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LETTRE n° 85
Septembre 2005

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

La violence est en nous !…

Au début de l’été, la plupart des paroisses de France ont reçu, par la poste (0,35 €), un livret provenant d’une association située à Creil se dénommant « La vérité pour tous ». En 24 pages, ce petit texte s’adresse aux chrétiens pour les inviter à se convertir à l’islam.

Ce simple envoi ne mériterait pas que l’on s’y attarde : nos boîtes aux lettres débordent de publicité pour des produits commerciaux, des associations de bienfaisance, des activités sportives, des partis politiques ou des syndicats. A une époque où chacun se veut maître de son destin et de ses choix, il n’est pas étonnant que l’on nous sollicite d’exercer notre liberté de choisir, y compris dans le domaine religieux.  Chrétien ou musulman, chacun de nous est conscient d’être détenteur d’un message et d’avoir à le transmettre.

Jésus nous demande d’être « ses témoins », et, dans l’islam, l’appel à la prière proclame : « Je témoigne… ». Le témoin transmet ce dont il a fait l’expérience : il présente ce qu’il a découvert, ce qui comble son cœur et sa vie. Le témoin ne condamne pas, ne critique pas !

Le livret dont nous parlons, au contraire, adopte dès le début un ton de polémique agressive : « Les chrétiens disent ceci… ils disent cela… quelle grande absurdité ! Quelle grande aberration… désinvolture… ignorance !...  »

L’auteur, d’ailleurs, n’hésite pas à déformer gravement le christianisme : « Les chrétiens acceptent l’existence de trois divinités ». Sur le même ton, tous les poncifs de la polémique médiévale sont repris contre la Trinité, la divinité du Christ, l’authenticité des Ecritures, etc. Parfois, même, l’auteur fait preuve d’une ignorance étonnante, disant, par exemple, que les écrits de St Paul forment la moitié de la Bible.

Au lieu de susciter une attitude d’écoute et d’accueil, ce texte a soulevé un grondement de colère et d’indignation : « L’offensive de Creil – nouvelle provocation musulmane » a même titré un journal.

Quelle leçon tirer, quelle attitude adopter devant ce genre d’incident provoqué tantôt par des musulmans, tantôt par des chrétiens ?

Acceptons tout d’abord que nous avons des croyances incompatibles. Que les chrétiens ne s’indignent pas de voir les musulmans refuser les dogmes chrétiens… et vice versa. Depuis 14 siècles de confrontation, les discussions doctrinales ont toutes abouti à un constat d’incompatibilité. Point.

Par contre, chaque partie a le droit de refuser que l’on caricature ou déforme ses positions. Un effort est à faire – des deux côtés – pour écouter ce que « les autres » disent d’eux-mêmes. Non, les chrétiens n’adorent pas 3 dieux ! Non, les musulmans ne sont pas tenus de confondre religion et politique ! Certains d’entre nous, des deux côtés, tiennent passionnément à la caricature qu’ils se sont faite de l’autre comme s’il s’agissait de défendre leur propre identité. Ces caricatures sont empreintes d’un mépris qui risque de ruiner la paix sociale que nous voulons construire.

Cette violence faite à l’autre nous habite tous : nos préjugés et nos jugements blessent l’autre, et même quand ils ne s’expriment que dans le regard. Le croyant – qu’il soit chrétien ou musulman – ne tire pas son courage de vivre d’une erreur doctrinale mais d’une certaine expérience de proximité avec Dieu. C’est là qu’il trouve son identité ! C’est de cela qu’il se sent appelé à témoigner ! La force de son témoignage vient de l’attraction que cette expérience peut exercer sur un public sans repères et sans but.

Le croyant attire à la foi quand il s’exprime de façon positive sur la joie ou la paix qu’il trouve à croire, mais il perd tout crédit quand il tombe dans le dénigrement et la critique des autres, quand il se révèle incapable de reconnaître, en « l’autre », l’action d’un Dieu qui attire à lui tous les humains.

Puisse ce livret être pour nous tous l’occasion d’une réflexion sur le regard que nous portons les uns sur les autres et sur notre façon de porter témoignage : le monde a plus besoin de témoins que de doctrinaires.

J.M. Gaudeul
Secrétariat pour les Relations avec l’Islam
 

 

 

 

 

 

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Discours du Saint Père Benoît XVI à des musulmans de Cologne

Voici le texte intégral de l’allocution prononcée par le pape Benoît XVI lors de sa rencontre avec les représentants des communautés musulmanes de Cologne:

 

Chers amis musulmans,

 

C’est pour moi un motif de grande joie de vous accueillir et de vous adresser mon salut cordial. Je suis ici pour rencontrer les jeunes de toutes les parties de l’Europe et du monde. Les jeunes sont l’avenir de l’humanité et l’espérance des nations. Mon bien-aimé prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, disait un jour aux jeunes musulmans réunis dans le stade de Casablanca, au Maroc: «Les jeunes peuvent construire un avenir meilleur s’ils mettent d’abord leur foi en Dieu et s’ils s’engagent à édifier ce monde nouveau selon le plan de Dieu, avec sagesse et confiance» (n. 4: La Documentation catholique 82 [1985], p 943). C’est dans cet esprit que je m’adresse à vous, chers amis musulmans, pour partager avec vous mes espérances et aussi pour vous faire part de mes préoccupations en ces jours particulièrement difficiles de l’histoire de notre temps.

