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LETTRE n° 70

Décembre 2001

 

S E C R E T A R I A T  pour  les

R E L A T I O N S  avec

L’I S L A M

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française)  -  71, rue de Grenelle, 75007 PARIS

Tél. 01 42 22 03 23  -  Fax. 01 42 84 30 41  - E-Mail : sri@le-sri.com

Début -Editorial - Invitation du Pape - Fin du Ramadan - Livres - Annonces - Noël - Décès de Mgr Huyghes - Expérience

Ensemble pour jeûner

Notre dernière lettre se situait dans le sillage des attentats du 11 septembre et publiait une série de réflexions et de réactions d’instances chrétiennes, juives ou musulmanes à leur sujet. On ne peut encore tourner la page. En ce moment, la lutte fait encore rage en Afghanistan et ailleurs. C’est dire que la paix, et particulièrement la paix entre croyants chrétiens ou musulmans, reste encore une réalité que nous désirons, que nous souhaitons, mais qui nous échappe, encore et encore, malgré nos efforts et tant d’initiatives diverses d’hommes de religion ou de politiciens.

C’est ici que le pape vient nous rappeler que la paix est aussi, d’abord peut-être, un don que Dieu nous fait  : « Dans une situation que la menace permanente du terrorisme rend dramatique, nous sentons le besoin de crier vers Dieu. Plus les difficultés semblent insurmontables et plus les perspectives semblent sombres, plus notre prière pour implorer de Dieu le don de la compréhension réciproque, de la concorde et de la paix, doit être insistante ».

Dans cette perspective, il invite les catholiques à une démarche plus instante de prière accompagnée de jeûne et d’aumône  : « Nous savons que la prière acquiert de la force si elle s'accompagne du jeûne et de l'aumône. C'est ce qu'enseignait déjà l'Ancien Testament et les chrétiens, dès les premiers siècles, ont écouté cette leçon et l'ont mise en pratique, surtout pendant les temps de l'Avent et du Carême… Nous les chrétiens entrerons bientôt dans l'Avent pour nous préparer, dans la prière, à la célébration de Noël, jour de la naissance du "Prince de la paix". En ce temps opportun je demande aux catholiques de vivre le 14 décembre prochain comme un jour de jeûne, et de prier pendant cette journée avec ferveur pour que Dieu accorde au monde une paix stable fondée sur la justice, et pour qu'Il intervienne afin que l'on trouve des solutions adéquates aux multiples conflits qui troublent notre monde. Ce dont on se privera dans le jeûne pourra être offert aux pauvres, en particulier à ceux qui souffrent en ce moment des conséquences du terrorisme et de la guerre. »

Le temps de l’Avent – ces quelques semaines qui préparent la fête de Noël – est donc un temps où nous sommes invités à fixer notre regard sur Jésus, prince de paix, pour recevoir de Lui un renouvellement de nos cœurs, de nouvelles énergies pour établir en nous et autour de nous un climat de paix et d’amitié.

La coïncidence de l’Avent et du Ramadan n’a pas échappé au pape qui ajoute  : « Quant aux fidèles de l'Islam, ils viennent d'entrer dans le Ramadan, mois consacré au jeûne et à la prière. » Ce petit clin d’œil en direction de nos voisins musulmans ne signifie pas que le pape « mélange les genres » et invite les chrétiens à adopter la pratique de jeûner pendant le mois du Ramadan. L’idée ne manquerait pas de mérite  : aux Philippines, par exemple, sur la grande île du sud, les évêques, depuis des années, invitent les chrétiens à « accompagner le Ramadan », c’est-à-dire à manifester par quelque geste concret qu’ils accompagnent de cœur leurs voisins dans leur effort de fidélité.

Mais les gestes et les enseignements du pape ont trop mis l’accent sur les dangers actuels d’indifférentisme et de confusion pour qu’il demande aux chrétiens d’adopter des pratiques musulmanes ou aux musulmans d’adopter des pratiques chrétiennes. Il invite les représentants des diverses religions, et en particulier les musulmans à venir à Assise, « ensemble pour prier et non pour prier ensemble ». Ici encore, la préoccupation du pape est de susciter non pas un déplacement « horizontal » des religions les unes vers les autres, mais « une invocation commune qui monte avec insistance de la terre vers le Ciel, pour implorer le Tout-Puissant, entre les mains duquel se trouvent les destinées du monde, le grand don de la paix, condition nécessaire pour tout engagement sérieux au service du vrai progrès de l'humanité ».

