Début - Editorial - Documents - Annonces - Livres - Initiatives - Témoignage - Revues - Abonnement
|
|
|
LETTRE n° 93 |
S.R.I.
(Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail : contact@le-sri.com
- I.S.S.N.
0996 – 6935
|
Début - Editorial - Documents - Annonces - Livres - Initiatives - Témoignage - Revues - Abonnement Saisir
les occasions de rencontre pour avancer ensemble « C’est
précisément notre foi qui nous appelle à rencontrer les autres
croyants sans angoisse, avec un intérêt né de l’amour. »
déclarait Mgr André Vingt-Trois, nouveau président de la Conférence
des Evêques de France, à l’issue de l’assemblée de Lourdes, le 7
novembre dernier. Telle est l’attitude spirituelle, fondée sur la
confiance en Dieu et le refus de la peur, à laquelle les évêques de
France invitent les catholiques pour approfondir leurs relations avec
les musulmans, d’abord là où ils vivent avec eux et où ils les
rencontrent. Après
leurs échanges sur le dossier « Catholiques et
musulmans dans la France d’aujourd’hui», les évêques
invitent les catholiques à garder le cap de la rencontre et du
dialogue, un dialogue lucide qui ne passe pas à côté des difficultés
et des obstacles, un dialogue qui se fonde sur une meilleure
connaissance de la tradition de l’autre, un dialogue qui saisit les
occasions de rencontres, un dialogue où l’on ose, entre responsables,
aborder des questions parfois délicates. (1) Des
initiatives communes ont déjà été
prises : les manifestations de la Semaine islamo chrétienne dans
de nombreuses villes de France en témoignent, de même que la rencontre
qui a réuni à Lyon, le 17 novembre, près de deux cents responsables
chrétiens et musulmans de la Région Rhône-Alpes (cf. p. 4). Mais d’autres
initiatives pourraient être prises, comme celles proposées par Mgr
Michel Dubost, évêque d’Evry, à l’issue des travaux des évêques
à Lourdes : faire ensemble du 1° janvier une journée de prière
pour la paix, constituer un groupe de travail qui « fasse une
présentation de nos convictions et de nos pratiques de telle sorte que
chacun puisse approuver ce que l’autre dit de lui », réunir des
responsables chrétiens et musulmans pour aborder des questions
délicates comme celle des conditions mises aux mariages entre
chrétien(ne)s et musulman(e)s ou celle de la liberté de conscience, y
compris le droit de changer de religion. Nous publions ici des extraits
d’un accord en ce sens signé entre responsables chrétiens et
musulmans, en Norvège, en août dernier (p. 4). Il s’agit
toujours de permettre un meilleur service pour vivre ensemble en France
dans le respect de la dignité de chacun, en particulier de ceux et
celles qui vivent dans des conditions les plus difficiles, car pour Dieu
nul n’est exclu de son amour. C’est bien,
semble-t-il, la même attitude qui inspire l’appel des 138
responsables musulmans adressé à Benoît XVI et aux autres
responsables chrétiens, appel reposant sur l’amour de Dieu et l’amour
du frère comme fondements de la foi de chacun et de la relation entre
musulmans et chrétiens, invitation à une parole commune. L’Eglise
catholique désire saisir cette occasion d’échanges au plus haut
niveau à Rome (p. 2 et 3). Pourquoi
des musulmans et des chrétiens, en France, ne saisiraient-il pas eux
aussi cette occasion pour lire ensemble ce texte, partager leurs
réactions et entreprendre ensemble un chemin ?
Au SRI, nous sommes disposés à favoriser toutes les initiatives
en ce sens. Dans ce même
esprit nous souhaitons que la fête de l’Aïd el Kebir pour nos amis
musulmans comme la fête de Noël pour les chrétiens soient des temps
de ressourcement dans la bénédiction de Dieu à partager mutuellement. Christophe
Roucou (1)
La revue “Catholiques en France” de décembre 2007 donne sur
plusieurs pages un écho des travaux des évêques sur ce sujet. (58,
avenue de Breteuil, 75007 Paris – revue@cef.fr) |
Début - Editorial - Documents - Annonces - Livres - Initiatives - Témoignage - Revues - Abonnement

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
A l’occasion du Eid al-Fitr al-Mubarak 1428 A.H.
/ 13 octobre 2007, E.C. et à l’occasion du Premier
Anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le
Pape Benoît XVI,
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
(Résumé
et Abrégé)
Musulmans et chrétiens constituent bien ensemble plus de la moitié
de la population mondiale. Sans la paix et la justice entre ces communautés
religieuses, il ne peut pas y avoir de paix significative dans le monde. L’avenir
du monde dépend donc de la paix entre musulmans et chrétiens.
La base de cette paix et de cette compréhension mutuelle existe
déjà. Elle fait partie des principes qui sont les fondations véritables
des deux religions : l’amour du Dieu Unique et l’amour du prochain. Ces
principes sont énoncés à maintes reprises dans les textes sacrés de l’Islam
et du Christianisme. L’Unité de Dieu, la nécessité de L’aimer et la
nécessité d’aimer le prochain constituent ainsi le terrain d’entente
de l’Islam et du Christianisme. En voici quelques exemples :
Sur l’Unité divine, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis
C’est Lui Dieu l’Un ! Dieu Se suffit à Lui-même ! (Al-Ikhlas,
112:1-2). Sur la nécessité de l’amour de Dieu, le Coran révèle : Invoque
sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui !
(Al- Muzzammil, 73:8). Sur
la nécessité d’aimer son prochain, le Prophète Muhammad (sur lui la
Paix et les bénédictions divines) a dit : « Aucun
d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre
prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes.»
Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : «’Ecoute,
Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur,
ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et
de toute ta force ’. C’est
là le premier commandement. Le second lui est semblable : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc
12:29-31).
* * * * *
Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans de
lancer l’appel suivant aux chrétiens et aux juifs – les gens des
Ecritures :
Dis : « Ô gens des Ecritures
! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer
que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les
autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent,
dites-leur : «Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission
à Dieu est totale et entière. » (Aal
‘Imran 3:64).
L’expression : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis
que l’expression : de n’adorer que
Dieu Seul renvoie au fait d’être dévoué totalement à Dieu.
Ainsi
donc, elles expriment le premier et plus grand commandement. Selon l’un des plus anciens
commentaires coraniques faisant autorité, l’expression: et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors
de Dieu, signifie “de ne pas obéir les uns aux autres en
désobéissant à ce que Dieu a commandé”. Ici, c’est le second
commandement qui est exprimé, car la justice et la liberté de religion
sont des aspects centraux de l’amour du prochain.
Conformément au Coran, nous, en tant que musulmans, invitons les
chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun et qui
constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique : les Deux
Commandements de l’amour.
Texte intégral en français sur
le site : http://www.acommonword.com
et dans la revue “Se Comprendre”.
Vous pouvez consulter en français
le site du GRIC : www.gric.asso.fr
Lettre
du cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat du Saint Siège, à Son
Altesse royale,
Prince
Ghazi bin Muhammad bin Talal, Palais Royal, Amman, Jordanie.
Du Vatican, le 19
novembre 2007
Le 13 octobre 2007, une lettre ouverte, adressée à sa Sainteté le
pape Benoît XVI ainsi qu’aux autres chefs religieux, était signée par
cent trente huit chefs religieux musulmans, dont votre Altesse royale. Vous
aviez eu l’amabilité de la remettre à Mgr Salim Sayegh, vicaire
patriarchal du Patriarchat latin de Jérusalem en Jordanie, avec la demande
de la transmettre à sa Sainteté.
Le pape m’a chargé d’exprimer sa gratitude à votre Altesse
royale, ainsi qu’à tous les signataires de la lettre. Il a expressément
exprimé sa profonde reconnaissance devant ce geste, pour l’esprit positif
qui a inspiré ce texte et pour l’appel à un engagement commun à
promouvoir la paix dans le monde.
Sans ignorer ou minimiser nos
différences entre chrétiens et musulmans, nous pouvons, et même nous
devons regarder ce qui nous unit : la croyance en un seul Dieu,
Créateur bienveillant et juge universel qui, à la fin des temps, regardera
chaque personne en fonction de ses actions. Nous sommes tous appelés à
nous engager totalement envers lui et à obéir à sa volonté.
Gardant à l’esprit sa lettre encyclique ‘Deus est Caritas’
(« Dieu est amour »), sa Sainteté a été particulièrement
marquée par l’attention donnée dans la lettre au double commandement de
l’amour de Dieu et du prochain.
Comme vous le savez, au début de son pontificat, le pape Benoît XVI
a dit : « Je suis
profondément convaincu que nous ne devons pas céder aux pressions
ambiantes négatives, mais affirmer les valeurs du respect mutuel, de la
solidarité et de la paix. La vie de tout être humain est sacrée, pour les
chrétiens comme pour les musulmans. Il y a de nombreuses choses à faire
ensemble au service des valeurs morales fondamentales » (Texte
adressé à une délégation des communautés musulmanes à Cologne le 20
août 2005). Un tel fond commun nous pousse à baser le dialogue sur un
respect effectif de la dignité de chaque personne, sur une connaissance
objective de la religion de l’autre, sur le partage de l’expérience
religieuse, et finalement sur un engagement commun à promouvoir un respect
et une acceptation mutuelle parmi les plus jeunes générations. Le pape est
sûr que, cela rendra possible une coopération productive dans le domaine
culturel et social et pour la promotion de la justice et de la paix dans la
société et à travers le monde.
En encourageant votre initiative digne de respect, je suis heureux de
vous faire savoir que sa Sainteté serait désireuse de recevoir votre
Altesse royale et un petit groupe de signataires que vous choisirez. En
même temps, une rencontre de travail pourrait être organisée par votre
délégation et le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, avec
la coopération de certains instituts spécialisés (comme l’Institut
Pontifical d’Études arabes et d’islamologie, ou l’Université
Pontificale de la Grégorienne). Le détail précis de l’organisation de
ces rencontres pourrait être décidé plus tard, si vous en acceptiez le
principe.
Je profite moi-même de cette occasion pour renouveler à votre
Altesse royale l’assurance de ma plus haute considération.
L’initiative prise par 138 responsables musulmans a
reçu un accueil très positif de la part de responsables chrétiens.
Nous ne publions ici que le résumé de leur appel et
la réponse du Vatican
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
A l’occasion du Eid al-Fitr al-Mubarak 1428 A.H.