Je suis sûr d’interpréter aussi votre pensée en mettant en évidence, parmi les préoccupations, celle qui naît du constat de l’expansion du phénomène du terrorisme. Des actions terroristes continuent à se produire dans diverses parties du monde, semant mort et destruction, jetant beaucoup de nos frères et sœurs dans les larmes et le désespoir. Ceux qui ont pensé et programmé ces attentats démontrent leur désir de vouloir envenimer nos relations, se servant de tous les moyens, même de la religion, pour s’opposer à tous les efforts de convivialité pacifique, loyale et sereine. Le terrorisme, quelle qu’en soit l’origine, est un choix pervers et cruel, qui bafoue le droit sacro-saint à la vie et qui sape les fondements mêmes de toute convivialité sociale. Si nous réussissons ensemble à extirper de nos cœurs le sentiment de rancœur, à nous opposer à toute forme d’intolérance et à toute manifestation de violence, nous freinerons la vague du fanatisme cruel qui met en danger la vie de nombreuses personnes, faisant obstacle à la progression de la paix dans le monde. La tâche est ardue, mais elle n’est pas impossible. Le croyant sait en effet qu’il peut compter, malgré sa fragilité, sur la force spirituelle de la prière.

Chers amis, je suis profondément convaincu que nous devons proclamer, sans céder aux pressions négatives du moment, les valeurs de respect réciproque, de solidarité et de paix. La vie de tout être humain est sacrée, que ce soit pour les chrétiens ou pour les musulmans. Nous avons un grand champ d’action dans lequel nous nous sentons unis pour le service des valeurs morales fondamentales. La dignité de la personne et la défense des droits qui découlent de cette dignité doivent être le but de tout projet social et de tout effort mis en œuvre dans ce sens. Il s’agit d’un message rappelé sans équivoque par la voix ténue, mais claire, de la conscience. Il s’agit d’un message qu’il faut écouter et faire écouter: si l’écho s’en éteignait dans les cœurs, le monde serait exposé aux ténèbres d’une nouvelle barbarie. C’est uniquement sur la reconnaissance du caractère central de la personne que l’on peut trouver un terrain commun d’entente, dépassant les éventuelles oppositions culturelles et neutralisant la force explosive des idéologies.

Dans la rencontre que j’ai eue au mois d’avril avec les Délégués des Églises et Communautés ecclésiales, et avec les représentants des diverses Traditions religieuses, j’ai déclaré: «Je vous assure que l’Église souhaite continuer d’établir des ponts d’amitié avec les membres de toutes les religions, dans la recherche du bien véritable de toute personne et de la société dans son ensemble» (La Documentation catholique, 102 [2005], p. 550). L’expérience du passé nous enseigne que le respect mutuel et la compréhension n’ont pas toujours marqué les relations entre chrétiens et musulmans. Combien de pages de l’histoire évoquent les batailles et aussi les guerres qui se sont produites, en invoquant, de part et d’autre, le nom de Dieu, en laissant presque penser que combattre l’ennemi et tuer l’adversaire pouvaient lui être agréables. Le souvenir de ces tristes événements devrait nous remplir de honte, connaissant bien les atrocités qui ont été commises au nom de la religion. Les leçons du passé doivent nous servir à éviter de répéter les mêmes erreurs. Nous voulons rechercher les voies de la réconciliation et apprendre à vivre en respectant chacun l’identité de l’autre. En ce sens, la défense de la liberté religieuse est un impératif constant, et le respect des minorités est un signe indiscutable d’une véritable civilisation.

À ce propos, il est toujours opportun de se rappeler ce que les Pères du Concile Vatican II ont dit concernant les relations avec les musulmans: «L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes, et aux décrets duquel, même s’ils sont cachés, ils s’efforcent de se soumettre de toute leur âme, comme s’est soumis à Dieu Abraham, à qui la foi islamique se réfère volontiers [...]. Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés sont nées entre chrétiens et musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé, à pratiquer sincèrement la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les biens de la morale, la paix et la liberté» (Déclaration Nostra ætate, n. 3).

Chers amis, vous représentez certaines Communautés musulmanes qui existent dans le pays dans lequel je suis né, dans lequel j’ai étudié et vécu une bonne partie de ma vie. C’est précisément pour cela que j’avais le désir de vous rencontrer. Vous guidez les croyants de l’Islam et vous les éduquez dans la foi musulmane. L’enseignement est le moyen par lequel se communiquent idées et convictions. La parole est la voie royale de l’éducation des esprits. Vous avez donc une grande responsabilité dans la formation des nouvelles générations. Ensemble, chrétiens et musulmans, nous devons faire face aux nombreux défis qui se posent en notre temps. Il n’y a pas de place pour l’apathie, ni pour le désengagement, et encore moins pour la partialité et le sectarisme. Nous ne pouvons pas céder à la peur, ni au pessimisme. Nous devons plutôt cultiver l’optimisme et l’espérance. Le dialogue interreligieux et interculturel entre chrétiens et musulmans ne peut pas se réduire à un choix passager. C’est en effet une nécessité vitale, dont dépend en grande partie notre avenir. Les jeunes, provenant de nombreuses parties du monde, sont ici à Cologne comme des témoins vivants de la solidarité, de la fraternité et de l’amour. Je souhaite de tout mon cœur, chers amis musulmans, que le Dieu miséricordieux et plein de compassion vous protège, vous bénisse et vous éclaire toujours.

