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LETTRE n° 72
Juin 2002

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française) - 71, rue de Grenelle, 75007 PARIS
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Signes d’Espérance

Les motifs d’inquiétude ne nous ont pas manqués depuis quelques années. Pire, c’est de découragement et de désespoir qu’il faudrait parler lorsque l’on pense à la détérioration de la situation entre communautés dans nombre de pays qui nous sont chers : Proche-Orient, Tchétchénie, Moluques, etc.

En France même, nous avons tous présents à la mémoire les soubresauts de l’actualité : je cite pêle-mêle les élections présidentielles avec la recrudescence de slogans haineux et racistes, les violences à coloration religieuse, en particulier contre nos concitoyens juifs ou musulmans, les discours politiques où l’autre est stigmatisé comme « le mal » ou « l’axe du mal », bref, tout ce que souligne le dernier rapport d’Amnesty International sur les changements de regard et de comportement qui ont pourri les relations inter-communautaires à la suite des attentats de septembre dernier.

Qui d’entre nous ne s’est pas entendu traiter de naïf ou de rêveur ? Les « réalistes », ou ceux qui se prétendent tels, haussent le ton et déclarent révolue l'ère du dialogue : l'heure serait à la confrontation, au conflit, à l'exclusion. Le tout-sécurité contre le tout-terrorisme réclamerait la mise sous surveillance et même la mise en ghetto de tous ceux que l'on considère comme dangereux. A l'heure où  j'écris ces lignes, catholiques et protestants de Belfast, israéliens et palestiniens, beaux quartiers et banlieues de France ou des Etats-Unis, subissent ce genre de raisonnement et de tension.

Les plus optimistes des analystes osent prudemment parler de quelques faibles espoirs de voir un jour ces tensions se calmer et ces blessures se cicatriser. Mais ce n'est pas sur une évaluation de ce genre que nous pouvons nous baser pour  échapper au découragement : il y aura toujours des alertes et des crises, il y aura toujours des accalmies et des trêves dans l'histoire du monde.

Ce qui nous soutient c'est la conviction que Dieu est à l'œuvre dans toutes ces situations, si désespérantes qu'elles soient, et qu'Il y fera triompher la vie sur la mort, et l'amour sur la haine. Nous en sommes les témoins, et, pour peu que nous nous y prêtions, les instruments. Notre espérance est ainsi fondée sur Dieu, sa fidélité et sa compassion dont nous louons la victoire, « `alâ kulli hâl », sur toute situation.

Heureusement, il nous est donné, ici ou là, d'apercevoir des signes plus tangibles de cette emprise de Dieu qui conduit à la paix et à l'entente mutuelle et que les chrétiens appellent « le Royaume de Dieu ». Certaines initiatives prises par des croyants en période de crise semblent prendre source, non sans ambiguïté peut-être, dans la disponibilité des croyants à ce qu'ils perçoivent des « valeurs de Dieu ». Dans le corps de notre lettre, nous avons tenu à en citer quelques-unes qui pourraient inspirer d'autres actions du même genre.

Alors que les violences du Proche-Orient provoquaient l’indignation de beaucoup en France et que se multipliaient les débordements contre les juifs, les associations de Jeunes Musulmans ont fait paraître un communiqué appelant au calme (nous l’avons publié sur notre site Internet). De plus, un certain nombre de responsables de ces associations se sont mis à parcourir les banlieues pour discuter avec les jeunes et ramener le calme. Cela s’est fait discrètement sans attirer l’attention des médias.

Au même moment, nous avons vu un imam bien connu offrir le bus scolaire de son association pour dépanner une école juive dont les véhicules avaient été détruits. Enfin, nous avons été informés de deux initiatives originales : le président en exercice des Emirats Arabes Unis décidant de payer de ses propres fonds la restauration de l’Eglise de la Nativité tandis qu’une association fondée par un prêtre anglican « L’âme de l’Europe » se mobilisait pour rebâtir une mosquée détruite par des chrétiens en Bosnie.

