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LETTRE n° 77
Octobre 2003

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail  :
contact@le-sri.com  -  I.S.S.N. 0996 – 6935

PEURS et EPOUVANTAILS

Après la grande coupure de l’été, nous voici à la veille d’une nouvelle année de travail, c’est-à-dire, pour nous, d’une nouvelle période d’effort pour aider les membres de nos différentes communautés à se rencontrer et à bâtir ensemble un nouveau mode de vie en société. C’est pourquoi, notre attention, une fois encore, se porte sur les heurs et malheurs de notre vie commune.

On peut noter, parmi les événements récents, la disparition de cette brassée de sites Internet qui distillaient la haine et le mépris de l’autre et dont l’animateur principal (français) a finalement été arrêté en Russie où il se cachait. Mais ce dénouement ne change pas l’essentiel : pourquoi cette haine ? Pourquoi se trouve-t-il des gens assez motivés pour écrire ce genre de littérature et tant d’autres pour s’en repaître ? Entre ces invectives « islamophobes » et celles d’el-Qaïda, la symétrie est frappante.

Pour la propagande islamiste, il s’agit de défendre l’islam contre le « complot des sionistes et des croisés, contre un Occident menaçant et impérialiste qui cherche à détruire l’islam et l’âme des pays musulmans ». Pour les islamophobes de ces sites heureusement disparus, il fallait « défendre l’Occident, son identité judéo-chrétienne contre l’invasion des nouveaux barbares dont le fanatisme islamiste cherchait à miner les fondements de la civilisation ».

Le fait que dans un cas comme dans l’autre, ceux d’en face soient représentés comme un danger nous donne sans doute l’explication la plus probable de ce déchaînement de haine. Ce n’est pas la haine qui est première, mais la peur.

Tous, tant que nous sommes, de quelque pays ou de quelque religion que nous nous sentions membres, nous sommes emportés dans une évolution de plus en plus rapide qui change nos structures sociales ou mentales, nos repères et nos habitudes. Nous ne savons pas où nous allons aboutir, mais nous ne pouvons pas y échapper et cela nous fait peur. Bien que le changement nous habite et fasse partie de nous, nous avons tendance à chercher ailleurs des responsables de la situation : « si l’Europe change, c’est la faute aux américains… ou aux immigrés… ou aux musulmans !... si toutes les sociétés du monde évoluent, c’est la faute à l’Occident, aux américains… aux Européens… » Derrière « l’autre » nous cherchons la cause de tout ce qui nous fait devenir « autres ». Derrière l’autre nous ne regardons plus qu’un épouvantail. Pour les uns, cet épouvantail, c’est, derrière le musulman, l’islam que l’on décrit comme « guerrier, conquérant, intolérant, archaïque » et dont on ne veut voir que la version médiévale. Pour les autres, derrière l’occidental, se dresse un autre épouvantail : « le colonialiste, le croisé, l’Inquisition ». Ces épouvantails ne nous renseignent pas sur l’identité réelle de ceux que nous rencontrons, mais ils en disent long sur nos peurs secrètes.

Tant que nous n’aurons pas fait face à notre peur, nos épouvantails imaginaires continueront à nous masquer la vraie personnalité de l’autre. Mais pour calmer cette peur, chrétiens ou musulmans, il nous faudra recevoir de Dieu lui-même qui est notre Paix (salâm), l’assurance qu’Il est bien au contrôle de l’histoire du monde (cf. Coran 4,85) et que « rien ne peut nous séparer de son amour » (Rm 8,39). 

J.M. Gaudeul
Secrétariat pour les Relations avec l’Islam
 

« Déclaration des Patriarches et Chefs d’Eglises de Jérusalem
concernant le mur de séparation »

(traduit de l’anglais par Manfred-C. Stricker)


         
J
érusalem, le 26 août 2003 – Nous, chefs des églises de Jérusalem, affirmons que nous sommes déterminés à faire tout ce que nous pouvons pour lutter pour la paix en terre sainte – une paix qui concerne le bonheur de tout habitant de ce pays, Israélien ou Palestinien, pour leur assurer la sécurité, la justice, la liberté, l’indépendance et la dignité personnelle.

