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LETTRE n° 86
Décembre 2005

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

Où en sommes-nous de nos contacts ?…

Fin novembre, notre service réunissait, dans la banlieue lyonnnaise, une soixantaine de chrétiens venant de toutes les régions de France où ils sont chargés de promouvoir de meilleurs contacts entre chrétiens et musulmans. La question qui leur était posée était simple : où en sommes-nous de nos contacts ?

Plus de trente ans ont passé depuis que les évêques de France ont décidé de fonder un service qui favoriserait la rencontre entre nous. Les participants avaient beaucoup à échanger sur tout ce temps écoulé. Des contacts de toutes sortes ont été pris ; des associations et des fédérations d’associations se sont fondées ; petit à petit, l’islam de France s’est doté d’une visibilité nouvelle ; ses lieux de culte se sont multipliés ; le Conseil Français du Culte Musulman (C.F.C.M.) a vu le jour ; mais, surtout, de nouvelles générations ont grandi qui, non sans mal parfois, s’insèrent dans le tissu social, économique, scientifique, politique et religieux de notre société.

En même temps, que d’événements : changements politiques, malaise social, guerres et attentats, évolution de l’Union Européenne...

Qu’en est-il résulté pour les relations islamo-chrétiennes ? Pouvons-nous faire, sommairement, le point dans ce domaine ?

Tout d’abord, les contacts, à la base, se sont multipliés, dans le milieu scolaire ou associatif, les hôpitaux, les chantiers... Les couples “mixtes” sont de plus en plus nombreux à tenter l’aventure de la vie commune, avec ou sans l’approbation des autorités civiles ou religieuses... Partout, des rencontres “interreligieuses” rassemblent des gens de toutes convictions pour des colloques, réguliers ou exceptionnels. Le désir de rencontrer “le différent” s’est répandu, bien au-delà du milieu islamo-chrétien.

Par contre, il faut bien admettre aussi que ce pluralisme, combiné à la conjoncture internationale empreinte de violence, suscite des raidissements et des peurs dans tous les milieux, chrétiens, musulmans ou autres. On note la fréquence avec laquelle certains entretiennent, en eux-mêmes et autour d’eux, une vision malveillante et parfois haineuse de “l’autre”. Habituellement, ceux qui véhiculent ainsi ces clichés négatifs sur les disciples d’une autre religion sont des gens qui n’ont, en fait, jamais noué de relations suivies avec ceux qu’ils critiquent si violemment. Combien de chrétiens parlent de l’islam qu’ils disent archaïque et menaçant alors qu’ils n’ont jamais pris le temps de connaître leurs voisins musulmans ? Combien de musulmans croient tout savoir du christianisme sans avoir fait l’effort de nouer amitié avec des chrétiens ?

L’engouement du public pour “l’interreligieux”, l’intervention des politiques soucieux de promouvoir la paix sociale par le biais du religieux, amènent parfois les acteurs du dialogue à se contenter de rencontres passagères et superficielles. Les jeunes (les jeunes chrétiens surtout) sont souvent les grands absents de ces rassemblements entre représentants des diverses religions.

Il reste donc beaucoup à faire pour que notre société profite de sa diversité religieuse et sociale pour tisser une unité plus profonde et plus dynamique.

Au terme de cette année 2005, nous souhaitons à tous nos lecteurs de joyeuses fêtes et une bonne année 2006, une année au cours de laquelle il nous sera donné de répandre autour de nous un climat de bienveillance à l’égard de ceux  (et de celles) qui ne pensent ou ne croient pas comme nous.

Que cette nouvelle année soit un temps où, chrétiens ou musulmans, nous prendrons le temps de nous faire des amis au-delà du cercle restreint de nos communautés, de nos paroisses ou de nos relations.

Cela ne se fera pas sans soulever en nous-mêmes une certaine appréhension, une certaine timidité ou peut-être une certaine répugnance. C’est vrai que tout n’ira pas sans difficulté ni sans “ratés”. D’ailleurs, le monde de demain ne demande pas des acteurs naïfs et de doux rêveurs. Il attend des gens qui, lucidement, osent des gestes d’amitié qui puissent susciter chez l’autre le désir d’y correspondre et d’y trouver plaisir, quand bien même ce serait la première fois.

