Page d'accueil Objectifs - Lettre du SRI - Correspondants - Session d'été   - Actualité  - Foyers mixtes  - Archives - Textes  - Instruments - Liens

Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement

 

LETTRE n° 93
Décembre 2007

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

Saisir les occasions de rencontre pour avancer ensemble

« C’est précisément notre foi qui nous appelle à rencontrer les autres croyants sans angoisse, avec un intérêt né de l’amour. » déclarait Mgr André Vingt-Trois, nouveau président de la Conférence des Evêques de France, à l’issue de l’assemblée de Lourdes, le 7 novembre dernier. Telle est l’attitude spirituelle, fondée sur la confiance en Dieu et le refus de la peur, à laquelle les évêques de France invitent les catholiques pour approfondir leurs relations avec les musulmans, d’abord là où ils vivent avec eux et où ils les rencontrent.

Après leurs échanges sur le dossier « Catholiques et musulmans dans la France d’aujourd’hui», les évêques invitent les catholiques à garder le cap de la rencontre et du dialogue, un dialogue lucide qui ne passe pas à côté des difficultés et des obstacles, un dialogue qui se fonde sur une meilleure connaissance de la tradition de l’autre, un dialogue qui saisit les occasions de rencontres, un dialogue où l’on ose, entre responsables, aborder des questions parfois délicates. (1)

Des initiatives communes ont déjà  été prises : les manifestations de la Semaine islamo chrétienne dans de nombreuses villes de France en témoignent, de même que la rencontre qui a réuni à Lyon, le 17 novembre, près de deux cents responsables chrétiens et musulmans de la Région Rhône-Alpes (cf. p. 4). Mais d’autres initiatives pourraient être prises, comme celles proposées par Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, à l’issue des travaux des évêques à Lourdes : faire ensemble du 1° janvier une journée de prière pour la paix, constituer un groupe de travail qui « fasse une présentation de nos convictions et de nos pratiques de telle sorte que chacun puisse approuver ce que l’autre dit de lui », réunir des responsables chrétiens et musulmans pour aborder des questions délicates comme celle des conditions mises aux mariages entre chrétien(ne)s et musulman(e)s ou celle de la liberté de conscience, y compris le droit de changer de religion. Nous publions ici des extraits d’un accord en ce sens signé entre responsables chrétiens et musulmans, en Norvège, en août dernier (p. 4).

          Il s’agit toujours de permettre un meilleur service pour vivre ensemble en France dans le respect de la dignité de chacun, en particulier de ceux et celles qui vivent dans des conditions les plus difficiles, car pour Dieu nul n’est exclu de son amour.

          C’est bien, semble-t-il, la même attitude qui inspire l’appel des 138 responsables musulmans adressé à Benoît XVI et aux autres responsables chrétiens, appel reposant sur l’amour de Dieu et l’amour du frère comme fondements de la foi de chacun et de la relation entre musulmans et chrétiens, invitation à une parole commune. L’Eglise catholique désire saisir cette occasion d’échanges au plus haut niveau à Rome (p. 2 et 3).

Pourquoi des musulmans et des chrétiens, en France, ne saisiraient-il pas eux aussi cette occasion pour lire ensemble ce texte, partager leurs réactions et entreprendre ensemble un chemin ?  Au SRI, nous sommes disposés à favoriser toutes les initiatives en ce sens.

          Dans ce même esprit nous souhaitons que la fête de l’Aïd el Kebir pour nos amis musulmans comme la fête de Noël pour les chrétiens soient des temps de ressourcement dans la bénédiction de Dieu à partager mutuellement.

Christophe Roucou

(1)     La revue “Catholiques en France” de décembre 2007 donne sur plusieurs pages un écho des travaux des évêques sur ce sujet. (58, avenue de Breteuil, 75007 Paris – revue@cef.fr)

Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement

L’initiative prise par 138 responsables musulmans a reçu
un accueil très positif de la part de responsables chrétiens.
Nous ne publions ici que le résumé de leur appel et la réponse du Vatican

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

A l’occasion du Eid al-Fitr al-Mubarak 1428 A.H. / 13 octobre 2007, E.C. et à l’occasion du Premier  Anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le Pape Benoît XVI,

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Une parole commune entre vous et nous

(Résumé et Abrégé)

          Musulmans et chrétiens constituent bien ensemble plus de la moitié de la population mondiale. Sans la paix et la justice entre ces communautés religieuses, il ne peut pas y avoir de paix significative dans le monde. L’avenir du monde dépend donc de la paix entre musulmans et chrétiens.

          La base de cette paix et de cette compréhension mutuelle existe déjà. Elle fait partie des principes qui sont les fondations véritables des deux religions : l’amour du Dieu Unique et l’amour du prochain. Ces principes sont énoncés à maintes reprises dans les textes sacrés de l’Islam et du Christianisme. L’Unité de Dieu, la nécessité de L’aimer et la nécessité d’aimer le prochain constituent ainsi le terrain d’entente de l’Islam et du Christianisme. En voici quelques exemples :

          Sur l’Unité divine, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis C’est Lui Dieu l’Un ! Dieu Se suffit à Lui-même ! (Al-Ikhlas, 112:1-2). Sur la nécessité de l’amour de Dieu, le Coran révèle : Invoque sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui ! (Al- Muzzammil, 73:8). Sur la nécessité d’aimer son prochain, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes.»

          Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : «’Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force . C’est là le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12:29-31).

* * * * *

          Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens et aux juifs – les gens des Ecritures :

          Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : «Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64).

          L’expression : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul renvoie au fait d’être dévoué totalement à Dieu.

Ainsi donc, elles expriment le premier et plus grand commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques faisant autorité, l’expression: et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu, signifie “de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé”. Ici, c’est le second commandement qui est exprimé, car la justice et la liberté de religion sont des aspects centraux de l’amour du prochain.

          Conformément au Coran, nous, en tant que musulmans, invitons les chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun et qui constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique : les Deux Commandements de l’amour.

Texte intégral en français sur le site : http://www.acommonword.com et dans la revue “Se Comprendre”.

Vous pouvez consulter en français le site du GRIC : www.gric.asso.fr

La réponse du Pape à la lettre des 138 musulmans

Lettre du cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat du Saint Siège, à Son Altesse royale,

Prince Ghazi bin Muhammad bin Talal, Palais Royal, Amman, Jordanie.

Du Vatican, le 19 novembre 2007

          Le 13 octobre 2007, une lettre ouverte, adressée à sa Sainteté le pape Benoît XVI ainsi qu’aux autres chefs religieux, était signée par cent trente huit chefs religieux musulmans, dont votre Altesse royale. Vous aviez eu l’amabilité de la remettre à Mgr Salim Sayegh, vicaire patriarchal du Patriarchat latin de Jérusalem en Jordanie, avec la demande de la transmettre à sa Sainteté.

          Le pape m’a chargé d’exprimer sa gratitude à votre Altesse royale, ainsi qu’à tous les signataires de la lettre. Il a expressément exprimé sa profonde reconnaissance devant ce geste, pour l’esprit positif qui a inspiré ce texte et pour l’appel à un engagement commun à promouvoir la paix dans le monde.

Sans ignorer ou minimiser nos différences entre chrétiens et musulmans, nous pouvons, et même nous devons regarder ce qui nous unit : la croyance en un seul Dieu, Créateur bienveillant et juge universel qui, à la fin des temps, regardera chaque personne en fonction de ses actions. Nous sommes tous appelés à nous engager totalement envers lui et à obéir à sa volonté.

          Gardant à l’esprit sa lettre encyclique ‘Deus est Caritas’ (« Dieu est amour »), sa Sainteté a été particulièrement marquée par l’attention donnée dans la lettre au double commandement de l’amour de Dieu et du prochain.

          Comme vous le savez, au début de son pontificat, le pape Benoît XVI a dit : « Je suis profondément convaincu que nous ne devons pas céder aux pressions ambiantes négatives, mais affirmer les valeurs du respect mutuel, de la solidarité et de la paix. La vie de tout être humain est sacrée, pour les chrétiens comme pour les musulmans. Il y a de nombreuses choses à faire ensemble au service des valeurs morales fondamentales » (Texte adressé à une délégation des communautés musulmanes à Cologne le 20 août 2005). Un tel fond commun nous pousse à baser le dialogue sur un respect effectif de la dignité de chaque personne, sur une connaissance objective de la religion de l’autre, sur le partage de l’expérience religieuse, et finalement sur un engagement commun à promouvoir un respect et une acceptation mutuelle parmi les plus jeunes générations. Le pape est sûr que, cela rendra possible une coopération productive dans le domaine culturel et social et pour la promotion de la justice et de la paix dans la société et à travers le monde.

          En encourageant votre initiative digne de respect, je suis heureux de vous faire savoir que sa Sainteté serait désireuse de recevoir votre Altesse royale et un petit groupe de signataires que vous choisirez. En même temps, une rencontre de travail pourrait être organisée par votre délégation et le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, avec la coopération de certains instituts spécialisés (comme l’Institut Pontifical d’Études arabes et d’islamologie, ou l’Université Pontificale de la Grégorienne). Le détail précis de l’organisation de ces rencontres pourrait être décidé plus tard, si vous en acceptiez le principe.

          Je profite moi-même de cette occasion pour renouveler à votre Altesse royale l’assurance de ma plus haute considération.

Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat (Traduction : Henri de La Hougue).

L’initiative prise par 138 responsables musulmans a reçu un accueil très positif de la part de responsables chrétiens.

Nous ne publions ici que le résumé de leur appel et la réponse du Vatican

 

 

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

A l’occasion du Eid al-Fitr al-Mubarak 1428 A.H. / 13 octobre 2007, E.C. et à l’occasion du Premier  Anniversaire de la Lettre Ouverte de 38 Savants Musulmans à S.S. le Pape Benoît XVI,

 

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Une parole commune entre vous et nous

(Résumé et Abrégé)

 

          Musulmans et chrétiens constituent bien ensemble plus de la moitié de la population mondiale. Sans la paix et la justice entre ces communautés religieuses, il ne peut pas y avoir de paix significative dans le monde. L’avenir du monde dépend donc de la paix entre musulmans et chrétiens.