Il ajoute  : « Nous voudrions avant tout réunir les chrétiens et les musulmans, pour proclamer au monde que la religion ne doit jamais devenir un motif de conflit, de haine et de violence. Celui qui accueille vraiment la parole de Dieu, bon et miséricordieux, ne peut pas ne pas ôter de son cœur toute forme de rancune et d'inimitié. En ce moment historique l'humanité a besoin de voir des gestes de paix et d'entendre des paroles d'espérance. » Que dire de plus ? A nous d’agir !

J.M. Gaudeul

 


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Angélus : Texte intégral de l´allocution du pape

Jean-Paul II annonce une journée de jeûne le 14 décembre
et une rencontre des religions le 24 janvier

CITE DU VATICAN, dimanche 18 novembre 2001 (ZENIT.org) – Jean-Paul II a annoncé ce dimanche qu'une rencontre des représentants des différentes religions aurait lieu le 24 janvier prochain à Assise. Le but de cette rencontre est de prier pour la paix. Le pape a par ailleurs invité les catholiques à jeûner, le 14 décembre prochain, pour la paix. Voici l'allocution que Jean-Paul II a prononcée aujourd'hui à midi, avant de prier l'Angélus en présence des pèlerins réunis place Saint Pierre.

Chers frères et sœurs,

La scène internationale continue à être troublée par des tensions inquiétantes. Nous ne pouvons pas ne pas rappeler les lourdes souffrances dont tant de nos frères et sœurs à travers le monde ont été victimes et sont encore victimes : des milliers de victimes innocentes dans les très graves attentats du 11 septembre dernier; une quantité innombrable de personnes contraintes à abandonner leurs maisons pour affronter l'inconnu et parfois la mort sanglante; des femmes, des personnes âgées et des enfants risquant de mourir de froid et de faim.
Dans une situation que la menace permanente du terrorisme rend dramatique, nous sentons le besoin de crier vers Dieu. Plus les difficultés semblent insurmontables et plus les perspectives semblent sombres, plus notre prière pour implorer de Dieu le don de la compréhension réciproque, de la concorde et de la paix, doit être insistante.

Nous savons que la prière acquiert de la force si elle s'accompagne du jeûne et de l'aumône. C'est ce qu'enseignait déjà l'Ancien Testament et les chrétiens, dès les premiers siècles, ont écouté cette leçon et l'ont mise en pratique, surtout pendant les temps de l'Avent et du Carême. Quant aux fidèles de l'Islam, ils viennent d'entrer dans le Ramadan, mois consacré au jeûne et à la prière. Nous les chrétiens entrerons bientôt dans l'Avent pour nous préparer, dans la prière, à la célébration de Noël, jour de la naissance du "Prince de la paix".

En ce temps opportun je demande aux catholiques de vivre le 14 décembre prochain comme un jour de jeûne, et de prier pendant cette journée avec ferveur pour que Dieu accorde au monde une paix stable fondée sur la justice, et pour qu'Il intervienne afin que l'on trouve des solutions adéquates aux multiples conflits qui troublent notre monde. Ce dont on se privera dans le jeûne pourra être offert aux pauvres, en particulier à ceux qui souffrent en ce moment des conséquences du terrorisme et de la guerre.

Je voudrais par ailleurs annoncer que j'ai l'intention d'inviter les représentants des religions du monde à venir à Assise le 24 janvier 2002, pour prier afin que l'on parvienne à vaincre les oppositions et pour la promotion de la paix authentique. Nous voudrions avant tout réunir les chrétiens et les musulmans, pour proclamer au monde que la religion ne doit jamais devenir un motif de conflit, de haine et de violence. Celui qui accueille vraiment la parole de Dieu, bon et miséricordieux, ne peut pas ne pas ôter de son cœur toute forme de rancune et d'inimitié. En ce moment historique l'humanité a besoin de voir des gestes de paix et d'entendre des paroles d'espérance. Comme je l'ai dit il y a quinze ans, annonçant la rencontre de prière pour la paix qui devait avoir lieu à Assise au mois d'octobre : "Il est urgent qu'une invocation commune monte avec insistance de la terre vers le Ciel, pour implorer le Tout-Puissant, entre les mains duquel se trouvent les destinées du monde, le grand don de la paix, condition nécessaire pour tout engagement sérieux au service du vrai progrès de l'humanité".