J.M. Gaudeul
Se
rvice des Relations avec l’Islam
 

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PRIERE pour la PAIX SOCIALE

Ils sont nos frères, elles sont nos sœurs, ceux-là et celles-là qui subissent la violence et qui sont dépouillés de leurs biens, saisis par l’angoisse de l’insécurité et des exactions,  

Ils sont nos frères, elles sont nos sœurs, ceux-là et celles-là qui, au péril de leur vie, rétablissent l’ordre, calment les émeutes et cherchent le dialogue entre les générations,  

Ils sont nos frères, elles sont nos sœurs, ceux-là et celles-là, qui, dans les associations, dans les écoles, ou dans les municipalités, colmatent les fractures sociales et donnent des raisons d’espérer,

 Ils sont nos frères, elles sont nos sœurs, ces jeunes et ces enfants, en mal d’avenir et de projets, qui se laissent séduire par la violence, les transgressions et les incendies,  

Ils sont nos frères, elles sont nos sœurs, ces adultes qui se tiennent à la marge et entretiennent les trafics et tous les marchandages au noir,  

Ils sont nos frères et nos sœurs, ils ont besoin de sortir de leur enfermement, celui de la peur, celui de la violence, celui du profit facile,  

Ils sont nos frères et nos sœurs, ils doivent pouvoir compter sur notre prière et notre soutien pour se sortir du mal qui est en train de les détruire.  

Ensemble, tissons à nouveaux frais les fils de la convivialité et de l’apaisement,  

Ne désespérons pas des efforts d’éducation, d’insertion et d’inculturation, où beaucoup se sont engagés depuis des années,

 Ne doutons pas qu’il faille reprendre la route avec ceux qui se sont égarés, pour reconstruire ce qui a été détruit dans nos rues et dans leurs cœurs,  

Entendons le cri de ceux qui réclament l’accès à l’école, à la formation, au travail, au logement et aux biens sociaux,  

Reprenons ensemble le chemin de la confiance les uns envers les autres, le chemin que le Christ reprend avec chacun de nous,  chaque fois que nous nous en sommes écartés.

Daniel LABILLE, Evêque de Créteil

 

La FRATERNITE au DEFI du FEU

Le 15 novembre dernier, une église de Romans (26100) a été partiellement endommagée par un incendie criminel.

Voici la lettre qu’a publiée son curé à la suite de cet incident :

Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses, des disciples du Christ, et il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur (Vatican 11- Gaudium et Spes)  

Amis connus ou inconnus, qui avez eu un mot, une attention à l'occasion du sinistre causé à l'Église du Saint Curé d'Ars de Romans, recevez par cette lettre, peu personnalisée, les remerciements de la paroisse.

La communauté chrétienne du quartier de la Monnaie a été trois fois touchée : une fois, car on a parlé de son quartier pour le montrer du doigt ; une seconde, parce que l'on a touché à son église ; et une troisième, car elle est fort impliquée et agissante dans la rencontre et l'accueil des autres cultures et religions. C'est modestement, mais avec conviction et fidélité, qu'elle est attentive aux réalisations qui bâtissent la fraternité, l'écoute, la relation, le respect, le lien social.

Le geste de la nuit du 15 Novembre est entendu comme symbolique, pour toucher un groupe, une manière de vivre et de comprendre la vie en société.

La seule réponse à un tel geste me semble devoir aussi être symbolique : continuer à dire que le vivre ensemble dans la République est important, continuer à faire ces humbles actes quotidiens de fraternité et d'engagement social. Si cette nuit là de l'acide a été mis sur le tissu social, il convient surtout de recommencer à tisser des liens et de ne pas laisser le trou s'agrandir. Si l'incendie matériel a été circonscrit, il ne faut pas laisser la haine ou la rancune développer un feu social. C'est bien au cœur des tristesses et des angoisses que les chrétiens et leurs communautés ont à vivre, en paroles et en actes, l'espérance. C'est à l'espérance que le Christ nous convoque.

Aujourd'hui, la vie sociale est en panne : en panne d'idées, de projets, de réalisations, d'idéaux. Voila donc un défi à relever par tous. Défi de la justice, de l'écoute, du respect mutuel, de la citoyenneté, de la laïcité, de la République, pour vivre ensemble non pas malgré nos différences, mais avec nos différences. Et si ce défi devenait un programme ? Ici à Romans, mais aussi chez vous ! Et si nous métamorphosions ce feu criminel en chaleur pour tout homme ? Et si nous transformions ce geste destructeur en point de départ pour mieux vivre la fraternité ? Déjà, venant de différents horizons, des gestes l'attestent dans le quartier de la Monnaie. L'avenir est entre nos mains.

