet, théologien, vice-recteur de l'Institut catholique de Paris, et leurs réponses aux questions du public furent des paroles de conviction, éclairantes et incitatives à l'engagement concerté et solidaire entre croyants.
La satisfaction manifeste des participants, y ayant ainsi puisé motivation ou réconfort pour leurs relations quotidiennes, ouvre la perspective de rencontres et d'actions concertées, semeuses de fraternité et de paix. (Béatrix Dagras).

 

*   Dunkerque (59) : Rencontre islamo-chrétienne autour de l'argent - 31 janvier 2009

C’est devenu une habitude : musulmans et chrétiens de Dunkerque se retrouvent un samedi après-midi à proximité de la Chandeleur pour partager les crêpes... mais aussi pour mieux se connaître. Crise économique et financière oblige, c’est l’argent qui fut au centre des échanges entre adultes, tandis que les enfants découvraient les fêtes des deux religions et les illustraient avec toute leur fraîcheur.

Des différences sont sensibles entre les finances d’une organisation diocésaine ou paroissiale bien huilée et celles des associations musulmanes locales indépendantes les unes des autres. Pour permettre aux uns et aux autres de s’informer sur la question, un représentant de la communauté musulmane turque de Dunkerque a bien défini les règles régissant les banques islamiques, tandis que des chrétiens ont manifesté leur intérêt pour les placements éthiques ou solidaires. L’écoute et le respect mutuel ont caractérisé cette rencontre amicale conclue par la lecture de passages de l’Evangile  et de versets du Coran. (Bruno CAZIN, Jocelyne BOT).

 

*       Eragny-sur-Oise (95) : 1ère rencontre de prêtres, rabbins, imams et pasteurs en Ile de France - 15 février 2009.

A l'initiative du C.R.C.M. d'Ile-de-France Ouest (78 et 95) et des diocèses de Versailles et de Pontoise, des prêtres, imams, rabbins, pasteurs et responsables pastoraux des Yvelines et du Val d'Oise se sont réunis pour se connaître et partager autour du propos suivant : "Pour un monothéisme fraternel, des cadres religieux s'engagent". Introduite par Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise, la rencontre s'ouvrit avec le P. Jean Marie Gaudeul, Père Blanc, qui  présenta le Forum islamo-catholique auquel il avait participé en novembre dernier à Rome. Une rencontre porteuse d’une grande espérance ! Laurent Berros, rabbin de Sarcelles, montra combien l'ignorance de sa propre foi et de celle de l'autre conduit au mépris ou à la violence et souligna l’importance de voir l’autre comme soi-même, exigence commune aux trois monothéistes. Ghaleb Bencheikh, Président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix, montra que l'unité du genre humain voulue par Dieu est expérience d'altérité. Le débat, suscité par ces interventions, traduisit le souci d’ouverture de la centaine de participants. Il fut suivi par un temps de prière permettant à chaque confession de se rassembler dans son propre espace. Une réflexion, en groupe, était ensuite proposée autour d’une dizaine de thèmes : « La connaissance réciproque de la foi et de la religion de l’autre, l’impact social des édifices cultuels, l’accompagnement des jeunes, la place de la famille dans la société, le statut de la femme dans les traditions religieuses, l’esprit de la Lettre des 138, et les initiatives, religions et droits de l’homme, religions sources de conflits ou non ?... ». La synthèse des échanges exprimait les liens d’amitié créés, la connaissance mutuelle, et chacun prit l’engagement commun d’œuvrer dans sa communauté dans le sens du respect, de l’ouverture, de l’estime et de la solidarité avec les autres pour bâtir la paix au quotidien. (Béatrix Dagras).

 

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&  "La sainte ignorance  - Le temps de la religion sans culture "

Olivier ROY, éd. du Seuil, Paris, 2008, 275 pp.