Je confie d'ores et déjà ces initiatives à l'intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie, Lui demandant de bien vouloir soutenir nos efforts et ceux de l'humanité tout entière sur le chemin de la paix.
Nous Te demandons, à Toi, Reine de la paix, de nous aider à répondre avec la force de la vérité et de l'amour aux nouveaux défis bouleversants du moment présent. Aide-nous à surmonter également ce moment difficile qui trouble la sérénité de tant de personnes, et à nous engager sans hésitation à construire chaque jour et dans tous les milieux une authentique culture de la paix.

[Texte original  : italien.].         

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Bonne  fête  pour  l’Aïd-el-Fitr

Notre Secrétariat, au nom de toute la communauté chrétienne est heureuse de vous souhaiter une bonne fête à l’occasion de l’Aïd-el-Fitr qui termine le mois de Ramadan.

Nous savons qu’en ce mois de jeûne, vous vous êtes confiés avec persévérance au Dieu Miséricordieux. Vous avez aussi été attentifs à partager avec vos voisins ce que vous avez reçu. Ces gestes de solidarité représentent à nos yeux un témoignage pour notre société qui en a tant besoin.

Nous aussi sommes en grande fête, puisque nous allons célébrer Noël, la naissance à Bethléem de notre Seigneur Jésus le Messie. A sa naissance, les anges ont annoncé la paix de Dieu sur la terre à tous les hommes de bonne volonté.

Et pourtant, en ce moment, nous vivons ensemble des moments de grande inquiétude et de violence entre les hommes. Des centaines, des milliers de nos frères et sœurs souffrent ou voient souffrir leurs proches. Dans ce climat de guerre et de méfiance, il nous semble important que ces deux fêtes, à quelques jours d’intervalle, soient l’occasion pour nous tous de nous rencontrer et de tisser des liens d’amitié plus forts, de respect mutuel et de dialogue.

Nous prions le Dieu Unique, Dieu d’Abraham, pour que tous les hommes s’efforcent de faire la vérité en eux-mêmes, qu’ils soient comblés de sa force et de son amour.

Nous prions Dieu pour qu’en Amérique, en Europe ou en Orient, Musulmans, Juifs et Chrétiens, dépassant les conflits, redécouvrent le moyen de bâtir la Justice et la Paix. Mais sans aller si loin, ici même, nos quartiers, nos lieux de travail, nos écoles, nos cités, nos rues ont besoin de tous nos efforts pour vivre mieux ensemble.

Avec vous, notre équipe espère mettre ses forces au service de cet idéal et vous assure de son amitié la plus chaleureuse.

Recevez nos meilleurs vœux pour votre fête de l’Aïd-el-Fitr. Que la Paix de Dieu soit sur vous : «Es Salamu alaïkum».

Bu küçük bayramda
Allahin rahmeti uzerinize olsum!




*        L I V R E S  *

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Notre dernière parution était centrée sur la suite des attentats du 11 septembre. La matière étant trop abondante, il ne nous était pas possible de présenter une rubrique « livres ». Nous nous rattrapons ici avec une plus abondante collection d’ouvrages à remarquer  :

*       Dounia Bouzar, L’islam des banlieues – les prédicateurs musulmans  : nouveaux travailleurs sociaux ? (Syros, Paris, 2001, 182 pp.)       
A la suite de nombreuses enquêtes de terrain, l’auteur analyse le discours de certains conférenciers, en particulier Tariq Ramadan et Hassan Iquioussen, et l’impact qu’ils ont sur les jeunes.

*       Quelques ouvrages sur la Femme :  
Mortada Motahari, Les droits de la femme en Islam (Bouraq).     
Rifa`a Rafi` al-Tahtawi, L’émancipation de la femme musulmane (Bouraq).        
Abd al-Halim Abû Chouqqa, Encyclopédie de la femme en Islam (Arrisala, 90 rue J.P. Timbaud, 75001, 6 volumes prévus, dont 4 déjà parus). (très apprécié des jeunes femmes musulmanes).           
Ismet Karkar, La femme à travers les versets coraniques.

