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LETTRE n° 89
Octobre 2006

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

Le parti pris de la rencontre et du dialogue

 

Depuis la dernière lettre du SRI publiée en juin dernier que d’événements sont survenus dans le champ des relations entre chrétiens et musulmans ! Jean-Marie Gaudeul concluait son éditorial par ces mots : “ Chrétiens ou musulmans, le choix qui nous est offert n’est pas celui de la naïveté ni celui de la méfiance : il est celui d’un engagement à tenir, ensemble, sans nous laisser décourager par les échecs, le pari de l’amitié, à la fois lucide et chaleureuse”. Ces mots sont plus que jamais d’actualité ; ils disent bien l’esprit qui a guidé l’action de Jean-Marie Gaudeul comme responsable du SRI. Au moment où les évêques de France me demandent de prendre son relais, je voudrais dire ici combien cette chaleur de l’amitié, sa compétence, sa foi et la pertinence de son jugement ont permis la qualité des relations qui continuent à se tisser entre chrétiens et musulmans dans notre pays.

 

Ces relations entre chrétiens et musulmans ont été bousculées par les propos tenus par le Pape Benoît XVI dans sa conférence à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre. L’émotion de tous ceux et celles qui sont engagé(e)s dans le dialogue de part et d’autre a été grande. En ce mois de Ramadan, l’Eglise catholique en France veut signifier que l’engagement qu’elle a pris dans la rencontre et le dialogue aves les responsables musulmans et les communautés qui vivent en France est un engagement qu’elle désire poursuivre. C’est la raison du Message envoyé aux Musulmans, au nom des évêques de France, par Mgr Michel Santier.

 

Les propos de Ratisbonne ne doivent pas faire oublier ceux tenus par le même Benoît XVI quelques jours auparavant saluant l’esprit d’Assise et l’initiative prophétique de Jean-Paul II. Nous publions quelques extraits de la lettre de Benoît XVI à l’évêque d’Assise et de la déclaration signée par les représentants des différentes religions qui s’y trouvaient réunis, début septembre.

 

A propos des réactions suscitées par les références à la polémique islamo-chrétienne au début de la conférence de Ratisbonne, vous trouverez en libres propos l’analyse faite par Jean-Marie Gaudeul reproduite à la fois par le site Oumma.com et par le journal “La Croix”.

 

Le Proche-Orient demeure un lieu particulièrement à vif, et ce qui s’y joue bien des répercussions sur les relations entre juifs, chrétiens et musulmans, même si la religion n’est pas la cause principale de ce si long conflit. Nous ne pouvons pas oublier l’intervention militaire israélienne au Liban cet été, la situation à Gaza et dans les Territoires ; c’est pourquoi nous reproduisons les propos de Mgr Michel Sabbah. La place manque pour évoquer la prise de position commune des Eglises chrétiennes de France demandant un cessez le feu dès le 26 juillet.

 

Puissions nous profiter de ce temps du Ramadan pour avancer plus que jamais sur les chemins du dialogue qui restent difficiles mais auxquels nous sommes convaincus que Dieu nous invite les uns et les autres.

 

Christophe ROUCOU
Se
rvice des Relations avec l’Islam
 

“Le Père Jean-Marie GAUDEUL vient de passer 6 années comme directeur du Service des Relations avec l'Islam. Au nom de vous tous qui œuvrez sur le terrain à créer des relations fraternelles entre chrétiens et musulmans, au nom de la Conférence des Evêques de France, je lui exprime toute notre gratitude. Bon connaisseur de l'Islam, homme spirituel et homme d'écoute, il a su nouer avec nos frères musulmans des relations ouvertes et confiantes. Après un temps de repos bien mérité, dans des études diverses et des conférences, il continuera à mettre ses compétences au service du dialogue. Nous souhaitons la bienvenue à son successeur le Père Christophe ROUCOU, qui saura continuer la route avec courage, pour frayer de nouveaux chemins de dialogue et d'ouverture avec les croyants musulmans”.

Mgr Michel SANTIER, évêque de Luçon, 
Président du Conseil pour les Relations Interreligieuses

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Assise : 20 ans après

Message du Pape Benoît XVI (Extraits)

«Cette année, on célèbre le vingtième anniversaire de la rencontre interreligieuse de prière pour la paix, voulue par mon vénéré prédécesseur, Jean-Paul II, le 27 octobre 1986, dans cette cité d’Assise. À une telle rencontre, on le sait, il convia non seulement les chrétiens de diverses confessions, mais aussi des représentants des différentes religions. L’initiative eut un large écho dans l’opinion publique : elle constitua un message vibrant en faveur de la paix et se révéla un événement destiné à laisser un signe dans l’histoire de notre temps. Il est alors compréhensible que le souvenir d’un tel événement continue de susciter des initiatives de réflexion et d’engagement. (…)