Si utiles que puissent être les discussions et les colloques, si décourageants que soient les affrontements inter-communautaires, nous voyons se dessiner un dialogue « sans parole » fait d’engagement au service de la paix… et de « l’autre ». A nous, là où nous sommes, d’en poursuivre la lancée.

Jean-Marie GAUDEUL

 

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Nous présentons ici un certain nombre d’initiatives qui apparaissent plus significatives dans le contexte actuel ou qui sont plus susceptibles d’être reprises ou imitées en d’autres localités :

L’esprit d’Assise souffle à Aiguebelle

Chrétiens et musulmans de plus en plus nombreux se sont retrouvés à l’abbaye d’Aiguebelle pour la quatrième fois. Cheikh Ben Tounès, guide de la Tariqa Alawiya a souligné le caractère sacré de la vie, dont de Dieu commun à tous les hommes, c’est là le fondement de la paix. Christian Salenson, directeur de la revue « Chemin de dialogue » de l’ISTR de Marseille intervient en soulignant le rôle de François d’Assise explorant les chemins du dialogue interreligieux avec le Sultan d’Egypte. Le « Décalogue » exprimant l’Esprit d’Assise est très important.  « Que cette journée soit l’affirmation que la violence n’est pas inhérente aux religions mais qu’en revanche la paix ne peut se construire sans la justice et le pardon ».

Marches pour la Paix

Dans l’esprit d’Assise on a vu cette année en plusieurs endroits de France se mettre en place des « Marches pour la Paix ». Ainsi, à l’initiative du groupe de dialogue interreligieux de la paroisse Saint Ambroise (11ème), une Marche pour la paix a été organisée le dimanche 28 avril de la mosquée Adda’wa de la rue de Tanger (19ème) à l’église, en passant par un temple protestant et la synagogue de la rue Piéton.

Une Marche semblable s’est déroulée à Valence. Une façon de témoigner ensemble de l’engagement pour la paix dans l’esprit du « Décalogue d’Assise » que l’on trouve plus bas.

Ce genre de pèlerinage allant visiter les lieux de cultes d’une ville donnée est fréquent dans les milieux du dialogue interreligieux d’Angleterre.

Le lieu de culte de l’autre

Deux initiatives croisées méritent notre attention :

§      L’Association Amitié Europe-Emirats Arabes Unis (46, avenue Daumesnil, 75012 Paris) annonce que le Sheikh Abdullah Ibn Zayed Al-Nahyan, président en exercice des Emirats a décidé d’entreprendre, sur ses fonds propres la restauration de l’Eglise de la Nativité.

§      L’âme de l’Europe (www.soulofeurope.org). Cette Association veut établir « un signe tangible d’espoir en vue d’établir la justice, la réconciliation et la paix pour l’Europe ». Dans ce but, sous l’impulsion du Rev. Donald Reeves, prêtre anglican, elle a rassemblé quinze notabilités de Banja Luka (Bosnie) dans la cathédrale de Coventry, symbole de réconciliation après les destructions de la guerre 39-45. A la suite de ce colloque, des fonds sont recueillis pour reconstruire la mosquée de Ferhadija à Banja Luka. D’autres initiatives visent à promouvoir la réinstallation des réfugiés et expulsés dans leurs foyers à Bihac. Le but est d’aider les communautés religieuses de Bosnie à retrouver les chemins de la réconciliation et du dialogue.

Un fait de société se dessine dans les municipalités

Depuis juin 1990 « Marseille – Espérance » est une instance de concertation permanente où un partenariat unit les principales forces spirituelles et cultuelles de la ville afin de permettre à tous de trouver le chemin du « vivre ensemble » entre communautés différentes et de l’exprimer .

A Roubaix, une association analogue, « Roubaix – Espérance », se présente, dans le préambule de ses statuts, comme désireuse de créer une représentation réunissant toutes les associations culturelles ou philosophiques de cette ville, soucieuses de réfléchir et d’œuvrer ensemble pour une meilleure connaissance de l’autre, pour la tolérance et le respect mutuel, pour la liberté de conscience et son exercice effectif. Fondée en juin 2000, elle prenait pour but que « Roubaix devienne espérance pour tous les Roubaisiens, et que chaque Roubaisien devienne espoir pour Roubaix ».

