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LETTRE n° 90
Février 2007

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

Dépasser les malentendus et les peurs réciproques

          Voici trois mois, nous partagions les inquiétudes de nos amis musulmans ou chrétiens engagés dans le dialogue depuis des années, à la suite du discours prononcé par le pape Benoît XVI à Ratisbonne, le 12 septembre 2006. Depuis cette date, plusieurs initiatives du pape ont voulu dissiper le malentendu. Dans plusieurs mises au point, Benoît XVI a redit son estime et son respect pour les musulmans, faisant siens les propos du Concile Vatican II dans le document Nostra Aetate 3. Le 11 novembre, il recevait, seul, l’universitaire algérien Moustapha Cherif qui lui avait écrit en juin, soucieux que le dialogue islamo-chrétien soit poursuivi avec la même conviction, premier tête-à-tête, sans doute, entre Benoît XVI et un musulman. Enfin, du 28 novembre au 1° décembre, Benoît XVI s’est rendu en Turquie à la rencontre du patriarche œcuménique Bartholoméos et des communautés chrétiennes mais aussi des autorités et de la population de ce grand pays musulman.

          A ceux qui s’interrogeaient sur l’engagement de Benoît XVI dans la relation et le dialogue avec les musulmans, deux de ses initiatives apportent une réponse : la première est le discours adressé au responsable turc des affaires religieuses, à Ankara, dont nous reproduisons des extraits. Le Pape y dit “qu’il aime à citer” les paroles de son prédécesseur Grégoire VII s’adressant, en 1076, à l’émir An-Nâsir : “Nous croyons et nous confessons un seul Dieu, même si c’est de manière différente”, texte déjà cité par les évêques du Nord de l’Afrique dans un document intitulé “Le sens de nos rencontres”, en 1979. La seconde est sa visite à la mosquée bleue où il s’est recueilli aux côtés du grand mufti d’Istanbul. De retour à Rome, il a voulu donner lui-même le sens de son geste, indiquant qu’il s’y était « adressé à l’unique Seigneur du ciel et de la terre, Père miséricordieux de l’humanité tout entière.» Ce geste et ces propos sont clairs et nous invitent à poursuivre, à notre tour, ce chemin du dialogue dans toutes ses dimensions, en n’oubliant ni les questions exigeantes posées par Benoît XVI et ni de nous enraciner, comme lui, en Dieu, dans la prière.

          Si nous n’écoutions que les medias télévisés, nous pourrions penser que le dialogue entre chrétiens et musulmans relève d'une époque révolue et que seul « le choc des civilisations » est la clef de lecture pertinente pour rendre compte de la réalité. Mais si nous regardons ce qui se passe en France, nous constatons : davantage de manifestations, en quantité et en qualité au cours de la semaine islamo-chrétienne de novembre 2006, des initiatives communes pour commémorer les 20 ans de la rencontre d’Assise par des rassemblements, des conférences, des publications, l’archevêque et l’imam de Poitiers qui profitent de la fête de l’Aïd et du 1° janvier pour offrir ensemble leurs vœux à la population. Il faudrait aussi évoquer la collaboration régulière entre aumôniers catholiques et aumôniers musulmans dans de nombreuses prisons de France.

          Evoquer cela ne signifie pas cacher qu’il existe aussi des différents dont nous devons pouvoir parler ensemble -Benoît XVI a évoqué les rapports foi et raison, la liberté de conscience, le rapport à la violence-, des difficultés voire des échecs dans la rencontre et le dialogue, des tentatives de prosélytisme de part et d’autre. Nous savons que chez certains de nos concitoyens, et parmi eux certains catholiques, existe « la peur de l’Islam ». Mais nous croyons que la peur est mauvaise conseillère et nous désirons trouver les occasions et les chemins pour dépasser cette peur qui repose trop souvent sur des caricatures, sur une ignorance de la tradition de l’autre, sur l’absence de relations avec des musulmans. Cela passe par la formation, comme la session d’Orsay en juillet prochain. Cela passe surtout par les liens que nous pouvons tisser, liens fraternels et liens spirituels. Au lendemain de Ratisbonne, Jean-Jacques Perennès, directeur de l’Institut dominicain du Caire, formulait le souhait que chaque chrétien ait un ami musulman, souhait que nous faisons nôtre.

          Pour dépasser les malentendus et les peurs et pour apprendre à vivre ensemble, enjeu des prochaines échéances électorales dans notre pays, osons nous rencontrer en vérité. Notre foi en Dieu et notre citoyenneté française ne nous invitent-elles pas à tisser les liens de la fraternité ?