Ces initiatives, chacune avec sa dimension propre, mettent en évidence la valeur de l’intuition qu’a eue Jean-Paul II et en montrent l’actualité à la lumière des événements qui ont eu lieu ces vingt dernières années, et de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’humanité. (…)

L’initiative promue il y a déjà vingt ans par Jean-Paul II prend le caractère d’une prophétie d’actualité. Son invitation aux leaders des religions du monde, pour un témoignage commun de paix, a permis de mettre en lumière, sans équivoque possible, que la religion ne peut être que porteuse de paix. Comme le concile Vatican II l’a enseigné dans la déclaration “Nostra Aetate” sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes, « Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l'image de Dieu » (n. 5). Malgré les différences qui caractérisent les divers chemins religieux, la reconnaissance de l’existence de Dieu, à qui les hommes peuvent parvenir seulement à partir de l’expérience de la création, ne peut pas ne pas disposer les croyants à considérer les autres êtres humains comme des frères. Il n’est donc permis à personne de prendre argument de la différence religieuse comme présupposé ou prétexte à une attitude belliqueuse à l’égard d’autres êtres humains.

On pourra objecter que l’Histoire connaît le triste phénomène des guerres de religion. Nous savons cependant que de telles manifestations de violence ne peuvent être attribuées à la religion en tant que telle, mais aux limites culturelles avec lesquelles elle est vécue et se développe dans le temps. Quand, cependant, le sens religieux atteint sa maturité, il engendre chez les croyants la perception que la foi en Dieu, créateur de l’univers et Père de tous, ne peut pas ne pas promouvoir entre les hommes des relations de fraternité universelle. De fait, les témoignages d’un lien intime entre le rapport avec Dieu et l’éthique de l’amour sont visibles dans toutes les grandes traditions religieuses. Nous, chrétiens, nous nous sentons en cela confirmés et ultérieurement éclairés par la Parole de Dieu. (…) Dieu montre ainsi que sa nature même est l’Amour. C’est ce que j’ai voulu souligner dans ma première Encyclique, qui commence par ces mots : « Dieu est amour » (1 Jn 4,7). Cette affirmation de l’Ecriture non seulement éclaire le mystère de Dieu, mais elle illumine également les relations entre les hommes, tous appelés à vivre selon le commandement de l’amour.

Pour qu’il n’y ait pas d’équivoque sur ce que Jean-Paul II, en 1986, voulut réaliser et que, selon une de ses propres expressions, on appelle “l’Esprit d’Assise”, il est important de ne pas oublier l’attention qui fut mise alors pour que la rencontre interreligieuse de prière ne soit pas prétexte à des interprétations syncrétiques, fondées sur une conception relativiste. (…)

Par son initiative audacieuse et prophétique, Jean-Paul II a voulu choisir le cadre suggestif d’Assise, connu dans le monde entier pour la figure de Saint François. Le Poverello a incarné de manière exemplaire en effet la béatitude que Jésus a proclamée dans l’Evangile : « Bienheureux les ouvriers de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). Le témoignage qu’il a rendu en son temps fait de lui un point de référence naturel pour tous ceux qui, aujourd’hui encore, cultivent l’idéal de la paix, dans le respect de la nature, dans le dialogue entre les personnes, entre les religions et les cultures.

Castel Gandolfo, le samedi 2 septembre 2006 (Source : vatican.va)

Appel pour la Paix  - Assise 2006

 Hommes et femmes de religions différentes, nous nous sommes retrouvés à Assise, ville de François, le saint de la paix, alors que notre monde traverse des moments difficiles, sous le poids des tensions, des conflits, des menaces terroristes.

Nous avons évoqué l’initiative audacieuse et prophétique de Jean-Paul II qui, en 1986, en pleine guerre froide, invita à Assise les leaders religieux du monde pour prier pour la paix. Ce fut le début d’un chemin de dialogue, de prière et de paix, qui est maintenant revenu à Assise. C’est un chemin qui a libéré des énergies de paix et a continué à nourrir l’espoir de beaucoup d’un avenir de paix. (…)

Le monde d’aujourd’hui est traversé par beaucoup de problèmes. Mais ce n’est pas pour autant que nous nous résignons à la culture du conflit qui ne voit d’autre issue que l’affrontement pour l’avenir proche d’entières communautés religieuses, de cultures et de civilisations.

Nous sommes des hommes et des femmes croyants, nous ne sommes pas des ingénus. Le siècle qui s’est écoulé nous a montré comment les guerres mondiales, la Shoah, les génocides aux dimensions inimaginables, les oppressions de masse, les idéologies totalitaires, ont volé des millions de vies humaines et n’ont pas renouvelé le monde comme elles le promettaient. C’est pourquoi nous disons : aucun affrontement n’est un destin inévitable, aucune guerre n’est naturelle.

