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LETTRE n° 79 |
S.R.I.
(Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41
- E-Mail : contact@le-sri.com - I.S.S.N. 0996 – 6935
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Début - Editorial - Document - Annonces - Livres - Initiatives - Revues - Vidéo - Témoignage - Abonnement Casser l’engrenageUne fois encore,
nous sommes confrontés à l’enchaînement de la haine et de la violence. Tant
de morts, tant de blessés à Madrid… Des représailles nous dit-on pour tant
d’autres morts et tant d’autres blessés en Irak, en Palestine, en Tchétchénie
ou en Afghanistan… Au lieu d’échanger
des arguments, des revendications, des mots et des idées, on échange des
attentats et des bombes comme si les personnes humaines n’étaient que des
choses, des instruments d’un macabre langage. Et pourtant, chacune de ces
personnes était sacrée, le signe d’une attention particulière et aimante du
Créateur qui connaît le plus petit brin d’herbe… Et maintenant ?
Va-t-on, comme au lendemain des attentats du 9/11/2001, sommer les musulmans –
tous les musulmans – même s’ils n’ont rien à voir avec les événements,
de se défendre, de se disculper, de redire pour la millième fois que
l’islamisme, ce courant radical, politique, n’est pas le véritable islam,
celui en lequel ils croient ? Allons-nous voir se crisper toujours
davantage l’opinion publique européenne ou américaine et se fermer encore
plus douloureusement les milieux musulmans de nos pays ? Ces attentats
vont-ils faire se lever de nouvelles recrues pour le combat armé contre le
terrorisme et… de nouveaux volontaires pour la pose de bombes et pour l’armée
des nouveaux kamikazes ? La violence appelle de nouvelles violences, les
meurtres de nouveaux meurtres… Entrer dans cet engrenage c’est – véritablement
– accepter la victoire de la haine dans nos sociétés. Nous le savons bien,
mais on a tellement peur de tomber dans la naïveté et l’inefficacité quand
on propose de changer de niveau ! Et pourtant ! La véritable lutte
contre le terrorisme est à mener sur un autre plan. Les armes ne suppriment pas
la terreur, elles en causent une autre. L’équilibre de la terreur n’est
plus dissuasif ! Les contrôles et les mesures de précaution, les
investigations et le renseignement sont nécessaires pour protéger les vies
humaines dans l’immédiat, mais tout cela ne supprime pas la menace à long
terme. Plus que jamais,
une analyse lucide s’impose pour découvrir les sources de cette menace. Elle
émane de personnes profondément blessées : au cœur de leur vision du
monde, ils n’ont pas mis Dieu, ni l’appel qu’Il nous lance, mais la
communauté musulmane dont ils pleurent l’humiliation présente et les gloires
passées. Toute nouvelle humiliation est interprétée comme un effet du complot
mondial dont cette communauté serait la victime. Le Coran, ses commentaires, le
Droit islamique, tout est alors utilisé au service de ce sentiment
d’injustice et pour justifier une interprétation militante et militaire du
message coranique. Invoquer la
« barbarie » ou mettre en cause une théologie faussée ne va pas au
fond des choses. Il faut encore expliquer pourquoi, de toutes les approches théologiques
possibles en islam certains choisissent la plus violente et la plus haineuse.
Ici, comme ailleurs, chacun choisit dans son héritage religieux ces éléments
qui lui semblent le plus en consonance avec ce qu’il vit. Les agents
recruteurs le savent bien : il faut d’abord réveiller chez les jeunes ce
sentiment d’indignation et de ressentiment. C’est logiquement que certains
versets guerriers viennent alors lui donner une confirmation divine. Le combat
devient sacré. La véritable lutte
qui pourrait casser l’engrenage nous demande de nous mobiliser ensemble, chrétiens
et musulmans, pour changer nos mentalités : combattre, en nous-mêmes
d’abord, notre tendance à ressasser nos rancoeurs et à mariner dans nos
haines collectives. Lutter ensuite contre toute cause d’humiliation chez nos
frères humains (car il n’y a pas que des musulmans ou des chrétiens à se
sentir meurtris, exclus ou humiliés, loin s’en faut !) Lutter contre le
terrorisme, c’est d’abord lutter contre toutes les injustices, nous démener
pour un monde plus fraternel.Nous n’avons pas besoin d’aller très loin pour
découvrir combien ce genre de « combat » est nécessaire. Chrétiens,
notre effort de Carême nous invite à plus de solidarité avec ceux qui sont près
et ceux qui sont loin. Et si c’était là qu’il nous fallait, sans tarder,
mener notre lutte contre l’engrenage de la violence ? J.M. Gaudeul |
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LAÏCISME,
NON ! LAÏCITE, OUI !