Que le Dieu de la paix soutienne nos cœurs, nourrisse notre espérance et guide nos pas sur les chemins du monde !

 

 

Charles de Foucauld, l’Universel béatifié

Le 13 novembre prochain, l’Eglise catholique va déclarer Charles de Foucauld « bienheureux ». Autrement dit, elle lui reconnaît un comportement digne d’être offert en exemple aux chrétiens d’aujourd’hui. Comment faut-il comprendre ce geste concernant une personnalité discutée. Nous publions ici quelques réflexions de Claude Rault, évêque de Laghouat (Sahara-Algérien). Cet article a été publié dans le journal   La Croix du 30/08/2005, p. 22

Il aura fallu bien du temps et des hésitations pour qu'enfin voie le jour cette reconnaissance par l'Église universelle. Serait-ce parce qu'il a trop écrit, ou qu'il a été trop lié à la colonisation ? Cela n'est pas étranger à ces retards. Notre Église d'Algérie n'était pas pressée de voir ce fils de la France coloniale promu « bienheureux ». Il lui fallait prendre du large et se situer « autrement » que comme reliquat et prolongement d'une Église coloniale.

La décennie de violence a été l'occasion de cette mutation, et la manifestation de la volonté de cette Église d'être plus incarnée au coeur du peuple algérien. Elle a mêlé son sang aux victimes du terrorisme, refusant de quitter le pays malgré les menaces des groupes armés et certaines pressions de l'extérieur. A-t-elle acquis, de par cette solidarité têtue, une certaine citoyenneté ? En tout cas, elle se trouve engagée dans une voie nouvelle qu'elle ne pourra réaliser qu'en partenariat avec et au sein du peuple algérien, au nom de sa vocation : exprimer la fraternité universelle au-delà de l'appartenance religieuse et nationale.

Voici notre Église d'Algérie dégagée du carcan post-colonial : la nouvelle vague de ses permanents est d'origine planétaire, des historiens d'Algérie revisitent son histoire antique marquée par le rayonnement de saint Augustin, enfant du pays. Cette Église a moins pignon sur rue que jadis, elle demeure fragilisée par son petit nombre. Mais c'est dans ce contexte qu'elle a pu « ranimer » le processus de béatification sans trop craindre les inévitables retombées autour de la figure complexe de Charles de Foucauld, cet homme aux parcours multiples et aux aspects contrastés, voire déroutants, qui reste une figure très contestée aux yeux de certains.

Paresseux et piètre officier pourtant capable de bravoure, scientifique aventurier travaillant des journées de seize heures pour préparer son exploration au Maroc, élégant vicomte déguisé en juif errant pour les besoins de la cause, revenu à la foi de son enfance par l'exemple de pieux musulmans, missionnaire plein de zèle vivant dans le respect des musulmans, mystique et pratique, ermite à la recherche de relations, Français convaincu devenu proche d'une population qui lui sauva la vie, ami des militaires qu'il lui arrivait de conseiller pour une bonne administration, familier des Touaregs dont il souhaitait l'évolution, devenu expert dans leur langue, rêvant de martyre et assassiné par un jeune gardien pris de panique... Quels contrastes ! Serait-ce trop pour réussir « l'examen de passage » à la sainteté ?

On peut comprendre l'acharnement de certains à déboulonner cette statue à peine édifiée ! Des tenants de la non-violence lui font un procès sans circonstances atténuantes, certains chrétiens prompts à mettre le Sacré-Coeur sur l'oriflamme de la République sont prêts à en faire leur porte-drapeau, et ses disciples les plus fidèles sont parfois gênés de le voir « bienheureux » : leur modestie n'en demandait pas tant... Voilà une béatification qui fait bouger beaucoup de monde et provoque bien des émois !

Et si cela nous en disait un peu plus sur la sainteté ? La sainteté est trop vite assimilée à la perfection, aussi sublime soit-elle, même à notre échelle humaine. Il n'est de perfection qu'en Dieu. Chez l'homme, elle n'est que la brûlure du désir de se rapprocher de celle de Dieu, non son accomplissement. Elle est une tension, souvent douloureuse vers l'impossible. Elle est de vouloir le plus grand bien de l'autre, sans pouvoir vraiment l'accomplir.

Charles de Foucauld n'était pas un homme « parfait », loin de là. Nous déplorons ses frasques de jeunesse et ses faux pas d'homme mûr, voire de converti. Et s'il avait donné un visage plus humain, voire même plus fragile, à la sainteté ? Il n'a pas tout réussi dans sa vie, même dans ses plus hauts sommets. Il n'a pas toujours su se défaire de ses réflexes militaires, et n'a vu l'avenir du Hoggar et du Sud algérien que dans le giron colonial, fût-il à visage humain. Peut-on lui reprocher d'avoir été de son temps ? À un éminent interlocuteur traitant Charles de Foucauld de « chantre de la colonisation », Mgr Teissier, archevêque d'Alger, répondait : « Non, il a été le chantre de la fraternité universelle dans le contexte de la colonisation. »

Il n'empêche que le fond de l'homme, ses choix radicaux pour le service de Dieu et de son « Bien Aimé Jésus », son souci de rejoindre les plus lointains et les plus pauvres, ses heures passées dans la prière et l'adoration, ses journées à accueillir toute personne en « frère », son errance spirituelle en quête de sa vocation, et tant d'autres aspects de sa personnalité nous le rendent proche et accessible. Enfin un saint à notre portée, même s'il reste... inimitable !