Que personne ne doute de l’horreur que nous éprouvons pour la violence, de qui qu’elle vienne. La paix ne sera établie que si toute violence est extirpée des deux côtés. Si la présente « feuille de route » doit apporter des résultats positifs, nous estimons que le mur de séparation constitue un grave obstacle. Pour les deux nations, le mur procurera un sentiment d’isolement. En plus, pour beaucoup de Palestiniens il entraîne la privation de terre (environ 10 % de plus que celle de l’occupation de 1967), de moyens d’existence, de vie collective et de vie de famille. L’occupation est la cause fondamentale du conflit et des souffrances continuelles en terre sainte.

          Prenons l’exemple de l’effet sur les chrétiens du mur de séparation devant encercler Bethléem, lieu de naissance de Jésus-Christ, prince de la paix. Les effets seront dévastateurs pour la communauté chrétienne ; l’effet psychologique sur la vie quotidienne ne sera pas le moindre. La communauté sera isolée par privation d’accès à la terre et de la liberté de mouvement. La visite de pèlerins sera encore plus découragée. Nous en appelons aux deux autorités, israélienne et palestinienne et à tous les hommes aimant la paix sur toute la terre (nous allons prendre un contact urgent avec leurs chefs, à la fois politiques et religieux), pour un effort de supprimer cet obstacle à une paix compréhensible et durable.

Déclaration signée par :

Mgr Michel Sabbah, Patriarche Latin de Jérusalem

Torkom II, Patriarche Orthodoxe Apostolique Arménien de Jérusalem

Frère Giovanni Battistelli, o.f.m., Custade de Terre Sainte

Mgr Anba Abraham, Archevêque Orthodoxe Copte de Jérusalem

Mgr Swerios Malki Murad, Archevêque Orthodoxe Syrien de Jérusalem

Mgr Abba Cuostos, Archevêque Orthodoxe Etiopien de Jérusalem

Mgr Riah Abu El-Assal, Evêque Anglican de Jérusalem

Mgr Munir A. Younan, Evêque Evangélique Luthérien de Jérusalem

Mgr Archimandrite Mtanious Haddad, Patriarche Exarch Catholique Grec de Jérusalem

Mgr Butros Malki, Evêque Catholique Syrien de Jérusalem.  



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Semaine de rencontres islamo-chrétiennes 2003 (G.A.I.C.)

 Pour la troisième année consécutive, à l’initiative du GAIC, du 11 au 19 octobre, des chrétiens et des musulmans se découvrent dans le respect de leur identité culturelle et religieuse et apprennent à dépasser les clichés et les préjugés qui les habitent.  
Contact
 : SERIC : 92 bis, boulevard du Montparnasse, 75014 Paris (T. 01 43 35 41 16)
E-mail : sericf@wanadoo.fr, - Site: http : // site.voilà.fr : Seric 2003
   

& « L’enseignement du fait religieux à l’école»

Actes du séminaire national interdisciplinaire organisé à Paris les 5, 6 et 7 novembre 2002. Centre régional de la documentation pédagogique de l’académie de Versailles (584 rue de Fourny, ZI, BP 326, 78533   BUC  Cedex), Collection « Les actes de la DESCO »

Le centre régional de la documentation pédagogique de l’académie de Versailles vient de publier les actes d’un séminaire national interdisciplinaire portant sur l’enseignement du fait religieux organisé par M. Régis Debray, professeur à l’Université de Lyon III. Ce dernier est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Dieu un itinéraire » (Odile Jacob) et d’un rapport effectué à la demande de l’éducation nationale sur « l’Enseignement du fait religieux dans l’école laïque ».