Laïcisme,
non !, laïcité, oui !, sans "remise en cause" des prérogatives de
l’État, affirme Jean-Paul II qui aborde la question de la participation des
chrétiens à la vie publique et de la présence visible de l’Eglise en
France, c’est à dire de la liberté religieuse et de la liberté de
conscience, dans ce 9ème et
dernier message de Jean-Paul II aux évêques de France dans le cadre de leurs
visites ad limina.
"La participation des chrétiens à la vie publique, la présence
visible de l’Église catholique et des autres confessions religieuses ne
remettent nullement en cause le principe de la laïcité, ni les prérogatives
de l’État", affirme Jean-Paul II.
"Chercher à évacuer du champ social cette dimension importante
de la vie des personnes et des peuples, ainsi que les signes qui la
manifestent, serait contraire à une liberté bien comprise, insiste le pape.
La liberté de culte ne peut se concevoir sans la liberté de pratiquer
individuellement et collectivement sa religion, ni sans la liberté de l’Église".
"La religion ne peut pas être uniquement cantonnée dans la sphère
du privé, au risque de nier tout ce qu’elle a de collectif dans sa vie
propre et dans les actions sociales et caritatives qu’elle mène au sein même
de la société envers toutes les personnes, sans distinction de croyances
philosophiques ou religieuses", fait observer Jean-Paul II.
"Tout chrétien ou tout adepte d’une religion a le droit, dans
la mesure où cela ne remet pas en cause la sécurité et la légitime autorité
de l’État, d’être respecté dans ses convictions et dans ses pratiques,
au nom de la liberté religieuse, qui est un des aspects fondamentaux de la
liberté de conscience (cf. Déclaration sur la liberté religieuse, nn.
2-3)", rappelle le pape.
Pour éviter le "communautarisme", Jean-Paul II recommande
l’enseignement, à l’école, du fait religieux et de l’histoire européenne
: "Il importe, dit-il, que les jeunes puissent saisir la portée de la démarche
religieuse dans l’existence personnelle et dans la vie sociale, qu’ils
aient connaissance des traditions religieuses qu’ils rencontrent et qu’ils
puissent lire avec bienveillance les symboles religieux et reconnaître les
racines chrétiennes des cultures et de l’histoire européennes. Cela
conduit à une reconnaissance respectueuse de l’autre et de ses croyances,
à un dialogue positif, à un dépassement des communautarismes et à une
meilleure entente sociale".
Jean-Paul II encourage l’attention des pasteurs aux relations avec
l’Islam. " Votre pays comporte une forte présence de musulmans avec
lesquels, constate le pape, par l’intermédiaire des responsables ou des
communautés locales, vous vous attachez à entretenir de bonnes relations et
à promouvoir le dialogue interreligieux, qui est, comme j’ai eu
l’occasion de le dire, un dialogue de la vie".
Il met cependant en garde contre le "relativisme": "Un
tel dialogue, insiste le pape, doit aussi raviver chez les chrétiens la
conscience de leur foi et leur attachement à l’Église, car toute forme de
relativisme ne pourrait que nuire gravement aux relations entre les
religions".
Le pape ajoute : "Il vous revient de poursuivre et
d’intensifier, peut-être dans certains cas de manière plus
institutionnelle, les relations avec l’Autorité civile et avec les différentes
catégories d’élus de votre pays, dans les Parlements nationaux et européen,
notamment avec les parlementaires catholiques, et avec les Institutions
internationales." (Cité du Vatican, vendredi 27 février 2004, Zénit.org). |
DECLARATION COMMUNELa
Commission mixte du Comité permanent d’Al-Azhar pour le Dialogue avec les
religions monothéistes et du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux
s’est réunie au Vatican les 24 et 25 février. La Déclaration commune
annuelle a été signée par Cheikh Al-Zafzaf, président du Comité d’Al-Azhar,
et Mgr Michael Fitzgerald, président du Conseil Pontifical.