 

          La base de cette paix et de cette compréhension mutuelle existe déjà. Elle fait partie des principes qui sont les fondations véritables des deux religions : l’amour du Dieu Unique et l’amour du prochain. Ces principes sont énoncés à maintes reprises dans les textes sacrés de l’Islam et du Christianisme. L’Unité de Dieu, la nécessité de L’aimer et la nécessité d’aimer le prochain constituent ainsi le terrain d’entente de l’Islam et du Christianisme. En voici quelques exemples :

          Sur l’Unité divine, Dieu dit dans le Saint Coran : Dis C’est Lui Dieu l’Un ! Dieu Se suffit à Lui-même ! (Al-Ikhlas, 112:1-2). Sur la nécessité de l’amour de Dieu, le Coran révèle : Invoque sans cesse le Nom de ton Seigneur et communie intensément avec Lui ! (Al- Muzzammil, 73:8). Sur la nécessité d’aimer son prochain, le Prophète Muhammad (sur lui la Paix et les bénédictions divines) a dit : « Aucun d’entre vous n’est croyant tant que vous n’aimerez pas pour votre prochain ce que vous aimez pour vous-mêmes. »

 

          Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ (sur lui la Paix) a dit : «’Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, le Seigneur est Un. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence et de toute ta force . C’est là le premier commandement. Le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » (Marc 12:29-31).

 

* * * * *

          Dans le Saint Coran, Dieu le Très-Haut enjoint les musulmans de lancer l’appel suivant aux chrétiens et aux juifs – les gens des Ecritures :

          Dis : « Ô gens des Ecritures ! Elevez-vous à une parole commune entre vous et nous, à savoir de n’adorer que Dieu Seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu. » S’ils s’y refusent, dites-leur : «Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, notre soumission à Dieu est totale et entière. » (Aal ‘Imran 3:64).

          L’expression : de ne rien Lui associer se réfère à l’Unité de Dieu, tandis que l’expression : de n’adorer que Dieu Seul renvoie au fait d’être dévoué totalement à Dieu.

Ainsi donc, elles expriment le premier et plus grand commandement. Selon l’un des plus anciens commentaires coraniques faisant autorité, l’expression: et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maîtres en-dehors de Dieu, signifie “de ne pas obéir les uns aux autres en désobéissant à ce que Dieu a commandé”. Ici, c’est le second commandement qui est exprimé, car la justice et la liberté de religion sont des aspects centraux de l’amour du prochain.

          Conformément au Coran, nous, en tant que musulmans, invitons les chrétiens à s’accorder avec nous sur ce qui nous est commun et qui constitue également l’essentiel de notre foi et de notre pratique : les Deux Commandements de l’amour.

 

Texte intégral en français sur le site : http://www.acommonword.com et dans la revue “Se Comprendre”.

Vous pouvez consulter en français le site du GRIC : www.gric.asso.fr

La réponse du Pape à la lettre des 138 musulmans

 

Lettre du cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat du Saint Siège, à Son Altesse royale,

Prince Ghazi bin Muhammad bin Talal, Palais Royal, Amman, Jordanie.

 

Du Vatican, le 19 novembre 2007

 

          Le 13 octobre 2007, une lettre ouverte, adressée à sa Sainteté le pape Benoît XVI ainsi qu’aux autres chefs religieux, était signée par cent trente huit chefs religieux musulmans, dont votre Altesse royale. Vous aviez eu l’amabilité de la remettre à Mgr Salim Sayegh, vicaire patriarchal du Patriarchat latin de Jérusalem en Jordanie, avec la demande de la transmettre à sa Sainteté.

          Le pape m’a chargé d’exprimer sa gratitude à votre Altesse royale, ainsi qu’à tous les signataires de la lettre. Il a expressément exprimé sa profonde reconnaissance devant ce geste, pour l’esprit positif qui a inspiré ce texte et pour l’appel à un engagement commun à promouvoir la paix dans le monde.

Sans ignorer ou minimiser nos différences entre chrétiens et musulmans, nous pouvons, et même nous devons regarder ce qui nous unit : la croyance en un seul Dieu, Créateur bienveillant et juge universel qui, à la fin des temps, regardera chaque personne en fonction de ses actions. Nous sommes tous appelés à nous engager totalement envers lui et à obéir à sa volonté.

          Gardant à l’esprit sa lettre encyclique ‘Deus est Caritas’ (« Dieu est amour »), sa Sainteté a été particulièrement marquée par l’attention donnée dans la lettre au double commandement de l’amour de Dieu et du prochain.

          Comme vous le savez, au début de son pontificat, le pape Benoît XVI a dit : « Je suis profondément convaincu que nous ne devons pas céder aux pressions ambiantes négatives, mais affirmer les valeurs du respect mutuel, de la solidarité et de la paix. La vie de tout être humain est sacrée, pour les chrétiens comme pour les musulmans. Il y a de nombreuses choses à faire ensemble au service des valeurs morales fondamentales » (Texte adressé à une délégation des communautés musulmanes à Cologne le 20 août 2005). Un tel fond commun nous pousse à baser le dialogue sur un respect effectif de la dignité de chaque personne, sur une connaissance objective de la religion de l’autre, sur le partage de l’expérience religieuse, et finalement sur un engagement commun à promouvoir un respect et une acceptation mutuelle parmi les plus jeunes générations. Le pape est sûr que, cela rendra possible une coopération productive dans le domaine culturel et social et pour la promotion de la justice et de la paix dans la société et à travers le monde.