Ph Maurin, curé modérateur

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ë    Introduction à l’Islam

L’agence « Terre Entière » organise du 25 février au 4 mars 2006 un voyage-colloque au Caire : « Introduction à l’islam ». L’objet de ce séjour est de permettre à toute personne désireuse de  connaître la civilisation et la religion musulmanes, de disposer des outils nécessaires à la réflexion en étant dans l’une des villes les plus emblématiques de cette tradition. Intervenants et partenaires qualifiés y participent : le Département des Arts de l’Islam du Musée du Louvre, l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l’Observatoire du Religieux, l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales au Caire, Le monde Diplomatique, etc.  Renseignements au 01 44 39 03 03. www.terreentiere.com

 

ë    Fraternité d’Abraham

·         Mercredi 11 janvier 2006 à 18h (Espace Bernanos, 4, rue du Havre, 75009 Paris), une conférence du Dr M. Mestiri sur « Origine, transmission et interprétation du Coran ».

·         Dimanche 5 mars 2006, de 14h à 18h30 (Palais du Sénat, 15, rue de Vaugirard, 75006 Paris), un colloque sur « Les Ecritures dans les religions abrahamiques, lecture et interprétation », avec le grand Rabbin Sirat, Mgr d’Ornellas, le Professeur Colosimo et le Professeur Arkoun.

 

ë    Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié

Le 15 janvier 2006, pour la première fois, les catholiques sont invités à célébrer, ensemble, partout dans le monde, une Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Le thème proposé : « Toute personne est une histoire sacrée » nous invite à un regard lucide et généreux sur les conditions de vie des migrants et des exilés chez nous, ainsi que sur les conditions des mouvements migratoires, signes de tant de déséquilibres du monde. Journée de prière et de réflexion pour que tous (paroisses, mouvements, services, congrégations religieuses) nous devenions signe de la fraternité de la Pentecôte. Renseignements : npm@eglisemigrations.orgwww.eglisemigrations.org.

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&     « L’Islam de marché. L’autre révolution conservatrice »

Patrick HAENNI, éd. du Seuil et République des idées, Paris, 2005, 110 p., 10,50 €

A l’ombre de l’islamisme radical, un autre islam est en train de voir le jour : l’islam de marché. Tissé de compromis pragmatiques avec l’Occident, il s’alimente à la culture des affaires, vante la réussite individuelle, prône la réalisation de soi, acclimate les interdits aux impératifs du marketing et de la consommation de masse. “Converti aux vertus du privé et du marché ainsi qu’à la cause de l’Etat minimum, l’islam de marché apparaît d’ores et déjà comme le partenaire idéal des Américains, non seulement dans leur politique moyen-orientale, mais également dans le conflit de modernité, qui l’oppose à l’Europe des Lumières, de la raison laïque et étatiste”. La configuration religieuse de cet islam de marché a commencé dans la seconde partie des années 1990. Il est loin de ‘l’islam éclairé’, mais il cherche à s’affirmer le long d’un ‘axe de la vertu’ fondé sur la religion, la morale, les œuvres et le marché. Tel est la thèse de Patrick Haenni qui a étudié les processus d’islamisation en Egypte, au Soudan, au Maroc, au Yémen, en Afghanistan, comme en Occident.

 

&     « Musulmans de France et d’Europe »

Sous la direction de Rémy LEVEAU et Khadidja Mohsen-Finan, éd. CNRS, 2005, 187 p., 20 €.

Ce travail collectif d’universitaires cherche à mettre en évidence les lieux d’intégration conflictuelle qui caractérisent aujourd’hui la démarche des musulmans de France. Il s’élargit à l’Europe occidentale et même balkanique. Les études présentées dans cet ouvrage mettent l’accent sur les dimensions nouvelles de la construction d’une société et d’un espace politique où le multiculturel cherche à faire reconnaître sa légitimité. Ce livre traite de la seconde génération en France ; de l’islam balkanique et de l’intégration européenne ; de l’islamophobie en France au regard du débat européen ; de l’institutionnalisation du culte musulman en Europe ; des enjeux liés à la structuration de l’islam en France ; des enjeux et du sens de l’affichage de son ‘islamité’ dans le champ scolaire français ; du rôle de la police ; des musulmans en prison en France. Autant de thèmes qui peuvent aider à notre réflexion qui est souvent trop simpliste ou limitée à l’hexagone et qui ne tient pas compte des changements importants survenus ces dernières années.   

 

&     «La folle sagesse»

Catherine PINGUET, éd. du Cerf, Collection Patrimoines, Paris, 2005, 130 pp., 19 €.

Cet ouvrage donne la parole a des “mystiques” de tous les horizons. L’Orient est la terre l’élection de ces expériences : fous divins, ascètes marginaux, stylites. L’Islam eut aussi ses “ravis de Dieu”. Les tenants du dogme et de la foi accusèrent les derviches de tous les maux, y compris du péché d’hérésie. Ensemble d’expériences religieuses qui débordent la connaissance et excèdent les cadres de l’orthodoxie. L’apporter au lecteur, tel est l’objet de cet essai.