 

& « Europe et islam, islams en Europe» Centre régional de la documentation pédagogique de l’académie de Versailles (584 rue de Fourny, ZI, BP 326, 78533   BUC  Cedex), Collection « Les actes de la DESCO »

L’inspection générale de l’éducation nationale (groupes Histoire et Géographie et Arabe) et la mission ministérielle Europe et Histoire de la direction de l’Enseignement scolaire ont organisé à l’Arche de la défense, du 28 au 30 août 2002, une université d’été.

Au cours de ces journées, historiens, sociologues, philosophes, chercheurs ont rappelé l’ancienneté des rapports entre le monde musulman et le monde européen et chrétien mais aussi, l’état actuel de la présence musulmane en Europe. Il en ressort que les échanges entre les deux civilisations ne se sont pas réduits à l’affrontement.

 

&  « L’accompagnement du malade»

Ahmed Miktar, éd. Maison d’Ennour (21, rue Moret, 75011 Paris), Paris, 2003, 90 p., 4,50 €

L’auteur expose d’abord la pensée musulmane sur la santé, la maladie puis décrit l’accompagnement du malade : versets du Coran, hadiths expriment la Tradition du Prophète et des croyants. La mort et les prescriptions qui l’entourent occupent une vingtaine de pages. Tout cela avec respect, en termes simples.

Ce petit livre peut apprendre aux croyants à s’entraider dans ces étapes de vie qui sont pour tous une épreuve.

 

&  « 100 mots pour dire l’Iran moderne»

Yann Richard éd. Maisonneuve et Larose, Paris, 2003, 220 p.

En quelques termes et personnalités représentatifs, cette synthèse propose une description de l’Iran contemporain. Elle permet d’envisager à travers une approche à la fois historique et culturelle les événements majeurs de l’Iran du XXe siècle. Cet ouvrage éclaire les débats religieux et les enjeux politiques de cet état grand producteur de pétrole au rayonnement culturel important. Un petit livre attractif, indispensable pour comprendre l’actualité, réalisé par un iranologue de terrain, chercheur au CNRS.

 

&  « Initiation au soufisme»

Eric Geoffroy, éd. Fayard, Collection l’Espace intérieur Paris 2003, 322 p. 19 €

Une initiation au soufisme est plus qu’une introduction. Seul un musulman peut y prétendre. Dans cet ouvrage, Eric Geoffroy, universitaire islamologue, excelle à définir le soufisme comme « le cœur vivant de l’islam, la dimension intérieure de la Révélation muhammadienne », par-delà les clichés et les préjugés réducteurs.

Prenant sa source dans le Coran et dans le modèle prophétique, cette « science de l’intérieur », pratiquée et théorisée par de grands maîtres, véhiculée par des « voies initiatiques » structurées, se déploie à travers la variété des courants de pensée qui forment la culture. L’auteur expose ensuite les relations de Maître à disciple, les rites et les méthodes initiatiques, les règles de vie, les arts pratiqués dans le soufisme.

On appréciera à sa juste valeur l’ouverture inter-religieuse ancrée dans l’expérience et l’expression de grands soufis. En conclusion, l’auteur montre que le soufisme, « cœur de l’islam » constitue aujourd’hui un véritable antidote  contre les divers intégrismes et qu’il est appelé à jouer un rôle croissant en Occident. Cette initiation au soufisme est, à nos yeux, un véritable traité de spiritualité islamique.  (R. Michel)

 

&  « La Prière en Islam»

Eva de Vitray-Meyerovitch, éd. Albin Michel Spiritualités, Paris, 2003, 155 p.,

Réédition de ce petit livre qui est une synthèse concise sur la prière musulmane.

 

&  « Les grands thèmes du Coran»

Classement thématique établi par Jean-Luc Monneret, Préface du Dr Dalil Boubakeur, éditions Dervy, Paris 2003, 725 p.