La question du phénomène religieux se complexifie de plus en plus à travers le monde. Actuellement  le développement spectaculaire de divers groupes fondamentalistes ou charismatiques, les conversions, …  interrogent le rapport religion / culture, religion / espace public… Le religieux est de moins en moins territorialisé et  « il demeure pour ainsi dire isolé, sorti des cultures traditionnelles où il est né, écarté des nouvelles cultures où il est censé s'intégrer… ». L’analyse réalisée dans cet ouvrage use de nombreux exemples qui illustrent très concrètement les mouvements complexes du phénomène religieux à travers l’histoire et  selon les espaces géographiques. « Le religieux ne cesse de se recomposer, même s’il…a perdu son lien originel, … avec la culture ».

 

&  "Juifs, Chrétiens, Musulmans : Ne nous faites pas dire n’importe quoi "

Philippe haddad, Jacques Arnould, Ghaleb BencheikH, éd. Bayard, 2008, 286 pp.

Des questions concrètes comme la science, le pouvoir, la violence, la mondialisation, la planète, la famille, les femmes, l’amour et d’autres encore, sont abordées par trois auteurs de religions différentes : un rabbin, un théologien chrétien et un musulman. Leurs réponses peuvent aider le lecteur à clarifier des idées souvent  préconçues au sujet de ces questions actuelles posées à notre société.

 

&  "Lettre ouverte aux islamistes "

Ghaleb Bencheikh, Antoine Sfeir, éd. Bayard, 2008, 139 pp.

La naissance de l’islam, l’origine de ses deux grandes divisions (chiites et sunnites) et de  l’interprétation des écoles juridiques sont  retracées en un bref parcours historique. L’analyse de ce contexte et des sources de l’islam sont  indispensables pour comprendre « le lien entre islam et islamisme, stigmatisant les mensonges et autres manipulations ». Dans le dernier chapitre de cet ouvrage, des réponses sont adressées aux islamistes et à ceux qui, comme eux, pensent qu'il y a incompatibilité entre la laïcité et l’islam…

 

&  "Islam et Islamisme, gare aux amalgames"

Paul  Balta, Claudine Rulleau, éd. Milan, 2008, 188 pp.

Islam et islamisme : que recouvrent ces deux dénominations ? Les auteurs de cet ouvrage en développent la complexité en présentant les origines marquées par un contexte historique. Puis, ils en montrent les évolutions circonstancielles et territoriales en Asie, en Afrique et en Europe. « Cet essai montre, par de nombreux exemples, comment et pourquoi l’islamisme va contre l’islam et alimente en Occident l’islamophobie ».

 

& "Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? Entre souffle et espérance"

Annie LAURENT, éd. Salvator, Paris, 2008, 217 pp.

Ce livre, fort documenté, attire notre attention sur la complexité du christianisme oriental, affronté aujourd’hui à une situation géopolitique dramatique « entre l’islam et Israël », appelé à relever le défi d’un œcuménisme en actes et à endiguer la forte vague d’émigration des chrétiens d’Orient. Dans la préface, Mgr Jean Benjamin Sleiman, archevêque de Bagdad des Latins, en appelle à une « culture de citoyenneté, de la maturité politique, de la réciprocité et du dialogue (qui) doit se substituer au tribalisme égoïste, au fondamentalisme exclusiviste et à la violence comprise comme moyen que toute fin justifie ». Entre souffrance et espérance, les chrétiens d’Orient ont un rôle vital à jouer dans cet espace méditerranéen où peuples, cultures et religions ont tant de mal à s’entendre.

 

&  "Islam et démocratie dans l'enseignement en Jordanie"

Marlène NASR, éd . Karthala, Paris, 2007, 209 pp.

Ce livre retrace bien la situation originale de la formation de la jeunesse du pays, avec une ouverture à une forme de démocratie liée au contexte de cette jeune nation, ayant à sa tête un roi ouvert sur le monde. Cependant l’islam est omniprésent, et on aurait aimé entendre quelle place ont les 4 % de chrétiens (p. 32), dans ce système où tous les manuels ne parlent que « du patrimoine religieux islamique ».

 

&  "Saladin"

Anne-Marie EDDE, éd. Flammarion, Paris, 2008, 755 pp.