« On reconnaît l'arbre à ses fruits », disait Jésus. Ici, ce sont des familles religieuses d'hommes et des femmes nées de l'intuition profonde de Charles, « petits frères », et « petites soeurs » répandues à travers le monde dans les coins les plus reculés, les milieux les moins fréquentables, les zones urbaines les moins recherchées par l'Église elle-même. Ces enfants spirituels du « frère universel » choisissent en priorité les populations les plus pauvres, les plus abandonnées, les plus éloignées, parfois à la limite du possible. Ce sont aussi des milliers de prêtres et de laïcs qui ont découvert à travers son message une façon de vivre l'Évangile plus au ras du sol, dans le partage fraternel, le souci des plus petits, et l'adoration silencieuse. Ce sont, enfin, tous ceux et celles qui, sans appartenir à sa famille spirituelle ni même à sa religion, ont découvert la grandeur de cette personnalité et sa dimension spirituelle.

Bienheureux Charles, qui à travers ses tâtonnements, sa soif de solitude et de relations, son grand Amour de Dieu et du prochain, montre aujourd'hui encore le chemin de la fraternité universelle ! Il nous invite à sortir de nos frilosités, de nos frontières rassurantes, de notre petit confort spirituel, à relever les nombreux défis qu'il a affrontés sans toujours réussir. À nous de continuer le chemin tracé.

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Voici les fêtes musulmanes qui s’annoncent dans les douze mois à venir. Les dates données doivent être entendues comme susceptibles de fluctuer d’un jour ou deux en fonction de la possibilité de voir la lune dans nos régions

4 octobre 2005

Début Ramadan

 

9 février 2006

Ashoura

(Martyre de Husssein)

30 octobre 2005

Nuit du Destin

(Lailat al-Qadr)

 

11 avril 2006

Naissance de Mohammed

(Mouloud)

3 novembre 2005

Fin du Ramadan

(Aïd al-Fitr)

 

22 août 2006

Ascension Nocturne

(Mi`râj)

10 janvier 2006

Grande Fête (mouton)

(Aïd al-Adha)

 

24 septembre 2006

Début Ramadan

31 janvier 2006

Jour de l’an « 1427 »

1 Muharram

 

24 octobre 2006

Fin du Ramadan

(Aïd al-Fitr)

Ces festivités peuvent fournir aux communautés chrétiennes l’occasion d’envoyer leurs vœux de bonne fête à leurs voisins musulmans surtout s’il se trouve un lieu de culte dans la même localité.  

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-     Institut Catholique de Paris (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 85 – E-mail : recteur@icp.fr www.icp.fr)

        I.S.T.R. (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 85 – E-mail : ier@icp.fr www.icp.fr)

        Certificat d’Aptitude pour la Pastorale du Dialogue Islamo-Chrétien (CPIC)

·       Yvon Le Bastard : « Introduction à l’Islam» - « Etudes de textes et de documents audio-visuels

·       François Bousquet : « Théologie chrétienne des grandes religions ».

·       Henri de la Hougue : « Islam en France » - « Dialogue islamo-chrétien dans l’histoire. Enjeux théologiques ». « Les courants modernistes dans l’Islam »

·       Claude Tassin : « Aspects exégétiques ».

·       Emilio Platti : « Les sources  du militantisme islamique contemporain »

       IER  (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 54 – E-mail : istr@icp.fr www.icp.fr

·       François Jourdan : « Dialogue interreligieux, la rencontre islamo-chrétienne »

 

-     Centre Sèvres (35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris – Tél. 01 44 39 75 06 - E-mail : sjsevres@wanadoo.fr www.centresevres.com)

·       Alain Feuvrier : « Introduction à l’Islam ».

·       Michel Guillaud : « L’Islam en France ».

·       Christian Van Nispen : « Pensée musulmane contemporaine » - « Autorité et référence en Islam »

·       Aziz Hallak : “Théologiens d’Orient en débat avec l’Islam – La relation Dieu-homme selon Jean Damascène et Abu Qurra”.

 

-     Faculté de Théologie de Lyon (25, rue du Plat, 69288 Lyon cedex 02 – Tél. 04 72 32 50 23 – E-mail : theo@univ-catholyon.frwww.univ-catholyon.fr)

·       Michel Younès : « L’Islam dans sa diversité »

 

-     I.S.T.R. de Marseille (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille – Tél. 04 91 50 35 50 – E-mail : istr@cathomed.cef.frwww.cathomed.cef.fr)

·       Roger Michel : « Foi, raison, théologie en Islam »

·       Mehdi Azaiez : « Les figures bibliques dans le Coran

 

-     I.S.T.R. de Toulouse (21, rue de la Fonderie, 31000 Toulouse – Tél. 05 61 36 81 22 – E-mail : istr@ict-toulouse.asso.frwww.ict-toulouse.asso.fr/istr)

·       Marie-Claude Lutrand : “Introduction à la sociologie des religions”, Session : « Manières de vivre l’Islam dans le cadre de la laïcité »

·       Marie-Thérèse Urvoy : « Au sources de la théologie musulmane »

·       Gérard Reynal : Session « Initiation au dialogue interreligieux »

·       Jean-Jacques Rouchi : « Nostra Aetate, sur les relations de l’Eglise avec les autres religions »

 

-     Faculté de Théologie de Lille (60, boulevard Vauban, BP. 109, 59016 Lille cedex – Tél. 03 20 13 41 57 – theo@icl-lille.frwww.icl-lille.fr)

·       Leïla Babès : « L’Islam : une religion politique ? »- « Les religions dans les sociétés modernes » - « Sociologie de la religion, les grandes religions face à la modernité ».