Le Coran traite d’un grand nombre de matières différentes réparties en diverses sourates. L’auteur a tenté de regrouper les versets traitant d’un même sujet en supprimant les redondances. C’est un index où les repères sont accompagnés non d’un seul numéro de versets correspondants mais du texte coranique lui-même.

 

&  « La nouvelle islamophobie»

Vincent Geisser, éd. La Découverte, Paris, 2003, 122 p.,

Ce chercheur du CNRS et de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence nous avait déjà offert un ouvrage sur « l’Ethnicité républicaine » (Sciences Po. 1997). Il nous donne ici un petit traité sur un fait de société  : l’islamophobie telle qu’elle se manifeste dans bien des milieux sociaux et dans certains de nos médias. Il présente de nombreux exemples de ce genre de littérature et tente une explication en profondeur : cette islamophobie se fonderait sur des fantasmes où se révèlent les peurs intimes des intéressés. Un livre décapant mais dont on ne peut que recommander la lecture.

 

&  « Fantômes d’islam et de Chine - Le voyage de Bento de Góis s.j. (1603-1607)»

Hugues Didier, éd. Chadeigne, Paris, 2003, 346 p.,

Une page d’histoire décrivant les idéaux et les aventures des chrétiens européens du 17ème siècle partis à la rencontre de la Chine inconnue et trouvant sur leur route les musulmans indiens et chinois. Livre passionnant en même temps que scrupuleusement attaché aux méthodes historiques. Cette approche scientifique rigoureuse de la rencontre inter-religieuse des siècles passés est d’ailleurs la marque de cet auteur, universitaire lyonnais, qui nous a déjà offert des études consacrées à Raymond Lulle, François Xavier et aux premiers jésuites qui sont allés au Tibet.

 

&     « Une approche du Coran par la grammaire et le lexique»

Maurice Gloton, éd. Al Bouraq, Beyrouth, 2002, 870 pp., 95 €.

Instrument précieux bien que très technique pour ceux qui, connaissant l’arabe, ont besoin d’un livre de référence sur la grammaire telle qu’elle peut s’extraire du texte coranique et sur le vocabulaire du coran. Il ne s’agit pas d’une concordance mais d’une étude des mots : chaque racine est accompagnée de ses formes dérivées traduites en français. L’auteur a prévu une multitude de renvois et de précisions qui peuvent rendre un peu difficile le premier abord mais qui, à la longue, ouvrent de nombreuses possibilités au chercheur.

 

&     « Déclarations communes islamo-chrétiennes »

Textes originaux et traductions françaises, Université Saint-Joseph, Beyrouth, Institut d’études islamo-chrétiennes, éd. Dar el-Machreq, Beyrouth, Volume 1 (376 p.) : 1997 – Volume 2 (280 p.) : 2003.

Présentés par Juliette Nasri Haddad, sous la direction du Père A. Dupré la Tour s.j. et du Dr Hisham Nashabé, ces textes couvrent les périodes de 1954 à 1995 et de 1995 à 2001.

Ces deux volumes représentent une mine indispensable pour tout chercheur intéressé à l’histoire du dialogue de ces dernières années.

 

&     « Questions de bioéthique au regard de l’islam et du christianisme»

Conférence à deux voix, Université Saint-Joseph, Beyrouth, Institut d’études islamo-chrétiennes, éd. Dar el-Machreq, Beyrouth, 2000. 156 p.

Les auteurs de ces échanges, le Père A. Dupré la Tour s.j. et le Dr Hisham Nashabé, discutent du contrôle des naissances, de l’avortement, de la fécondation in vitro, de la mort et de l’euthanasie, des manipulations génétiques, de l’homosexualité et de toutes les grandes questions de bioéthique.

I N I T I A T I V E S

Le G.R.I.C.