*       Souleymane Bachir Diagne, Islam et Société ouverte – La fidélité et le mouvement dans la pensée de Muhammad Iqbal (Maisonneuve et Larose, Paris, 2001, 105 pp).         
 « Ce livre présente la pensée d’Iqbal, dans son actualité, en faisant sentir les tensions constitutives  : affirmation de l’homme et ouverture à Dieu, universalisme et appartenance… L’auteur rapproche des voix très éloignées dans les siècles et les cultures, jusqu’au point où elles peuvent de nouveau se parler. Et c’est un grand bienfait ».

*       Edgard WEBER, L'islam Sunnite Contemporain ( Turnhout (Belgique), coll. Fils d'Abraham, éd. Brepols, 2001, 228 p.).    
Après avoir publié « L'Islam sunnite traditionnel », dans la même collection, Edgard Weber nous donne ici un regard très documenté sur « L'Islam sunnite contemporain ». « Depuis environ un siècle, l'islam doit relever les défis des temps modernes. Bi cet islam prolonge en grande partie son passé historique, il innove néanmoins et poursuit sa quête d'une autre modernité que celle de l'Europe » ( p 11 ). 

Quelle « innovation islamique » actuelle ? E.Weber en analyse sept aspects. L'Histoire tout d'abord : réveil de l'Egypte modernisée par Mehmet Ali (+ 1849), démembrement de l'Empire ottoman, question palestinienne, drame libanais, islam asiatique et africain. La doctrine ? Sur fond d' « unité cultuelle et de pluralité culturelle » (p.45), c'est l'émergence d'un islam politique, un retour à une lecture sereine de la tradition (relecture scientifique du Coran), la montée d'un islam européen (20 millions de musulmans en Europe), le débat sur la laïcité. Une précieuse anthologie fait figurer des textes de réformateurs salafistes, apologistes (Boubaker Si Hamza conciliant islam et modernité; le Dr. M. Bucaille), épistémologues (Mohamed Arkoun sur l'attitude critique et le « penser autrement » ; N. Afaya sur culture, écriture, cinéma, mutations sociales ; Saïd Al-Ashmawy sur théorie politique et jurisprudence), humanistes modernes (A. Laroui militant sur « les chances de l'universel » ; F.Zakariya sur « la laïcité, nécessité sociale et politique »), réformateurs modernes (A.Gellouz proposant un « principe de la lecture totale du Coran comme intégralité de la parole divine » ; Leïla Babès sur « le dialogue interne à l'islam »), politiques, femmes, islamistes (le Soudanais Hassan El Tourabi, les Frères Musulmans...). Un éventail d'organismes actifs en ces domaines est également décrit.        

L'innovation de l'islam sunnite dans l'art sacré n'est pas oubliée : architecture, calligraphie, (p.123-132). Ni la vie spirituelle : confréries et associations, évolutions de la pratique des obligations religieuses.        

Sur le plan du 'profil sociologique', E.Weber présente une « dualité séculaire », puis le panislamisme, la salafiyya, le panarabisme, l'islamisme et l'intégrisme, les grandes mutations sociales. Et l'organisation : régimes politiques, questions du droit, grandes instances arabo-musulmanes, structures régionales, organisations de défense des droits de l'homme, organisations islamiques en France (Corif, HCIF, OCC), universités islamiques.      
Une excellente bibliographie thématique répertorie les études sur les aspects abordés (p 197-218)  : Histoire, doctrine, art sacré, vie spirituelle, profil sociologique, organisations. Non moins utiles les données linguistiques (translittération, glossaire …) et les tableaux sur les populations musulmanes (arabes, turcophones, asiatiques, africaines, européennes). Ces perspectives pourront être mises en regard avec celles que développe le Père Emilio Platti, dans son Islam. ..étrange? (au-delà des apparences, au cœur de l'acte d'islam, acte de foi), (Cerf, 2000, 338 p), ou avec celles de Gilles Kepel, dans son Jihad, expansion et déclin de l'islamisme (Gallimard, NRF, 2000, 454 p.), sur les évolutions des mouvements islamistes durant le dernier quart du XXè siècle. L'intérêt du livre d'E.Weber tient au fait qu'il allie très bien l'analyse des innovations de l'islam sunnite contemporain, la documentation, et la présentation des penseurs musulmans avec une anthologie de textes significatifs. Un véritable ouvrage de réflexion en même qu'un guide de qualité. (P. Pierre Fournier)