 

&     «Les mariages islamo-chrétien »

Père Charles SAAD, éd. L’Harmattan, Paris, 2005, 778 pp., 60 €.

Après une introduction sur le dialogue islamo-chrétien, l’auteur de cet ouvrage étudie le mariage “dispar” dans le christianisme, puis dans l’islam. Recherche très poussée tant au plan canonique que religieux et humain. Ces mariages sont en général déconseillés par les religions. L’Eglise catholique les autorise avec une dispense de l’ordinaire du lieu (mariage en disparité de culte). Etant donné l’importance de ce volume, nous ne pouvons en rendre compte comme il faudrait, mais c’est une source à utiliser !

 

&     «Le “Jardin” du Catéchiste »

Raphaël ROGEAU, éd. Thélès, Paris, 2005, 278 pp., 15 €.

Ce livre a d’abord été écrit en Swahili pour la formation des catéchistes en Tanzanie, avec 20 pages sur l’islam. L’édition en français est plus développée, avec 30 pages sur l’islam. On y parle de “Mahomet qui crut avoir une révélation …” et, pour la loi musulmane, un peu vite dit : “...le culte chrétien est proscrit”. Tout cela, cependant, dans un style simple et abordable.

 

&     «Les Immigrés en France – Edition 2005 »

Statistique Publique, éd. INSEE,  Collection Références, Paris, 2005, 161 pp., 15 €.

Cet ouvrage contient des fiches thématiques (une soixantaine) autour de 5 grands domaines : la population immigrée, les flux d’immigration, l’éducation et la maîtrise de la langue, la situation sur le marché du travail et les conditions de vie. Deux dossiers proposent une analyse approfondie de certains thèmes. C’est une publication de référence pour la compréhension des réalités de l’immigration aujourd’hui.

 

&     «Les catholiques dans la République, 1905-2005 »

Sous la direction de Bruno DURIEZ, Etienne FOUILLOUX, Denis PELLETIER et Nathalie VIET-DEPAULE, éd. de l’Atelier, Paris, 2005, 366 pp., 27 €.

Cet ouvrage dresse le tableau d’ensemble de l’engagement catholique dans la France du XXème siècle. “Comment les catholiques ont-ils pu participer à la construction d’une République dont ils étaient supposés, au début du siècle, combattre les valeurs et les principes ?”.

 

&     « Liberté religieuse et régimes des cultes en Droit français »

Réalisé par Janine DUFAUX, Philippe DUPUY, Jean-Paul DURAND, Cyrille DUTHEIL de la ROCHÈRE, Félicité GASZTOWTT, Michel GUILLAUME (+), Anne-Violaine HARDEL et Bernard JEUFFROY, éd. du Cerf, Paris, 2005, 1888 pp., 90 €.

Ce recueil annoté est une édition entièrement revue et mise à jour de l'ouvrage paru en 1996. Cette seconde édition rassemble traités, extraits de la Constitution, lois, pratique administrative et jurisprudence jusqu'en 2005, intègre également le droit et la jurisprudence européens. Le Cerf publiera chaque année un fascicule complétant l'édition 2005 par l'apport des nouveaux textes (nouvelles législations, circulaires administratives, jurisprudence, etc). Les textes sont systématiquement accompagnés de courtes notes explicatives rédigées par des experts dans un langage clair et accessible aux non-spécialistes. L’ouvrage est préfacé par Mgr Ricard, président de la Conférence  des Évêques de France.

 

&     « Jésus et les musulmans d’aujourd’hui »

Maurice BORRMANS, éd. Desclée, Paris, 2005, 315 pp., 28,50 €.

Cet ouvrage est une réédition, revue et augmentée d’un chapitre, du livre paru en 1996. Il fait partie de la collection « Jésus et Jésus-Christ » dirigée par Mgr Doré, archevêque de Strasbourg, qui a rédigé la préface. A travers les auteurs classiques et contemporains, les manuels scolaires ou les écrits des poètes, l’auteur, dont on connaît la compétence, fait l’inventaire des approches, à la fois semblables et diverses, de la figure de Jésus par les musulmans. Ne demeure-t-il pas, quand tout est dit, une énigme ?

 

&     « Présence chrétienne au Maroc (XIX-XXe siècles) »

Jamaâ BAÏDA & Vincent FEROLDI, éd. Bou-Regreg, Rabat, 2005, 240 pp.