·       Samir Arbache :Cours d’arabe.« l’Islam » - « Dialogue interreligieux »

 

-     Centre Spirituel du Hautmont (31, rue Mirabeau, 59420 Mouvaux – Tél. 03 20 26 09 61 – hautmont@nordnet.fr)

·       Robert Leduc : « Le Coran, première approche »

·       Conférence jeudi 24 novembre 2005 sur « le Dialogue islamo-chrétien » avec le groupe du Hautmont. Une week-end de rencontres entre chrétiens et musulmans pour se rencontrer et partager, du 25 au 26 mars 2006.

 

-     Centre d’Etudes du Saulchoir (20, rue des Tanneries, 75013 Paris – Tél. 01 44 08 07 47 – www.centre-saulchoir.org)

Samedi 3 juin 2006, avec Emilio Platti : « Islam, ennemi par nature ? »

 


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       ë    Charles de Foucauld

Le dimanche 13 novembre 2005, dans la basilique Saint-Pierre de Rome, aura lieu la cérémonie de Béatification de Charles de Foucauld, ainsi que de deux religieuses de congrégations italiennes.

ë    Semaine  de Rencontres Islamo-Chrétiennes (92 bis, rue du Montparnasse, 75014 Paris – Tél. 01 43 35 41 16 – http://www.semaineseric.org)

En France et dans plusieurs pays européens, du 19 au 27 novembre 2005, des rencontres auront lieu durant la semaine.

ë    Rencontre de la DCC

La Délégation Catholique pour la Coopération organise une rencontre les 3 et 4 décembre 2005, au Collège Saint Michel de Picpus, Paris 12ème, sur le thème : « Quel volontariat pour quelles solidarités  ? » Quelle place pour le volontariat aujourd’hui ? Quels enjeux pour la société, pour l’Eglise, au nord et au sud ?Avec des interventions de Béatrice Toulon, Joaquin Ciervide, Guy Aurenche, Odon Vallet, Henri-Jérôme Gagey et Mgr Fitzgerald. Informations sur http://dcc.cef.fr

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&     «Maghrébins de France – De 1960 à nos jours : la naissance d’une communauté »

Mohand KHELLIL, Christian LOCHON, Michel CADE, Abdelkader BENARAB, éditions Privat, 2004.

Sous la direction de Mohand Khellil, historiens et sociologues analysent dans cet ouvrage la notion de maghrébin et le phénomène migratoire ; ils développent l’histoire de l’Islam et son intégration en France. Comment est perçue et vécue, selon les générations, la double appartenance linguistique et culturelle ? Comment les maghrébins de France sont-ils représentés dans la littérature et le cinéma ? Cette communauté est bien vivante. Elle possède une histoire, une culture et une sociologie complexes et passionnantes.

 

&     «Le politique et le religieux dans le champ islamique»

Mohamed-Chérif FERJANI, éditions Fayard, Paris, 2005, 353 pp., 20 €

Auteur d’une thèse sur les droits de l’homme en Islam (L’Harmattan, 1992), M. Ferjani a aussi publié un ouvrage destiné aux éducateurs qui doivent enseigner le fait religieux et cherchent une “approche laïque des faits islamiques” (Cerf, 1996). Poussant plus loin son étude de l’histoire du monde musulman, il nous offre ici un livre très fouillé sur la conjugaison du politique et du religieux en Islam. Un minimum de connaissance de l’Histoire permet de mieux saisir la force de l’argumentation qui réfute, à la fois, le bluff des islamistes et le simplisme d’une lecture occidentale trop souvent essentialiste.

 

&     «Droit et religion musulmane»

Chems-eddine HAFIZ & Gilles DEVERS, éditions Dalloz, Paris, 2005, 320 pp., 18 €.

Le présent ouvrage, écrit par deux avocats, fait l’histoire de la loi de 1905 puis détaille l’état de la jurisprudence actuelle sur les questions de détail: les associations et leur fiscalité, les lieux de culte et leur personnel, les rites alimentaires et la question de l’abattage des animaux pour les fêtes ou la viande dite “halal”, les aumôneries et les funérailles. Une dernière section traite de la vie sociale: l’enseignement, ses structures et ses élèves, le salariat et la lutte contre les discriminations, la fonction publique, la citoyenneté et les naturalisations, la vie familiale et les soins hospitaliers, ainsi que quelques éléments de droit pénal.

 

&     «Histoire de la pensée en terre d’Islam»

Miguel CRUZ HERNANDEZ, éditions Desjonquères, Paris, 951 pp., 70 €.