D’autres villes semblent s’orienter vers des institutions semblables où peuvent se rencontrer les politiques et les responsables religieux de toutes communautés.

L’Encyclopédie de l’Islam sur CD-Rom

Les dix volumes de l’Encyclopédie de l’Islam (Brill, Leiden, www.brill.com) paraissent aussi sous forme de CD-Rom. Seule l’édition anglaise existe sous ce format qui facilite les recherches et la consultation rapide.


26ème week-end de Pentecôte du « Groupe de Foyers Islamo-Chrétiens »

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« J’ai parcouru des milliers de kilomètres pour passer trois jours avec vous et je ne le regrette pas ! » Carole est venue du bout du monde pour participer au week-end annuel du Groupe des Foyers Islamo-Chrétiens qui s’est tenu les 18 , 19 et 20 mai dernier. Depuis 26 ans, des couples et des familles, toujours plus nombreux – quatre-vingt participants cette année – se rassemblent durant le week-end de Pentecôte pour réfléchir sur leur vie quotidienne, sur leurs différences culturelles et religieuses, sur leur place dans la société et parmi leurs proches.

Carole, chrétienne est liée depuis neuf ans à un musulman. Leur difficulté à s’accorder sur des choix essentiels retarde leur union. L’ami de Carole est d’accord pour transmettre à leurs futurs enfants des informations sur la foi chrétienne, mais s’oppose à leur liberté d'opter un jour pour la foi et pour la communauté religieuse de leur choix. Pour lui, la double transmission n'aurait pour objectif que la construction, chez leurs enfants, d'un esprit ouvert et instruit, sans toutefois aller jusqu'à leur permettre l'exercice de leur libre arbitre. En particulier au cas où cette liberté prendrait position pour la foi chrétienne qu'il ne partage pas. « Je voudrais repartir avec quelque chose qui lui permettrait de comprendre qu’une autre voie est possible, que des musulmans pratiquants n’ont pas le sentiment de se renier en donnant à leur conjoint la possibilité de transmettre également leur tradition religieuse aux enfants et de laisser leur choix ouvert. » On ne sait pas quelle pépite a rapporté la jeune femme dans les images vidéo et les notes qu’elle a prises, mais elle a surtout pu mesurer combien elle n’était pas seule à partager ces interrogations.

D’ailleurs, l’éducation de leurs futurs enfants est bien le grand souci des jeunes couples qui rejoignent chaque année le groupe des foyers islamo-chrétiens.

L’un des trois carrefours de discussion proposés chaque année porte toujours sur des questions de vie familiale. Ceux qui démarrent leur vie commune ont autant besoin d’informations précises que de bénéficier de l’expérience des autres. Ils veulent savoir ce qu’exige réellement l’islam quand il s’agit de mariage, de circoncision, de transmission, d’interdits alimentaires, mais ils veulent aussi connaître la façon dont les autres parviennent à vivre au mieux cette aventure toujours personnelle. La présence cette année de  Monsieur Bou Djarfaoui, invité à passer une heure dans chaque carrefour de discussion a été très appréciée. Il est capable, par exemple, d’expliquer clairement la différence entre un mariage dans le droit marocain et un mariage civil en France ou de rappeler, références à l’appui, que la circoncision n’est pas une nécessité pour être musulman. « C’est une décision qui peut se négocier entre les parents, dit-il. C’est dommage de se déchirer pour une circoncision. »

« Ne cherchez pas la bonne façon de faire, leur rappellent les « anciens », mais celle qui vous conviendra, selon votre personnalité et votre histoire. A vous d’inventer votre famille. » Une jeune musulmane qui vient d’épouser un chrétien après avoir surmonté une crise avec sa famille en Tunisie explique que la consternation des siens provenait d’un souci sincère pour leur fille, considérée comme perdue, destinée à l’enfer. « Il fallait me sauver ! » Prendre conscience des motivations profondes de ceux qui nous aiment, aide à avancer face à des difficultés qui peuvent aller, pour certaines musulmanes, jusqu’à la rupture avec leur milieu d’origine.