*       Jean-Jacques Pérennès, Pierre Claverie - Un Algérien par alliance. Cerf, coll. L'Histoire à vif. 2000, 392 pages, 140 F.    
Lorsqu'on a eu le privilège - la grâce - d'avoir comme évêque Pierre Claverie. on ne peut que dévorer le livre de J.-J. Pérennès  : à chaque page, des passages, des visages d'amis algériens, un peuple en quête de son identité. une Eglise - et quelle Eglise ! - une présence enfin, celle de Pierre Claverie, surgissent, s'imposent, rayonnent. Son assassinat. le 1er août 1996, est, comme le rappelle son ami Maitre Redouane Rahal, « un signe de Dieu et un symbole de la fraternité du combat spirituel entre les hommes ». Solidement documenté, ce livre évoque la courbe de vie « d'un homme passionné du Royaume ; il présente aussi les axes d'une réflexion spirituelle et théologique d'un homme attentif à la rencontre joyeuse de l'Autre », d'un pasteur courageux. en charge d'une communauté devenue modeste, au sein d'un pays déchiré par la guerre. En ce sens, suivant l'expression de Camille Tarot, « le destin de l'Eglise d'Algérie la déborde de toute part ». On saura gré à l'auteur d'avoir clairement présenté l'« approche originale » du dialogue islamo-chrétien de Pierre Claverie, un «dialogue constitutif de la relation de Dieu aux hommes et des hommes entre eux ». On lui saura gré également d’avoir mis les pendules à l'heure au sujet de la rencontre, généreuse et malvenue, organisée par la communauté de Sant'Egidio (au chapitre II, « Une Eglise sur les lignes de fracture»).
(Etudes, Jan. 2001).

*       Jan Rath, Rinus Penninx, Kees Groenendijk and Astrid Meyer, Western Europe and its Islam -The Social reaction to the Institutionalization of a 'New’ Religion in the Netherlands, Belgium and the United Kingdom. (Brill, Amsterdam, juin 2001).
L'étude sur La réaction sociale de l'institutionnalisation d'une nouvelle 'religion' aux Pays-Bas, en Belgique et au Royaume Uni est appuyée par une recherche interdisciplinaire dans un cadre d'études sociales comparatives et international. Cet ouvrage est réalisé par quatre auteurs examine l'établissement des institutions musulmanes en Europe occidentale, plus particulièrement, il se penche sur le rôle joué par les membres de la société ainsi que les positions politiques et idéologiques qu'ils adoptent en réaction aux exigences des Musulmans.

*       Yves Thoraval, Dictionnaire de civilisation musulmane (Larousse, 2001, 345 pp., plus de 400 entrées, 110 F). Ce dictionnaire historique, actualisé et fortement augmenté depuis la première édition de 1995 (traduite en huit langues européennes), couvre la période allant de l'époque pré-islamique jusqu'en 2001 se veut un guide pour mieux connaître les dynasties, les villes, les protagonistes religieux, intellectuels, artistiques, politiques ainsi que les peuples et les réalisations d'une civilisation née de l'Islam et aujourd'hui peu ou prou présente sur tous les continents. Des chapitres copieux - nouveaux ou élargis - sont consacrés à l'immigration en Europe (avec une entrée sur l'Islam américain), à l'Asie du Sud-est, au Caucase, à la Crimée, aux mondes iranien, turc, indien et aux musulmans de Chine (Ouïgours et chinois "Han"), sans oublier les avatars du colonialisme russe en Asie Centrale, une région elle-même envisagée depuis l'ère pré-islamique. En annexe, un cahier ausculte prés de 40 Etats modernes peuplés à 50-100% de musulmans, aux dynasties islamiques les plus importantes et à une vaste chronologie couvrant les quinze siècles de l'Islam depuis la prédication du Prophète. Une bibliographie et un index (allégé) closent cette nouvelle édition. (France-Pays-Arabes, juil. 2001).