Fondé en 1977, le G.R.I.C (groupe de recherche islamo-chrétien) compte actuellement quatre équipes basées à Tunis, Rabat, Paris et Beyrouth.  Ce groupe d’universitaires chrétiens et musulmans se donne chaque année un thème d’étude qu’ils entreprennent en commun. On trouvera sur leur site www.gric.fr.st la liste de leurs productions. Le dernier ouvrage en date sortira à l’Harmattan dans quelques jours et porte sur « les identités religieuses en devenir » : chrétiens et musulmans évoluent au fil du temps et tentent constamment de concilier ouverture à l’avenir et fidélité au message initial, accueil de l’autre et refus de ce qui semble incompatible avec l’essentiel. Cette étude analyse les textes fondateurs, l’histoire des communautés et les manifestations actuelles de ce double mouvement.

Colloque Islam-Occident

A l’occasion de la parution du premier numéro d’une nouvelle revue : « Le monde des Religions », le Centre d’études et de recherches internationales (CERI-Sciences-Po) et la revue en question, éditée par le Groupe La Vie/Télérama ont organisé un Colloque sur le thème « Islam-Occident, le choc des civilisations, réalité ou fantasme ».

Ce colloque s’est tenu dans la grande salle de Sciences-Po le 13 septembre dernier. La matinée était consacrée à examiner la place de l’islam dans la géopolitique du globe avec examen de quelques situations particulières comme celles du Pakistan, de l’Arabie saoudite, de l’Iran ou de la Turquie. L’après-midi étudiait la situation de l’islam dans des sociétés pluralistes comme les Etats-Unis, Israël, l’Angleterre ou la France.


L’assistance était particulièrement nombreuse au point que le public avait dû déborder sur plusieurs salles pour suivre les débats sur écran de TV. Il est impossible de relater dans le détail la richesse des contributions et des débats qui suivaient les exposés. L’ensemble, d’ailleurs, fera sans doute l’objet d’une publication ultérieure. En bref, cependant, si l’expression « choc des civilisations » semblait exagérée, la plupart des exposés reconnaissaient l’existence, entre les pays et leurs peuples, de tensions ou d’antagonismes dont il faut analyser les fondements et les évolutions. En fin de journée, on soulignait la nécessité, pour tous, d’une exigeante dé-construction des schémas de pensée habituels pour sortir des affrontements idéologiques traditionnels.

 




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Islam n° 5 (La Médina, 62, rue Gabriel Péri, 93200 Saint Denis – Tél. 01 42 43 23 36 – Fax. 01 48 09 85 71).

Le N° 5 de la revue Islam nous offre un contenu abondant. On y trouvera notamment une étude sur les femmes savantes du 15ème siècle et une autre sur la sexualité en Islam.

On notera aussi un dossier consacré à la formation et à la fonction des imams, particulièrement en France. On remarquera une liste et une description des lieux actuels de formation et d’étude dans notre pays et en Belgique. Plusieurs articles se font l’écho d’un débat fort intéressant sur les approches modernes des penseurs musulmans actuels dans la lecture du Coran : « Lire le Coran autrement », par R. Benzine ; « La réforme dans la pensée islamique », par A. Jaballah ; « Entre laxisme et intégrisme », par M. Dhaou et « La théologie islamique de la libération », par M. Taleb.  Le numéro se termine par une défense du Soufisme, une description du carré musulman au cimetière du P. Lachaise et une opération de mobilisation et de sensibilisation sur le thème : " hommes - femmes : quelles relations ? " dont les conclusions seront présentées sous forme d'un livre blanc en mars 2004.

 

Actualité des religions, (163, boulevard Malesherbes, 75859 Paris cedex 17 – T. 01 48 88 45 02)

       Hors série n° 7 : « Les religions et leurs livres » : sous une forme très lisible, une série de réflexion sur la façon dont le Judaïsme, l’Islam et le Christianisme conçoivent la genèse de leurs Livres saints et la façon de les aborder. Les problèmes de l’herméneutique moderne sont évoqués pour les trois religions.

 

La Médina n° 22  (62, rue Gabriel Péri, 93200 Saint Denis – Tél. 01 42 43 23 36 – Fax. 01 48 09 85 71).