 

          En encourageant votre initiative digne de respect, je suis heureux de vous faire savoir que sa Sainteté serait désireuse de recevoir votre Altesse royale et un petit groupe de signataires que vous choisirez. En même temps, une rencontre de travail pourrait être organisée par votre délégation et le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux, avec la coopération de certains instituts spécialisés (comme l’Institut Pontifical d’Études arabes et d’islamologie, ou l’Université Pontificale de la Grégorienne). Le détail précis de l’organisation de ces rencontres pourrait être décidé plus tard, si vous en acceptiez le principe.

          Je profite moi-même de cette occasion pour renouveler à votre Altesse royale l’assurance de ma plus haute considération.

Cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat (Traduction : Henri de La Hougue).

NORVEGE :

un accord sur le droit de changer de religion

          “Le droit de changer de religion sans risque de “harcèlement” fait partie de la liberté religieuse fondamentale de chaque être humain”. Le Conseil islamique de Norvège et le Conseil des relations œcuméniques et internationales de l’Eglise luthérienne de Norvège ont issu une déclaration commune le 22 août 2007. Chacun est libre d’adopter la religion de son choix. Ainsi, “Une Eglise et une organisation de musulmans, représentatives sur le plan national, reconnaissent d’un commun accord le droit de changer de religion”, a déclaré Olav Fyskse Tveit, secrétaire général du Conseil de l’Eglise.

          Dans une déclaration qui a été diffusée après la signautre de leur accord, les deux institutions s’expriment en ces termes : “Nous dénonçons tous les actes de violence, la discrimination et le harcèlement dont sont victimes les personnes qui changent de religion ou désirent en changer, que ce soit en Norvège ou à l’étranger, et nous prenons l’engagement de nous y opposer”. Selon Shoaib Sultan, secrétaire général du Conseil islamique, “Il est important de poser ce principe fondamental”. Environ 86 % des 4,6 millions d’habitants que compte la Norvège sont membres de l’Eglise de Norvège, alors que quelque 72 000 musulmans déclarés représentent seulement 1,8 % de la population. Les deux institutions affirment que les conversions entre l’islam et le christianisme sont rares dans ce pays. Et les signataires d’ajouter : “Ce dialogue permanent repose sur les valeurs fondamentales du respect et de la confiance réciproques. Il a pour but de prévenir les conflits et de créer un espace permettant aux musulmans et aux chrétiens d’approfondir les relations qu’ils entretiennent entre eux et avec la société norvégienne en général. Il s’agit, en particulier, de remettre en question les préjugés et les stéréotypes que chacun a de l’autre”.

 

Bonne Fête de l’Aïd el Kebir

Joyeux Noël

 


Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement
     

Abbaye de Saint-Jacut de la Mer : du vendredi 11 janvier au dimanche 13 janvier 2008

12ème Colloque Inter-Religions, ayant pour thème : « La paix - Une illusion ? Un horizon ? ». Est-il possible pour un croyant d’être artisan de paix sans céder à l’illusion d’un monde sans conflits et sans violences ? Que veut dire accueillir l’autre quand il a le visage de l’ennemi ? Avec Claire Ly, Liliane Apotheker, Philippe Haddas, Michel Berder, Mehrézia Labibdi Maiza et Ghaleb Bencheikh.
Renseignements : T. 02 96 27 71 19 –
abbaye.stjacut@wanadoo.frwww.abbaye-st-jacut.com.  

Centre Sèvres - Paris : samedi 19 janvier 2008, Colloque : “Le pèlerinage dans les traditions religieuses”.

Pourquoi tant de pèlerins aujourd’hui ? Le pèlerinage, une expérience mystique ? un temps de fraternité ? Que cherchent les pèlerins des diverses religions :  le musulman, l’hindou, le juif, le chrétien ?

Renseignements : Centre Sèvres, 35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris – www.centresevres.com   

Service Diocésain des Relations avec l’Islam du diocèse d’Evry (91) 

-   Samedi 2 février 2008 : journée de réflexion théologique avec le Père Joseph Moingt, s.j., à Tigery (Cénacle). Thème : « Jésus, Fils de Dieu, pierre d’achoppement pour le judaïsme et pour l’islam ».

-   Dimanche 10 février 2008, (17h-19h), à Evry, Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, et Zuhair Mahmood, directeur de l’I.E.S.H. de Château-Chinon (Nièvre), dialogueront sur le thème : « Quel avenir souhaitons-nous pour les relations entre l’islam et le christianisme ? »

Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement

&       « Chrétiens et musulmans : adversaires ou partenaires ? »