Cette monumentale biographie s’appuie fidèlement sur les sources historiques les plus variées pour retrouver la figure mythique de ce sultan Kurde (1137-1193), devenu le souverain d’un immense empire. Saladin est celui qui sut reprendre Jérusalem aux Croisés en 1187. L’auteur fait la part de l’imaginaire et de la réalité pour replacer le personnage dans son époque tourmentée. Près de dix ans de travail ont été nécessaires pour écrire cette biographie, la première en français depuis un demi-siècle.

 

&  "Christian de Chergé - une théologie de l'espérance"

Christian SALENSON, éd. Bayard, Paris, 2009, 253 pp.

Avec ses six autres frères assassinés en 1996, Christian de Chergé se voulait « priant parmi d’autres priants » au milieu de voisins et d’amis musulmans dont il partageait le quotidien en Algérie.

Familier des écrits du prieur de Tibhirine, l’auteur nous conduit des événements fondateurs de sa vocation à l’apport original de ses intuitions pour une théologie de la rencontre sous le signe de l’espérance. Il nous montre comment l’expérience d’un petit monastère cistercien perdu dans les contreforts de l’Atlas algérien apporte une contribution capitale aux débats de la théologie contemporaine, particulièrement dans le champ du dialogue islamo-chrétien.

 

&  "Prière à la lune"

Fatima ELAYOUBI, éd. Bachari, Paris, 92 pp.

Un petit livre de vie qui nous fait entrer dans le quotidien de l’auteur, une femme « Dieu m’a donné l’intelligence, la foi. Je suis comme un livre. Toutes les femmes sont des livres dont le titre est le mari. Prenez le temps d’ouvrir les livres… »

 

&  "Sagesse Musulmane " - "Sagesse Arabe" - "Sagesse Soufie"

Moufdi BACHARI, 3 livres aux éd. Bachari, Paris, 2008 :

Ce sont trois présentations aux très belles illustrations qui nous découvrent la sagesse à travers la poésie.

 

Livres reçus :

&   "Faut-il avoir peur des religions ?", Elie Barnavi, Mgr Di Falco, Tariq Ramadan, éd. Mordicus, Paris, 2008, 92 pp.

&   "Charles de Foucauld autrement", Jean François SIX,  éd. Desclée de Brouwer, Paris, 2008, 447 pp.

&   "Comment Israël expulsa les Palestiniens", Dominique VIDAL, éd. de l’Atelier, Paris, 2007, 254 pp.

&      " Louis Massignon et le Maroc : Une parole donnée ", Actes du Colloque de Rabat (10-11 février 2006) , Casablanca, 2008, 228 pp.

&      "Abécédaire du christianisme et de l'islam", Dominique et Marie Thérèse URVOY, éd. de Paris, 2008, 155 pp.

&      "Islam et Christianisme au miroir l'un de l'autre", Henri SANSON, éd. L'Harmattan, Paris, 2008, 154 pp.

&    "Réconcilier l'islam et la science moderne, L'esprit d'Averroès", Nidhal GUESSOUM, éd. Presses de la Renaissance, Paris, 2009, 538 pp.

&   "Poèmes palestiniens - procédés de chroniques de la tristesse ordinaire", Mahmoud DARWICH, réédition, éd. du Cerf, Paris, 2009, 202 pp.

&    "Penser les islams", dossiers de pensée,  éd. Le temps des cerises, Paris, 2008,

&   Collectif : Claude Cahen, Maxime Rodinson, Georges Labica, Jacques Berque, Jacque Roux, Suzanne Ravis-Rançon, Jacques Couland, Mahmoud Amin El Alem, Faleh A. Jabar, Mohsen Ismaïl.



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a   « Chemins de Dialogue » (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille - cdd@cathomed.cef.fr)

       Dossier : « L’Eglise et le judaïsme », n° 32, décembre 2008. Parmi les articles : « Quel enseignement de l’islam en milieu universitaire ? », par Michel Younès et « Relire les Pères de l’Eglise pour penser le dialogue interreligieux », par Michel Fédou.