Dans un autre carrefour, on s’interroge sur l’évolution de chacun des conjoints au cours de la vie commune. Certains racontent des débuts houleux, soucieux qu’ils étaient de prévoir d’avance toutes les difficultés. Finalement, l’aventure s’est avérée plus paisible qu’ils n’imaginaient. D’autres, à l’inverse, avaient commencé par éluder les questions de fond et ont eu besoin par la suite de refonder leur choix.

Enfin, dans le troisième carrefour, les participants se demandent en quoi leur espérance de vie après la mort transforme leur quotidien et leur foi. On y parle de don de soi, de la souffrance, de la perte d’un être cher, de la vie après la mort. Echanges passionnants entre des personnalités et des traditions diverses. Le week-end est ponctué par un temps spirituel préparé par les musulmans du groupe et une eucharistie dans la chapelle du couvent dont la blancheur et le dépouillement parle autant aux chrétiens qu’à leurs conjoints qui les accompagnent souvent.

Dimanche après-midi, le mariage de Delphine et Karim est l’événement du week-end. Le couple a choisi de célébrer leur mariage religieux parmi leurs amis du Gfic, dans l’église de Bonnelles. C’est une démarche assez rare, les couples se mariant en général dans leur paroisse ou celle de leurs attaches familiales. On lit des textes de la Bible et du Coran dans une ambiance recueillie et chaleureuse. Plus tard, ce sera la fête autour de pâtisseries délicieusement métissées. C’est cela surtout le cœur du week-end : toutes ces conversations, ces échanges informels et très riches dans tous les recoins du couvent et parfois tard dans la nuit.

Dominique Achbarou « membre du Groupe des foyers islamo-chrétiens » (www.gfic.net ).



-    Pardon Islamo-Chrétien des Sept Saints Dormants

Les 27 et 28 juillet 2002, au Vieux Marché, en Plouaret, (Côtes d’Armor – 22).

L’une des plus anciennes rencontres entre musulmans et chrétiens puisque Louis Massignon en fut l’initiateur en 1954. Un colloque est traditionnellement associé le samedi au Pardon. Thème de cette année: «Hospitalité, lien social et spiritualité: quel accueil de l’autre à l’époque de la mondialisation?»

Ghaleb Ben Cheikh, Jean-Jacques Pérennes, Mgr Pierre Boz, François Angelier ont donné leur accord comme intervenants.

Contacts: Patrick Léger: 16, rue de la Ville Néant 22360 LANGUEUX (T. 02 96 61 81 80)

E-mail patrick.leger4@wanadoo.fr

-    Semaine de rencontres islamo-chrétiennes 2002

Entre le 12 et 21 octobre 2002 le G.A.I.C. renouvelle son expérience de 2001.

Il s’agit d’organiser au cours de cette semaine dans sa ville ou son quartier une ou des rencontres sur des thèmes et des modalités à choisir. Exemples : à Lyon à l’occasion d’ateliers d’écriture, des femmes chrétiennes et musulmanes s’interrogeaient sur leur rapport à leur religion, à la foi, à leur livre respectif. A Paris, un groupe ouvert aux personnes ayant différentes visions du monde, nourries de philosophie et de spiritualité s’est donné pour objectif de travailler sur le thème: «Ce qui fait sens dans notre vie».

-    Colloque «Chrétiens et musulmans, des croyants dans la cité»

Les 24-25-26 octobre 2002. L’analyse d’expériences de chrétiens et de musulmans qui s’engagent dans la cité en de nombreux pays, si divers qu’ils soient, tend à montrer que la foi religieuse, si elle n’est pas récupérée à des fins partisanes, peut, au lieu de susciter des oppositions, contribuer à promouvoir une société et un monde de justice et de paix.