Christophe Roucou

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Voyage du Pape Benoît XVI en Turquie

« Vivre ensemble dans l’harmonie, la paix et la confiance réciproque »

Le 28 novembre 2006, le Pape s’est rendu au siège du Directorat des Affaires Religieuses à Ankara, capitale de la Turquie, pour y rencontrer son président, le Pr Ali Bardakoglu, et des personnalités de la communauté musulmane, dont les grands muftis d’Ankara et d’Istanbul. Extraits de son discours.

          “En votre personne, Monsieur le Président, j’adresse à tous les musulmans de Turquie le salut de ma particulière estime et de mon affectueuse considération.

          Votre pays est très cher aux chrétiens : nombreuses sont les communautés primitives de l’Eglise qui furent fondées ici et y accédèrent à la maturité, inspirées par la prédication des Apôtres, particulièrement de saint Paul et de saint Jean. Une tradition nous a été transmise, qui dit que Marie, Mère de Jésus, vécut à Ephèse dans la demeure de l’apôtre saint Jean. (…)

          Je fais miennes les paroles de mon prédécesseur immédiat, le Pape Jean-Paul II, qui disait à l’occasion de sa visite en 1979 : “Je me demande s’il n’est pas urgent, précisément aujourd’hui, alors que chrétiens et musulmans sont entrés dans une nouvelle période de l’histoire, de reconnaître et de développer les liens spirituels qui nous unissent, afin de promouvoir et de défendre ensemble, pour tous les hommes (…) les valeurs morales, la paix et la liberté”. (…)

          Chrétiens et musulmans, selon leurs religions respectives, demandent de porter attention à l’authenticité du caractère sacré et de la dignité de la personne. C’est là le fondement de notre estime et de notre respect mutuels, le fondement de la collaboration au service de la paix entre les nations et les peuples, désir le plus ardent de tous les croyants et de tous les hommes de bonne volonté.

          Depuis plus de quarante ans, l’enseignement du Concile Vatican II inspire et guide l’approche du Saint-Siège et des Eglises locales du monde entier dans leurs rapports avec les tenants d’autres religions. Selon la tradition biblique, le Concile enseigne que tout le genre humain partage une origine commune et un destin commun : Dieu, notre créateur et terme de notre pèlerinage terrestre. Chrétiens et musulmans appartiennent à la famille de tous ceux qui croient dans le Dieu unique et qui, selon leur propre tradition, se réfèrent à Abraham (cf. la Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes, “Nostra Aetate”, 1, 3). Cette unité humaine et spirituelle dans nos origines et nos destinées nous pousse à rechercher un itinéraire commun, tout en nous acquittant de notre rôle propre dans cette quête des valeurs fondamentales si caractéristique des hommes de notre temps. Comme hommes et femmes religieux, nous sommes en première ligne dans le défi de l’aspiration générale à la justice, au développement, à la solidarité, à la liberté, à la paix, à la sécurité, à la défense de la vie, à la protection de l’environnement et des ressources de la terre. (…)

          Nous sommes appelés à œuvrer ensemble, de façon à aider la société à s’ouvrir au transcendant, reconnaissant au Dieu Tout-Puissant la place qui lui revient. La meilleure façon de progresser est celle d’un dialogue authentique entre chrétiens et musulmans, qui soit fondé sur la vérité et soit inspiré du désir sincère de mieux nous connaître l’un l’autre, en respectant nos différences et en reconnaissant ce que nous avons en commun. (…)

          J’aime citer les paroles adréssées par le Pape Grégoire VII, en 1076, à un prince musulman d’Afrique du Nord, qui avait agi avec grande bonté envers les chrétiens placés sous sa juridiction. Le Pape Grégoire VII parlait d’une charité spéciale que les chrétiens et les musulmans se doivent réciproquement, puisque “nous croyons et confessons un seul Dieu, même si c’est de manière différente, chaque jour nous le louons et le vénérons comme Créateur des siècles et Gouverneur de ce monde” (PL 148, 451).

          La liberté religieuse, garantie institutionnellement et effectivement respectée, tant pour les personnes individuelles que pour les communautés, constitue pour tous les croyants la condition nécessaire de leur contribution loyale à l’édification d’une société, dans la réalisation d’un service authentique, spécialement à l’égard des plus vulnérables et des plus pauvres.

          Monsieur le Président, je voudrais terminer en rendant louange à Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux, pour cette heureuse circonstance qui nous rassemble en son nom. Je prie pour que ce soit là un signe de notre engagement commun au dialogue entre chrétiens et musulmans, et aussi un encouragement à persévérer sur cette voie, dans le respect et l’amitié. J’en attends que nous puissions arriver à mieux nous connaître, à resserrer entre nous les liens d’affection, avec le désir partagé de vivre ensemble dans l’harmonie, la paix et la confiance réciproque. Comme croyants, nous trouverons dans la prière la force nécessaire pour surmonter toute trace de préjugé et offrir un témoignage commun de notre indestructible foi en Dieu.