La paix est un bien auquel on ne peut renoncer, même quand l’atteindre semble une entreprise difficile ou désespérée. Nous voulons aider chaque homme et chaque femme, les responsables des gouvernements, à se détourner du pessimisme, et à découvrir que l’espérance est proche si l’on sait vivre l’art du dialogue. Les religions habituent les croyants à vivre des valeurs de grande envergure jugées par beaucoup difficiles à mettre en pratique. Nous ne pouvons pas renoncer à combler l’abîme entre les riches et les pauvres et à chercher la paix par tous les moyens. Tel est l’espoir que nous communiquons et que nous proposons ici depuis la colline d’Assise, en demandant aux fidèles de nos communautés de prier et d’oeuvrer pour la paix.

Nous croyons au dialogue, patient, authentique, raisonnable : un dialogue en quête de paix, pour éviter les abîmes qui divisent les cultures et les peuples et qui préparent de graves conflits. Nous tous, représentants de religions différentes, avons affirmé la valeur du dialogue, du vivre en paix que nous avons vécu au long de ces jours dans un esprit d’amitié, devenant un modèle et un exemple pour les fidèles de nos communautés.

La guerre n’est pas inévitable. Les religions ne justifient jamais la haine et la violence. Ceux qui utilisent le nom de Dieu pour anéantir l’autre s’éloignent de la religion pure.

Que ceux qui sèment la terreur, la mort, la violence, au nom de Dieu, se souviennent que la paix est le nom de Dieu. Dieu est plus fort que ceux qui veulent la guerre, que ceux qui cultivent la haine, que ceux qui vivent dans la violence.

C’est pourquoi notre espérance est celle d’un monde de paix. Rien n’est perdu avec le dialogue, tout est possible avec la paix ! Alors, plus jamais la guerre. Que Dieu accorde au monde le don merveilleux de la paix !”

Extraits du Communiqué, Assise, le 5 septembre 2006

Proche-Orient  

Prions pour la paix et la justice

Message de Mgr Michel Sabbah, Patriarche latin de Jérusalem

Le mardi 1er août, S.B. Mgr Michel Sabbah, Patriarche latin de Jérusalem, a rendu public le message qu’il a adressé après trois semaines d’engagement des forces armées israéliennes au Liban et des mois d’action à Gaza. Il y souligne l’égale dignité de toute personne humaine et la nécessité de briser le cycle de violence et de mort qui se déroule actuellement au Proche-Orient.

“En sa personne, il a tué la haine. Il est venu proclamer la paix pour ceux qui sont loin et pour ceux qui sont proches” (Ep. 2,17).

 “Nous commençons en ce jour la période traditionnelle de prière et de jeûne qui précède la fête de l’Assomption. Notre jeûne et notre prière seront pour la paix, pour la fin des hostilités à Gaza et au Sud Liban. Nous prions pour toutes les parties, Palestiniens, Israéliens et Libanais, afin que tous puissent jouir de la paix et de la sécurité.

Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza et au Sud Liban est simplement inhumain, quels que soient les raisonnements présentés pour les justifier. La communauté internationale devrait intervenir plus efficacement pour y mettre fin.

La prise d’un militaire israélein comme prisonnier à Gaza  et de deux autres au Sud Liban, est certes à condamner. Et nous souhaitons leur retour, sains et saufs, à leurs parents et à leurs bien-aimés. Mais il faut condamner aussi, par le fait même, la prise chaque jour d’un nombre de prisonniers palestiniens par les Israéliens, sans oublier les dix mille prisonniers palestiniens détenus déjà depuis des années dans les prisons israéliennes. Ceux-ci aussi ont des parents et des bien-aimés qui attendent leur retour. Car la personne humaine est égale en dignité, qu’elle soit israélienne ou palestinienne.

La violence est un cycle de mort qu’il faut briser. Et, seul le fort pourra le faire. L’expérience dans ce conflit a montré que la violence n’a fait qu’augmenter la violence et n’a pas conduit à la sécurité voulue et qu’il est inutile de vouloir fonder un ordre ou acquérir une sécurité tant que dure l’oppression d’autrui.

La violence ne peut pas et ne doit pas être un moyen de légitime défense. La puissance militaire à elle seule ne protège pas. Les représailles militaires ne font qu’augmenter le refus qui encercle Israël dans la région et ne fait que creuser la haine dans les cœurs et augmenter le refus.

L’unique action de défense légitime, qui peut protéger réellement et aura pour conséquence la sécurité voulue, consiste tout simplement à mettre fin à l’injustice initiale, qui est le cœur de ce long conflit, à savoir la question palestinienne : mettre fin à l’occupation militaire israélienne imposée au peuple palestinien depuis des années et leur redonner leur liberté et leur indépendance. Attendre pour cela que toute manifestation de violence palestinienne s’arrête est une attitude irréelle et illogique, car tant que l’oppression dure, l’oppression même fait naître la violence.