Elle signale la présentation de deux documents traitant du thème de la
Rencontre 2004, « Le refus de la généralisation et l’importance de l’auto-critique »,
réalisé par Mr Youssef Kamal El-Hage, professeur à l’université Notre-Dame
de Louaizeh (Liban) pour la partie catholique et par Cheikh Fawzi Al-Zafzaf pour
la partie musulmane.
« Les membres de la Commission mixte ont abordé ces deux textes et
constaté une identité de vue entre christianisme et islam dans le rejet de la
généralisation en matière de jugement des personnes. Là où est commis ce péché,
individuel comme collectif, seul l’individu ou la collectivité peuvent être
tenus responsables. Les deux religions avancent l’auto-critique, individuelle
comme collective, l’examen de conscience et la requête de pardon comme
attitude exemplaire pour autrui ».
La Commission mixte demande en outre que l’on « évite les généralisations
dans le jugement des autres et que l’on ne rende responsables que les auteurs
de transgressions, sans impliquer les innocents dans les fautes d’autrui. Il réclame
aussi de pratiquer l’examen de conscience et la reconnaissance de culpabilité
comme moyen pour rentrer dans le bon chemin ».
La Déclaration commune s’achève en réaffirmant que « le but du
Comité mixte est l’universalité de la justice, de la paix et de l’amour
entre tous les êtres humains ». (Vatican, 8 mars 2004). |
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ë
Rencontre islamo-chrétienne
(Abbaye
Notre-Dame d’Aiguebelle, 26230 Montjoyer – T. 04 75 08 64 70)
Lundi 24 mai 2004 à 19 h, en mémoire des sept Frères
de Tibhirine, une rencontre de musulmans et de chrétiens de la Drôme sur
« La spiritualité de la rencontre » avec Mgr Alphonse Georger,
évêque d’Oran (Algérie) et Mr Mehdi Azaiez, chercheur et formateur à
l’ISTR de Marseille, membre de l’OMEP (Observatoire Méditerranée-Europe
pour la Paix).
ë
Session Pontigny (Ecole
pour la Mission – Père Christophe Roucou, BP. 101, 94170 Le Perreux –
T. 01 43 24 79 57 – e-mail : mdf@club-internet.fr)
Une session du 1er au 4 juillet 2004 à
Pontigny (Yonne) sur « Dialogue et vie spirituelle ». En France :
musulmans, bouddhistes, agnostiques… Pourquoi le dialogue ?
ë
Session d’Ergershein
(Renseignements :
Nicole Benoit – T. 03 88 36 86 51 -
e-mail : ni.benoit@voila .fr)
A l’Abbaye cistercienne Notre Dame d’Altbronn, du
lundi 23 août (17h), au vendredi 27 août 2004 (14h), une session qui
s’adresse aux chrétiens en relation avec des musulmans sur « La
femme dans l’Islam », avec Khaïra Khodjaoui, Hamida Palagi,
Maryline Redelsberger. Ce programme n’est pas encore définitif,
d’autres intervenants seront à prévoir.

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& « Chrétiens et musulmans, Frères devant Dieu ?»
Christian
Van NISPEN tot Sevanaer, s.j., collection « Questions Ouvertes »,
éditions de l’Atelier, Paris, 2004, 189 pp., 15 €
« Voici un témoignage remarquable de dialogue islamo-chrétien vécu
concrètement au sein d’un pays musulman » (Mgr Jean-Luc Brunin, évêque
auxiliaire de Lille, dans la préface). L’auteur, jésuite néerlandais, spécialiste
en philosophie arabe et musulmane, vit et travaille en Egypte depuis plus de
quarante ans. Après avoir présenté les étapes de sa découverte de
l’islam et des musulmans, ainsi que son cheminement avec divers groupes
islamo-chrétiens, il situe son expérience dans le contexte historique et
social des rapports entre islam et christianisme, entre musulmans et chrétiens.