/ 13 octobre 2007, E.C. et à l’occasion du Premier
Anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le
Pape Benoît XVI,
Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Une
parole commune entre vous et nous
(Résumé
et Abrégé)
Musulmans et chrétiens constituent bien ensemble plus de la moitié
de la population mondiale. Sans la paix et la justice entre ces communautés
religieuses, il ne peut pas y avoir de paix significative dans le monde. L’avenir
du monde dépend donc de la paix entre musulmans et chrétiens.
La base de cette paix et de cette compréhension mutuelle existe
déjà. Elle fait partie des principes qui sont les fondations véritables
des deux religions : l’amour du Dieu Unique et l’amour du prochain. Ces
principes sont énoncés à maintes reprises dans les textes sacrés de l’Islam
et du Christianisme. L’Unité de Dieu, la nécessité de L’aimer et la
nécessité d’aimer le prochain constituent ainsi le terrain d’entente
de l’Islam et du Christianisme. En voici quelques exemples :
Sur l’Unité divine, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis
C’est Lui Dieu l’Un ! Dieu Se suffit à Lui-même ! (Al-Ikhlas,
112:1-2). Sur la nécessité de l’amour de Dieu, le Coran révèle : Invoque
sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui !
(Al- Muzzammil, 73:8). Sur
la nécessité d’aimer son prochain, le Prophète Muhammad (sur lui la
Paix et les bénédictions divines) a dit : « Aucun
d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre
prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. »
Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : «’Ecoute,
Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur,
ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et
de toute ta force ’. C’est
là le premier commandement. Le second lui est semblable : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc
12:29-31).
* * * * *
Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans de
lancer l’appel suivant aux chrétiens et aux juifs – les gens des
Ecritures :
Dis : « Ô gens des Ecritures
! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer
que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les
autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent,
dites-leur : «Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission
à Dieu est totale et entière. » (Aal
‘Imran 3:64).
L’expression : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis
que l’expression : de n’adorer que
Dieu Seul renvoie au fait d’être dévoué totalement à Dieu.
Ainsi
donc, elles expriment le premier et plus grand commandement. Selon l’un des plus anciens
commentaires coraniques faisant autorité, l’expression: et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors
de Dieu, signifie “de ne pas obéir les uns aux autres en
désobéissant à ce que Dieu a commandé”. Ici, c’est le second
commandement qui est exprimé, car la justice et la liberté de religion
sont des aspects centraux de l’amour du prochain.
Conformément au Coran, nous, en tant que musulmans, invitons les
chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun et qui
constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique : les Deux
Commandements de l’amour.
Texte intégral en français sur
le site : http://www.acommonword.com
et dans la revue “Se Comprendre”.
Vous pouvez consulter en français
le site du GRIC : www.gric.asso.fr
La
réponse du Pape à la lettre des 138 musulmans
Lettre
du cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat du Saint Siège, à Son
Altesse royale,
Prince
Ghazi bin Muhammad bin Talal, Palais Royal, Amman, Jordanie.
Du Vatican, le 19
novembre 2007
Le 13 octobre 2007, une lettre ouverte, adressée à sa Sainteté le
pape Benoît XVI ainsi qu’aux autres chefs religieux, était signée par
cent trente huit chefs religieux musulmans, dont votre Altesse royale. Vous
aviez eu l’amabilité de la remettre à Mgr Salim Sayegh, vicaire
patriarchal du Patriarchat latin de Jérusalem en Jordanie, avec la demande
de la transmettre à sa Sainteté.
Le pape m’a chargé d’exprimer sa gratitude à votre Altesse
royale, ainsi qu’à tous les signataires de la lettre. Il a expressément
exprimé sa profonde reconnaissance devant ce geste, pour l’esprit positif
qui a inspiré ce texte et pour l’appel à un engagement commun à
promouvoir la paix dans le monde.
Sans ignorer ou minimiser nos
différences entre chrétiens et musulmans, nous pouvons, et même nous
devons regarder ce qui nous unit : la croyance en un seul Dieu,
Créateur bienveillant et juge universel qui, à la fin des temps, regardera
chaque personne en fonction de ses actions. Nous sommes tous appelés à
nous engager totalement envers lui et à obéir à sa volonté.
Gardant à l’esprit sa lettre encyclique ‘Deus est Caritas’
(« Dieu est amour »), sa Sainteté a été particulièrement
marquée par l’attention donnée dans la lettre au double commandement de
l’amour de Dieu et du prochain.
Comme vous le savez, au début de son pontificat, le pape Benoît XVI
a dit : « Je suis
profondément convaincu que nous ne devons pas céder aux pressions
ambiantes négatives, mais affirmer les valeurs du respect mutuel, de la
solidarité et de la paix. La vie de tout être humain est sacrée, pour les
chrétiens comme pour les musulmans. Il y a de nombreuses choses à faire
ensemble au service des valeurs morales fondamentales » (Texte
adressé à une délégation des communautés musulmanes à Cologne le 20
août 2005). Un tel fond commun nous pousse à baser le dialogue sur un
respect effectif de la dignité de chaque personne, sur une connaissance
objective de la religion de l’autre, sur le partage de l’expérience
religieuse, et finalement sur un engagement commun à promouvoir un respect
et une acceptation mutuelle parmi les plus jeunes générations. Le pape est
sûr que, cela rendra possible une coopération productive dans le domaine
culturel et social et pour la promotion de la justice et de la paix dans la
société et à travers le monde.