Cette immense somme privilégie la philosophie dans l’histoire de la pensée islamique. Par contre, les sciences religieuses si chères aux hommes de religion en Islam restent presque absentes. Enfin, le traitement du réveil de la pensée islamique à notre époque décevra par sa brièveté et une certaine confusion dans l’analyse. Un titre différent : histoire de la philosophie, aurait sans doute été préférable.   

 

&     «La politisation du voile en France, en Europe et dans le monde arabe»

Sous la direction de Françoise Lorcerie, avec des spécialistes du monde arabe et turc et de l’islam en Europe, éditions L’Harmattan, Paris, 2005, 263 pp., 23,20 €

Françoise Lorcerie, politologue, est chargée de recherches à l’IREMAM/CNRS (Aix-en-Provence)

Ce livre n’a pas pour but de traiter du voile islamique en tant que pratique vestimentaire, mais d’analyser  ‘l’affaire du voile’ en tant qu’entreprise politique en France (1ère partie) avec ses répercussions à l’étranger [Belgique, Allemagne, Tunisie, Algérie, Maroc, Turquie, Pays musulmans du Sud] (2ème partie).

Il s’agit de découvrir les acteurs de la « politisation du voile », leur argumentaire, les enjeux, de préciser les ressorts psycho-sociaux, la chronologie, le rôle du battage médiatique : tout cela pour aboutir à la loi et au règlement qui limitent la liberté d’expression religieuse dans les écoles publiques, en dépit de l’opposition des grandes associations de défense de la laïcité, des Eglises, des principaux cadres de l’Education Nationale, de la majorité des syndicats, ainsi que des organistions islamiques.

 

&     « Islamicités »

Jocelyne DAKHLIA, éditions Puf, Paris, 2005, 161 pp., 21 €.

L’auteur enseigne à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales de Paris (E.H.E.S.S.). Devant une opinion publique qui juge l’islam incompatible avec les valeurs de l’Europe démocratique, elle rappelle la diversité inhérente à la société européenne et la diversité tout aussi présente dans le monde de l’islam et nous pousse à nous interroger sur la raison de nos clichés simplificateurs.

 

&     «Petit traité de la rencontre et du dialogue.»

Pierre CLAVERIE, éditions Cerf, Paris, 2004, 166 pp., 17 €.

Ce petit livre, paru 8 ans après la mort tragique de Pierre Claverie, évêque à Oran, aidera la réflexion et la pratique de ses lecteurs d’aujourd’hui. En effet, la rencontre dans le dialogue est fondamentale dans nos sociétés pluriculturelles.

A partir de son expérience de chrétien vivant en pays musulman, Pierre Claverie aide ses interlocuteurs à bien assumer les différences, à vivre la relation, à dialoguer, à savoir ouvrir les yeux, les portes, pour se mettre en communication.  Pour lui, “il n’y aura rencontre, coexistence, dialogue, amitié que sur la base d’une différence reconnue, acceptée. Aimer l’autre dans sa différence est la seule possibilité d’aimer” Pour Pierre, le texte des Béatitudes est comme la loi de la rencontre, dont la foi, la prière, la vie ecclésiale et la vie religieuse sont comme autant de mises en pratique.

 

&     « Fêtes et prières des grandes religions »

Pierre CUPERLY, éditions l’Atelier, Paris, 2005, 173 pp., 20 €.

Dans la veine de son précédent ouvrage sur “Les prières des fils d’Abraham” (Cerf, 1992), l’auteur offre un recueil de prières mais en les regroupant par thèmes (les fêtes principales juives, chrétiennes ou musulmanes ainsi que les étapes de la vie: initiation, mariage, funérailles). Chaque prière est présentée et commentée en fonction de son contexte liturgique. 

 

&         « L’islam imaginaire – La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 »

Thomas DELTOMBE, éditions La Découverte, Paris, 2005, 383 pp., 22 €.

Méthodiquement, l’auteur a examiné les journaux télévisés des diverses chaines de télévision depuis 30 ans ainsi que les “émissions spéciales”. Il démonte ainsi la façon dont le regard du public est amené à recomposer une réalité foisonnante pour s’en donner une image simpliste qui corresponde à ses peurs et ses préoccupations identitaires.

 

&     « Faut-il faire taire Tariq Ramadan ? »

Aziz ZEMOURI, éditions l’Archipel, Paris, 2005, 383 pp., 19,95 €.

Après une présentation du personnage, l’auteur nous offre un long interview où il fait parler T. Ramadan sur les sujets les plus divers, y compris “ceux qui fâchent”. En annexe sont reproduits des articles écrits par T. Ramadan au fil des années et des événements.

 

&     « La nouveauté chrétienne dans la société française – Espoirs et combats d’un évêque »

Mgr Claude DAGENS, éditions Cerf, Paris, 2005, 218 pp., 19 €.

Réflexion d’un évêque sur la place du croyant dans la société actuelle marquée par la sécularisation et par le pluralisme religieux. Les croyants sont invités à choisir entre “le choc des civilisations ou la civilisation de la coexistence”. Pour mieux comprendre le positionnement des chrétiens face aux problèmes de notre société.