Puis il analyse, avec lucidité et réalisme, les conditions de la rencontre
et du dialogue à ses différents niveaux. Le P. Van Nispen insiste sur la présence
de Dieu au cœur de la rencontre : « C’est Dieu qui nous veut
ensemble », écrit-il. Il montre par là que l’islam n’est pas
d’abord une politique, mais fondamentalement et avant tout une religion, une
attitude de foi qui marque toute la vie … comme le christianisme. Ce livre,
sérieux et pourtant facile à lire, peut aider à corriger et dépasser bien
des préjugés et images fausses colportées en Occident, qui sont un obstacle
sur le chemin de la fraternité humaine souhaitée …
&
« L’Islam des interdits »
Anne-Marie DELCAMBRE, éditions Desclée de Brouwer,
Paris, 2003, 145 pp. 14 €.
Vingt trois petits chapitres, à chaque titre,
« L’Islam et la guerre ? » … « L’Islam et les
animaux ? » … etc. L’auteur montre que bons nombres
d’interdits ne sont pas des dérives mais font bien partie de l’islam. Ils
se retrouvent dans le Coran ou dans la tradition la plus établie. Par
exemple, au temps du Prophète on ne permet ni peinture, ni sculpture, ni
musique en Islam. A l’époque actuelle en 2001 les bouddhas de Bamyan furent
détruits après un procès à
Kaboul s’appuyant sur l’exemple du Prophète..
& « Musulmans et citoyens »
Nancy
VENEL, éditions PUF (Presses Universitaires de France), Paris, 2004, 280 pp.
25 €.
Quelles
représentations les jeunes d’origine maghrébine, nés en France et issus
de familles musulmanes se font de leur propre rôle de citoyen ? C’est
l’enjeu de cet ouvrage qui met l’accent sur la diversité des acteurs en
leur donnant directement la parole et en prêtant attention aux multiples façons
dont ils se définissent et envisagent leur participation à la société.
Enquête réalisée sur des personnes entre 18 et 35 ans, nés en France de
deux parents musulmans. L’auteur étudie : les français « pratiquants »,
les « accommodateurs », les « contractants » et les
« néo-communautaires ». L’identité sociale et politique de ces
jeunes n’est pas moins complexe que celle des autres citoyens même si le
rapport à l’islam occupe une place importante.
& « Le dialogue change-t-il la foi ? »
Jean-Marie
PLOUX, collection « Questions Ouvertes », éditions de l’Atelier,
Paris, 2004, 206 pp., 16,50 €
L’auteur
nous présente son ouvrage en trois parties. « Après avoir esquissé
les formes du dialogue, je tenterai d’en dire l’esprit. Ensuite,
j’exposerai ce qu’un chrétien peut recevoir de ceux avec qui il a eu la
chance de pouvoir dialoguer. Enfin je proposerai ma réflexion théologique
qui dira quelle est la portée du dialogue du point de vue de la foi chrétienne ».
L’expérience que ce livre nous partage est marquée de réalisme, car il
n’est pas facile de vivre le dialogue en profondeur. « Un seul Dieu,
plusieurs voies ». Le chrétien est un homme libre mais solidaire, il
partage la responsabilité de la foi pour tous. « Simplicité humaine de
la rencontre, disponibilité à recevoir l’autre et l’Hôte intérieur qui
l’habite ». Tel est le chemin qui nous est ouvert.
& « Tirs croisés – la laïcité à l’épreuve des intégrismes
juif, chrétien et musulman »
Caroline
FOUREST et Fiammetta VENNER, éditions Calmann-Lévy, Paris, 2003, 424 pp.,
21,50 €
Ouvrage
bien dans la ligne du « médiatiquement correct » mais dont les
analyses trop simplistes ne soutiennent pas l’examen. L’état du monde ne
se résume pas à une lutte entre tous les intégrismes, qu’ils soient
« laïcards » ou religieux.