En encourageant votre initiative digne de respect, je suis heureux de
vous faire savoir que sa Sainteté serait désireuse de recevoir votre
Altesse royale et un petit groupe de signataires que vous choisirez. En
même temps, une rencontre de travail pourrait être organisée par votre
délégation et le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, avec
la coopération de certains instituts spécialisés (comme l’Institut
Pontifical d’Études arabes et d’islamologie, ou l’Université
Pontificale de la Grégorienne). Le détail précis de l’organisation de
ces rencontres pourrait être décidé plus tard, si vous en acceptiez le
principe.
Je profite moi-même de cette occasion pour renouveler à votre
Altesse royale l’assurance de ma plus haute considération.
NORVEGE
:
un
accord sur le droit de changer de religion
“Le droit de changer de religion sans risque de “harcèlement” fait partie de la liberté religieuse fondamentale de chaque être humain”. Le Conseil islamique de Norvège et le Conseil des relations œcuméniques et internationales de l’Eglise luthérienne de Norvège ont issu une déclaration commune le 22 août 2007. Chacun est libre d’adopter la religion de son choix. Ainsi, “Une Eglise et une organisation de musulmans, représentatives sur le plan national, reconnaissent d’un commun accord le droit de changer de religion”, a déclaré Olav Fyskse Tveit, secrétaire général du Conseil de l’Eglise.
Dans une déclaration qui a été diffusée après la signautre de
leur accord, les deux institutions s’expriment en ces termes : “Nous
dénonçons tous les actes de violence, la discrimination et le harcèlement
dont sont victimes les personnes qui changent de religion ou désirent en
changer, que ce soit en Norvège ou à l’étranger, et nous prenons l’engagement
de nous y opposer”. Selon Shoaib Sultan, secrétaire général du Conseil
islamique, “Il est important de poser ce principe fondamental”. Environ
86 % des 4,6 millions d’habitants que compte la Norvège sont membres de l’Eglise
de Norvège, alors que quelque 72 000 musulmans déclarés représentent
seulement 1,8 % de la population. Les deux institutions affirment que les
conversions entre l’islam et le christianisme sont rares dans ce pays. Et
les signataires d’ajouter : “Ce dialogue permanent repose sur les
valeurs fondamentales du respect et de la confiance réciproques. Il a pour
but de prévenir les conflits et de créer un espace permettant aux
musulmans et aux chrétiens d’approfondir les relations qu’ils
entretiennent entre eux et avec la société norvégienne en général. Il s’agit,
en particulier, de remettre en question les préjugés et les stéréotypes
que chacun a de l’autre”.
Bonne Fête de
l’Aïd el Kebir
Joyeux Noël
Début -
Editorial - Documents
- Annonces - Livres - Initiatives
- Témoignage - Revues
- Abonnement Abbaye
de Saint-Jacut de la Mer : du vendredi 11 janvier au dimanche 13
janvier 2008 12ème Colloque Inter-Religions, ayant pour
thème : « La paix - Une illusion ? Un
horizon ? ». Est-il possible pour un croyant d’être artisan de
paix sans céder à l’illusion d’un monde sans conflits et sans
violences ? Que veut dire accueillir l’autre quand il a le visage de
l’ennemi ? Avec Claire Ly, Liliane Apotheker, Philippe Haddas, Michel
Berder, Mehrézia Labibdi Maiza et Ghaleb Bencheikh. Centre
Sèvres - Paris : samedi 19 janvier 2008,
Colloque : “Le pèlerinage dans les traditions religieuses”. Pourquoi tant de
pèlerins aujourd’hui ? Le pèlerinage, une expérience
mystique ? un temps de fraternité ? Que cherchent les pèlerins
des diverses religions : le
musulman, l’hindou, le juif, le chrétien ? Renseignements :
Centre Sèvres, 35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris – www.centresevres.com Service
Diocésain des Relations avec l’Islam du diocèse d’Evry (91) -
Samedi
2 février 2008 :
journée de réflexion théologique avec le Père Joseph Moingt, s.j., à
Tigery (Cénacle). Thème : « Jésus, Fils de Dieu, pierre d’achoppement
pour le judaïsme et pour l’islam ». -
Dimanche
10 février 2008,
(17h-19h), à Evry, Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, et Zuhair Mahmood,
directeur de l’I.E.S.H. de Château-Chinon (Nièvre), dialogueront sur le
thème : « Quel avenir souhaitons-nous pour les relations entre l’islam
et le christianisme ? » Début - Editorial
- Documents - Annonces
- Livres - Initiatives
- Témoignage - Revues
- Abonnement &
«
Chrétiens et musulmans : adversaires ou partenaires ? »
Michel LELONG, Paris, l’Harmattan, 2007, 221 pp., 19,50 €. &
«
L’Islam, un recours pour les jeunes »
Nathalie KAKPO, éd. Presses de Sciences Po, 2007, 197 pp., 20 €. &
«
L’intégrisme, l’islam et nous »