*       Nicole Samadi, Repères Culturels et Historiques pour comprendre et enseigner le fait islamique (Centre de Documentation Pédagogique du Val-de-Marne).               
Une brochure et 11 dossiers pour aider à la présentation de l’islam aux élèves des lycées et collèges.

*       Xavier Bougarel et Nathalie Clayer, Le nouvel islam balkanique, les musulmans, acteurs du post-communisme 1990-2000 (Maisonneuve & Larose, Paris, 2001, 510 pp.).                    
Comptant plus de 8 millions de personnes, diversifiées pas leurs langues, la manière de vivre leur foi, ces populations sont des acteurs politiques autonomes. Ce livre ouvre l’accès à une foule de données pour permettre de comprendre la reconstruction identitaire de ces peuples.

*       Felice Dassetto, Brigitte Maréchal & Jørgen Nielsen (eds), Convergences musulmanes – Aspects contemporains de l’islam dans l’Europe élargie (Academia Bruylant – L’Harmattan, Louvain-Paris, 2001, 175 pp.).
Après un bref rappel historique, le texte fait le point sur les données démographiques. Les appartenances à l’islam, les mosquées, les organisations, les leaderships et la transmission religieuse sont ensuite traités. Sont envisagés, enfin, les cadres juridiques des rapports entre Etats et religions, l’action politique et les médias dans lesquels cette réalité religieuse s’insère.

*       Mamadou Diouf, Histoire du Sénégal, le modèle islamo-wolof et ses périphérie (Maisonneuve & Larose, Paris, 2001, 250 pp.).   
Ce livre raconte comment s’est forgé le Sénégal. Histoire des Wolofs et de leur religion, l’Islam, et tension permanente entre le centre et les périphéries restées réfractaires à son emprise. Pays caractérisé dans son développement par une instabilité créatrice plutôt que sanguinaire.

*       Abdellah Hammoudi,  Maîtres et disciples, genèse et fondements des pouvoirs autoritaires dans les sociétés arabes (Maisonneuve & Larose, Paris, 2001, 277 pp.).      
 « Ce livre est né d’une question qui obsède les intellectuels arabes… Comment peut-on expliquer que de l’Atlantique au Golfe des structures politiques autoritaires dominent nos sociétés ? ».

*       Jean Chadouet, La Syrie (Karthala, 1997, 365 pp.).           
Présentation de l’itiniéraire de la Syrie actuelle entre socialisme et libéralisme économique, prédominance musulmane et laïcité.

*       Azouz Begag & Ahmed Beneddif, Ahmed de Bourgogne (Seuil, Paris, 2001, 205 pp.).      
Une histoire vraie. Condamné pour des faits qu’il n’avait pas commis, Ahmed a été expulsé vers l’Algérie. Il a marché à travers 10 pays pendant 2 ans. En France aujourd’hui, 2 à 3000 personnes sont victimes de la double peine. Puisse ce témoignage être utile.

*       Jean-Louis Déclais, Les premiers musulmans face à la Tradition Biblique – trois récits sur Job (L’Harmattan, 1996, 318 pp.).   
Synthèse des éléments essentiels de la Tradition musulmane des deux premiers siècles. Etude très documentée avec le commentaire coranique de Tabari.

*       Mark J. Segwick, Le Soufisme, (Cerf, Paris, 2001, 147 pp.)           
Propose au lecteur une compréhension élémentaire de la nature et de l’histoire du soufisme.

 

*  A N N O N C E S  *

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*    Centre Sèvres (35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris -T. 01 44 39 75 00 -F. 01 45 44 32 06).

Christian Van Nispen  :     
« A la rencontre de l'islam moderne et contemporain », mercredi de 19h30 à 21h45, du 9 janvier au 6 février et le lundi 4 février 2002 de 19h30 à 21h45. Ce cours aura pour objet les problématiques et courants qui ont marqué l'islam moderne et contemporain  : l'idée de.« réforme » en  islam et le réformisme islamique au XIXè siècle et au début du XXe ; les diverses formes de l’islam « officiel » et de I Islam des confréries mystiques ; la pluralité des courants et tendances de l'islamisme aujourd'hui.