          Que sa bénédiction soit sur nous à jamais !”.

 

In “Documentation Catholique” n° 2371, 7-01-2007


Benoît XVI  explique le sens de son geste à la Mosquée Bleue d’Istanbul

          “Dans le cadre du dialogue interreligieux, la Divine Providence m’a accordé d’accomplir, presque à la fin de mon voyage, un geste non prévu initialement et qui s’est révélé très significatif : la visite à la célèbre Mosquée Bleue d’Istanbul.

          Demeurant quelques minutes en recueillement en ce lieu de prière, je me suis adressé à l’Unique Seigneur du ciel et de la terre, Père miséricordieux de toute l’humanité.

          Puissent tous les croyants reconnaître qu’ils sont ses créatures et donner le témoignage d’une vraie fraternité !”.

Publié dans la “Documentation Catholique”,  n° 2371, p. 32, du 7 janvier 2007

 

Une réaction de Mustapha CHERIF : “L’espoir est permis”

          “Je viens de prendre connaissance des propos du Saint Père en Turquie. Je considère qu’il a réaffirmé avec force et clarté les principes du Concile Vatican II (…) qui instaure la politique de l’estime, de la fraternité et du dialogue, notamment avec l’islam, qui est la marque d’une clarification. Plus encore, l’essentiel de son discours a trait à la question de la justice, point qui est au centre de nos revendications. Il a précisé que “la véritable paix a besoin de justice”. Ce point est central. Il a dénoncé, comme nous le souhaitions, le désordre politique et les déséquilibres économiques. Tout en soulignant la nécessité de faire respecter les décisions internationales et d’instaurer un vrai dialogue, sur tous les plans, en particulier au Moyen Orient. Cette approche et vision sont celles des êtres soucieux de vérité, qui discernent les causes profondes de la violence injustifiable et refusent la propagande du choc, les amalgames et la stigmatisation. Il a exprimé son estime pour les musulmans et marqué son attachement au dialogue, en soulignant que nous devons travailler ensemble. Ce sont les paroles que la majorité des musulmans attendaient. Si, sur la question de la violence, il y a totale convergence de vue pour condamner les usages aveugles et l’instrumentalisation de la religion, comme l’a bien dit en réponse le responsable religieux Turc, par contre, au sujet du rapport entre la religion et le politique, des nuances sont perceptibles. Séparer ces deux dimensions fondamentales de la vie est vital et logique. Ce qui est la sécularité ouverte et paisible. (…)

          L’espoir est permis, notamment pour faire face aux immenses défis communs”.

Monsieur Mustapha CHERIF, universitaire algérien

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ë     ë   Le Puy-en-Velay

Une session du 16 au 18 mars 2007 sur “Pierre Claverie, la fécondité d’une vie donnée”, avec le frère Jean-Jacques Pérennès. Inscription auprès de sœur Marie-Diane, BP 610, Vals près Le-Puy, 43008 Le Puy-en-Velay cedex. Tél. 04 71 09 33 39 – Fax. 04 71 04 05 97.

ë   Paris

La “Fraternité d’Abraham” organise, pour marquer les 30 ans de sa création, un colloque sur le thème “Les responsabilités des religions abrahamiques dans la Cité”, le samedi 25 mars 2007, à la Mairie du 6ème arrondissement de Paris. Avec la participation de : Gildas Le Bideau, Gérard Israel, Antoine Sfeir, Jean-Arnold de Clermont, Ali Elsamman, René Guitton, Hugues Derycke et Emile Moatti.
Inscription à la Fraternité d’Abraham, BP. 231- 08, 75364 Paris cedex 08 – Tél. 01 45 49 46 33

ë   Lyon

Le Centre d’Etudes des Cultures et des Religions (CECR) de l’Université Catholique de Lyon organise un cycle de conférences sur “Le mariage entre chrétiens et musulmans” .
Renseignements et inscriptions : Université Catholique de Lyon, 25, rue du Plat, 69288 Lyon cedex 02 – Tél. 04 72 32 51 31. E.mail ; cecr@univ-catholyon.fr

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&     « Maladies de l’âme et maîtrise du cœur »