Vient de paraître le numéro 22 de la revue « La Médina ». On y trouve l’éditorial sur « Les Arabes de France qui sortent petit à petit du discours sur la citoyenneté pour s'impliquer davantage sur les questions de société ». Ce numéro livre aussi un bilan de l'année de l'Algérie, en faisant la part belle à la culture. Les premières élections au Maroc après les attentats du 16 mai révèlent, quant à elles, les difficultés de l'appareil politique marocain devant la nécessité de se moderniser et de se rajeunir. Enfin, la Médina s'implique dans le débat de société concernant la parité entre hommes et femmes, en ouvrant un champ de réflexion dans une trentaine de villes françaises. Le magazine reviendra régulièrement sur cette question dans ses prochains numéros.

Le Monde des Religions, (163, boulevard Malesherbes, 75859 Paris cedex 17 – T. 01 48 88 45 02).

Le dossier n° 1 : « Les rénovateurs de l’Islam »

Le « Monde des religions » prend le relais de « L’actualité des religions ». Ce magazine, dont le premier numéro vient de sortir, se propose de faire une approche laïque des religions. Il s’agit d’analyser les faits religieux, de confronter les  idées et de mesurer l’impact social et historique des religions. Cette démarche répond au besoin d’une connaissance objective des différentes religions au-delà des images reçues. Cela implique de manifester les dimensions spirituelles  reçues par les adeptes de ces religions. Par son contenu, le premier numéro du « Monde des religions » entre d’emblée dans ce projet. Actualités, débats, dossier, spiritualité, bibliographie sont les grandes rubriques  qui y apparaissent. Le dossier est consacré aux  « rénovateurs » de l’Islam. Les articles de ce dossier portent sur les évolutions actuelles de l’Islam et tout particulièrement sur les nouvelles lectures du Coran. Ces penseurs dont certains sont très connus tentent de comprendre le phénomène de la révélation coranique dans son contenu historique, culturel et linguistique. Musulmans convaincus, ils n’abandonnent pas leur conviction que le Coran est bien Parole de Dieu, mais ils questionnent : « Qu’entendons-nous par Parole de Dieu ? Le Coran, tel qu’il a été transmis, n’est-il pas la rencontre du "Coran Incréé", Parole éternelle de Dieu, avec l’humanité de Mohammed le Prophète de l’Islam ? »  Rachid Benzine, auteur du dossier, cite successivement Abdul Karim Soroush, Mohammed Arkoun, Abdullahi Ahmad An-Na’im, Nasr Hamed Abou-Zeid, Fazlur Rahman et Farid Esack.

Se Comprendre, (7, rue du Planit,  69110 Ste Foy-lès-Lyon ; Tél. 04 78 59 20 42 ; www.comprendre.org).           
N° 03/07 – Août-Septembre 2003 : Le Chiisme e
t les chiites, 16 pp.

COURS - FORMATION

 

 

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-   Institut Catholique de Paris (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 85 – E-mail : recteur@icp.fr www.icp.fr)

I.S.T.R. (21, rue d’Assas, 75270 Paris Cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 85 – E-mail : ier@icp.fr www.icp.fr)

-          François Bousquet : « La vérité au risque du dialogue interreligieux ».

-          Henri de la Hougue : « Islam et christianisme : controverses d’hier et aujourd’hui »,« Les courants de l’Islam », « Islam en France : questions posées à l’Eglise ».

-          Emilio Platti : « Introduction à l’Islam », « Les sources du militantisme islamique contemporain ».

-          Paul Coulon : « Dialogue interreligieux : études des sources ».

 

En partenariat avec le SRI

Création d’un certificat d’aptitude pour la pastorale du dialogue islamo-chrétien. Une formation qualifiante sur deux ans qui comprend des cours généraux, des rencontres avec des musulmans et des chrétiens engagés dans le dialogue islamo-chrétien et un mémoire final sur le projet pastoral que chacun souhaite mettre en œuvre.