Deux historiens, l'un marocain et musulman, l'autre chrétien et français, tous deux membres du GRIC (Groupe de Recherche Islamo-Chrétien), nous offrent une étude sur l’Eglise du Maroc et sur la façon dont elle s’est posé la question de sa mission au milieu d’un peuple musulman à l’époque coloniale, puis à l’heure de la décolonisation. Ce livre très documenté permet « de réfléchir à ce que doivent être les relations entre toutes les religions. Il y a une aspiration des coeurs et des esprits les plus éclairés à ce que la page de la méfiance et du rejet soit tournée pour que s'ouvre une page faite de bienveillance et de respect mutuel » (B. Boutaleb). Ce n'est pas le moindre intérêt de cet ouvrage actuellement diffusé au Maroc.

 

&     « Les Frères prêcheurs en Orient - Les dominicains du Caire (années 1910 - années 1960) »

Dominique AVON, éd. Cerf, Paris, 2005, 1040 pp., 95 €.

Monumentale présentation de l’histoire de l’Institut Dominicain d’Etudes Orientales du Caire (IDEO). Conçu, dans un premier temps, comme une extension de l’Institut Biblique de Jérusalem, cet institut va se spécialiser dans l’étude de la pensée arabe ancienne ou moderne et dans le dialogue islamo-chrétien alors à ses débuts. Des penseurs, comme le P. G. Anawati ou le P. de Beaurecueil, y ont laissé leur marque. “Organisant la problématique de sa recherche autour de la relation triangulaire « catholicisme-islam-modernité », l’auteur montre que le contenu des relations entre intellectuels chrétiens et musulmans au XXe siècle ne se réduit pas à un schéma binaire d’affrontement entre civilisations ou religions”.

 

&     « Youakim Moubarac »

Collectif, dirigé par Jean STASSINET, éd. L’Âge d’Homme, Lausanne, 2005, 607 pp.

Hommage à la figure du P. Y. Moubarac, prêtre maronite, arabisant et islamologue. Diverses contributions éclairent son itinéraire du Liban à Paris et les champs d’intérêt de cet auteur incontournable pour l’étude du dialogue islamo-chrétien : l’islam et l’arabité, le dialogue interreligieux, le christianisme syro-antiochien, le Liban, la cause palestinienne, l’Eglise et la culture maronite. Une dernière partie nous révèle la profondeur de ses intuitions spirituelles. Il fallait ce gros volume pour permettre à tant d’auteurs de souligner l’apport de Moubarac, écrivain remarquablement abondant, dans tous ces domaines.

 

&     « La pensée islamique contemporaine, acteurs et enjeux »

Alain ROUSSILLON, éd. Téraèdre, Paris, 2005, 190 pp., 15,90 €.

Sous un format réduit, l’auteur, directeur de recherches au CNRS, présente un panorama des nouveaux courants de la pensée islamique. Après avoir décrit l’émergence et la clôture de la pensée « réformiste », il présente les nouveaux penseurs musulmans. Une deuxième partie décrit leurs méthodes de reformulation de l’islam et de ses sources. En troisième partie, il étudie la façon dont ces nouvelles intuitions se répandent dans l’ensemble de la communauté musulmane, les réseaux de diffusion de leur pensée et l’écho qu’elle trouve dans la diaspora en Occident. L’ouvrage abonde en citations permettant au lecteur de percevoir en direct les arguments de ces nouveaux penseurs.

 

&     « Reconnaissance et discrimination – Présence de l’islam en Europe occidentale et en Amérique du Nord »

Sous la direction de Ural MANÇO, éd. L’Harmattan, Paris, 2004, 370 pp., 28 €.

Cet ouvrage collectif rassemble des contributions de spécialistes sur l’établissement de l’Islam dans les pays suivants: Allemagne, Belgique, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Canada et Etats-Unis. Ces monographies ne se contentent pas de parler de l’organisation interne des communautés musulmanes, elles étudient aussi ses relations avec la population de chacun de ces pays dont l’histoire conditionne le regard que l’on porte à cette nouvelle population. Deux derniers chapitres traitent, l’un de ce qu’il faut bien appeler “l’islamophobie” et l’autre du problème de la reconnaissance officielle du culte islamique en Occident.

 

I N I T I A T I V E S

*       « G.A.I.C. – S.E.R.I.C.»