Contacts: GAIC: 92bis, boulevard du Montparnasse 75014 Paris (T. 01 43 35 41 16)

E-mail: gaicf@wanadoo.fr, - Site: http://perso.wanadoo.fr/gaic

-    2003 - Djazaïr. Une année de l’Algérie en France

Dans le cadre des Saisons Etrangères, un accord a été signé entre la France et l’Algérie pour que l’Année 2003 soit consacrée à l’Algérie. Comme il y a eu l’Année du Maroc, il y aura l’Année de la Chine (2004), celle du Brésil (2005), de la Russie (2006)....

Une Saison dépend d’une volonté prise au plus haut niveau de l’Etat. En l’occurrence, la Saison Algérie a été proposée par le Président Chirac. Le principal coordinateur en est le Ministère des Affaires Etrangères, par le biais de l’Association Française d’Action Artistique (AFAA), opérateur permanent de la mise en œuvre des Saisons, qui aide le Commissaire au montage technique des projets.

L’Eglise sur la suggestion de Mgr.Teissier, archevêque d’Alger, s’appuiera sur les cinq universités catholiques de France pour déployer sa participation à cette manifestation. Sans se limiter aux aspects ecclésiaux et théologiques, elle s’ouvrira également à des aspects culturels, artistiques, scientifiques, historiques.....

Restons attentifs à ce qui se met en place. Ces initiatives favoriseront peut-être les rencontres entre Français et Algériens comme entre chrétiens et musulmans.

 


« Le Décalogue DES RELIGIONS »

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Le 4 mars 2002, SS le Pape Jean-Paul II a envoyé à tous les chefs d’Etat et de gouvernements du monde ce « Décalogue » signé par toutes les religions présentes à Assise le 24 janvier 2002, lors de la grande journée de prière pour la paix.

Nous nous engageons à :

-       Proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s'opposent au véritable esprit religieux et en condamnant tout recours à la violence au nom de la religion et à la guerre au nom de Dieu, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

-       Eduquer les personnes au respect et à l'estime mutuels afin que l'on puise parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d'ethnies, de cultures et de religions différentes.

-       Promouvoir la culture du dialogue afin que se développe la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples car telles sont les conditions d'une paix authentique

-       Défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne conforme à son identité culturelle et à fonder librement une famille qui lui soit propre.

-       Dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable mais au contraire reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque

-       Nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent et à nous soutenir dans l'effort commun pour vaincre l'égoïsme et l'abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n'est pas une paix véritable

-       Etre du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l'abandon, nous faisant la voix des sans voix et œuvrant concrètement pour surmonter de telles situations convaincus que personne ne peut être heureux seul.

-       Faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal et contribuer de toutes nos forces à donner à l’humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix

-       Encourager toute initiative qui promeut l'amitié entre les peuples, convaincus que s'il manque une entente solide entre les peuples le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort

-       Demander aux responsables des nations de faire tous les efforts possibles pour qu'au niveau national et international soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice. »

Envoyé à tous les chefs d'Etat et de gouvernements du monde ce « Décalogue » signé par toutes les religions présentes à Assise peut aussi inspirer les individus et les groupes de dialogue.


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1    Etudes de la Documentation Française (2001)

« L’islam en France et en Allemagne » Identités et citoyennetés ; institutionnalisation de l’islam ; tissus associatif et rapport à la citoyenneté ; la question des lieux de culte. Sous la direction de R. Leveau, K. Mohsen Finan et C. Wihtal de Wenden.

« L’islam en Asie, du Caucase à la Chine » Ouvrage coordonné par André Feillard. Eurasie centrale ; sous-continent indien ; Indonésie ; Malaisie ; Chine.