 

IER  (21, rue d’Assas, 75270 Paris Cedex 06 – Tél. 01 44 39 52 54 – E-mail : istr@icp.fr www.icp.fr

-          François Jourdan : « Dialogue interreligieux, la rencontre islamo-chrétienne »

 

-   Centre Sèvres (35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris – Tél. 01 44 39 75 06 - E-mail : sjsevres@wanadoo.fr www.centresevres.com)

-       Alain Feuvrier: : « Introduction à l’islam »

-       Samir Khalil Samir : « Le Christ dans le Coran »

-       Christian Van Nispen : « L’islam aujoud’hui : auteurs et courants de la deuxième moitié du XXe siècle », « L’homme en islam ».

Colloque : « Femmes et religions »

 

-   Faculté de Théologie de Lyon (25, rue du Plat, 69288 Lyon cedex 02 – Tél. 04 72 32 50 23 – E-mail : theo@univ-catholyon.fr)

-       Jean-Marc Aveline : « Théologie des religions ».

-       Michel Guillaud et plusieurs intervenants pour une journée d’études : « Les droits de l’être humain dans les trois monothéismes.

 

-   I.S.T.R. de Marseille (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille – T. 04 91 50 35 50 – E-mail : istr@cathomed.cef.frwww.cathomed.cef.fr)

-       Gilles Barrette : « Mieux connaître nos frères musulmans ».

-       Patrick Monjou : « L’histoire du monde islamique au XXe siècle ».

-       Roger Michel et Christian Salenson : « Introduction à l’islam » (Cours donnés à la Maison Diocésaine, 6, rue Salomon Reinach, 30000 Nîmes).        

-   I.S.T.R. de Toulouse (23, rue de la Dalbade, 31000 Toulouse – Tél. 05 61 53025012 – E-mail : istr@ict-toulouse.asso.frwww.ict-toulouse.asso.fr/istr)

-       Marie-Claude Lutrand : « Islam et laïcité en France ».

-       Marie-Thérèse Urvoy : « Les fondements de la foi islamique ».

-       Gérard Reynal : « Le dialogue interreligieux ».

-       M. Nouri-Ortega : « Etude de textes mystiques persans ».

Colloque en collaboration avec l’Abbaye de Sylvanès, du 30 octobre au 2 novembre : « Education, cultures et religions ». Rencontre interreligieuse le 31 janvier 2004 : « Chants sacrés du monde ».

-   Faculté de Théologie de Lille (60, boulevard Vauban, BP. 109, 59016 Lille cedex – Tél. 03 20 13 41 57 – theo@icl-lille.frwww.icl-lille.fr)

-       Leïla Babès : « Introduction à la sociologie des religions », « Religion et politique dans l’islam contemporain ».

-       Samir Arbache : Cours d’arabe et « Initiation à l’œcuménisme et au pluralisme religieux ».

 

-   Centre Théologique de Meylan (15, chemin de la Caronnerie, 38240 Meylan)

-       Roger Michel : « Découverte de la mystique musulmane»

-       Bénédicte du Chaffaut : « Découverte de l’islam» 

 

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Voici les fêtes musulmanes qui s’annoncent dans les douze mois à venir. Les dates données doivent être entendues comme susceptibles de fluctuer d’un jour ou deux en fonction de la possibilité de voir la lune dans nos régions

27 octobre 2003

Début Ramadan

 

2 mars 2004

Ashoura

(Martyre de Husssein)

23 novembre 2003

Nuit du Destin

(Lailat al-Qadr)

 

2 mai 2004

Naissance de Mohammed

(Mouloud)

25 novembre 2003

Fin du Ramadan

(Aïd al-Fitr)

 

13 septembre 2004

Ascension Nocturne

(Mi`râj)

31 janvier 2004

Grande Fête (mouton)

(Aïd al-Adha)

 

16 octobre 2004

Début Ramadan

22 février 2004

Jour de l’an « 1425 »

1 Muharram

 

14 novembre 2004

Fin du Ramadan

(Aïd al-Fitr)

Ces festivités peuvent fournir aux communautés chrétiennes l’occasion d’envoyer leurs vœux de bonne fête à leurs voisins musulmans surtout s’il se trouve un lieu de culte dans la même localité.  