& « Ce voile qui déchire la France »
Fawzia
ZOUARI, éditions Ramsay, Paris, 2004, 261 pp., 17,50 €
L’affaire
du voile revue sous tous les angles. L’auteur cite tous les arguments, pour
ou contre. Elle en montre les limites ou les insuffisances. Le lecteur n’en
retirera aucune solution simpliste, mais une vision plus nuancée d’une
situation plus complexe qu’on ne le croyait.
& « Femmes d’Islam »
Yamina
BENGUIGUI, éditions Albin Michel, Paris, 1996, 186 pp., 13,90 €
Le
titre du livre répond exactement au contenu de l’ouvrage qui nous présente
une galerie de portraits de femmes musulmanes. Elles vivent dans les pays les
plus divers, se réfèrent à leur religion de manières très différentes. A
elles toutes, elles nous révèlent un monde musulman plus complexe qu’on le
dit habituellement et une condition féminine en pleine évolution, ce qui ne
se fait pas sans drames, tiraillements ni souffrances.
& « Coran, mode d’emploi »
Farid
ESACK, éditions Albin Michel, Paris, 2004, 345 pp., 19,50 €
L’auteur
est un imam sud-africain d’origine pakistanaise qui s’est illustré dans
la lutte contre l’apartheid. Il y a puisé la conviction que le message
coranique n’appelle pas à opposer musulmans et non-musulmans mais à un
engagement pour la justice. C’était le sujet de son livre précédent Qur’an,
pluralism and liberation. Cette « théologie musulmane de la libération »
s’appuyait sur une nouvelle exégèse du Coran dont le présent livre nous
offre la réflexion sous-jacente. Un ouvrage à lire pour comprendre les développements
actuels de la pensée islamique.
& « Les nouveaux penseurs de l’islam »
Rachid
BENZINE, éditions Albin Michel, Paris, 2004, 290 pp., 18,50 €
Bien connu pour son engagement dans le dialogue (Cf. le livre co-écrit avec C. Delorme, Nous avons tant de choses à nous dire), l’auteur nous fait part de ses recherches actuelles dans le domaine de la nouvelle théologie qui se développe un peu partout dans le monde musulman et qui offre une issue prometteuse à l’affrontement sanglant entre sécularisme et islamisme politique. Il nous peint ici une galerie de portraits des nouveaux penseurs de cette école que l’on peut qualifier de « moderniste » et qui veut ancrer sa nouveauté et son ouverture au monde moderne dans une fidélité sans faille au message coranique.
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« FRERE LUC – Moine de Tibhirine » Jusqu’au bout de l’Espérance. Dom André Barbeau, Père Abbé d’Aiguebelle, VHS SECAM Couleur, Réf. V605, durée 70 minutes. Production et distribution : Audiovisuel musique évangélisation, 10, rue Henri IV, 69287 Lyon, Cedex 02 (T. 04 78 37 45 99). « Ils étaient sept moines à Tibhirine. Ils ont vécu, ils ont été enlevés et ils sont morts ensemble, en communauté. Ce beau film s’attache à l’un des sept et met en relief un visage et une personnalité uniques : Frère Luc, moine et médecin. Ce film nous révèle peu à peu et non sans émotion, une quête humaine et spirituelle où le don de toute une vie ne s’est pas improvisé au gré des derniers événements, mais était déjà commencé bien avant l’enlèvement et la mort des frères. Le film de Silvère Lang retrace si bien la figure de Frère Luc qu’il donne à rêver d’un jour où, riches de 7 films sur les 7 frères, nous pourrons envisager le message tout aussi unique de la communauté qu’ils formaient et vivaient ensemble ». |
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Nevers
A Nevers voilà
déjà 5 ans que notre petit groupe islamo-chrétien se rencontre régulièrement,
tous les mois et demi environ, tantôt à la Mosquée du Pardon, tantôt à la
Maison du diocèse ou au Temple de l’Eglise Réformée. Ce groupe
d’une dizaine de personnes, au départ cinq musulmans et cinq chrétiens
dont une femme, rassemble le directeur de l’Institut des Sciences Humaines