Frères et sœurs, prions afin que la raison l’emporte sur l’esprit de vengeance. Prions pour que les hommes sachent qu’il sont capables de vivre ensemble. Prions afin que cessent les actions militaires qui empêchent les chefs et les soldats d’être des personnes humaines et les transforment en tueurs et démolisseurs. Prions pour que Dieu reste présent parmi les hommes et que sa présence rende l’homme plus humain à l’égard de tous ses frères et sœurs, au-delà de toute discrimination religieuse ou nationale. Demandons à la Sainte Vierge d’intercéder pour tous les enfants de son pays, que Dieu a voulu être une terre de Rédemption et de réconciliation pour tous.

Publié dans la “Documentation Catholique”, 
n° 2364 du 3-17 septembre 2006

 

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Voici les fêtes musulmanes qui s’annoncent dans les douze mois à venir. Les dates données doivent être entendues comme susceptibles de fluctuer d’un jour ou deux en fonction de la possibilité de voir la lune dans nos régions

 

24 septembre 2006

Début du Ramadan

 

29 janvier 2007

Ashoura
(Martyre de Husssein)

20 octobre 2006

Nuit du Destin
(Lailat al-Qadr)

 

31 mars 2007

Naissance de Mohammed
(Mouloud)

24 octobre 2006

Fin du Ramadan
(Aïd al-Fitr)

 

11 août 2007

Ascension Nocturne
(Mi`râj)

31 décembre  2006

Grande Fête (mouton)
(Aïd al-Adha)

 

13 septembre 2007

Début du Ramadan

20 janvier 2007

Jour de l’an « 1428»
1er Muharram

 

13 octobre 2007

Fin du Ramadan
(Aïd al-Fitr)

 Ces festivités peuvent fournir aux communautés chrétiennes l’occasion d’envoyer leurs vœux de bonne fête à leurs voisins musulmans, surtout si un lieu de culte se trouve dans la même localité.

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Institut Catholique de Paris (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 85 – E-mail : contact@icp.fr www.icp.fr)

I.S.T.R. (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 85 – E-mail : istr@icp.fr www.icp.fr)

Certificat d’Aptitude pour la Pastorale du Dialogue Islamo-Chrétien (CPIC) : année 1

·       Yvon Le Bastard : « Introduction à l’Islam» - « Etudes de textes et de documents audiovisuels »

·       François Bousquet : « Théologie chrétienne des grandes religions »

·       Henri de la Hougue : « Islam en France, question posée à l’Eglise »

·       Claude Tassin : « L’ouverture aux autres religions dans le Nouveau Testament »

·       Christophe Roucou : « Introduction à la mystique musulmane »

IER  (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 54 – E-mail : ier@icp.fr www.icp.fr)

·       François Jourdan : « Dialogue interreligieux, la rencontre islamo-chrétienne »

 

Centre Sèvres (35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris – Tél. 01 44 39 75 06 - E-mail : sjsevres@wanadoo.fr www.centresevres.com)

    Alain Feuvrier : « Chrétiens et musulmans : se comprendre et s’estimer »

    Samir Khalil Samir : « Islam : questions actuelles »

    Christian Van Nispen : « La vie spirituelle en islam »

    Aziz Hallak : « La liberté humaine : un débat entre les théologiens arabes chrétiens et l’islam (VIIIè-XIIIè siècles) » - « Un dialogue islamo-chrétien en 781 : Timothée 1er et le Calife al-Madhi »

•    Samedi 27 janvier 2007, une conférence de Christian Van Nispen : « L’expérience de prière en islam » (9h30-12h30)

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Ecole Cathédrale (8, rue Massillon, 75004 Paris – Tél. 01 42 33 99 40 – E-mail : accueil@ecolecathedrale-paris.fr)

    François Jourdan : « Le dialogue islamo-chrétien »

 

Faculté de Théologie de Lyon (25, rue du Plat, 69288 Lyon cedex 02 – Tél. 04 72 32 50 23 – E-mail : theo@univ-catholyon.frwww.univ-catholyon.fr)

    Roger Michel : « Introduction à l’islam »

 

I.S.T.R. de Marseille (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille – Tél. 04 91 50 35 50 – E-mail : istr@cathomed.cef.frwww.cathomed.cef.fr)

    Roger Michel : « Les gens de l’Ecriture au temps de Mohammed, conflits et relations»

    Mehdi Azaiez : « Les figures bibliques dans le Coran »

 