TEMOIGNAGE

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Prison de Rennes : un aumônier musulman consolateur de toutes les détresses

(La Croix, 4 avril 2003)

           A la maison d'arrêt de Rennes, Mohamed Loueslati. 53 ans, est attendu par les détenus musulmans chaque vendredi après-midi, jour de prière, pour l'office religieux mais, plus largement, comme éducateur, conseiller et consolateur de toutes leurs détresses.

          Diplômé d'études supérieures de droit, ce Tunisien père de trois enfants, belle carrure, cheveux grisonnants et regard plein de bienveillance, est aumônier bénévole depuis un an et demi. Il l'est devenu sur la recommandation de la hiérarchie catholique qui le connaît bien puisqu'il a travaillé dix années au centre culturel islamique, créé en 1983 à Rennes.

La maison d'arrêt compte quelque 400 détenus, dont une cinquantaine sont musulmans, nés en France et très jeunes, âgés de 16 à 30 ans.

          "Tous les vendredis, de 14 à 17 heures je me rends à la prison, raconte M.Loueslati, qui en est le premier aumônier vraiment régulier. On fait la prière en commun, j'assure un prêche d'une heure, et ensuite, c'est très important, je réponds à toutes les questions, en gardant présent à l'esprit de les aider au mieux à passer cette douloureuse période".

          "Mon but, ajoute-t-il, c'est de chercher à réconcilier la culture arabo-musulmane avec la culture laïque républicaine, et cela passe par un travail portant sur la violence, le sexe, le rapport aux femmes, à l'argent, au travail, à la famille".

          Sur la famille, l'une des priorités est de tenter de "renouer les liens, le plus souvent distendus, quand ils ne sont pas inexistants". L'une des réussites dont il est le plus fier est d'avoir retrouvé en Tunisie le père d'un détenu de 14 ans, que cet adolescent n'avait jamais connu. "Je ne vous dis pas sa joie quand je lui ai remis à mon retour des lettres et des photos de son père". Dans la foulée, "il a fallu lutter pour persuader l'adolescent, qui s'en croyait incapable, de suivre une scolarité en prison".

          Détruire les idées reçues entre chrétiens et musulmans

          "Certains me demandent d'être en quelque sorte un père adoptif, mais je m'y refuse, dit-il, car ce n'est pas mon rôle. En revanche, je veille à tout ce qui peut améliorer leur situation, tant au physique qu'au moral et au spirituel, et je veille en particulier à la santé des jeunes détenus, en relation avec le médecin, quand je vois un danger se profiler, un jeune par exemple qui refuse de s'alimenter ou d'aller en promenade".

          En ces temps de guerre où certains voient le spectre d'un affrontement inter-religieux, l'aumônier veille aussi à « détruire les idées reçues entre judéo-christianisme et islam ».

          "Je leur explique que chrétiens, juifs et musulmans sont tous monothéistes, je fais un gros effort pour expliquer le christianisme. Je leur dis que le Coran honore Jésus comme un prophète et que Marie jouit dans notre livre saint d'un grand respect. Je leur explique aussi, ajoute-t-il, que le Jihad doit être compris non comme un recours à la violence externe mais comme une « guerre » contre l'ennemi à l'intérieur de soi".

          Pour Mohamed Loueslati, "le bilan est très positif et les rapports des détenus entre eux et avec les gardiens se sont beaucoup améliorés".

          Une ombre au tableau pourtant, l'aumônier bénévole jouit d'un statut et d'une convention précaire et pourrait du jour au lendemain disparaître par la seule décision de l'administration pénitentiaire.