de Saint-Léger, des membres de la Mosquée, avec l’évêque de Nevers, le
pasteur de l’Eglise Réformée, un prêtre, une religieuse, des laïcs. Ce groupe s’était
donné une première mission : prendre le temps de se connaître, de se
partager notre foi, nos sources, nos pratiques religieuses … Dès la seconde
année ce groupe a senti le besoin de proposer à d’autres, chrétiens et
musulmans, de partager cette expérience en faisant, le 11 mars 2001, un
partage public sur le thème du Pèlerinage qui rassemble près de 80
personnes. De rencontres
en rencontres, nous avons partagé les événements qui concernaient nos
communautés respectives, les consultations pour le C.F.C.M. et bien sûr, les
événements du 11 septembre 2001 à la suite desquelles nous avons organisé
ensemble une soirée commune inter-religieuse (chrétiens, musulmans et juifs)
de prière pour la Paix. C’est en 2002
que nous avons participé à la Semaine du GAIC en suscitant des rencontres
locales de partage islamo-chrétien, dans deux quartiers de Nevers, à Imphy,
La Charité et Cosne, car nous souhaitions élargir notre démarche à
d’autres points du département et du diocèse. En mai 2003,
une seconde journée publique de partage sur le thème : « La
religion et la construction sociale, la solidarité ». La Semaine du
GAIC 2003, pour laquelle nous avions choisi le thème : « Quelle
image nous faisons-nous de l’autre ? » ne nous ayant pas permis
d’approfondir suffisamment ce partage, nous avons décidé de garder cet
objectif pour nos rencontres de cette année et prévoyons d’en faire le
sujet d’une soirée de partage, ouverte à toutes et à tous, le vendredi 18
juin prochain : « Ma vision de l’autre, ce que je crois par
rapport à lui, ce que je dois essayer de vivre vis-à-vis de l’autre ?» Ce 9 mars nous
aurons le chance de rencontrer ensemble Benoît M. Billot, Zuhair Mahmood,
Michel Serfaty, co-auteurs du livre : « Le
moine, l’imam et le rabbin » - Conversations, entretiens, dirigés
par Colette Mesnage, éditions Calmann-Lévy, mai 2002. Jean Baffier (Nevers) VALENCE
Une rencontre-débat
nous était annoncée dans « Eglise de Valence ». Elle a eu lieu
le 28 février dernier, à la Maison des Syndicats à Valence-le-Haut. Mgr
Jean-Luc Brunin, évêque auxiliaire de Lille et Mr Omero Marongiu,
universitaire musulman, nous ont permis d’aborder la question très actuelle
de la présence des chrétiens et des musulmans dans la société laïque en
France. Avec clarté et
compétence, les deux intervenants nous ont aidés à mieux comprendre les
enjeux des débats actuels autour de la place de la vie religieuse dans le
champ de la vie sociale. Musulmans, juifs, chrétiens, bouddhistes, nous
sommes citoyens et le « vivre ensemble » est un défi
incontournable pour tous les croyants qui refusent de voir dans leur religion
une fuite du monde et un repli sur la communauté. La question du
voile islamique est venue au cours de la rencontre. La loi récente sur
l’interdiction des « signes religieux ostensibles » répond-elle
aux vraies questions posées et ne va-t-elle pas au contraire exacerber les
tensions et les peurs ? De nombreux médias
diffusent des informations, des prises de
position, des jugements qui ne permettent pas toujours de comprendre
les multiples aspects de ce voile interdit. Cette
rencontre-débat a été proposée par le Centre islamique de Valence et la
paroisse Notre-Dame des Peuples. Elle a rassemblé et intéressé beaucoup de
monde. Plus de 200 personnes. Les organisateurs avaient prévu une pause qui a
permis des échanges entre les participants ……. (Eglise
de Valence, mars 2004)
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« Se
Comprendre », (7, rue du Planit, 69110
Ste Foy-lès-Lyon ; Tél. 04 78 59 20 42 ; www.comprendre.org).