Abu Hâmid al Ghazâlî, trad. M. Th. Hirsch, éd. du Cerf, Paris, Coll. Patrimoines, 2007, 192 pp. 32€. 
Nous devons à Marie-Thérèse Hirsch la première traduction intégrale du 22° livre du grand œuvre de Abu Hâmid al Ghazâlî (m. 1111) qui en comporte quarante. Le premier mérite de cet ouvrage est de présenter (au début) une analyse du contenu de l’ensemble de ces livres, ainsi que (à la fin) une recension des traductions existant en langues européennes. 
On connaît surtout d’Al Ghazâlî le livre trente-sixième intitulé ‘De l’amour, du désir dans l’absence, de l’intimité dans la présence et de l’assentiment’. Celui-ci en est comme une propédeutique, puisqu’il s’offre comme un chemin de guérison de l’âme malade. Son intérêt principal est de nous montrer comment un maître spirituel reconnu trace un chemin de vérité dans la complexité de l’âme humaine pour la conduire à la sagesse et à la paix. En se fondant sur la différence classique de l’externe (al khalq) et de l’interne (al khuluq) de l’homme, Al Ghazâlî vise l’articulation des deux, confiant dans la capacité de l’homme à trouver un juste chemin à l’écart du rigorisme et du laxisme, tous deux ignorants de la nature profonde de l’homme et de ses ressources, pour parvenir à une vie harmonieuse. Naturellement, ce chemin est éclairé par la révélation coranique et la personne exemplaire de Mohammed. A une époque – la nôtre – minée par le soupçon et, en même temps, inquiète de son équilibre, ces réflexions et ces conseils d’une sagesse bien oubliée pourraient nous ramener à un certain bon sens dans l’éducation et la recherche du bonheur !

&     «Self Islam. Histoire d’un Islam personnel »

Abdennour Bidar, éd. du Seuil, Paris, 2006, 234 pp., 12 €.
C’est le témoignage d’un jeune français, musulman. Auvergnat par ses racines ; musulman par sa mère française, convertie. Enfant, jeune, Abdennour a souffert de cet ‘Orient et Occident qui se côtoient en France, sans se connaître’. Etudiant, Abdennour a pris conscience que ‘la responsabilité spirituelle de chaque musulman est de trouver sa voie, son islam’. Ce qu’il appelle le self islam, l’islam personnel.  A 19 ans, il entre dans une confrérie soufie du Maroc. Pendant 7 ans, jusqu’en 1996, l’auteur vit cette démarche d’approfondissement spirituel : non pour fuir son humanité, mais pour accueillir Dieu en elle. Avec son épouse, il devint agrégé de philosophie. Sa quête continue. Mais attention aux mirages… “En Europe, on entend trop fréquemment répéter que le soufisme est effectivement cet ‘autre islam’, purement spirituel, non violent, apolitique, tolérant, ‘une voie d’amour et de connaissance’. Mirage du soufisme. Il enivre…” écrit-il. A 25 ans, il quitte le soufisme où il se sent trop ‘enfermé’. L’auteur entrevoit le visage d’une spiritualité purifiée de toute prétention à une vérité unique…

&     « Les Eglises, les migrants et les réfugiés. 35 textes pour comprendre »

Coordonné par Bernard Fontaine. Les éditions de l’Atelier, 2006, 125 pp. 15 €. 
Réalisé à l’initiative du Service National de la Pastorale des Migrants et des Gens du voyage, cet ouvrage rassemble 35 textes rédigés par des Eglises chrétiennes de pays différents. Celles-ci posent des questions et émettent leurs réserves face aux nouvelles législations des Etats à l’égard des populations immigrées ou exilées. C’est un excellent outil de travail sur ce sujet très sensible dans les sociétés occidentales.

&     « Coupables »

Leïla Aslaoui,  éd. Buchet/Chastel, Paris 2006, 188 pp., 16 €. 
Voici un ouvrage de témoignages de 12 femmes algériennes. Si elles ont des histoires différentes, elles partagent le même destin d’otages de la loi, des traditions, des mentalités et des tabous. L’auteur, deux fois ministre, fait entendre le cri de douleur et de révolte de ses compatriotes. Son mari a été assassiné dans son cabinet de chirurgie dentaire par des islamistes en 1994. Elle se bat pour les droits de la femme en Algérie. Des témoignages courageux qui portent à la réflexion et aussi à l’espérance pour la génération actuelle.

&     « Afzâd. Ethnologie d’un village d’Iran »

Anne-Sophie VIVIER-MURESAN 
Institut Français de Recherche en Iran. Diffusion Peeters, Louvain. 2006, 446 pp.  
C’est la thèse d’une ethnologue sur le monde musulman. L’auteur a vécu dans un petit village d’Iran. Elle mesure l’ampleur des changements depuis quatre décennies en centrant sa réflexion sur la place de l’individu. Elle analyse les représentations de l’individu à travers quatre grands domaines : l’individu et le divin, être homme, être femme à Afzâd, l’individu dans sa  parenté, l’individu ‘un être communautaire’. C’est un livre très intéressant, mais limité à un pays, l’Iran, et à un village en ce pays.

&     « Le livre de l’Emir »

Waciny LAREDJ, éd. Actes Sud, 2006, 542 pp., 25 €. 
Le titre du livre correspond bien au contenu de ce roman sur l’Emir Abdelkader d’une classe exceptionnelle, “ennemi déclaré, puis ami de la France”. L’ouvrage nous documente intelligemment et de façon captivante, en particulier sur la relation de l’Emir avec le premier évêque d’Alger qu’il a rencontré en 1841. Deux hommes déjà pionniers du dialogue avec clairvoyance et largeur de vues.