       Michel LELONG, Paris, l’Harmattan, 2007, 221 pp., 19,50 €.
Voici un livre serein qui analyse la relation entre deux traditions religieuses : le christianisme et l’islam. Cette sérénité prend sa source dans une connaissance de l’histoire et de la vie des chrétiens et des musulmans. C’est le fruit de la longue vie d’un prêtre, Père Blanc, en relation avec des musulmans. L’auteur - qui est un des fondateurs du Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne (GAIC) - aborde les principaux contentieux entre les deux religions, qui font souvent la une des médias et qui hantent l’imaginaire occidental. Il nous invite à sortir des idées aussi simplistes qu’inexactes. Mais il présente aussi les difficultés réelles qui séparent. Il parle des conditions de la femme, de la polygamie, du voile, de l’islamisme, du fanatisme, de la violence, du statut de dhimmi, en termes paisibles.
L’auteur ne se laisse nullement guider par ‘un excès d’irénisme’, ou une confusion doctrinale. Il analyse les causes de l’islamophobie en Occident, chez les chrétiens comme chez ‘les intégristes laïques’. Il désamorce, dédramatise. Ce petit livre érudit est le fruit d’une réflexion éclairée et surtout d’une expérience de vie, de rencontres. C’est un message pour tous : passer de l’affrontement à l’émulation spirituelle. (Georges Darlix).
 

&       « L’Islam, un recours pour les jeunes »

       Nathalie KAKPO, éd. Presses de Sciences Po, 2007, 197 pp., 20 €.
Quelles peuvent être les causes d’une demande d’islam pour les jeunes ? Sont-elles liées à une situation internationale au travers de laquelle les médias présentent une certaine vision de cette religion ? Ou bien, s’enracinent-elles dans des faits actuels de notre société, comme la présence d’imams recruteurs en banlieue ? Dans cet ouvrage, Nathalie Kakpo, mène son enquête à Moligny, Son étude précise de situations concrètes concerne des jeunes, garçons ou filles, qui sont des enfants d’immigrés maghrébins et turcs. Ils sont  scolarisés ou en recherche de travail. L’auteur nous fait découvrir tout au long de ce parcours les conséquences des multiples interactions qui se jouent au cœur même des relations  entre jeunes d’origine turque et jeunes d’origine maghrébine, entre générations, entre jeunes et travailleurs sociaux, entre jeunes et élus locaux,  entre jeunes et enseignants, ou encore entre filles et garçons. L’analyse de ce phénomène  nous amène à  mieux comprendre des attitudes ou décisions des jeunes par rapport à leur religion. C’est un ouvrage passionnant, qui provoque le lecteur à sortir de ses préjugés, à réfléchir sur la manière de cheminer avec les jeunes pour permettre une libération de la stigmatisation dont ils souffrent. (E. Jobert). 

&     « L’intégrisme, l’islam et nous »

       Dounia BOUZAR, éd. Plon, Paris, 2007, 152 pp., 18 €.
Avec son franc parler, Dounia Bouzar nous dit  “au fond les intégristes ne sont pas croyants, car ils suppriment la notion de foi intérieure”, p. 32. Son livre veut démontrer qu’on a “tout faux” que l’on soit de droite ou de gauche ; “les” musulmans n’existent pas ; il y a des personnes à rencontrer là où ils en sont humainement. Dounia Bouzar est à fond pour une laïcité à la française. Elle est de ceux et celles qui croient à un “avenir commun” de tous les français. (Georges Paquet) 

&     « Initiation au Coran »

       Mohammad ABDALLAH DRAZ, éd. Beauchesne Religions, Paris, 2005, 168 pp., 19 €.
Egyptien, né en 1894. L’ouvrage initiation au Coran, est une étude qui se veut objective et accessible aux esprits non familiarisés avec la langue arabe. Dans une première partie, l’auteur présente quelques aspects importants de la vie du prophète avant la révélation, puis il aborde de nombreuses questions soulevées par la mise en œuvre de la composition du texte révélé, dont un enjeu est son authenticité.  Si le sentiment inné du bien et du mal se rencontre dans le Coran, il n’en demeure pas moins que l’homme est doué d’intelligence et de raison. Il nous propose ensuite de découvrir comment la doctrine coranique fut annoncée au monde, et de clarifier les préjugés de notre monde occidental mal informé au sujet du terme générique « djihâd ».  « Le Coran a eu un effet remarquable sur les esprits les plus divers. C’est qu’il a sû donner satisfaction à leur besoin de vrai, de bien  et de beau, par le moyen d’une œuvre à  la fois religieuse, morale et littéraire ». Ces notions sont développées par l’auteur, qui utilise une méthode de lecture comparative. La troisième partie est axée sur l’origine du Coran. Ce qu’il contient ne pourrait-il pas être expliqué autrement que par la révélation ? Il examine différentes solutions et nous éclaire de manière particulièrement objective sur la valeur et la grandeur du Coran pour un musulman. (E. Jobert). 

&       « Le Coran »

       Michel CUYPERS, Geneviève GOBILLOT, coll. Idées Reçues, éd. Le Cavalier Bleu, Paris, 2007, 126 pp.
 
“Est-ce qu’on peut faire dire n’importe quoi au Coran, est-ce que le Coran infériorise la femme ? etc…”. Les idées reçues sont dans toutes les têtes. Les auteurs de ce petit ouvrage fort intéressant proposent un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir. Ils passent en revue l’histoire du Coran, sa forme et son contenu, son interprétation, ses fonctions cultuelles ou législatives. (Roger Michel). 