 

1    Islamochristiana n° 27 (2001) PISAI, viale di Trastevere 89, 00135 Roma

Etudes : « Religion, droits de l’homme et éducation » par le professeur M. Charfi ; « Cultures et civilisations au service de l’homme : du conflit à l’harmonie » par M. Borrmans. Plusieurs autres études à teneur historiques. Et aussi « L’avenir des relations islamo-chrétiennes en Afrique noire », par H. Coudray, « Les allocutions échangées à Damas » (entre le Ministre des Awqâf, le Grand Mufti de la République et le Pape Jean-Paul II). A la suite de ces articles, le lecteur trouve 89 pages de notes et documents concernant les relations islamo-chrétiennes.


 

 

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/    « Les défis de l’Islam»

Recteur Dalil BOUBAKEUR, éd. Flammarion, Paris, 2002, 240 pp. 18 €

Faisant parcourir le temps du Prophète et de la révélation, le développement de l’islam, l’auteur montre la richesse de la période des Abassides et de l’Andalousie. Puis c’est « l’assoupissement » de l’islam et le réveil avec la Nahda « toute société doit concilier dans sa vie les catégories de la permanence et du changement ». Que sera demain l’islam de France ? Terre de liberté et de pluralité culturelle n’est-ce pas le champ de réflexion idéal ? Sur les deux rives de la méditerranée puisse se sceller la rencontre de l’Orient et de l’Occident et tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères.

 

/    « Chrétiens en Algérie – un partage d’espérance»

Monseigneur Henri TEISSIER, éd. Desclée de Brouwer, Paris, 2002, 230 pp. 21 €

 

« Avec tous les fidèles de nos petites communautés, nous voulons être une communauté religieuse pour tout le pays, c’est-à-dire pour une société presque totalement musulmane … Le centre de notre vie et de notre prière n’est pas la construction de notre Eglise mais la vie du peuple algérien ». Regard sur l’histoire, partage de tout le vécu, signe donné par les martyrs chrétiens, témoignages multiples de musulmans en temps de crise, la vie au-delà du 11 septembre et l’expérience pour demain d’un monde fraternel vers la paix fondée sur la rencontre des personnes : c’est bien le parcours que cet ouvrage nous propose.

 

/    « Les dossiers brûlants de l’Eglise – Au soir de la vie de Jean-Paul II»

Gérard LECLERC, éd. Presses de la Renaissance, Paris, 2002, 290 pp. 19 €

 

En un quart de siècle, l’Eglise a changé. Mais la société et le monde aussi. Quel est le legs de Jean-Paul II ? L’auteur repère les indices de déclin, les signes de vitalité au sein de la catholicité. Il fait le point sur le rapprochement de l’Eglise avec le judaïsme ainsi que sur ses relations avec les autres Eglises chrétiennes. Pour le dialogue avec les autres religions, il en défend la légitimité tout en soulignant les limites. Il analyse le conflit de l’islam avec la modernité, étudie la présence de l’Eglise auprès des musulmans. L’islam est-il en guerre contre le reste du monde ? Le prochain pape trouvera un monde en crise. Les attentats du 11 septembre ont manifesté un regain de fanatisme. Que peut apporter le christianisme ? Quel message l’Eglise du XXIè siècle annoncera-t-elle face aux grands enjeux scientifiques et éthiques ?

 

/    « Les fondations de l’islam – Entre écriture et histoire»

Alfred-Louis de PREMARE, éd. Du Seuil, Paris, 2002, 523 pp. 26 €

 

A quelles conditions peut-on rendre compte des premiers moments de l’islam ? Quels sont les documents, externes ou internes, qui en témoignent et dans quel contexte général ? Marchands, conquérants ou scribes, qui étaient Muhammed, ses compagnons des commencements et leurs successeurs des premières générations de musulmans ? Par quels moyens ont-il assuré l’expansion de la umma islamique et de ses conceptions propres ? La communauté de Muhammed a-t-elle suivi, contré ou transformé les traditions religieuses existant avant elle au Proche-Orient ? Sommes-nous en mesure de reconstituer pas à pas les étapes de production du corpus coranique et du Hadîth ? En faisant vaciller les fondations d’une institution bien établie, l’histoire dans sa prime jeunesse, l’ouvrage accomplit un travail herculéen : le réexamen critique des sources arabes, peu contestées depuis le IXè siècle. Critique de l’historiographie en même temps qu’historien, il propose une approche de la naissance de l’islam à partir d’un corpus plus scientifique, dégagé du mythe, du romanesque et de la sacralité.