ë
N°
03/10 - Décembre 2003 : « Jérusalem,
en Toi nos sources ! », par Youakim Moubarac, 16 pp. ë
N°
04/01 - Janvier 2004 : « L’islam réformiste de Tariq Ramadan », par
Dominique Avon, 16 pp. ë
N°
04/02 - Février 2004 : « Eglises
au pays du Maghreb », par la C.E.R.N.A. (Conférence des Eglises de
la Région Nord-Afrique), 16 pp. ë
N°04/03
– Mars 2004 : « Se
rencontrer en Dieu », par Christian Van Nispen, sj., 16 pp. « Chemins
de Dialogue », (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille – T. 04 91 50
35 50 cdd@istr-marseille.cef.fr).
Ce numéro 22 est dédié à Bruno Chenu.
En introduction « Le défi
interreligieux » par Roger Michel. Puis quatre parties : « Jules
Monchanin : une théologie en mission »
avec Ilaria Morali, Françoise Jacquin, Bernadette Truchet et Jacques
Gadille – « Islam … Approches
plurielles. De l’Europe à l’Afrique » avec Maurice Borrmans,
Jean Lambert et Joseph Stamer – « Entre
guerre et paix » avec Paul Bony, Laurent Gédéon et Jean-Marie Glé
– « Etudes et expériences »
avec Pierre Gire, Jacques Gagey et Jean-Marc Aveline. Pour terminer, des repères
bibliographiques de Maurice Pivot. « Islamochristiana »,
(Pontifico Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica – Viale di Trastevere,
89, 00153 Roma, Italia ). N° 29, 2003. Quatre parties : -
« Etudes,
réflections et témoignages» avec Serge de Laugier de Beaurecueil,
John O’Brien, Emna Atallah Soula et Fouad Twal -
« Le
dialogue islamo-chrétien à travers l’histoire »
avec Michaele Penn et Jean-Louis Déclais -
« Dialogue
dans le contexte actuel» avec Emre Öktem et Abdur-Razaq B.
Adesina -
«Rencontres
actuelles entre chrétiens et musulmans »
avec Oddbjorn Leirvik, Luigi Lazzarato et Christian W. Troll. Comme d’habitude, le numéro ajoute une
longue bibliographie et le compte-rendu des événements de l’année écoulée
concernant le dialogue islamo-chrétien. « Mission
de l’Eglise », (5, rue Monsieur, 75343 Paris cedex 07) Le numéro 142, janviers-mars 2004 a pour
thème « Les conflits à justification religieuse et la mission de l’Eglise ».
Après un éditorial de Maurice Pivot, des Témoignages : 1. Conflits à dimension religieuse :
quelles interprétations ? Monde chrétien et monde musulman :
conflit inévitable ? (Jean-Marie Gaudeul). Recrudescence des conflits
religieux en Inde (Guillaume Arotçarena).
2. Les religions, facteurs de conflits ?
(Michele Chiappo). 3. Tuer au nom de Dieu, un blasphème !
(Christian Mellon). 4. Réconciliation, révolution pacifique
(Michel de Gigord). Dans la deuxième partie, des
interventions sur pardon et guérison, éducation des jeunes à la paix,
dialogue interreligieux au service de la paix, de l’énigme du mal au
pardon, (Paul Ricoeur) etc… « La
foi d’un peuple – Mission Ouvrière», (29, place du Marché Saint Honoré,
75001 Paris) Le numéro 139, de décembre 2003,
« Chemins d’Espérance
vers un monde solidaire » donne une place importante au thème
« Chrétiens et Musulmans ». Avec des rencontres, des partages,
des témoignages, la place des jeunes, et « Pour approfondir » un
article de Jean-Marie Gaudeul.
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« Au nom de Dieu, Le Clément, Le Miséricordieux
Elhame est une libanaise
vivant dans le quartier du Mirail depuis cinq ans, participant à la
vie associative du quartier, engagée aux parents d'élèves,
musulmane, à l'origine d'un groupe interreligieux, Mission Ouvrière.
Elle avait dit à Odile, mère de famille. catholique, responsable de
catéchèse, qu'elle aimerait bien faire quelque chose entre chrétiens
et musulmans puisque cette année Noël et le Ramadan se font presque
le même jour. Elle relit son arrivée en France.