Faculté de Théologie de Lille (60, boulevard Vauban, BP. 109, 59016 Lille cedex – Tél. 03 20 13 41 57 – theo@icl-lille.frwww.icl-lille.fr)

·       Leïla Babès : « L’Islam : une religion politique ? » - « Les grandes religions face à la modernité »

·       Samir Arbache : Cours de langue arabe - « Découverte de l’islam » - « Dialogue interreligieux »

 

I.S.T.R. de Toulouse (21, rue de la Fonderie, 31000 Toulouse – Tél. 05 61 36 81 22 – E-mail : istr@ict-toulouse.asso.frwww.ict-toulouse.asso.fr/istr)

    Marie-Thérèse Urvoy : « Etude et lecture des textes fondateurs : Coran, Hadith (tradition prophétique) Tafsir (exégèse) »

    Jean-Jacques Rouchi (pour l’islam) : « Le rapport aux Ecritures et le statut de la révélation dans les trois monothéismes »

    Jean-Marie Gaudeul : « Chrétiens, musulmans, quelle rencontre ? », une session, les 19 et 20 janvier 2007 (en partenariat avec l’IERP).

 

Centre d’Etudes du Saulchoir (20, rue des Tanneries, 75013 Paris – Tél. 01 44 08 07 47 www.centre-saulchoir.org)

       Samedi 31 mars 2007, avec Claude Geffré: « Urgence et chances du dialogue islamo-chrétien».

 

Institut protestant de théologie (13, rue Louis Perrier, 34000 Montpellier – Tél. 04 67 06 45 71 – E-mail : secretariat@iptmontp.org - www.centre-saulchoir.org)

    Roger Michel : « Introduction à l’Islam»

 

Centre Spirituel du Hautmont (31, rue Mirabeau, 59420 Mouvaux – Tél. 03 20 26 09 61 – hautmont@nordnet.fr)

·       Robert Leduc : 4 soirées-rencontres avec débat : « Ils nous perturbent, ces jeunes, avec leurs questions ? »  La dernière, du 13 février 2007, sur : « Le Coran, c’est quoi ? »

·       Samedi après-midi 14 avril 2007 sur « le Dialogue islamo-chrétien » avec le groupe du Hautmont.

 

A.B.C. « Atelier Bible et Coran » (M. Reeber – 29, rue du Rieth, 67200 Strasbourg – P. 06 70 48 59 22).

    Michel Reeber : « Formation à l’étude thématique comparée du Coran et de la Bible », de septembre 2006 à juin 2007.

 


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ë     

   

ë   Annecy : Formation

Formation : Suite au succès de 2 journées de formation organisées par le diocèse en collaboration avec les délégués chargés des relations avec l’islam (45 personnes), s’intitulant « A la rencontre de la religion musulmane », nous poursuivrons et approfondirons la réflexion les 11 novembre 06 et 13 décembre 07 avec le père Roger Michel (Valence). Seront abordés sous forme d’exposés, de témoignages et de carrefours : le Coran ( histoire, transmission, lecture et le Jésus de l’Islam… ) et les relations islamo-chrétiennes ( les courants de l’Islam, les couples mixtes, les expériences de rencontres …). Renseignements : Mme de Calignon - T. 04 50 69 21 78.

ë   Semaine du GAIC

Du 10 au 19 novembre 2006, dans diverses villes de France et d’Europe, des chrétiens et des musulmans se découvrent dans le respect de leur identité culturelle et religieuse et apprennent à dépasser les clichés et les préjugés qui les habitent. C’est l’occasion aussi de modifier le regard de l’opinion publique sur les chrétiens et les musulmans. Des équipes locales choisissent des thèmes, des formes et les modalités des manifestations et actions proposées. Renseignements : SERIC : 01 43 35 41 16 – seric@wanadoo.fr - http://semaineseric.org

ë   Paris : Rencontre interreligieuse

1986-2006 : « L’Esprit d’Assise : une force spirituelle ». Pour le 20ème anniversaire de la Rencontre d’Assise, la Famille Franciscaine invite à une rencontre interreligieuse, le dimanche 12 novembre 2006, de 9h à 18h, Espace Reuilly (21, rue Hénard, 75012 Paris).  En partenariat avec la Conférence mondiale des Religions pour la Paix, le GAIC, l’ISTR et la Fraternité d’Abraham, cette journée sera animée par le Père François Bousquet (directeur de l’ISTR) avec la participation du Frère Gwénolé Jeusset (franciscain). Pour s’inscrire : Secrétariat de la Fraternité séculière franciscaine : comite-interreligieux@franciscain.net  et Mme Josette Gazzaniga  : 06 21 70 14 88.

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&     « Dieu aime l’étranger – Parcours biblique autour de la multiculturalité pour les 5-8 ans »

Anne-Dominique DERROITTE, éd. de l’Atelier (Novalis, Lumen vitae), Paris, 2006, 48 pp., 11 €.