&     «Vivre en couple mixte. Quand les religions s’emmêlent…»

         Isabelle LEVY, éd. Presses de la Renaissance, Paris, 2007, 277 pp., 18 €.
Que disent les différentes religions sur les couples mixtes ? Isabelle Lévy, spécialiste des pratiques religieuses, a rencontré une cinquantaine de couples mixtes, des pasteurs, des rabbins, des prêtres, des imams, des moines bouddhistes pour écrire cet ouvrage. Elle énonce très clairement la position des différentes traditions religieuses à propos du mariage mixte : celle du judaïsme, du christianisme (catholiques, protestants, orthodoxes), de l’islam, de l’hindouisme et du bouddhisme. Les problèmes concrets sont abordés comme : la conversion en vue du mariage ; mariage civil, mariage religieux : quelle pratique ? ; les coutumes diverses de chacun ; le choix du prénom des enfants ; le baptême ; l’éducation religieuse des enfants ; la vie de famille : réunions, fêtes, traditions, alimentation, sépulture : inhumation ou incinération ? Ce livre s’achève en offrant quelques adresses utiles pour les différentes religions ; les lieux d’accueil et d’échanges des foyers mixtes.  Très facile à lire, cet ouvrage informera des jeunes, des parents et même des pasteurs qui ignorent les conséquences d’une telle démarche et les aidera à prendre leurs responsabilités dans la clarté.

&     « Le Coran au risque de la psychanalyse»

Olfa YOUSSEF, éd. Albin Michel, Paris, 2007, 220 pp., 16 €.
C’est le premier livre en France d’une universitaire tunisienne, spécialiste en islamologie appliquée. En Tunisie, elle a déjà publié “La Femme au Coran”. On parle aujourd’hui de “relire le Coran”, de “réinterpréter le Coran”. L’auteur se propose d’approcher le Coran dans sa dimension des profondeurs. Ce livre, fruit d’interrogations et de doutes, n’aspire qu’à susciter lui-même ces doutes, non point pour accéder à une pseudo-certitude rationnelle, mais pour que se faufilent, entre les mailles des lectures sociales et immuables du Coran, le désir de l’individu et les horizons de sa paix intérieure.

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I N I T I A T I V E S

* *   LOIRE (Vallée du Gier)

“A la fin du Ramadan, des familles musulmanes apportent du couscous à leurs voisins chrétiens, comme cela est le cas dans ma famille à L’Horme, et à la naissance de leurs enfants c’est pour nous l’occasion d’apporter un cadeau. Comme, en 2006, Noël et l’Aïd el Kébir étaient célébrés dans la même semaine, j’ai préparé une carte de vœux, en rappelant qu’Abraham est le premier des croyants dans nos deux traditions, et nous avons remis cette carte, signée de toute la famille quand, comme de coutume, une jeune fille de nos voisins nous a apporté le couscous, le 30 décembre”. (Georges Paquet)

*   VALENCE

En présence de Mgr Lagleize, les représentants des grandes religions : Eglises réformée, catholique, apostolique arménienne, juifs, bouddhistes et musulmans, se sont rencontrés, place des Ormeaux, à Valence, le dimanche 6 janvier 2007.
Depuis plusieurs années, l’amitié entre les chrétiens et les membres des autres religions a progressé, particulièrement sous l’impulsion du Père Roger Michel, délégué diocésain à l’interreligieux. A cette rencontre, tous ont pris la parole pour adresser un message de paix. Ils ont tenu au creux de leur main la lumière de l’espérance, avant de lâcher des ballons en signe de paix et de fraternité.

*   POITIERS

A l’occasion des fêtes de Noël et de  l’Aïd, un communiqué élaboré par le groupe islamo-chrétien de Poitiers a été signé par Mgr Albert Rouet et Mr Boubeker El Hadj Amor (Imam de Poitiers). Il a été transmis aux quotidiens locaux, à la Radio “Accords” et à “La Croix”.
“Catholiques et musulmans : des vœux communs. 

Nous sommes à quelques jours de deux fêtes importantes pour nos communautés chrétienne et musulmane: Noël et l’Aïd. A l’Aïd, Abraham offre son fils à Dieu ; à Noël, Marie enfante le Christ.
2006 a vu bien des souffrances, le dialogue islamo-chrétien a connu des difficultés. A Poitiers, nous sommes quelques-uns, musulmans et catholiques, à nous retrouver régulièrement. Nous faisons l’expérience de l’autre, par l’écoute réciproque. Dans le contexte actuel, le dialogue nous semble de plus en plus nécessaire. C’est par lui que l’on peut désarmer la haine, apaiser les violences et promouvoir le vivre-ensemble. 
Ensemble, nous souhaitons à tous de bonnes fêtes : un joyeux Noël, un bon Aïd et une heureuse année.”