 

a   « Se Comprendre » (SMA-PB, 5, rue Roger Verlomme, 75003 Paris - www.comprendre.org - contact@comprendre.org)

·         N° 09/01 - Janvier 2009 : "De  la naissance à la mort – Coutumes et traditions", par J.M. Gaudeul.

·         N° 09/02 - Février 2009 : "Revenir au seul Coran ?", interview de  Gamal. Al-Bannâ.

·         N° 09/03 - Mars 2009 : "La recherche du salut dans l'Islam", de R. Caspar.

 

a   « La Documentation Catholique » (18, rue Barbès, 92128 Montrouge cedex - dcatho@bayard-presse.com ). Le n° 2414, décembre 2008, comprend un dossier sur le Forum catholique-musulman – Rome, du 4 au 6 novembre 2008, l’intervention du cardinal Jean-Pierre Ricard à Bruxelles : « Habiter ensemble la même Europe », ainsi qu’un document publié sous la direction de Mgr Michel Santier : « Les fondements et les objectifs du dialogue interreligieux ».

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Prière d’une musulmane

 

Cette prière a été composée et dite lors d'une rencontre interreligieuse à Saint-Jacut de la Mer alors que la guerre se déroulait à Gaza. Madame Mehrezia Labidi Maïza est membre de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix

 

Seigneur,

Tu as justement,  décrit dans le Saint Coran, l’être humain comme une créature égoïste qui s’accapare le bien et la richesse et accepte rarement les partages et qui s’affole très vite quand elle est touchée par le malheur et la souffrance et appelle tout le monde à son secours ; et c’est ainsi que nous sommes, nous êtres humains !

 

Et Tu t’es décrit comme Proche de chacun de nous, à notre écoute, et qu’il nous suffit de T’appeler pour que Tu nous répondes !

Me voilà.

Je m’adresse à Toi,

comme une créature humaine consciente de ses faiblesses, qui a envie de garder pour elle et les siens le bien, tout le bien, et leur épargner le mal, tout le mal,

comme une femme qui lutte pour surmonter sa peur et son égoïsme et ses préjugés pour écouter la peur de l’autre et faire place à sa souffrance, à son espoir et à son besoin,

comme une croyante qui sait que Ta porte lui sera toujours ouverte.

 

Seigneur, cette année passée avait, comme toutes les autres, son lot de joies et de malheurs, mais elle a très mal fini pour beaucoup de personnes,

celles touchées par la crise économique, qui ont perdu emploi, maison et dignité.

Elle a très mal fini pour les civils de Gaza qui sont sous les bombardements de l’armée israélienne depuis  déjà 13 jours,

pour les civils de Sdérot et d’Askélon qui sont sous la menace des roquettes lancées par les Miliciens de Hamas,

et pour ces miliciens et pour les soldats car ils sont aussi tes créatures, même si nous avons des reproches à leur faire.

 

Seigneur, la colère, le désespoir et la violence des actes, des paroles et des pensées dominent partout.

Et nous voilà réunis ici pour parler de Dialogue, de rencontre et d’universel. A-t-on encore la force de le faire ? Est-il encore utile de le faire ?

 

Seigneur,

Guide-nous et aide-nous pour garder cet espoir et cette force en ces moments difficiles.

Fais que nos paroles soient empreintes de Ta miséricorde.

Fais que notre retour à nos textes sources, demain, soit un réconfort.

Fais que nos échanges dans les ateliers soient fructueux, et encourageants pour tous ceux qui sont convaincus que le dialogue est un chemin inéluctable.

 

Seigneur, que les larmes qui coulent ces jours-ci du fait de cette violence déchainée lavent les blessures, adoucissent les cœurs et nous rendent plus à notre humanité.

 

Seigneur, Allah, fais de nous des témoins de Ton message de paix et de justice. Tu as écrit dans Ton Saint Coran :

« Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s’adressent à eux, disent : «Paix», (Sourate 25, 63)

Amin

(Janvier 2009)

 


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