 

/    « Sept nuits avec un ami musulman»

Antoine MOUSSALI, éd. De Paris, Paris, 2001, 159 pp. 19 €

L’ouvrage renoue avec la longue tradition des controverses islamo-chrétiennes rédigées sous forme de « veillées ». Aux grands thèmes classiques de ce genre de dialogue, l’actualité ajoute d’autres échanges sur le rapport à la modernité, les droits de l’Homme, les courants islamistes, etc.

/    « Penseur libre en Islam»

Mohammed Talbi & Gwendolyne Jarczyk, éd. Albin Michel, Paris, 2002, 420 pp. 20,90 €

Ce long interview de M. Talbi sur sa carrière et sur son évolution présente déconcerte le lecteur qui se souvient des positions courageuses de l’auteur en faveur du dialogue. Le livre fourmille de critiques acerbes du Christianisme et des chrétiens qu’il qualifie d’ailleurs de « kuffar ». Ressurgissent, au hasard de ces pages, les thèmes habituels de la polémique traditionnelle contre la Bible et contre la théologie chrétienne. Dans son ton et sa teneur l’ensemble détonne par rapport aux écrits précédents de l’auteur.

/    « Loi d’Allah, loi des hommes»

Leïla Babès & Tareq Oubrou,, éd. Albin Michel, Paris, 2002, 363 pp. 19,90 €

Une croyante de formation sociologique et un imam, tous deux appartenant à la communauté musulmane de France, entrent en débat sur leur foi et son évolution actuelle. Ce débat interne à l’Islam illustre la pluralité des points de vue et la difficulté qu’il y a à se rejoindre quand on réfléchit à partir de la vie pour remonter à la foi et quand on part de la foi pour en déduire des applications pratiques.

/    « Michel Sabbah – Paix sur Jérusalem – Propos d’un évêque palestinien»

Yves TEYSSIER d’ORFEUIL, éd. Desclée de Brouwer, Paris, 2002, 297 pp. 20 €

Mgr Sabbah a vécu concrètement les ruptures de son peuple. Né à Nazareth, séminariste à Bethléem, la  frontière du nouvel état d’Israël le sépare des siens. Jeune prêtre il est en Jordanie puis curé à Aman. C’est en 1987 qu’il est nommé Patriarche de Jérusalem. Depuis il n’a cessé d’œuvrer pour le dialogue, entre les Eglises, entre tous. « Avec les musulmans nous avons à faire face aux mêmes défis, nous devons former en nous le sens d’une solidarité spirituelle ». Au cœur du conflit Israélo-Palestinien, il répète « La paix sera le fruit de la justice »  et il délivre à tous un message d’espérance.

/    « Dialogue islamo-chrétien à temps et contretemps»

Maurice BORRMANS, éd Saint-Paul, Versailles 2002, 255 pp. 18,50 €

 

L’auteur est l’un des meilleurs spécialistes du dialogue islamo-chrétien. Directeur de la revue Islamochristiana, il présente les grandes questions que rencontrent les croyants de notre temps – éthique, violence et paix, Droits de l’Homme, modernité – et leur incidence sur le dialogue dans sa phase actuelle. Un livre à lire et à utiliser.

/    « Les Dérouilleurs»

Azouz BEGAG, Mille et une Nuits, éd. Arthème Fayard, Paris, 2002, 174 pp. 8,99 €

Essai sur l’itinéraire de ces fils des banlieues qui ont réussi et, en se risquant à la confrontation avec l’autre, se sont lancés dans l’aventure de l’intégration.