Dounia BOUZAR, éd. Plon, Paris, 2007, 152 pp., 18 €. &
«
Initiation au Coran »
Mohammad ABDALLAH DRAZ, éd. Beauchesne Religions, Paris, 2005, 168
pp., 19 €. &
«
Le Coran »
Michel CUYPERS, Geneviève GOBILLOT, coll. Idées Reçues, éd. Le
Cavalier Bleu, Paris, 2007, 126 pp. &
«
Le Festin – Une relecture de la sourate Al-Mâ’ida – Rhétorique,
sémitique »
Michel CUYPERS, éd. Lethielleux, Paris, 2007, 453 pp. &
«Trinity
in Unity in Christian-Muslim Relations – The work of the Pontifical
Council for Interreligious Dialogue »
Pasteur Luthérien Risto JUKKO, éd. Brill, Leiden, Boston, 2007, 365
pp. &
«
L’action psychologique dans le Coran »
Dominique et Marie-Thérèse URVOY, coll. “Patrimoines islam”,
éd. du Cerf, Paris, 2007, 103 pp., 18 €. &
«
Les femmes et l’islam – Entre modernité et intégrisme »
Sous la direction d’Isabel TABOADA LEONETTI,
éd. L’Harmattan, Paris, 2004, 278 pp., 24,20 €. &
«
Existe-t-il un féminisme musulman ? »
ISLAM et LAICITE, éd. L’Harmattan, Paris, 2007, 126 pp., 11 €. Début
- Editorial - Documents
- Annonces - Livres
- Initiatives - Témoignage
- Revues - Abonnement L’idée
d’une rencontre entre prêtres et imams afin de mieux se
connaître a été
proposée au Cardinal Barbarin par le président du CRCM
Rhône-Alpes, lors d’une réunion de préparation du voyage en
Algérie d’une délégation islamo–chrétienne de la région
de Lyon (cf. Lettre du SRI n° 91, mai 2007). Un groupe de
pilotage de trois catholiques et trois musulmans décida
rapidement du titre de la rencontre : « Prêtres
et imams, mieux se connaître pour agir ensemble ». Il
adopta le principe de conférences et d’ateliers « à
double voix, musulmane et chrétienne », chacun s’efforçant
de parler à l’autre avec des mots compréhensibles, au risque
parfois de simplifier le discours. Ce fut un dialogue clair, sans
concession sur les différences entre nos deux religions. L’ambiance
était telle que nous avons pu parler en vérité avec un très
grand respect de l’autre. Un
colloque a eu lieu en partenariat avec le Groupe d’Amitié
Islamo-Chrétienne (GAIC) et le Centre Socioculturel de la rue de
Tanger à Paris. « Dans
un monde qui change, quelle foi et quelles valeurs transmettre, et
comment ? - Regards de chrétiens et de
musulmans ». Quelques flashes : A
l'invitation de Mgr Soubrier, évêque de Nantes, et suivant le
souhait de responsables musulmans, cinq membres du CRCM et imams
sont venus, pour la première fois, rencontrer l'Evêque de
Nantes, son vicaire
général et les responsables catholiques du SRI et des Relais
Monde Musulman. L'entretien a porté sur les relations avec les
pouvoirs publics, la construction des nouvelles mosquées, le
désir de part et d'autre d'avancer non seulement dans un dialogue
spirituel, mais aussi dans des actions communes. “Notre foi nous
appelle à faire les premiers pas” disait un responsable du CRCM.
Un jeune imam nous a expliqué son cursus de formation. Des
terrains d'entr'aide et de coopération ont été abordés, comme
ceux des relations Religion-Etat ou des aumôneries. Mgr Soubrier
a fait part de la réflexion des Evêques à Lourdes sur le
dialogue musulmans-chrétiens, ses enjeux, ses réalisations
concrètes, et de leur désir de débattre ensemble sur des
questions telles que les conversions, les mariages mixtes. A
suivre ! G. Epiard, responsable diocésain du SRI. Le
3 décembre 2007, Mgr Riocreux, évêque de Pontoise, accompagné
des curés de trois paroisses, de la déléguée aux relations
islamo-chrétiennes et de membres du Comité interreligieux de
l'Agglomération, a rendu visite à la mosquée de la ville.
Heureux et honorés, les responsables musulmans lui ont réservé
un accueil cordial, dont Mgr Riocreux a été très touché.
L'échange, simple et fraternel, a conforté les volontés dans la
poursuite des actions communes pour en répandre la dynamique en
témoignant ainsi que vivre et agir dans le respect des
différences, l'ouverture et l'estime réciproques, est possible.
Dans les jours suivants, la mosquée turque de la ville recevra,
à son tour, l'évêque de Pontoise. Début
- Editorial - Documents
- Annonces - Livres - Initiatives
- Témoignage - Revues
- Abonnement « Se
Comprendre »
(5, rue Roger Verlomme, 75003 Paris - www.comprendre.org). N°07/09
– novembre 2007 : « Musulmanes
de France : du choix du voile au mariage », entretien avec
Amel Boubekeur.
Début - Editorial
- Documents - Annonces
- Livres - Initiatives
- Témoignage - Revues
- Abonnement Accueillir
l’autre au nom de l’Amour de Dieu Nous
reproduisons ici des extraits de l’interview de Mgr Claude RAULT,
évêque de Laghouat (Algérie), le 7 novembre 2007, avec Mr Jacques
Carton, du Service de Communication de la Conférence des Evêques
de France.