Livret dynamique pour des adultes qui désirent aborder un sujet d’actualité : « L’expérience de l’étranger » avec des enfants de 5 à 8 ans. Comment pratiquer l’éducation à la multiculturalité ? Ces pages devraient aider les uns et les autres, à partir de 5 thèmes : 1. Etre étranger, c’est dur ! 2. Accueillir, être accueilli, ça fait grandir. 3. Ta différence me sauve. 4. Ta différence fait grandir ma foi. 5. Ta différence me réjouit. Ces thèmes sont complétés par des fiches qui commentent un récit biblique avec des mots-clé et des idées pour une animation, tout en se référant à la vie de l’Eglise et à des thèmes de la vie.

&     « Histoire de l’islam et des musulmans en France du Moyen Âge à nos jours »

Sous la direction de Mohammed ARKOUN, éd. Albin Michel, Paris, 2006, 1216 pp., 49 €.

Cet énorme ouvrage rassemble les contributions de 70 auteurs sous la direction de M. Arkoun et l’impulsion de J. Mouttapa. Traitant de la rencontre entre l’islam et la France, il s’agissait de montrer comment se sont conjugués deux mondes, celui de l’islam et celui de la France. Les auteurs ont adopté la division du temps en quatre grandes périodes selon le découpage familier aux historiens européens : époque médiévale, époque moderne, puis période contemporaine et enfin temps présent.
Chaque partie aborde trois sujets distincts : la présence musulmane en France, les relations de la France avec le monde musulman et enfin, la perception en France de l’islam et des musulmans. Le traitement de ces sujets se fait de façon différenciée, soit par des articles de fond, soit par des « nota bene » ou encadrés thématiques ou biographiques, soit par des « contrepoints » à partir de documents d’époque ou d’articles d’écrivains ou d’intellectuels.
Le but visé par cet ouvrage est, selon les auteurs, « d’aller à l’encontre d’un certain nombre de préjugés et de rendre compte à la fois des ruptures, des ignorances et des liens développés sur la longue durée ». L’ouvrage ne se prétend pas exhaustif. Les auteurs, cependant, veulent tenir compte du positif comme du négatif. Cette histoire « au long cours est faite de blessures et de lumières. Le lecteur se trouvera peut-être déconcerté par la récurrence des premières et la rareté des secondes ».  Il s’agit d’un essai pour mettre à plat cette histoire qui demeure, malgré les drames et les malentendus, une histoire commune : « La relation à l’Autre est si ancienne qu’elle est devenue consubstantielle ».

&     « Contre-prêches - Chroniques »

Abdelwahab MEDDEB, éd. du Seuil, Paris, 2006, 503 pp., 25 €.

Depuis mars 2003, A. Meddeb, auteur bien connu d’un ouvrage sur les difficultés de l’islam actuel (La Maladie de l’islam, Seuil, 2002), donne une chronique hebdomadaire diffusée à partir de Tanger sur Radio Méditerranée Internationale – Médi I. Le présent ouvrage est inspiré de ces courts billets préparés, semaine après semaine, au fil des événements et des soubresauts de l’actualité, tant culturelle que politique

&     « La France et ses musulmans – un siècle de politique musulmane 1895-2005 »

   Sadek SELLAM, Fayard, Paris, 2006, 392 pp., 22 €.

L’ouvrage se divise en trois parties : 1. Une présence séculaire (rappel de la présence musulmane en France, notamment au cours du 19ème siècle) ; 2. La France et ses sujets musulmans (1830-1947) ou le contrôle de l’islam par le pouvoir colonial ; 3. La France et ses citoyens musulmans (1947-2005) ou le passage du contexte colonial à la situation actuelle.

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I N I T I A T I V E S

*   ë   ANNECY : Rencontres Islamo-Chrétiennes entre femmes

Depuis février 2003, de petits groupes de 6 femmes se réunissent dans les communes de Seynod/Cran (74) pour des rencontres islamo-chrétiennes. Chaque groupe fonctionne à son rythme (généralement mensuel) et choisit le thème qui l’intéresse. Nous sommes aujourd’hui 3 groupes et d’autres voudraient se former. A travers ces rencontres nous apprenons à nous connaître, nous nous soutenons dans les moments difficiles, nous parlons de notre vie et de notre religion…2 fois / an, nous nous réunissons toutes pour une rencontre élargie avec d’autres groupes plus ou moins organisés du département. La dernière rencontre avait pour thème : “Le respect” avec ces questions : “Comment notre foi de chrétienne et de musulmane nous aide à nous respecter nous-mêmes, à respecter l’autre, les autres religions ? comment éduquer les enfants au respect et comment pouvons-nous faire en tant que parents pour que l’école soit aussi un lieu d’éducation ?” Nous finissons par une prière musulmane et une prière chrétienne, et bien sûr, un bon goûter !