 

&     « Sur la piste des religions – Les religions face aux questions de la vie » (2 ouvrages pour la classe de 4è)

J. BOYER, P. COLLE, J. HERVEAU, L. KLEIN, M. LABIDI-MAIZA, éditions de l’Atelier, Paris, 2005, 128 pp. pour le manuel du jeune ; 96 pp. pour le guide pédagogique.

Une découverte des religions en abordants neuf sujets : l’environnement, le corps, l’autre, la souffrance, le bonheur, l’argent, l’autorité, la violence. Ouvrage de culture religieuse pour les adolescents.

 

&     «Les grandes religions»

Sous la direction de Xavier DUFOUR, Collection “Les chemins de la foi”,  volume n° 3, éditions Cerf, Paris, 2005, 205 pp.

Les deux premiers volumes ont été publiés en 2002 et 2004. Dans ce volume 3, il est proposé une découverte des grandes religions, judaïsme, islam, hindouisme, bouddhisme, et des nouvelles religiosités. L’auteur explore la siginification profonde de chaque tradition, sa vision du divin, du cosmos, de l’homme et de sa destinée. Par des textes de prières et une riche iconographie artistique, il s’emploie à manifester ce que chaque tradition porte de plus haut.

 

I N I T I A T I V E S

*   «Tradition des Sept Dormants»

       Les 24-25 juillet 2005, au Vieux Marché (Côtes d’Armor), en Bretagne, a été célébré le 51ème anniversaire du pèlerinage islamo-chrétien. Depuis 1954, sous l’impulsion de Louis Massignon, chrétiens et musulmans se retrouvent au Vieux Marché. Une exposition « Traces », un repère pour les traces laissées par l’Islam dans le sud de la France au VIIIème siècle. Samedi, le colloque sur le thème « En cette année du centenaire des lois de 1905, comment vivez-vous votre foi, qu’elle soit musulmane, chrétienne ou autre, dans une France laïque ? Quels chemins de rencontre tracer ? » . Les intervenants, Hamid Tahiri, scientifique à l’université de Rennes, sur son expérience de rencontres avec des chrétiens ; Gérard Prémel, athée, sur « l’histoire de la laïcité et sur Islam et hospitalité » ; Gérard Epiard, prêtre catholique de Nantes, sur la laïcité, telle que la comprend l’Eglise catholique » ont été très intéressants ainsi que les débats qui s’en suivirent. Le Pardon était placé sous la présidence de Gérard Epiard. Grand messe le dimanche matin suivie de la lecture psalmodiée de la Sourate 18, à la Fontaine. Ce week-end fut un temps fort pour les quelques 300 participants.

*   «Islam, médias et opinion publique»

Un colloque sur « Islam, médias et opinion publique – déconstruire le ‘choc des civilisations’ » s’est tenu le 1er juillet 2005 à la Maison de l’Unesco, à Paris. Ce colloque était organisé par la Commission Islam et Laïcité, la Ligue des droits de l’homme, Le Monde diplomatique, la Ligue de l’enseignement, en collaboration avec l’Unesco et la commission française pour l’Unesco. Diverses interventions : « Mythes et réalités de la lutte contre les Turcs aux XVIe et XVIIème siècles », par Géraud Poumarède ; « L’image des musulmans en France à travers les sondages », par Stéphane Rozès ; « Islam, terrorisme et visions sécuritaires », par Laurent Bonelli ; « De la tolérance au rejet, l’exemple des Pays-Bas », par Marie-Claire Cécilia ; « Pourquoi la Turquie fait-elle peur à l’Europe ? », par Didier Billion ; « Regards croisés : l’Islam vu des Etats-Unis, l’Occident vu du monde musulman », par Emran Qureshi ; « L’image des musulmans à travers les deux chaînes de télévision, TF1 et France 2 », par Thomas Deltombe ; « L’image des musulmans en Grande-Bretagne », par Yasmin Alibhai-Brown.

  *   «19ème rencontre « Hommes et Religions » organisée par Sant’Egidio»

Lyon, 11-13 septembre 2005 : Plus de 300 représentants de différentes religions se sont réunis à Lyon pour échanger devant une nombreuse assistance sur le thème de la Paix. A la fin du rassemblement, les participants ont adressé au monde un « appel pour la paix » : C’est au nom de la paix que nous nous adressons à nos coreligionnaires, aux hommes et aux femmes de bonne volonté, à tous ceux qui croient encore que la violence améliore le monde. Et nous disons : il est temps que finisse l’usage de la violence ! La vie humaine est sacrée. La violence humilie les hommes et discrédite la cause de celui qui l’utilise. Le monde est fatigué de vivre dans la peur. Les religions ne veulent pas de la violence, de la guerre, du terrorisme. Nous le disons avec force à tous les hommes ! 

La paix est le nom de Dieu. Dieu ne veut pas l’élimination de l’autre. Dieu éprouve de la compassion pour ceux qui souffrent sous les coups de la violence, du terrorisme, de la guerre. Celui qui se sert du nom de Dieu pour affirmer un intérêt partisan ou pour légitimer la violence, avilit la religion. Aucune guerre n’est jamais sainte. L’humanité ne s’améliore pas avec la violence et la terreur

A Lyon, nous avons vécu un dialogue franc, éclairé par l’esprit religieux de la prière. Nous avons dialogué entre représentants des différentes communautés religieuses et avec les humanistes de notre temps. Ont émergé les différences profondes entre religions et cultures. Le monde, bien que globalisé, n’est pas devenu uniforme. Mais il est devenu clair qu’il y a un destin unique. Il est temps de travailler ensemble avec courage pour un humanisme capable de construire la paix entre les peuples et les individus. L’objectif n’est pas l’affirmation de l’un ou de l’autre, mais de réaliser une civilisation dans laquelle on vit ensemble. L’art du dialogue est la voie patiente pour construire cette civilisation du vivre ensemble.