“Les Algériens m’ont apporté leurs qualités d’accueil,
les richesses de leur différence et de leur diversité. Je leur
apporte aussi les miennes. Il est possible de s’accueillir et de
vivre ensemble différents, grâce à l’ouverture de son cœur et
de sa maison : la convivialité renforce les liens de la fraternité
et prépare un dialogue plus profond. Les Algériens aujourd’hui
veulent tourner la page sur les difficultés du passé et vivre une
nouvelle page avec les français. Le peuple algérien nous fait
découvrir ce qu’est la grandeur et la Transcendance. Le fait que
des assassinats aient été faits au nom de Dieu a interrogé
profondément l’islam ambiant et la conscience de nos amis
musulmans. Il y a aujourd’hui un grand désir de rencontre, et nos
échanges portent davantage sur des questions existentielles que sur
des problèmes théologiques : le sens de la vie, de la mort, de la
naissance, de la souffrance. Malgré la fragilité de notre
présence et de nos petits moyens, nous collaborons à l’avènement
d’une société plus humaine, plus à l’image de celle du désir
de Dieu.
Je retrouve là des aspects de la religion populaire de nos
familles chrétiennes. Des gestes simples traduisent la grandeur de
Dieu. Le réveil de l’islam en France est une saine provocation
pour notre Eglise et pour la société occidentale en quête de
sens. Nous sommes tous en quête de sens. L’autre est important,
que cet autre soit Dieu ou mon prochain. L’Autre est Dieu. Bien
recevoir de l’Autre, l’accueillir, est un acte religieux.
Ce que m’apprennent aussi les algériens, c’est la
patience, savoir attendre ! J’admire la patience de mes amis
musulmans, une patience élevée à la dimension d’une vertu
religieuse. Notre manière d’être chrétien, c’est de
comprendre l’Autre différent dans la gratuité, au nom de l’Amour
de Dieu, sans que cet Amour aboutisse à une tentative de
récupération. C’est l’attitude de Jésus dans l’Evangile.
Jésus a rencontré sans récupérer. Il a parlé en laissant les
gens repartir. Etre présent en ayant les mains nues. Nous vivons
avec tous, au nom de la gratuité de l’Amour de Jésus. Notre
vocation est de vivre cette fraternité. Beaucoup de musulmans
manifestent un grand amour pour nous. Si pendant les années difficiles les chrétiens
ont pu rester en Algérie, c’est grâce à ces musulmans qui, eux,
ont subi beaucoup de violence et ont beaucoup souffert.” Début
- Editorial - Documents
- Annonces - Livres
- Initiatives - Témoignage
- Revues - Abonnement
Abonnement
à la « LETTRE du SRI »
-
2008 N’oubliez pas de vous abonner ou de vous réabonner.
L’abonnement annuel comprend
quatre lettres par an et débute le 1er janvier de
chaque année. D’avance merci.
Nom : ..........................................................................................................................................................
Adresse : .....................................................................................................................................................
Souscrit à un abonnement à la « Lettre du SRI » et verse la
participation de
Renseignements : T. 02 96 27 71 19 – abbaye.stjacut@wanadoo.fr
– www.abbaye-st-jacut.com.
Voici un livre serein qui analyse la relation entre deux traditions
religieuses : le christianisme et l’islam. Cette sérénité prend sa
source dans une connaissance de l’histoire et de la vie des chrétiens et
des musulmans. C’est le fruit de la longue vie d’un prêtre, Père
Blanc, en relation avec des musulmans. L’auteur - qui est un des
fondateurs du Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne (GAIC) - aborde les
principaux contentieux entre les deux religions, qui font souvent la une des
médias et qui hantent l’imaginaire occidental. Il nous invite à sortir
des idées aussi simplistes qu’inexactes. Mais il présente aussi les
difficultés réelles qui séparent. Il parle des conditions de la femme, de
la polygamie, du voile, de l’islamisme, du fanatisme, de la violence, du
statut de dhimmi, en termes paisibles.
L’auteur ne se laisse nullement guider par ‘un excès d’irénisme’,
ou une confusion doctrinale. Il analyse les causes de l’islamophobie en
Occident, chez les chrétiens comme chez ‘les intégristes laïques’. Il
désamorce, dédramatise. Ce petit livre érudit est le fruit d’une
réflexion éclairée et surtout d’une expérience de vie, de rencontres.
C’est un message pour tous : passer de l’affrontement à l’émulation
spirituelle. (Georges Darlix).
Quelles peuvent être les causes d’une demande d’islam pour les
jeunes ? Sont-elles liées à une situation internationale au travers
de laquelle les médias présentent une certaine vision de cette religion ?
Ou bien, s’enracinent-elles dans des faits actuels de notre société,
comme la présence d’imams recruteurs en banlieue ? Dans cet ouvrage,
Nathalie Kakpo, mène son enquête à Moligny, Son étude précise de
situations concrètes concerne des jeunes, garçons ou filles, qui sont des
enfants d’immigrés maghrébins et turcs. Ils sont scolarisés ou en recherche de travail. L’auteur nous fait
découvrir tout au long de ce parcours les conséquences des multiples
interactions qui se jouent au cœur même des relations entre jeunes d’origine turque et jeunes d’origine
maghrébine, entre générations, entre jeunes et travailleurs sociaux,
entre jeunes et élus locaux, entre
jeunes et enseignants, ou encore entre filles et garçons. L’analyse de ce
phénomène nous amène à mieux comprendre des attitudes ou décisions des jeunes par
rapport à leur religion. C’est un ouvrage passionnant, qui provoque le
lecteur à sortir de ses préjugés, à réfléchir sur la manière de
cheminer avec les jeunes pour permettre une libération de la stigmatisation
dont ils souffrent. (E. Jobert).