 ë   STRASBOURG : « Charles de Foucauld »

Les 5 et 6 octobre 2006 la faculté de théologie catholique de Strasbourg organisait deux journées d’étude sur Charles de Foucauld. Le jeudi 5, étude de quelques “Variations sur la figure de Charles de Foucauld”, avec Colette Bourgeat, Luc Perrin et Pierre-Marie Delfieux, ainsi que “Charles de Foucauld en terre d’islam”, avec Majid Bouzar, Michel Reeber et Eric Geoffroy. Le vendredi 6, “Réflexions théologiques et pastorales sur l’actualité de Charles de Foucauld”, avec Jean-François Six, Gérard Siegwalt et Maurice Bouvier.

En association avec ces journées, mercredi 4 octobre, une conférence d’Henri Madelin sur “Charles de Foucauld, un saint pour aujourd’hui” s’est tenue au F.E.C. et, le jeudi 5, une veillée avec témoignages  eut lieu dans l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune.

 ë     BRETAGNE : «Les Sept Dormants»

Les 22 et 23 juillet 2006,  s’est déroulé le “Pardon des 7 Saints Dormants d’Ephèse, Gens de la Caverne”, avec pour thème : “50 ans après l’indépendance du Maroc : le dialogue islamo-chrétien”. Un premier moyen de dialogue avec la calligraphie : une exposition, des ateliers de calligraphie  et une démonstration de double calligraphie arabe et latine. Un deuxième moyen de dialogue avec la musique et enfin un troisième moyen de dialogue avec le pain et les tranches de vie partagés. Le samedi, l’un des piliers du dialogue fut le “Pardon” et le dimanche la grand-messe à la chapelle ainsi que la procession vers la “Fontaine aux 7 trous”. Un hommage à l’action de Louis Massignon au Maroc, il y a 50 ans, par le Père Maurice Borrmans.



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2   « Se Comprendre » (7, rue du Planit, 69110 Ste Foy-lès-Lyon - www.comprendre.org).

N°06/07 - août 2006 : « L’œuvre des Ecoles d’Orient et les Pères Blancs », G. Chabanon, F. Bouwen, 16 pp. 
N°06/08 - septembre 2006 : Croyants en dialogue : des propositions nouvelles ?» , Y. Anthoine-Milhomme, P. Thiriez, 16 pp.

2   « Le Monde des Religions » (163, bd Malesherbes, 78859 Paris Cedex 17 – www.mp-services.fr)

Le numéro 19 de septembre-octobre 2006, comporte un dossier sur le « Coran », avec la participation de Serge Laffite, Rochdy Alili, Claude Gilliot, Malek Chebel, et Mohammed Arkoun.

2       « La Vie » (163, bd Malesherbes, 75859 Paris Cedex – T. 01 48 88 46 00)

La Vie du 21 septembre 2006, n° 3186, vient de publier un sondage exclusif CSA/La Vie sur « Les musulmans de France ». L’enquête a été réalisée tout au long des six derniers mois et terminée début septembre avant la conférence du Pape Benoît XVI à Ratisbonne : laquelle est analysée sur quatre pages. Quatre idées reçues sont mises à mal, sur : « l’intensité de la pratique religieuse des musulmans », « leur repli communautaire », « leur réticence vis-à-vis des valeurs laïques de la République, et « la place de la femme ». 49% de ceux qui se déclarent de religion musulmane aujourd’hui en France ont moins de 30 ans. Ce sondage et les commentaires qui l’accompagnent sont intéressants.

. A nos amis musulmans :
nos prières vous accompagnent
durant ce mois de Ramadan

 

 

« Chrétiens et musulmans : Vivre ensemble… et prier ? »

De nombreux foyers mixtes et des groupes d’amis souhaitent connaître des moments « priants » lors de leurs rencontres. Ce dossier contient une introduction sur les possibilités et les difficultés de la prière quand on appartient à des religions différentes. Suivent de nombreux exemples de formules utilisées dans les familles ou les groupes islamo-chrétiens.

Commander au SRI  (71 rue de Grenelle, 75007 Paris) – 7 euros, port en sus

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LIBRES PROPOS

 

 

Benoît XVI et les musulmans - Pourquoi cette crise ?

 La source : Un livre de la collection des « Sources Chrétiennes » : N°115, Manuel II Paléologue, Entretiens avec un musulman - 7ème controverse, introduction, texte critique, traduction et notes par Théodore Khoury (Cerf, Paris, 1966, 233 pp.), p. 144-145.