*   PARIS

Réunion des acteurs locaux de la Semaine de rencontres islamo-chrétiennes 2006, à l’initiative du GAIC.
Le samedi 20 janvier, 55 acteurs nationaux, internationaux et locaux se sont retrouvés à Paris pour faire le bilan de la Semaine 2006 et préparer celle de 2007.
Ces acteurs venaient des différents coins de l’hexagone : Toulon, Montpellier, Bordeaux, Mulhouse, Strasbourg, etc. … et de 5 villes d’autres pays européens : Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, Suède, Belgique. Ils ont d’abord échangé sur les manifestations qui se sont déroulées du 10 au 19 novembre et ont constaté qu’elles étaient en progression sensible par rapport à 2005 (65 contre 40).
Par contre, ils ont pu mesurer que « l’effet Ratisbonne » avait eu des incidences négatives sur la participation des musulmans dans certaines villes.
Ils se sont félicités de voir que la majorité des rencontres avait été de type convivial, ce qui n’était pas le cas précédemment, et qu’elles avaient abordé des thèmes sociétaux nouveaux.
Pour la Semaine 2007, ils ont réfléchi aux moyens de mobiliser davantage les jeunes et d’assurer une plus grande diffusion à ce que sera la 7ème édition.

*   DIGNE

Depuis l'an dernier, l’évêque, les  prêtres, diacres, laïcs, religieux et religieuses, en responsabilité pastorale  dans le diocèse de Digne,  suivent un parcours d'initiation à la pluralité et à l'enseignement de l'Église dans le dialogue des cultures et des religions, animé par l'ISTR de Marseille.
Dans ce cadre, le 18 janvier dernier, une cinquantaine de participants se sont retrouvés pour une journée  consacrée à l'islam. Une présentation des textes de l'Église  concernant le dialogue avec l'Islam,  et une appropriation en groupes de trois textes :  Nostra Aetate N°3, le discours de Jean Paul II à Casablanca en 1984 et le discours de Benoît XVI  aux ambassadeurs en septembre 2006, ont permis d'entendre les positions de l'Église et la continuité dans le temps de ce « regard d'estime » qu'elle désire porter sur les croyants de l'islam. Deux apports de Colette Hamza et de Roger Michel ont présenté le Dieu de l'islam et la révélation coranique, puis les caractéristiques de l'islam en France aujourd'hui. Les réactions des participants ont permis de mesurer l'intérêt pour ces questions et les nombreux contacts tissés par les uns et les autres avec des musulmans, en particulier à travers les mariages mixtes.
Christian Salenson a ensuite donné la dimension spirituelle de la rencontre avec les musulmans à travers deux textes de Christian de Chergé. Une conférence grand public donnée par Roger Michel a clôturé cette journée à Manosque autour du thème “L’Islam, la République et l' Église”.



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2   « Se Comprendre » (5, rue Roger Verlomme, 75003 Paris - www.comprendre.org).

N°06/09 - octobre 2006 : « Coptes du Nil sur fond d’islam », M.G. Leblanc et S. Pruvot, 16 pp.

N°06/10 - novembre 2006 : « Bonheurs et fragilités des couples mixtes », J.C. Kaufmann, N. Gafsia et G. Neyrand, 16 pp.

N°06/11 - décembre 2006 : « L’islam en milieu carcéral», Farhad Khosrokhavar, 16 pp.

N°07/01 – janvier 2007 : « Ajuster notre activité au pluralisme», Mgr M.L. Fitgerald, 16 pp.

 

2   « Chemins de Dialogue » (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille – Tél. 04 91 50 35 50 – Fax. 04 91 50 35 55 – cdd@cathomed.cef.fr)

N° 28, décembre 2006 : « Penser la foi dans l’esprit d’Assise ».
Ce numéro veut marquer les 20 ans de l’événement d’Assise, initiative de Jean-Paul II “qui revêt le caractère d’une prophétie exacte” selon les mots de Benoît XVI. Les contributions de Ch. Salenson, G. Jeusset et du cardinal Poupard caractérisent l’esprit d’Assise. Le lecteur y trouve ensuite rassemblées les différentes interventions de Benoît XVI sur le dialogue interrreligieux qui témoignent d’un engagement continué de l’Eglise catholique dans le dialogue. Deux études théologiques méritent une lecture attentive et ouvrent à des débats, celle de J. Moingt “Le christianisme, un monothéisme dissident ?” et celle de Jon Hoover “La révélation et les doctrines musulmane et chrétienne sur Dieu”. Une livraison intéressante et un outil précieux pour tous ceux qui mènent une réflexion théologique sur le dialogue.