Avec son franc parler, Dounia Bouzar nous dit
“au fond les intégristes ne
sont pas croyants, car ils suppriment la notion de foi intérieure”,
p. 32. Son livre veut démontrer qu’on a “tout faux” que l’on soit
de droite ou de gauche ; “les” musulmans n’existent pas ; il y a des
personnes à rencontrer là où ils en sont humainement. Dounia Bouzar est
à fond pour une laïcité à la française. Elle est de ceux et celles qui
croient à un “avenir commun” de tous les français. (Georges Paquet)
Egyptien, né en 1894. L’ouvrage initiation
au Coran, est une étude qui se veut objective et accessible aux esprits
non familiarisés avec la langue arabe. Dans une première partie, l’auteur
présente quelques aspects importants de la vie du prophète avant la
révélation, puis il aborde de nombreuses questions soulevées par la mise
en œuvre de la composition du texte révélé, dont un enjeu est son
authenticité. Si le sentiment
inné du bien et du mal se rencontre dans le Coran, il n’en demeure pas
moins que l’homme est doué d’intelligence et de raison. Il nous propose
ensuite de découvrir comment la doctrine coranique fut annoncée au monde,
et de clarifier les préjugés de notre monde occidental mal informé au
sujet du terme générique « djihâd ».
« Le Coran a eu un effet
remarquable sur les esprits les plus divers. C’est qu’il a sû donner
satisfaction à leur besoin de vrai, de bien
et de beau, par le moyen d’une œuvre à
la fois religieuse, morale et littéraire ». Ces notions
sont développées par l’auteur, qui utilise une méthode de lecture
comparative. La troisième partie est axée sur l’origine du Coran. Ce qu’il
contient ne pourrait-il pas être expliqué autrement que par la
révélation ? Il examine différentes solutions et nous éclaire de
manière particulièrement objective sur la valeur et la grandeur du Coran
pour un musulman. (E. Jobert).
“Est-ce qu’on peut faire dire n’importe quoi au Coran,
est-ce que le Coran infériorise la femme ? etc…”. Les idées reçues
sont dans toutes les têtes. Les auteurs de ce petit ouvrage fort
intéressant proposent un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on
sait ou croit savoir. Ils passent en revue l’histoire du Coran, sa forme
et son contenu, son interprétation, ses fonctions cultuelles ou
législatives. (Roger Michel).
Petit Frère de Jésus, Michel Cuypers travaille en Egypte à l’Institut
Dominicain d’Etudes Orientales du Caire (I.D.E.O.). Dans le présent
ouvrage, qui demande une attention soutenue, il applique à la sourate 5 du
Coran, sensée être la dernière révélée, l’analyse rhétorique et l’approche
intertextuelle. Ainsi est mise en valeur la cohérence et l’architecture
du texte, ainsi que les nombreux rapports du texte coranique avec la Bible
et la littérature para-biblique. Cette interprétation renouvelée du Coran
fait apparaître des dimensions théologiques que les “nouveaux penseurs
de l’islam” explorent aussi de leur côté. Loin d’attaquer la foi
musulmane, les acquis de la critique moderne la débarassent d’ajouts qui
l’ont encombrée au cours de l’histoire. Un ouvrage remarquable. (Roger
Michel).
Notre ami Risto Jukko, pasteur et théologien finlandais, propose
dans cet ouvrage une recherche théologique de l’ensemble des documents
publiés par le Secrétariat pour les non-chrétiens, devenu Conseil pour le
Dialogue Interreligieux. Il analyse les fondements philosophiques et
théologiques de ces documents, et dans sa conclusion, indique que c’est
dans le cadre d’une théologie trinitaire, appuyée sur une solide
christologie, que la théologie chrétienne du dialogue avec les religions
peut continuer à se développer. Ouvrage en anglais, fort documenté,
écrit par un homme engagé dans le dialogue œcuménique et interreligieux.
(C. Roucou).
“En un mot, en matière théologique, le Coran a
remarquablement “bétonné ” contre toute interrogation. Par suite,
le doute (shakk), qui sera
considéré comme vertu en matière de pratique (dans le fiqh),
sera absolument exclu en matière de foi.”. Extraite de la postface, cette
phrase dit assez bien le point de départ des auteurs : tenter de
montrer, à partir de la rédaction elle-même du Coran, comment l’appareil
rhétorique contribue à établir le croyant dans une “certitude” qui
fait échec aux accusations des incrédules : le Prophète aurait
forgé autre chose que la Parole de Dieu de toujours, en aurait oublié une
partie, ou l’aurait carrément inventée. Cette étude technique se
propose à nous sous trois registres : les procédés rythmiques, les
procédés structurels et les procédés subliminaux
que l’on peut inférer de l’étude du texte. (J.M. Ploux)
Cet ouvrage s’adresse à tous ceux, femmes et hommes, musulmans et
non-musulmans, qui ont compris que l’islam et son évolution font partie
intégrante de la culture de l’occident, de son histoire comme de son
devenir… Isabel Taboada Léonetti présente le véritable combat de l’émancipation
de la femme, entamé au XIXème s. dans l’Empire Ottoman, et mené sur les
différents continents. S’il a permis une amélioration de la condition de
la femme, il provoque des réactions dans de nombreux pays islamistes. Dans
les sociétés musulmanes la condition féminine a toujours suscité des
débats pluriels.