« Le Coran en islam. comme manifestation du Verbe de Dieu », vendredi de 19h15 à 21h45, du 11 janvier au 1er février et samedi 2 février 2002 de 9h30 à 12h. Pour la foi musulmane. le Coran est considéré comme la Parole éternelle de Dieu communiquée aux hommes sous forme parfaite et définitive. L'atelier, après en avoir donné une introduction sommaire, étudiera des textes qui montrent la vision classique concernant le Coran. Enfin on étudiera quelques textes contemporains qui expriment des recherches et débats actuels.

Alain Feuvrier  : « Etudes de thèmes coraniques essentiels », lundi de 19h30 à. 21h30, du 25 février au 8 avril 2002. Ce cours est une initiation à la lecture du Coran : il ne s’agit pas de faire une lecture continue du Livre de l'islam ; on se propose plutôt d'étudier quelques thèmes coraniques essentiels à partir du texte même. On suppose connues quelques données fondamentales du cours d'initiation précédent. .

Geneviève Comeau  : « Le dialogue interreligieux, questions pour la foi chrétienne », les mardis 26 février et 5 mars de 17h à 19h, jeudi de 17h à 19h du 14 mars au juin 2002, sauf les 28 mars et 2 mai. Nous examinerons plusieurs situations de rencontres interreligieuses, avec des juifs, des musulmans, des bouddhistes, pour dégager les défis et les chances inhérents à chacune de ces situations. Puis nous traiterons, dans la perspective du dialogue inter-religieux, les grandes questions théologiques que sont l’unique médiation du Christ, la présence universelle de l’Esprit, la foi au Dieu Trinité, la mission de l’Eglise.

*    Institut Catholique de Paris (21, rue d'Assas, 75270 Paris cedex -T. 01 44 39 52 54 -F. 01 44 39 52 73).

       Cours :

Henri de la Hougue  :

« L'islam en débats, courants actuels », vendredi de 14h à 16h, du 1er mars au 12 avril 2002. Présentation des grandes interrogations que se pose 1’islam contemporain puis étude des dynamiques qui ont poussé les penseurs musulmans à élaborer successivement plusieurs solutions souvent divergentes les unes des autres  : réformisme, sécularisme, raidissements traditionalistes pour en arriver à la crise actuelle. A la faveur de tous ces débats, des chantiers se sont ouverts : réforme du droit islamique, réinterprétation de l'islam et de son histoire, nouvelles approches du Coran. Enfin, la question se pose alors de savoir quel avenir se prépare ainsi au croisement de tous des courants.

«Islam et christianisme au cours des âges », mercredi de 14h à 16h, du 27 février au 10 avril 2002. Survol historique de la rencontre de l' islam et du christianisme : statut des chrétiens en monde musulman ; thèmes de controverses et d’échanges entre chrétiens et musulmans; étapes et acteurs d'un dialogue vieux de quatorze siècles ; perspectives d’avenir .

Jean-Marie Gaudeul  : « Islam en France, questions posées à l'Eglise », mercredi de 14h à 16h, du 15 mai au 12 Juin 2002. Données socio-politiques de la présence musulmane en France; état actuel de la formation d'une communauté musulmane de France ; enjeux pastoraux des situations concrètes où chrétiens et musulmans sont appelés à vivre ensemble ; identité du croyant en société pluraliste, mariages mixtes, écoles et mouvements de jeunes, etc.

       Colloque : « Le rôle du dialogue interreligieux dans la construction de la paix en Méditerranée » colloque en mars 2002 du Centre de Recherche sur la Paix de la Faculté de Sciences Sociales et Economiques (T. 01 4439 52 04).



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Monseigneur HUYGUES nous a quitté

 

Monseigneur Gérard Huygues est décédé le 27 octobre. Il travailla activement, dans l'Eglise catholique de France, à éveiller les chrétiens aux perspectives du dialogue avec le monde de l'Islam. Il fut, entre autres, le fondateur du Secrétariat pour les relations avec l'Islam.