/    « Cimetière musulman en Occident»

Sami A. Aldeeb Abu-Sahlieh,, éd. L’Harmattan, Paris, 2002, 168 pp. 13,7 €

Etudes des normes juives, chrétiennes et musulmanes concernant les enterrements. En exposant les raisons pour lesquelles il existe encore une ségrégation entre les morts, l’auteur nous fait entrevoir les pistes d’une paix entre les vivants qui passe par la paix entre les morts.

 

/    « L’Islam au temps du monde»

Jacques BERQUE, éd. Sindbad/Actes Sud, Paris, 2002, 277 pp. 21,90 € 

Reprise opportune de onze articles de l’un des meilleurs connaisseurs de la pensée musulmane. Il y traite de la façon dont l’islam, à travers les âges, a géré son rapport avec le changement et comment il peut faire face au défi actuel de la modernité.



 


Les Colombes de l’Ombre   


Il s’agit d’une vidéocassette rappelant que les affrontements n’ont jamais cessé entre Israéliens et Palestiniens depuis la création de l’Etat d’Israël. Face à la haine et à l’usage de la force, les Colombes de l’ombre proposent une alternative pour promouvoir la paix entre les deux peuples.

Qui sont ces Colombes de l’ombre ? Des anonymes, hommes et femmes de tous bords qui, face à une confrontation destructrice, se sont levés, surpassant la fatigue et les tentations de découragement. Ils essaient de favoriser les rencontres et les échanges qui permettent d’apprendre à se respecter et même à vivre en amitié. Ils n’hésitent pas à aller sur le terrain pour s’opposer aux situations d’injustice face aux forces de l’armée et de la police. Ils refusent la politique de violence du gouvernement israélien.

Qui trouve-t-on parmi ces Colombes de l’ombre ?

* Le créateur du Centre d’Information Alternative rappelle que les juifs venus d’Europe se sont comportés en colonisateurs. Ils se sont installés en conquérants, occupant terres et  maisons sans se soucier de l’existence de leurs propriétaires qu’ils ont spoliés.

* Les Rabbins pour les droits de l’homme n’hésitent pas à intervenir sur le terrain pour démanteler un barrage routier destiné à isoler les habitants d’un village palestinien. Ils le font au nom du droit que tous, juifs et non juifs, ont de vivre normalement sur la terre d’Israël. Ils rappellent qu’on ne peut justifier l’injustice en invoquant un don de Dieu fait autrefois à des ancêtres.

* Les femmes en noir disent avoir suffisamment souffert de la guerre et du conflit actuel. Elles veulent en sortir et vivre en paix. Elles s’en vont sur les terrains d’exactions et crient leur lassitude d’être témoins de comportements semant la haine, la violence et la mort. Elles en appellent à l’action pour le respect du droit pour tous.

* Les membres du « Christian Peacemaker Team » (Equipe chrétienne pacificatrice) venus du Canada et des USA essaient de calmer les différents protagonistes là où les droits de l’homme sont bafoués par les forces de l’ordre. Ils ont souvent défendu ceux dont la maison avait été détruite par l’armée.

* Emile Shoufani est le curé melkite de Nazareth. Arabe de nationalité israélienne, il a vécu les souffrances du peuple palestinien. Il favorise le dialogue par les établissements scolaires et universitaires qu’il a créés où arabes et juifs se côtoient. Il rappelle la nécessité de se libérer de la haine, de sortir de la violence pour apprendre à  connaître l’autre et à l’estimer.

Intérêt pédagogique de cette vidéocassette ?

Elle peut être le point de départ d’une réflexion sur la violence qui aggrave la situation et sur le courage de ceux qui luttent envers et contre tout pour la paix en rappelant que cette paix ne peut venir sans la justice et le dialogue. Il s’agit de chercher les voies permettant de voir l’autre non pas comme l’adversaire mais comme le partenaire. Elle permet aussi de réfléchir sur l’apport fragmentaire des médias et d’en faire une analyse critique.

Les Colombes de l’Ombre – Tournesol productions - 4, rue de la prairie - 95000 Cergy-Village. (T. 01 34 22 01 33 - Fax : 01 30 32 80 98).



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