·         A l’Institut Catholique de Paris, en collaboration avec le GAIC, le 26 novembre 2005, sur le thème “Chrétiens et musulmans face aux défis socio-économiques et aux enjeux spirituels en France aujourd’hui”, se tenait une table ronde et 5 ateliers. Après une introduction d’Henri de la Hougue et de Saïd-Ali Koussay, des interventions : “Chrétiens et musulmans face aux défis socio-économiques” par Jacques Turck et Mustapha Chérif, “Chrétiens et musulmans face aux enjeux spirituels” avec François Bousquet et Cheikh Khaled Bentounes. Xavier Ternisien avait le rôle du modérateur. Ces conférences étaient suivies de 5 ateliers : Chrétiens et musulmans face à la société – Chrétiens et musulmans face aux discriminations – Chrétiens et musulmans face à la mondialisation – Chrétiens et musulmans face aux défis de la solidarité – Chrétiens et musulmans face à la violence.

·         La Semaine de Rencontres Islamo-Chrétiennes (SERIC) se tenait cette année du 19 au 27 novembre 2005. Diverses manifestations étaient organisées dans plusieurs villes, avec des opérations “portes ouvertes” réciproques, des réflexions croisées Bible/Coran, des conférences-débats avec témoignages, des activités en direction des jeunes, des repas ou goûters partagés, des kermesses, fêtes d’amitié, jeux interculturels, des plantations d’arbres de l’amitié, des animations culturelles ou sportives … Ces semaines sont ouvertes à tous, croyants et non croyants, à tous ceux qui veulent agir pour la justice et la paix, en France et dans le monde. Renseignements GAIC, 92 bis, bd du Montparnasse, 75014 Paris – T. 01 43 35 41 16 –http://semaineseric.org                 

*       « Toulon – La rencontre à l’épreuve des faits »

Le 8 octobre dernier, le secrétariat local pour les relations avec l’Islam du diocèse de Toulon organisait une journée de formation pour les militants chrétiens. Une cinquantaine de participants se sont réunis autour de D. Gazeau, responsable diocésain et de J.M. Gaudeul, directeur du S.R.I. national pour réfléchir sur  le sens et les conditions d’un dialogue authentique avec les très nombreux musulmans présents dans la région. Cette journée faisait suite à d’autres rencontres du même genre organisées par le service local des relations avec l’islam.

 *   «Marseille – ‘Il n’y a pas que des voitures brûlées’ »

Du 9 au 13 novembre, à Marseille, 300 personnes se sont réunies sur le thème du “vivre ensemble”. Cette réunion était préparée depuis de longs mois par l’ISTR, en partenariat avec le journal “La Vie”. Ce fut une alternance de communications diverses et variées de gens tels que C. Delorme et R. Benzine, S. Zéghidour, P. Balta ou M. Abbou, ancien ministre de la culture en Algérie. Les débats portaient sur la diversité culturelle et religieuse, les discriminations et l’égalité des chances d’une rive à l’autre de la Méditerranée. L’originalité de ces rencontres, ce fut la participation de jeunes professionnels : délégations de jeunes israéliens qui militent avec de jeunes palestiniens, de jeunes libanais, chypriotes ou polonais, de jeunes espagnols, algériens ou marocains. Il y eut des dialogues parfois tendus, par exemple entre une jeune fille chypriote grecque à la tribune et le consul de Turquie dans la salle, ou entre un jeune kabyle et le ministre algérien. Mais chaque séance était ouverte par un morceau de musique (chant grégorien, andalou, psalmodie du Coran, musique grecque). Une méthode interactive nous a permis d’élaborer, au fur et à mesure de ces journées des propositions concrètes à transmettre aux chefs d’Etat réunis à Barcelone fin novembre. Intitulé “Mosaïques”, ce colloque international s’est conclu le dimanche 13 novembre par la célébration eucharistique en l’honneur de Charles de Foucauld, le Frère universel. L’Eglise en haut de la Canebière était comble. 250 personnes présentes, dont beaucoup de Petites Sœurs de Jésus de la région PACA, ainsi que de nombreux membres des fraternités diverses de la famille foucauldienne. Ce colloque se déroulait au Palais du Phare qui domine le large et le vieux port. L’occasion était bonne pour publier le 26ème numéro de la revue “Chemins de Dialogue” intitulé “La Méditerranée toujours recommencée”. (Roger Michel)  

*   « Francheville – Session de formation »

Du 27 au 30 novembre, le S.R.I. a organisé, comme tous les deux ans, une session de formation destinée aux chrétiens qui, dans les divers diocèses de France, sont chargés de promouvoir de meilleures relations entre chrétiens et musulmans. Sur les quelques 90 diocèses de France, 56 ont nommé une ou des personnes ressources chargées de veiller, soit au dialogue interreligieux, soit, de façon plus spécifique, à la rencontre islamo-chrétienne. Compte tenu des inévitables absences, ce sont 65 personnes qui se sont ainsi réunies à Francheville (banlieue lyonnaise) pour faire le point de leurs activités des dernières années.