&       « Le Festin – Une relecture de la sourate Al-Mâ’ida – Rhétorique, sémitique »

       Michel CUYPERS, éd. Lethielleux, Paris, 2007, 453 pp.
Petit Frère de Jésus, Michel Cuypers travaille en Egypte à l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales du Caire (I.D.E.O.). Dans le présent ouvrage, qui demande une attention soutenue, il applique à la sourate 5 du Coran, sensée être la dernière révélée, l’analyse rhétorique et l’approche intertextuelle. Ainsi est mise en valeur la cohérence et l’architecture du texte, ainsi que les nombreux rapports du texte coranique avec la Bible et la littérature para-biblique. Cette interprétation renouvelée du Coran fait apparaître des dimensions théologiques que les “nouveaux penseurs de l’islam” explorent aussi de leur côté. Loin d’attaquer la foi musulmane, les acquis de la critique moderne la débarassent d’ajouts qui l’ont encombrée au cours de l’histoire. Un ouvrage remarquable. (Roger Michel). 

&       «Trinity in Unity in Christian-Muslim Relations – The work of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue »

       Pasteur Luthérien Risto JUKKO, éd. Brill, Leiden, Boston, 2007, 365 pp.
Notre ami Risto Jukko, pasteur et théologien finlandais, propose dans cet ouvrage une recherche théologique de l’ensemble des documents publiés par le Secrétariat pour les non-chrétiens, devenu Conseil pour le Dialogue Interreligieux. Il analyse les fondements philosophiques et théologiques de ces documents, et dans sa conclusion, indique que c’est dans le cadre d’une théologie trinitaire, appuyée sur une solide christologie, que la théologie chrétienne du dialogue avec les religions peut continuer à se développer. Ouvrage en anglais, fort documenté, écrit par un homme engagé dans le dialogue œcuménique et interreligieux. (C. Roucou).
 

&     « L’action psychologique dans le Coran »

       Dominique et Marie-Thérèse URVOY, coll. “Patrimoines islam”, éd. du Cerf, Paris, 2007, 103 pp., 18 €.
 
“En un mot, en matière théologique, le Coran a remarquablement “bétonné ” contre toute interrogation. Par suite, le doute (shakk), qui sera considéré comme vertu en matière de pratique (dans le fiqh), sera absolument exclu en matière de foi.”. Extraite de la postface, cette phrase dit assez bien le point de départ des auteurs : tenter de montrer, à partir de la rédaction elle-même du Coran, comment l’appareil rhétorique contribue à établir le croyant dans une “certitude” qui fait échec aux accusations des incrédules : le Prophète aurait forgé autre chose que la Parole de Dieu de toujours, en aurait oublié une partie, ou l’aurait carrément inventée. Cette étude technique se propose à nous sous trois registres : les procédés rythmiques, les procédés structurels et les procédés subliminaux  que l’on peut inférer de l’étude du texte. (J.M. Ploux) 

&     « Les femmes et l’islam – Entre modernité et intégrisme »

       Sous la direction d’Isabel TABOADA LEONETTI, éd. L’Harmattan, Paris, 2004, 278 pp., 24,20 €.
Cet ouvrage s’adresse à tous ceux, femmes et hommes, musulmans et non-musulmans, qui ont compris que l’islam et son évolution font partie intégrante de la culture de l’occident, de son histoire comme de son devenir…
Isabel Taboada Léonetti présente le véritable combat de l’émancipation de la femme, entamé au XIXème s. dans l’Empire Ottoman, et mené sur les différents continents. S’il a permis une amélioration de la condition de la femme, il provoque des réactions dans de nombreux pays islamistes. Dans les sociétés musulmanes la condition féminine a toujours suscité des débats pluriels.
Les différentes approches que propose cet ouvrage sur la question du statut des femmes, nous mettent en face de sa réelle complexité. Lois, rapports sociaux, responsabilité de la femme dans la décadence de la société musulmane, occidentalisation de la femme musulmane, religion, surdétermination ou non des comportements, le voile … autant de sujets à resituer dans l’histoire de l’évolution des sociétés et dans la modernité. (E. Jobert). 

&     « Existe-t-il un féminisme musulman ? »

       ISLAM et LAICITE, éd. L’Harmattan, Paris, 2007, 126 pp., 11 €.
L’héritage de l’inégalité entre les hommes et les femmes, inscrite dans certains textes religieux, dans le fonctionnement des sociétés, a pesé au fil des siècles et pèse encore. Ces dernières années, le statut des femmes dans le monde  musulman fait l’objet d’études et de controverses. La Commission Islam et Laïcité a organisé un Colloque en collaboration avec l’UNESCO en septembre 2006. Ce colloque désirait commenter l’émergence de mouvements féministes islamiques, qui ont en commun de vouloir une réelle égalité entre femmes et hommes, tout en se mobilisant principalement contre le patriarcat. Des réalisations au Maroc, en Egypte, au Pakistan, en Europe, illustrent l’objectif de ces mouvements féministes. (Cl.M. Durondeau).

Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement

I N I T I A T I V E S

* *   *   Lyon – 1ère rencontre Imams – Prêtres – 17 novembre 2007

L’idée d’une rencontre entre prêtres et imams afin de mieux se connaître  a été proposée au Cardinal Barbarin par le président du CRCM Rhône-Alpes, lors d’une réunion de préparation du voyage en Algérie d’une délégation islamo–chrétienne de la région de Lyon (cf. Lettre du SRI n° 91, mai 2007). Un groupe de pilotage de trois catholiques et trois musulmans décida rapidement du titre de la rencontre : « Prêtres et imams, mieux se connaître pour agir ensemble ». Il adopta le principe de conférences et d’ateliers « à double voix, musulmane et chrétienne », chacun s’efforçant de parler à l’autre avec des mots compréhensibles, au risque parfois de simplifier le discours. Ce fut un dialogue clair, sans concession sur les différences entre nos deux religions. L’ambiance était telle que nous avons pu parler en vérité avec un très grand respect de l’autre.
La journée rassembla près de 200 personnes (58 prêtres et 2 pasteurs, ainsi qu’une dizaine de laïcs en mission ecclésiale du côté chrétien, en majorité du diocèse de Lyon, 55 imams, 55 présidents d’associations, 19 aumôniers de prison ou d’hôpitaux, dont 12 femmes, pour les musulmans, venant de tous les départements de la Région Rhône -Alpes).
Le matin, après les mots d’accueil traditionnels, le Président du CRCM, Azzedine GACI, adressa un message d’une très grande ouverture, mettant en avant l’amour de Dieu pour les hommes, la nécessité de vivre « le souvenir de Dieu » dans un monde sécularisé et la nécessité, impérieuse pour tous, du dialogue interreligieux.
Puis, trois conférences à deux voix, avec débats, ont suivi, portant sur l’organisation des institutions catholiques et musulmanes dans le monde et en France, la vie au quotidien d’un prêtre et d’un imam, la foi musulmane et la foi chrétienne. Une salle de prière (et des lieux pour les ablutions) avait été prévue pour que la communauté musulmane se sente chez elle en ce lieu catholique qui nous accueillait : l’Ecole La Mache.
Le repas convivial respectant les règles de nourriture et de boisson de nos amis musulmans  fut aussi un grand moment d’échanges avec beaucoup de bonne humeur et de joie. L’après midi, des ateliers ont permis des échanges sur différents thèmes : questions éthiques (mariage, famille, euthanasie, bioéthique…) ; vivre ensemble dans les quartiers, la vie spirituelle, la réalité scolaire et l’éducation (enseignement du fait religieux, écoles privées/publiques…) ; réalité pénitentiaire, hospitalière et aumôneries ; religion, laïcité et politique, s’entre-connaître. Lors de la mise en commun,  ce fut très caractéristique que le mot « ensemble » soit inscrit sur tous les transparents, exprimant la volonté de tous de travailler et d’agir de façon unie.
Pour les organisateurs musulmans et chrétiens, l’objectif du dialogue a été atteint : pas de tensions, même lors de l’expression de divergences. Ce fut aussi un grand moment de dialogue à l’intérieur même de chacune des communautés. Un souhait a été exprimé par un grand nombre: « Quand organisons-nous une nouvelle rencontre de ce type ? Pourquoi ne pas associer la communauté juive à une telle démarche ? »
Jacques BOLON, Délégué SRI du diocèse de Lyon

*   Paris – samedi 24 novembre 2007 : I.S.T.R.

Un colloque a eu lieu en partenariat avec le Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne (GAIC) et le Centre Socioculturel de la rue de Tanger à Paris. « Dans un monde qui change, quelle foi et quelles valeurs transmettre, et comment ? - Regards de chrétiens et de musulmans ». Quelques flashes :
« Des interlocuteurs de religions différentes et  engagés dans l’éducation nous ont communiqué leur expérience auprès des jeunes en collèges ou lycées. L’insistance est mise sur la Parole et sur des thèmes qui présentent un  intérêt commun. La notion de laïcité suscite différentes interprétations.  Au-delà de ce concept, qui reste à clarifier, notamment dans son rapport au phénomène religieux, il est de toute importance que la composante musulmane de la société française ait aussi sa place. La transmission de la foi présente des enjeux, nous croyons tous au jugement dernier, nous avons à transmettre aux jeunes le meilleur. Nous avons à  témoigner par nos comportements envers les autres et envers la planète.
La transmission de la foi est en crise dans nos sociétés relativistes marquées par une grande fragilisation des institutions. La liberté est à respecter dans une culture moderne où la raison prédomine, toute vérité est à l’épreuve du débat, et le temps est à la fin des religions ethniques. Transmettre la foi peut se traduire par ‘donner le goût de Dieu ‘. Il est alors essentiel de se demander quelles sont nos ressources spirituelles pour contribuer à un vivre ensemble dans notre société. Comment s’enrichir collectivement et réciproquement de nos diversités ? ».

*   Nantes – 26 novembre 2007 : rencontre CRCM-Evêque

A l'invitation de Mgr Soubrier, évêque de Nantes, et suivant le souhait de responsables musulmans, cinq membres du CRCM et imams sont venus, pour la première fois, rencontrer l'Evêque de Nantes,  son vicaire général et les responsables catholiques du SRI et des Relais Monde Musulman. L'entretien a porté sur les relations avec les pouvoirs publics, la construction des nouvelles mosquées, le désir de part et d'autre d'avancer non seulement dans un dialogue spirituel, mais aussi dans des actions communes. “Notre foi nous appelle à faire les premiers pas” disait un responsable du CRCM. Un jeune imam nous a expliqué son cursus de formation. Des terrains d'entr'aide et de coopération ont été abordés, comme ceux des relations Religion-Etat ou des aumôneries. Mgr Soubrier a fait part de la réflexion des Evêques à Lourdes sur le dialogue musulmans-chrétiens, ses enjeux, ses réalisations concrètes, et de leur désir de débattre ensemble sur des questions telles que les conversions, les mariages mixtes. A suivre ! G. Epiard, responsable diocésain du SRI.