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2   « Se Comprendre », (7, rue du Planit, 69110 Ste Foy-lès-Lyon - Tél. 04 78 59 20 42 - www.comprendre.org).

N°05/06 – Juin-juillet 2005 : « L’urgence de la fraternité – quand l’étranger frappe à nos portes »  par Jean-Luc Brunin,  16 pp.. N°05/07 – Août-septembre 2005 : « De Jean-Paul II à Benoît XVI une nouvelle phasedans le dialogue », par H. Ennaifer, Mgr H. Teissier, J. Hubert, Mgr M. Fitzgerald,  16 pp.

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A PETITS PAS

La question de la multiculturalité et de l'interreligieux se pose un peu partout en France. Et lorsqu'on est conscient de sa responsabilité civile ou religieuse on se doit, semble-t-il, d'essayer de répondre à cette situation nouvellement établie dans notre pays, dans notre quartier.

Sans doute c'est quotidiennement et partout que des évènements, des fêtes religieuses, des installations de magasins manifestent cette diversité.

Faut-il laisser se développer le « communautarisme » ou faut-il rêver de rencontres multiculturelles ?

Faut-il refuser la chance d'ouvrir des cœurs à des réalités jamais rencontrées jusqu'à présent ?

D'ailleurs l'urgence de faire quelques pas dans cette ouverture se crée parfois brutalement, compte tenu de l'actualité internationale.

C'est ainsi que sur un quartier de Lyon très bigarré a fait irruption la guerre du Golfe avec toutes les questions soulevées par cet affrontement qualifié lourdement d'une antinomie raciste et antimusulmane selon un certain nombre de médias. Le résultat était une tension palpable entre les communautés.

Que fallait-il faire ?

Avec deux familles musulmanes, une famille juive et trois familles chrétiennes nous avons décidé de relever le défi de la méconnaissance mutuelle qui engendrait la peur et l'enfermement. Nous nous sommes rencontrés avec le simple désir de “partager” notre religion, nos façons de penser, les caractéristiques de nos fêtes et aussi le souci de l'éducation à la Paix : de ce fait ...

C'était il y a maintenant treize ans. Depuis nous avons continué les rencontres ; celles-ci se sont étoffées. Des amis sont arrivés. Des amis sont partis.

Nous sommes intervenus ensemble pour publier des appels à la Paix ou pour alerter l'opinion sur des propositions qui nous paraissaient générer des tensions.

Ensemble nous avons élaboré une « Charte » pour ce groupe de « Fils d'Abraham ». Nous essayons de participer à toutes démarches publiques de rapprochement entre cultures et religions, en particulier concernant le monde juif et le monde musulman. Nous nous sommes mis à la disposition des établissements scolaires qui désirent entendre les monothéistes se présenter ensemble.

Par deux fois, à la fin de l'année scolaire, nous avons réalisé une « itinérance de prière pour la Paix ». Au cours de cet après midi de dimanche nous sommes allés ensemble à la mosquée, à la synagogue, à l'église ou au temple. Dans chaque lieu de culte les tenants de la religion célébrée sur place avaient préparé une prière à laquelle chacun pouvait s'associer. Les enfants portaient des rameaux d'olivier. Après la prière un représentant de chaque religion s'est avancé avec les deux autres et a déposé une rose de couleur complémentaire dans le même vase de fleurs. C'était ou un bouquet composé ensemble de trois fleurs de couleurs différentes ou alors un seul cierge central a été allumé par trois petits cierges portés par un représentant de chaque religion.

La flamme unique éclairée par trois sources parlait d'elle même à ceux qui acceptaient d'y voir un symbole de communion et de prière commune. Et les roses dans leurs couleurs complémentaires parlaient de réciprocité et de louange au même Créateur.

Accédant à la demande de couples interreligieux, des délégués du groupe ont dirigé la prière désirée par des amis à l'occasion de leur mariage en utilisant Bible et Coran. Et ceci a entraîné la réponse fervente de l'assemblée.

Aucun d'entre nous ne pense abandonner son expression religieuse et sa foi au profit d'un syncrétisme préjudiciable à tous. Aucun d'entre nous ne se pense porte parole de la communauté spirituelle dans laquelle il s'exprime habituellement mais il se sait enraciné dans celle-ci.

Chacun se sent libre et enrichi.

Chacun se sent responsable et sans complexe.

C'est un petit pas fait ensemble que nous nous permettons de vous partager pour que là où vous êtes se fassent aussi des petits pas. Croyez en ces petits pas. C'est un peu ce que disait Mère Térésa : « Au lieu de protester contre l'obscurité il vaut mieux allumer le petit lumignon que nous pouvons éclairer là où nous sommes ». Et l'on sait ce que font des milliers et des millions de petits lumignons.

Ils embrasent le monde.

Lyon, le 9 juin 2005
Le groupe des “Fils d’Abraham”

 

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