Les situations locales varient du tout au tout, entre les zones urbaines, où la présence musulmane est particulièrement concentrée, et les régions rurales où, au contraire, elle se fait à peine sentir. Il n’en reste pas moins que les échanges ont permis aux participants de réfléchir aux évolutions récentes et aux moyens à prendre pour s’épauler les uns les autres, notamment au niveau des nouvelles provinces ecclésiastiques.

En marge des conférences et des ateliers, des éventaires de livres et de revues permettaient aux participants de prendre connaissance des dernières parutions sur l’islam ou sur le dialogue.



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2   « Se Comprendre », (7, rue du Planit, 69110 Ste Foy-lès-Lyon - Tél. 04 78 59 20 42 - www.comprendre.org).

N°05/08 - octobre 2005 : « Islam et culture arabe » par Guy Stremsdoerfer, 16 pp. 

N°05/09 - novembre 2005 : « Le soufisme au Soudan » par Etienne Renaud, 16 pp.

N°05/10 - décembre 2005 : « I. Tibhirine, dix ans déjà ! » « II. Sur la vie, la souffrance et la mort … » par Roger Michel, 16 pp.

2   « Chemin de Dialogue», (11, place Flammarion, 13001 Marseille - Tél. 04 91 50 35 50 - cdd@istr-marseille.cef.fr)

N°26, novembre 2005 : « La Méditerranée toujours recommencée ». Au sommaire : « L’Europe et la Méditerranée (J.M. Aveline, C. Geffré, A . Matabosch, J. Levrat et Congrès de Sant Egidio) ; « Herméneutique et dialogue interreligieux (C. Geffré, C. Perrot, J.M. Aveline) ; « Etudes et expériences » (J.P. Flachaire, G. Jouberjean, J.M. Vigil) ; « Repères bibliographiques (P. Bony) et « Recensions ».

2   « Témoignage Chrétien», (49, rue du Faubourg Poissonnière, 75009 Paris – Tél. 01 44 83 82 82 – www.temoignagechretien.fr)

Hors série, nov. 2005, « Envies d’Algérie». Deux séjours d’une semaine organisés par Témoignage Chrétien et l’agence Terre Entière en avril et mai 2005. La revue retrace le passage de 370 personnes dans le pays. Par région : Ouest (Oran, Ain-Temoucent, Tlemcen), Alger (Tipaza, Alger), Centre (Tizi-Ouzou, Kherrata, Sétif, Béni-Yenni, Bejaïa), Est (Djemila, Constantine, Skikda, Annaba), un bel album souvenir « Regards » sur des paysages et des visages. Et des articles sur les regards du passé, travail de mémoire franco-algérien, crises identitaires ou économiques, et pour finir une sélection de livres. Les auteurs (B. Janicot, H. Remaoun, H. Colin de Verdière, Mgr Teissier, D. Djerbal, P. Chaulet, G. Belair, M. Moreau et J. Lajonchère, Mgr Piroir, L. Berger, R. Ben Ali) nous transportent dans l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui avec tendresse et pudeur.

2   « Religions et Histoire», (1, rue des Artisans, BP. 90, 21803 Quétigny cedex – Tél. 03 80 48 28 77 – www.religions-histoire.com)

Cette nouvelle revue (mars-avril 2005) demandera à des historiens, dans chaque domaine religieux, d’exposer leurs connaissances en se tenant à l’écart des interprétations ou transpositions qui dénaturent les faits historiques. Dans ce n°1, un dossier : « Les personnages bibliques dans le Coran » (J. Lupatelli, M. Cuypers, R. Tottou, M. Borrmans, AL. De Prémarre, V. Larousse, JL. Declais, J. Flaquer), puis des articles variés. Revue bien illustrée, agréable de présentation et de lecture.

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Le dialogue me change...

Faten Klouz appartient à la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix où elle inter­vient dans le groupe « Education pour la Paix ». Elle est d'origine tunisienne et appartient à la com­munauté musulmane (Publié dans La Foi d’un Peuple, N° 144, Sept. 2005, p. 30).

« Merci de l'invitation et de m'avoir donné l'occasion de partager un cer­tain nombre de préoccupations qui sont les miennes. Beaucoup de situations de la vie courante m'ont amenée à m’interroger sur la maniè­re de vivre et d'exprimer la foi en relation avec l'autre.

Mon entrée dans le dialogue inter-religieux

Au départ, rien ne me prédestinait dans la voie du dialogue inter-reli­gieux. Je suis tunisienne, je viens d'un pays laïc et la religion était vécue dans ma famille au quotidien sans aucun dogme ni doctrine.