 

2   « Le Monde des Religions » (163, bd Malesherbes, 78859 Paris Cedex 17)
“20 Clefs pour comprendre l’Islam”
, Hors série n° 4, Le Monde des Religions, janvier 2007, 82 p., 6,90 €
Pour un grand public qui se demande “ Qu’est-ce que l’Islam?”, ce hors série présente 20 notices, accompagnées d’une très belle iconographie, toutes rédigées par des spécialistes, aussi bien sur les fondements et l’histoire que sur quelques questions d’actualité. Un très bon outil pour une initiation de qualité avec une bibliographie pour approfondir.

 

D.V.D. Vidéos

¨    “AZUR et ASMAR”,  film de Michel OCELOT, sortie au cinéma le 25-10-2006, produit par Christophe Rossignon
“Il était une fois Azur, blond aux yeux bleus, fils du châtelain, et Asmar, brun aux yeux noirs, fils de la nourrice, qui les élevait comme des frères, dans un pays vert et fleuri. La vie les sépare brutalement. Mais Azur n’oublie pas les compagnons de son enfance ni les histoires de fées de sa nourrice, au pays du soleil. Devenu grand, il rejoint le pays de ses rêves, à la recherche de la Fée des Djinns. Il y retrouve Asmar, lui aussi déterminé à trouver et gagner la Fée. Rivalisant d’audace en s’aidant mutuellement, ils affronteront autant de dangers que de merveilles dans un Orient médiéval des Mille et une Nuits. En privilégiant l’éloge de la mixité et en faisant de nos diiférences culturelles un moteur pour mieux avancer ensemble, ce film trouve une résonance forte dans une actualité marquée par beaucoup d’incompréhension.”

¨    “Croyants en dialogue”,  D.V.D. de la revue “Initiales”, du Service National de la Catéchèse et du Catéchuménat, en collaboration avec le Comité Français de Radio-Télévision, 120 mn.
Il contient une sélection de “morceaux chosis” de plusieurs programmes diffusés, entre autres, dans le cadre des émissions du “Jour du Seigneur” sur France 2. Ces extraits de plus de deux heures ont pour ambition d’aider à dynamiser l’animation de rencontres d’aumôneries et de contribuer à la formation des animateurs.

¨    “Le Temps des Fondations”,  Coffret de 3 DVD, du Comité Français de Radio-Télévision – Contact : Marie Laumont-Schlosser – Tél. 01 44 08 88 51.
Un voyage dans le temps pour faire découvrir aux enfants et aux jeunes le judaïsme, le christianisme et l’islam. Un coffret de trois films d’animation, de marionnettes, créés par les célèbres “AT Studios” de Prague.

¨    “JIC-JAK”,  jeu islamo-chrétien à commander à “Mes Tissages”, La Caravelle, 6, allée Louis Jouvet, 92390 Villeneuve la Garenne – Tél. 01 47 99 41 47 – Prix : 45 .
Pour tous les âges à partir de 15 ans. Ce jeu développe la connaissance des deux religions, christianisme et islam, dans une volonté de respect mutuel.

« Chrétiens et musulmans : Vivre ensemble… et prier ? »

De nombreux foyers mixtes et des groupes d’amis souhaitent connaître des moments « priants » lors de leurs rencontres. Ce dossier contient une introduction sur les possibilités et les difficultés de la prière quand on appartient à des religions différentes. Suivent de nombreux exemples de formules utilisées dans les familles ou les groupes islamo-chrétiens.

Commander au SRI  (71 rue de Grenelle, 75007 Paris) – 7 euros, port en sus

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Sous le signe de l’hospitalité

          “On réalise toute l’importance de l’hospitalité quand on a vécu soi-même comme un étranger. C’est ce qui m’est arrivé, lorsque, jeune séminariste, j’ai été envoyé comme coopérant en Algérie, dans l’Atlas saharien. Je n’avais de connaissance ni du pays, ni de la langue, ni de l’islam. Je ne possédais pas les codes qui permettent de vivre ensemble. Dans cette expérience de l’étrangeté, l’hopitalité se révèle comme quelque chose de bouleversant.

          Moniteur de formation professionnelle, j’ai reçu l’hospitalité des familles musulmanes et nomades de mes élèves. J’ai appris que, dans l’islam, l’hôte est appelé “Daïfallah”, ce qui veut dire “l’hôte d’Allah”. Quand on arrivaait devant la tente d’une famille, il fallait dire “Daïfallah” et le chef de la tente sortait en disant “Marhababik”, ce qui signifie “Sois le bienvenu !”.