*   Pontoise – 3 décembre 2007 : visite de l’évêque à la mosquée

Le 3 décembre 2007, Mgr Riocreux, évêque de Pontoise, accompagné des curés de trois paroisses, de la déléguée aux relations islamo-chrétiennes et de membres du Comité interreligieux de l'Agglomération, a rendu visite à la mosquée de la ville. Heureux et honorés, les responsables musulmans lui ont réservé un accueil cordial, dont Mgr Riocreux a été très touché. L'échange, simple et fraternel, a conforté les volontés dans la poursuite des actions communes pour en répandre la dynamique en témoignant ainsi que vivre et agir dans le respect des différences, l'ouverture et l'estime réciproques, est possible. Dans les jours suivants, la mosquée turque de la ville recevra, à son tour, l'évêque de Pontoise.


Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement

 

 « Se Comprendre » (5, rue Roger Verlomme, 75003 Paris - www.comprendre.org).

N°07/09 – novembre 2007 : « Musulmanes de France : du choix du voile au mariage », entretien avec Amel Boubekeur.
N°07/10– décembre 2007 : « Lettre Ouverte et Appel des Guides Religieux Musulmans».

 

Début - Editorial   - Documents - Annonces  - Livres - Initiatives  - Témoignage - Revues   -  Abonnement

 

Accueillir l’autre au nom de l’Amour de Dieu

 Nous reproduisons ici des extraits de l’interview de Mgr Claude RAULT, évêque de Laghouat (Algérie), le 7 novembre 2007, avec Mr Jacques Carton, du Service de Communication de la Conférence des Evêques de France. 

      “Les Algériens m’ont apporté leurs qualités d’accueil, les richesses de leur différence et de leur diversité. Je leur apporte aussi les miennes. Il est possible de s’accueillir et de vivre ensemble différents, grâce à l’ouverture de son cœur et de sa maison : la convivialité renforce les liens de la fraternité et prépare un dialogue plus profond. Les Algériens aujourd’hui veulent tourner la page sur les difficultés du passé et vivre une nouvelle page avec les français. Le peuple algérien nous fait découvrir ce qu’est la grandeur et la Transcendance. Le fait que des assassinats aient été faits au nom de Dieu a interrogé profondément l’islam ambiant et la conscience de nos amis musulmans. Il y a aujourd’hui un grand désir de rencontre, et nos échanges portent davantage sur des questions existentielles que sur des problèmes théologiques : le sens de la vie, de la mort, de la naissance, de la souffrance. Malgré la fragilité de notre présence et de nos petits moyens, nous collaborons à l’avènement d’une société plus humaine, plus à l’image de celle du désir de Dieu. 

          Je retrouve là des aspects de la religion populaire de nos familles chrétiennes. Des gestes simples traduisent la grandeur de Dieu. Le réveil de l’islam en France est une saine provocation pour notre Eglise et pour la société occidentale en quête de sens. Nous sommes tous en quête de sens. L’autre est important, que cet autre soit Dieu ou mon prochain. L’Autre est Dieu. Bien recevoir de l’Autre, l’accueillir, est un acte religieux.  

          Ce que m’apprennent aussi les algériens, c’est la patience, savoir attendre ! J’admire la patience de mes amis musulmans, une patience élevée à la dimension d’une vertu religieuse. 

Notre manière d’être chrétien, c’est de comprendre l’Autre différent dans la gratuité, au nom de l’Amour de Dieu, sans que cet Amour aboutisse à une tentative de récupération. C’est l’attitude de Jésus dans l’Evangile. Jésus a rencontré sans récupérer. Il a parlé en laissant les gens repartir. Etre présent en ayant les mains nues. Nous vivons avec tous, au nom de la gratuité de l’Amour de Jésus. Notre vocation est de vivre cette fraternité. Beaucoup de musulmans manifestent un grand amour pour nous. 

Si pendant les années difficiles les chrétiens ont pu rester en Algérie, c’est grâce à ces musulmans qui, eux, ont subi beaucoup de violence et ont beaucoup souffert.”

Abonnement à la « LETTRE du SRI » - 2008

N’oubliez pas de vous abonner ou de vous réabonner. 

L’abonnement annuel comprend quatre lettres par an et débute le 1er janvier de chaque année. D’avance merci. 

Nom : ..........................................................................................................................................................

Adresse : ..................................................................................................................................................... 

Souscrit à un abonnement à la « Lettre du SRI » et verse la participation de 12 € normal, 15 € soutien, à l’ordre de l’AREC.

Page d'accueilObjectifs - Lettre du SRI - Correspondants - Session d'été   - Actualité  - Foyers mixtes  - Archives - Textes  - Instruments - Liens