Ma venue en France a changé les choses dans mon esprit, puisque j'ai été en contact avec plusieurs communau­tés musulmanes : ça a été, pour moi, la découverte d'un autre islam, d’un autre contexte. J'ai pris conscience que l'on ne peut pas dire : « L'islam c'est ceci, ou c'est cela », mais qu'il faut appro­cher une réalité concrète.

Mon refus de rester cloîtrée dans un communautarisme m'a poussée à sor­tir de mon isolement religieux. Tout à coup, vivre dans un monde de l'interaction, dans la proximité de l'autre, m'interpelle. Non seulement parce qu'il est un autre, que je dois aller convertir ou à qui je dois faire un peu de charité car il est très malheureux, mais parce que lui-même peut m'inter­peller.

La révolution du dialogue

C'est l'élément-clé de la révolution du dialogue : sortir d'un certain isole­ment où au fond chaque tradition reli­gieuse fonctionne comme une citadel­le et accepter le fait de ne plus être à l'abri, parce que, par sa présence même, par ses convictions, l'autre pose question à notre manière de vivre notre foi.

Pour que le dialogue avance, il faut éviter « les prétentions conflictuelles de vérité », le fait que des traditions différentes témoignent avec force d'une vérité qui contredit une autre vérité, celle de la tradition voisine. Chaque tradition religieuse en effet a ses propres richesses et ne dit pas exactement la même chose. Aussi longtemps que l'on considère que ces « vérités » sont des affirmations doc­trinales, des affirmations statiques, on ne peut que maintenir le conflit. Or, il est possible de dépasser ce conflit, sinon de le résoudre, si l'on considère l'autre non pas comme quelqu'un qui menace ma propre réalité mais comme un partenaire, qui apporte un éclai­rage qui, dans certains cas, peut être complémentaire ou apporter une cor­rection.

Nous avons beaucoup à apprendre de cette forme de logique qui fait que celui qui pense autrement que moi, qui prie autrement que moi, n'est pas auto­matiquement et immédiatement la contradiction de ma manière de croire, de prier ou de vivre ma foi. Cette approche implique que la vie religieu­se n'est pas conçue comme un système, mais comme une voie à parcourir, comme un élément dynamique où la composante personnelle est absolu­ment centrale.

J'ai appris dans mon parcours du dialogue inter-religieux qu'aussi long­temps que l'on compare des dogmes on n'échappe pas au conflit et à la décision. Si je veux rencontrer l'autre, je ne veux pas argumenter ni justifier. Le dialogue ne prend de l'intérêt que lorsque l'autre peut m'apprendre quelque chose : il peut m'enrichir, il peut aussi corriger certains éléments de ma propre histoire de foi. Cela nous conduit à un point décisif et pratique. Il faut sortir d'une définition abstraite et de concepts pour aborder les tradi­tions religieuses dans tout ce qu'elles apportent.

Pour conclure

Pour conclure, il me semble que l'on pourrait dire que, dès lors qu'on entre dans cette interaction, il y a tout un travail sur soi à faire et surtout accepter le fait d'être dérangé dans ses convictions et ses croyances, et je com­prends très bien que tout le monde ne soit pas prêt à franchir le pas.

Cela implique, pour les croyants qui rentrent dans le dialogue, le respect mutuel et l'idée qu'ils sont « parte­naires, témoins, pèlerins ».

Effectivement, nous devenons « par­tenaires » les uns des autres et non pas seulement antagonistes. S'il arrive un malheur à quelqu'un d'une autre tradi­tion religieuse, il y a une interaction qui se joue et une solidarité plus pro­fonde que celle de l'appartenance à un groupe religieux ou à un autre.

Dans le dialogue, nous sommes appelés à être des « témoins ». Le dia­logue inter-religieux n'est pas un affa­dissement de la foi où je n'aurais plus d'espace ou de droit d'affirmer mes convictions, y compris mes convic­tions fortes. Je n'ai pas envie d'être moins chrétien, et je ne demande pas à un juif d'être moins juif ou à un musulman d'être moins musulman, dès lors qu'il entre dans ce processus. Je lui reconnais le droit de témoigner de sa Foi, selon un principe de réciproci­té. Il n'y a pas de place pour le mono­pole accordé à l'un au détriment des autres. Nous sommes témoins ensemble, les uns par rapport aux autres, témoins pour nous interpeller lorsqu'il y a des dérives.

Enfin « pèlerins » puisque nous apprenons tout au long du dialogue qu'on est toujours en chemin et en quête de quelque chose. La vérité est au milieu, elle n'appartient à personne, et nous avons avancé vers elle sans vraiment l'approcher, car elle échappe toujours à notre saisie. »

Faten Klouz

 

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