          On était accueilli avec les rites de l’hospitalité : l’eau fraîche, les dattes, le petit-lait… Il était possible de rester sous la tente le temps que l’on voulait, sans que personne ne nous pose de questions sur notre identité. Cette hospitalité laisse transparaître une sorte de socle commun d’humanité. Le nomade sait que, dans le désert, l’homme peut se perdre. Très concrètement, l’hospitalité peut le sauver. Il y a, dans l’hospitalité, une petite expérience du salut.

          L’hospitalité des musulmans est inscrite dans le Coran qui dit : “Le bénéficiaire de grâce et d’opulence parmi vous ne manquera pas de les répandre sur les proches, les pauvres, les émigrés sur les sentiers d’Allah” (Sourate 24, verset 22, traduction d’André Chouraqui). Nous sommes, nous qui sommes accueillis par les musulmans, “les émigrés sur les chemins d’Allah”. Cette expression est très belle et très profonde.

          Cette expérience de l’hospitalité a été déterminante dans ma vie et dans mon ministère. Je me sens, depuis, en dette d’hospitalité. Aujourd’hui, dans un contexte de fragilisation des identités et de mondialisation qui peut créer des tensions entre chrétiens et musulmans, alors que l’on a tendance à se replier, le même sur le même, l’Eglise a un signe magnifique à donner par l’hospitalité, reçue ou donnée, vis-à-vis de ceux qui se sentent exclus et rejetés.

          Si on commence par l’hospitalité, quelque chose est gagné dans la qualité du dialogue et de la compréhension mutuelle avec les musulmans.

Père Jean-François BERJONNEAU
Membre du Conseil national du S.R.I.
La Croix du 22 décembre 2006

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Père Robert Caspar (1923-2007)

        Né en 1923, Robert Caspar a été ordonné prêtre à Carthage en 1951 dans la Société des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Nommé en Tunisie, il a étudié l’arabe et l’islam à l’Institut des Belles Lettres Arabes (IBLA) de Tunis, puis la théologie catholique à Rome. Il se spécialise dans l’étude comparée des deux religions lors d’un séjour en Egypte, au Caire, de 1955 à 1958. Il fut ensuite professeur à l’Institut d’Etudes Arabes de la Manouba (Tunisie), Institut transféré à Rome en 1964, appelé l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes (IPEA), connu aujourd’hui sous le titre d’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et d’Islamologie (PISAI).

        A partir de 1969, Robert Caspar séjourne alternativement à Rome, où il enseigne, et en Tunisie, où il entretient de nombreux liens d’amitié avec les élites tunisiennes et exerce son ministère auprès de diverses communautés chrétiennes.

          En 1995, malade, il est contraint de rentrer en France et vit ses dernières années à Tassy (Var) dans une maison de missionnaires âgés. Il est décédé le 10 janvier 2007 à l’hôpital de Grasse.

          Robert Caspar fut un expert au concile Vatican II au service des évêques d’Afrique du Nord dans le domaine de l’ouverture aux religions non chrétiennes. Il commente le document Nostra Aetate dans la collection Unam Sanctam N° 61 (Paris, Cerf, 1966).

          Robert Caspar donne des cours de théologie et de mystique musulmanes aux étudiants du PISAI. En 1967, il publie un Cours de théologie musulmane en deux volumes. Cet ouvrage a servi de manuel de base à des générations d’étudiants, publié sous le titre : “Traité de théologie musulmane” (Rome, Pisai, 1987, 485 pp.), avec un second volume en 1999.

          Son enseignement comporte un autre sujet majeur : la mystique. Dès 1968, il publie un “Cours de Soufisme : Mystique musulmane” (Pisai, Rome, 148 pp.) accompagné d’une série de fiches présentant des textes de mystiques, en arabe avec leur traduction en français.

          En 1975, il participe à la conception et à la fondation du GRIC (Groupe de Recherche Islamo-Chrétien). Les membres du GRIC, tous universitaires, se veulent fidèles à leurs traditions respectives sans en être les représentants officiels. Ils tentent d’en étudier le contenu à la lumière de la critique de l’autre tradition, mais en adoptant une approche scientifique.

          Pendant dix ans (1984-1994), il anima aussi, chaque année, la session organisée par le SRI et destinée à des chrétiens vivant en contact avec des musulmans. Son souci de donner aux chrétiens une connaissance ‘à la fois réaliste et positive’ de l’islam donna naissance à un livre intitulé : Pour un regard chrétien sur l’Islam (Centurion, Paris, 1990, 206 p., réédité par les éditions Bayard en 2006).

          De la vulgarisation à l’érudition, des humbles ‘pistes de réponses’ au monumental ‘traité de théologie musulmane’, l’œuvre de Robert Caspar tente de jeter, entre l’islam et le christianisme, une passerelle que peut emprunter le croyant ordinaire ou le chercheur. Il joua un rôle de premier plan dans l’évolution des relations islamo-chrétiennes dans la deuxième moitié du 20ème siècle.

 

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