La première année de mon arrivée en France, je ne la
comptabilise pas dans ma vie, car c'était une année terne, monotone,
sans amitié donc sans chaleur. Heureusement, j'avais de la famille,
mes enfants, mes frères et leur famille ; mais cela ne me satisfaisait
point, car Dieu dans le saint Coran nous dit «
Nous vous avons créé des peuples et des tribus pour que vous vous
entre-connaissiez », et là, je ne pouvais pas avoir des contacts
avec l'autre « peuple » ni les autres « tribus » ; je me sentais
inutile.
Combien de fois n'avais-je envisagé de repartir chez moi, dans
mon pays d'origine ! Combien de fois ne me suis-je pas sentie étouffée
! Combien de fois n'avais-je demandé au Tout-Puissant de me venir
en aide !
Dieu avait-il entendu mes appels au secours ? Sûrement ! Car
la maison où j'habitais (je le raconte car la façon dont Dieu Tout
Puissant se manifeste quelquefois m'a toujours intriguée), du jour au
lendemain, a été infestée de souris, bêtes que j'ai en horreur :
ce qui m'a poussé à déménager le plus vite possible de cette
maison, située soi-disant dans un quartier agréable, dans une
maison située soi-disant dans un quartier chaud.
Oui, c'est vrai ! C'est un quartier chaud ; chaud d'amitié,
d'amour et de fraternité ; le premier jour de mon arrivée, j'ai
entendu des sons agréables à l'oreille : des cris d'enfants.
Peu de temps après, à l'école de mon fils, une gentille dame,
Odile, m'accoste et me demande si je peux assister à leur rencontre
des femmes, et tout simplement les choses allaient de mieux en mieux
pour moi ; une rencontre par ci, une amitié ou une fraternité par là
; je me sentais revivre, c'est mon milieu de vie.
Mais cela ne me suffisait point ; je sentais de la méfiance de
la part de l' « autre tribu » à notre égard comme je voyais
l'hostilité de « ma tribu » à leur égard ; je ne comprenais pas
l'attitude des uns et des autres, moi qui viens d'un pays, en
guerre, c'est vrai, mais où nous vivons tous en harmonie :
musulmans, chrétiens et les dix-huit autres communautés.
Etait-ce tout ce que j'avais envie de vivre, seulement vivre
l'amitié. ou bien créer l'amitié, semer la fraternité ? Je réfléchissais
souvent au verset coranique et au sens de «entre-connaissiez
».
Dieu a voulu me récompenser peut-être pour quelque chose,
ou tester ma sincérité ; une nouvelle lumière éclaira mon horizon
pour donner un sens à ma vie.
Cette année-là, la fête musulmane du Ramadan et la fête chrétienne
de Noël tombaient à un jour d'intervalle, nous les avons fêtées
avec les enfants des deux communautés ensemble ; j'étais agréablement
surprise de voir participer le père François André, humble, passant
le micro aux enfants, participant au concours, ou ajustant avec nous
une table. C'était la plus belle fête de ma vie, honnêtement.
Cette fête a fait naître d'autres rencontres, plus
enrichissantes les unes que les autres ; ce n'est plus une amitié qui
nous lie, c'est une fraternité, simplement. Lorsque j'entends une
personne qui parle mal d'un chrétien quelconque, je me sens concernée,
désappointée, et Dieu m'aide à défendre Sa cause en défendant
mon frère en humanité.
D'autre part, je me sens réconfortée lorsque je vis un
malheur, et Dieu sait combien nous en avons, et j'entends mes frères
et sœurs chrétiens m'encourager ; je sens, même si je ne le sais
pas, qu'ils nous défendent comme nous les défendons, pour pouvoir
vivre ensemble, en harmonie ; à chaque rencontre, nous sortons plus
solidaires, plus prêts à affronter cette vie qui perd de plus en
plus ses valeurs pour les remplacer par des futilités ; à chaque
rencontre, je suis déjà impatiente qu'arrive la prochaine.
Je suis vraiment comblée : ma vie a un sens ; le Hadith
(parole de notre prophète Mohammad) prend son vrai sens : «
l'exemple des croyants est comme le seul corps : si un membre du corps
est malade, les autres membres s'entrappellent pour le soutenir et prévenir
le corps par une fièvre ardente ; c'est une miséricorde et une
fraternité entre eux » ". Elhame
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