 L’occasion : Le pape visite l’université où il a enseigné, retrouve des anciens collègues et donne une « leçon » dans le grand amphithéâtre. On note le ton très familier et très personnel : réminiscences et souvenirs, avant d’aborder le sujet dont il veut parler : le lien entre Raison et Foi. L’amorce elle-même est très personnelle : « Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de… ». Manifestement, Benoît XVI parle de façon détendue… d’autant plus que ce texte, quand il apparaît sur le site Internet du Vatican est accompagné d’une mention bien étrange pour un texte « pontifical » : le Saint Père a l’intention de fournir une version ultérieure de ce texte complétée de notes. Le texte actuel peut donc être considéré comme provisoire. Tout indique donc que l’on n’a pas ici un document dont l’auteur a pesé tous les mots.

 Le vrai débat : Ce qui a étonné beaucoup de musulmans, ce n’est pas le sujet principal de la conférence du pape : personne ne conteste, ni parmi les chrétiens, ni parmi les musulmans, le lien qu’il établit entre la rationalité et la foi. Leur première source d’étonnement vient du fait que pour trouver un exemple à ne pas suivre, il est allé puiser chez les musulmans, comme s’il n’en existait pas dans la longue histoire des débats théologiques du Christianisme. L’impression – première et superficielle, j’en conviens – qu’on en retire est que la rationalité se trouve chez les chrétiens et non dans l’islam.

A juste titre, les musulmans nous citent l’exemple des Mu’tazilites ou des Philosophes qui, tout musulmans qu’ils étaient, en venaient à dire que la vérité recherchée par les philosophes est du même ordre que la vérité prêchée par les prophètes à travers des symboles. On pense à Avicenne ou à Averroès. Notons, en passant, que beaucoup de penseurs musulmans du 20ème siècle sont, en fait, des néo-mu’tazilites.

Une deuxième surprise vient du fait que le pape puise ses idées dans la littérature des controverses : Manuel Paléologue (1350-1425) ; Ibn Hazm (994-1064), si bien que les paroles qu’il cite sont, en elles-mêmes, provocantes. D’ailleurs le pape lui-même le souligne !

 Deux points provoquent un véritable choc : En citant ces textes, Benoît XVI ajoute des commentaires qui sont, à la fois, offensants et inexacts. En effet, le pape commente de son propre chef : « Assurément l’empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire: « Nulle contrainte en religion ! ». C’est l’une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n’avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement l’empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. »

Il s’agit là des propos du pape lui-même. L’ennui, c’est que ce verset coranique – de l’avis unanime de tous les commentateurs – tant chrétiens que musulmans – n’est pas de la période initiale, mais bien de la période médinoise quand Muhammad est en position d’autorité. L’implication que les musulmans ont bien saisie, c’est que le pape attribue à Muhammad lui-même le contenu des versets.

On ne saurait faire au pape le reproche de ne pas croire en l’inspiration du Coran ! mais on peut lui reprocher de fournir – involontairement sans doute – une explication historique inexacte.

Un autre point suscite la controverse : Benoît XVI suit, sans la mettre en doute, l’opinion – discutable – de T. Khoury qui dit : « Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable » et qui cite, pour justifier cette idée, une phrase, tirée hors contexte, d’Ibn Hazm, un auteur espagnol qui voulait condamner toute spéculation théologique, mais qui, justement, n’a pas fait école parmi les penseurs musulmans. Les musulmans s’indignent que cette opinion marginale soit présentée comme représentative de l’ensemble de la doctrine islamique. Ajoutons que présenter Dieu comme libre de nos petites logiques est un thème familier de la littérature biblique : « Mes pensées ne sont pas vos pensées – comme le ciel est au-dessus de la terre ainsi ma pensée au-dessus des vôtres – vos meilleures pensées sont comme du linge sale – les voies de Dieu sont insondables et incompréhensibles ses voies, - ce qui est folie aux yeux des hommes est sagesse aux yeux de Dieu… » Il n’est pas sûr que les penseurs musulmans voulaient dire autre chose que cela !

 Concluons : Bon nombre de leaders musulmans souhaitent un apaisement rapide de la crise ; mais il serait dangereux de refuser de reconnaître que le texte de Benoît XVI contient des inexactitudes et qu’il donne trop d’importance à une citation d’un auteur marginal. Cet incident, cependant, a donné aux musulmans l’impression que le pape ne les aime pas et qu’il manque de cette sensibilité qui aurait pu lui faire deviner le retentissement de ses paroles dans le monde musulman. Il ne s’agit plus ici de doctrine mais d’empathie. L’Eglise se sent appelée à être un signe de l’amour de Dieu pour tous… cette histoire n’en est pas l’expression la plus limpide, mais elle demande de nous tous un effort renouvelé, lucide, de confiance et d’amitié.

 

   Jean-Marie GAUDEUL (ancien responsable du SRI)

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