Les différentes approches que propose cet ouvrage sur la
question du statut des femmes, nous mettent en face de sa réelle
complexité. Lois, rapports sociaux, responsabilité de la femme dans la
décadence de la société musulmane, occidentalisation de la femme
musulmane, religion, surdétermination ou non des comportements, le voile
… autant de sujets à resituer dans l’histoire de l’évolution des
sociétés et dans la modernité. (E. Jobert).
L’héritage de l’inégalité entre les hommes et les femmes,
inscrite dans certains textes religieux, dans le fonctionnement des
sociétés, a pesé au fil des siècles et pèse encore. Ces dernières
années, le statut des femmes dans le monde musulman fait l’objet d’études et de controverses. La
Commission Islam et Laïcité a organisé un Colloque en collaboration avec
l’UNESCO en septembre 2006. Ce colloque désirait commenter l’émergence
de mouvements féministes islamiques, qui ont en commun de vouloir une
réelle égalité entre femmes et hommes, tout en se mobilisant
principalement contre le patriarcat. Des réalisations au Maroc, en Egypte,
au Pakistan, en Europe, illustrent l’objectif de ces mouvements
féministes. (Cl.M. Durondeau).
* *
* Lyon
– 1ère rencontre Imams – Prêtres – 17 novembre
2007
La journée rassembla près de 200 personnes (58 prêtres et 2
pasteurs, ainsi qu’une dizaine de laïcs en mission ecclésiale
du côté chrétien, en majorité du diocèse de Lyon, 55 imams,
55 présidents d’associations, 19 aumôniers de prison ou d’hôpitaux,
dont 12 femmes, pour les musulmans, venant de tous les
départements de la Région Rhône -Alpes).
Le matin, après les mots d’accueil traditionnels, le Président
du CRCM, Azzedine GACI, adressa un message d’une très grande
ouverture, mettant en avant l’amour de Dieu pour les hommes, la
nécessité de vivre « le souvenir de Dieu » dans un
monde sécularisé et la nécessité, impérieuse pour tous, du
dialogue interreligieux.
Puis, trois conférences à deux voix, avec débats, ont
suivi, portant sur l’organisation des institutions catholiques
et musulmanes dans le monde et en France, la vie au quotidien d’un
prêtre et d’un imam, la foi musulmane et la foi chrétienne.
Une salle de prière (et des lieux pour les ablutions) avait été
prévue pour que la communauté musulmane se sente chez elle en ce
lieu catholique qui nous accueillait : l’Ecole La Mache.
Le repas convivial respectant les règles de nourriture et de
boisson de nos amis musulmans
fut aussi un grand moment d’échanges avec beaucoup de
bonne humeur et de joie. L’après midi, des ateliers ont permis
des échanges sur différents thèmes : questions éthiques
(mariage, famille, euthanasie, bioéthique…) ; vivre
ensemble dans les quartiers, la vie spirituelle, la réalité
scolaire et l’éducation (enseignement du fait religieux,
écoles privées/publiques…) ; réalité pénitentiaire,
hospitalière et aumôneries ; religion, laïcité et
politique, s’entre-connaître. Lors de la mise en commun,
ce fut très caractéristique que le mot
« ensemble » soit inscrit sur tous les transparents,
exprimant la volonté de tous de travailler et d’agir de façon
unie.
Pour les organisateurs musulmans et chrétiens, l’objectif du
dialogue a été atteint : pas de tensions, même lors de l’expression
de divergences. Ce fut aussi un grand moment de dialogue à l’intérieur
même de chacune des communautés. Un souhait a été exprimé par
un grand nombre: « Quand organisons-nous une nouvelle
rencontre de ce type ? Pourquoi ne pas associer la
communauté juive à une telle démarche ? »
Jacques BOLON, Délégué SRI du diocèse de Lyon* Paris
– samedi 24 novembre 2007 : I.S.T.R.
« Des interlocuteurs de religions différentes et
engagés dans l’éducation nous ont communiqué leur
expérience auprès des jeunes en collèges ou lycées. L’insistance
est mise sur la Parole et sur des thèmes qui présentent un
intérêt commun. La notion de laïcité suscite
différentes interprétations.
Au-delà de ce concept, qui reste à clarifier, notamment
dans son rapport au phénomène religieux, il est de toute
importance que la composante musulmane de la société française
ait aussi sa place. La transmission de la foi présente des
enjeux, nous croyons tous au jugement dernier, nous avons à
transmettre aux jeunes le meilleur. Nous avons à
témoigner par nos comportements envers les autres et
envers la planète. La transmission de la foi est en crise dans nos sociétés
relativistes marquées par une grande fragilisation des
institutions. La liberté est à respecter dans une culture
moderne où la raison prédomine, toute vérité est à l’épreuve
du débat, et le temps est à la fin des religions ethniques.
Transmettre la foi peut se traduire par ‘donner le goût de
Dieu ‘. Il est alors essentiel de se demander quelles sont
nos ressources spirituelles pour contribuer à un vivre ensemble
dans notre société. Comment s’enrichir collectivement et
réciproquement de nos diversités ? ».* Nantes
– 26 novembre 2007 : rencontre CRCM-Evêque
* Pontoise
– 3 décembre 2007 : visite de l’évêque à la mosquée
N°07/10– décembre 2007 : « Lettre
Ouverte et Appel des Guides Religieux Musulmans».
Page
d'accueil - Objectifs
- Lettre du SRI - Correspondants
- Session d'été - Actualité
- Foyers mixtes - Archives -
Textes - Instruments -
Liens