Né à Lille le 31 août 1909, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1933. C'est le 16 avril 1962 qu'il devint évêque d'Arras. Très vite, dans les perspectives développées par le Concile Vatican II, il se met à l'écoute des chrétiens qui éprouvent le besoin d'une prise en compte de la présence des travailleurs immigrés musulmans. I1s arrivaient alors nombreux du Maghreb et, un peu plus tard, de l'Afrique sub-saharienne ainsi que de la Turquie. Le « Relais Maghreb » rassemblait déjà des chrétiens soucieux de s'informer et de réfléchir sur la place de ces travailleurs immigrés dans notre pays. Dès sa création, Monseigneur Gérard Huygues soutient l'action de ce relais et y participe activement. Mais c'est pendant l'année 1971 que le conseil permanent de l'Episcopat confie à Monseigneur Huyghes « le soin de coordonner les initiatives concernant la présence de nombreux musulmans en France et d'animer un groupe d'Evêques et de théologiens spécialisés dans ces questions. » .

Après plusieurs consultations, c'est en janvier 1973 que Monseigneur Huygues annonça aux autres évêques de France la naissance d'un secrétariat pour les relations avec les musulmans qui prendra ultérieurement le nom de « Secrétariat pour les relations avec l'Islam » (SRI). Les buts en furent précisés dès sa fondation.

Monseigneur Huygues fut le premier évêque président du SRI et responsable de ce secrétariat devant la conférence épiscopale française. Il s'y employa activement en sachant présenter l'importance de cette démarche si nouvelle dans l'Eglise de France. Ceux qui l'ont connu à cette époque savent l'importance qu'il donnait à cette tâche et sa fidélité aux rencontres où il ne laissait rien au hasard. Soucieux des dimensions internationales que représentait ce travail, c'est encore lui qui suscita ces rencontres européennes appelées « Journées d' Arras » car elles se déroulaient alors à Arras du fait de son hospitalité.

C'est au mois d'octobre 1979 qu'il eut cet accident de voiture qui lui laissera une douloureuse infirmité jusqu'à la fin de sa vie. C'est surtout à partir de ce moment que se révélèrent le courage et la détermination qui l'animaient. Jusqu'à l'âge de la retraite, il continua à assumer ses tâches dont celle de président du SRI avec une grande régularité malgré la souffrance et les difficultés suscitées par son état de santé.

Merci, Père Huygues, d’avoir, avec quelques autres, ouvert cette route du dialogue dans notre Eglise de France.


 

E X P E R I E N C E :

Mantes la Jolie : rencontre interreligieuse

 Former à une culture de dialogue demande que l'on éduque aussi les jeunes et les enfants à la rencontre de l'autre. Comment apprendre à vivre sa foi et à en parler, à en témoigner, dans un milieu qui ne la partage pas. Dans les sociétés pluralistes qui sont les nôtres, la plupart des jeunes d 'aujourd'hui auront à vivre ainsi, que ce soit dans leur vie professionnelle ou dans leur vie familiale (les mariages « mixtes » sont en constante augmentation). Voici une expérience. Elle n'est pas forcément imitable partout. Elle nous fait. cependant, réfléchir à ce que nous pourrions faire dans ce domaine.


Depuis deux ans, une expérience nouvelle et heureuse se vit avec les enfants à Mantes la Jolie. Dans le cadre des journées Portes Ouvertes, les enfants de la quatrième année de catéchèse (année de la profession de foi) et les enfants de l' école coranique sont invités à se rencontrer .

Au début, seule une partie des enfants et des animateurs ont volontiers joué le jeu de la rencontre. Maintenant ces deux après-midi font partie du programme de l' année pour tous.

Comment cela se passe-t-il ? Un premier mercredi, les enfants du catéchisme sont accueillis à la mosquée par les enfants musulmans : répartition par petites tables autour d'un goûter : les adultes restent à l'écart et les enfants conversent entre eux. ..que se disent- ils ? Nous ne le savons pas.

Le mercredi suivant, il se passe la même chose, mais à l'église avec l'accueil par des enfants chrétiens.

Chaque année, environ une cinquantaine de jeunes chrétiens rencontrent un nombre équivalent de musulmans. Dans 10 ans, le nombre de jeunes qui se seront ainsi rencontré sera loin d'être négligeable. Faites le calcul !


           

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