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LETTRE n° 69

Octobre 2001

 

S E C R E T A R I A T  pour  les

R E L A T I O N S  avec

L’I S L A M

S.R.I. (Organisme de la Conférence Episcopale Française)  -  71, rue de Grenelle, 75007 PARIS

Tél. 01 42 22 03 23  -  Fax. 01 42 84 30 41  - E-Mail : sri@le-sri.com

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COMMUNIQUÉ



A la suite des événements du 11 septembre 2001, de nombreuses réactions se sont faites entendre à travers le monde. Vous en trouverez certaines dans cette Lettre. Voici le communiqué officiel que notre Secrétariat vient de faire paraître à ce sujet:

            «Devant l'effroyable tragédie qui vient de frapper des milliers de personnes nous ne pouvons que nous élever contre le terrorisme quel qu'il soit dans son mépris de la vie humaine. Notre planète est encore et toujours déchirée par des conflits où l'on accepte de sacrifier des personnes par milliers, voire par millions, pour satisfaire des intérêts matériels, des points d'honneur ou de vieilles rancunes. C'est totalement inacceptable ! Qu'elle soit africaine, asiatique, européenne ou américaine, une personne humaine est sacrée. Nous éprouvons une vive compassion pour toutes les victimes de ce terrorisme aveugle et toutes les familles éprouvées.

Devant l'horreur, on est souvent à la recherche d'explications "finales": dans le cas présent, certains ont parlé de lutte cosmique entre "le Bien et le Mal", la "Civilisation et la Barbarie", "l'Humanité et la Sauvagerie", "l'Occident et l'Islam". Il nous faudrait croire à l'inéluctable confrontation entre religions, entre civilisations. Les commentateurs se multiplient qui tentent de donner une explication religieuse aux attentats comme si, en définitive, les religions et les théologies étaient les vrais responsables du malheur des hommes. Chrétiens depuis longtemps en relation avec des musulmans, nous savons bien que l'homme a souvent tendance à faire de la Parole de Dieu la lecture qui lui semble le mieux convenir à sa situation: le riche oubliera facilement les Béatitudes, le déshérité sera plus sensible aux promesses de la Justice divine.

Conscients des distorsions que nos vues humaines peuvent apporter au message divin, nous ne pouvons confondre l'Islam avec l'interprétation que peuvent en faire certaines personnes dévorées par la soif de vengeance. Beaucoup de musulmans, d’ailleurs, ont exprimé leur refus d’une telle déformation de leur religion en condamnant ces attentats au nom même de leur foi.

La vraie question qui doit se poser à chacun de nous est celle de savoir pourquoi, comment, notre monde actuel a pu jeter tant de nos frères et sœurs dans un tel désespoir qu'ils sont prêts à se tuer et à en tuer d'autres pour faire entendre leur souffrance !

Depuis plusieurs décennies, l'écart s'est creusé entre pays riches et pays pauvres. Des conflits locaux ou régionaux ont été négligés sans qu'un espoir de paix juste ne luise à l'horizon. Au contraire, les médiateurs possibles ont recherché plutôt leurs propres intérêts économiques et stratégiques. Au nom des lois du marché, des nations entières se sentent menacées par une mondialisation qui ébranle leurs économies fragiles. C’est cette situation, et non une réflexion religieuse préalable, qui suscite l’hostilité et l’indignation de millions d’êtres humains.

Les cibles frappées à New York et Washington l'expriment clairement : ce ne sont pas des symboles religieux mais les centres de la puissance militaire et commerciale des Etats-Unis. C'est à ce niveau que doit porter le questionnement de chacun d'entre nous. Comment utilisons-nous notre puissance - économique ou militaire ? Comment répondons-nous à l'attente des peuples ? Il faut éradiquer les réseaux terroristes. Mais cela ne fera pas disparaître les problèmes de tant de personnes dans le monde ni leur soif de dignité et de progrès.  La paix n'est que le fruit de la justice.

Nous pensons que le rôle de tous les croyants sincères n'est pas de faire oublier aux hommes leurs misères ni de les lancer à l'assaut les uns des autres. Il est de rappeler que Dieu nous enveloppe d'un unique amour et nous appelle à bâtir un monde fraternel où personne ne devrait être réduit au désespoir».

+ Bernard PANAFIEU - Archevêque de Marseille
            et Secrétariat pour les Relations avec l'Islam

 

Autres réactions :

Nous avons trouvé un certain nombre de textes qui apportent, chacun à sa façon, des éléments de réflexion sur les leçons à tirer de cette tragédie. Après une réaction musulmane et une réaction juive, toutes deux en provenance des Etats-Unis, on trouvera plus loin la mention d’une série d’initiatives prises surtout par des chrétiens de France ou des personnalités d’Eglise.

Le document ci-dessous provient de musulmans américains qui publient un magazine sur Internet. La tragédie est pour eux l’occasion de dépasser les clivages confessionnels et de souligner que nous appartenons tous à une unique famille humaine :

 

«Nous sommes tous UN»

Au nom de Dieu, le compatissant, le miséricordieux



          Le 11 Septembre 2001: Nos prières les plus sincères s’élèvent pour ceux qui ont souffert, et ceux dont les familles ou les amis ont souffert. Nous prions pour que Dieu donne la patience à tous ceux qui ont perdu des amis ou des membres de leur famille dans cette tragédie. Nous prions pour que Dieu nous guide tous en ces temps difficiles. Et nous prions pour que toutes les communautés d’Amérique et tous les citoyens du monde, quelle que soit leur foi, trouvent paix et guérison dans leur cœur et dans leurs prières.

          Dans le tourbillon de nos émotions et de nos questions, nous éprouvons le sentiment d’une immense tragédie: des milliers de vies ont péri, victimes d’une violence insensée et nous éprouvons colère et frustration. Condamner ceux qui ont causé cette violence est la chose la plus facile. Toute personne rationnelle considèrera ce genre d’action comme répréhensible. Mais la question la plus grave demeure: pourquoi tout cela arrive-t-il?

La parole de notre Créateur dans le Coran est claire et sans appel:

“Al-Mâ’ida 5,32: Quiconque tuera une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes”.

Les événements qui sont survenus en Amérique le 11 septembre 2001 amènent toute personne sensée à faire pause dans sa vie quotidienne et à réfléchir, en profondeur, sur les questions vitales les plus essentielles. A ce qui s’est passé, on peut donner deux sortes de réponses. La première vient de la compassion, la seconde de la peur. Si nous nous abandonnons à la peur, nous pouvons paniquer et commettre des actes – comme individus ou comme nations – qui ne peuvent causer que plus de dommage encore. Si nous sommes guidés par la compassion, nous trouverons refuge et force tout en les communiquant à d’autres.

          Nous pouvons tenter de désigner précisément qui est à blâmer ou quelle est la cause. A moins que nous ne prenions le temps de réfléchir sérieusement sur cette expérience, il sera difficile de maîtriser les émotions qui surgissent en nous. Cela peut nous amener à vivre dans la vengeance que l’on craint ou celle que l’on cherche à exercer. Si nous ne nous laissons guider que par nos émotions, nous manquerons les leçons les plus fondamentales et les vérités les plus essentielles de la condition humaine. Le message que nous percevons de tous les côtés est clair. Nous sommes tous UN.

          C’est un message que la race humaine a largement ignoré. L’oubli de cette vérité provoque la haine et la guerre. Pour s’en rappeler, la recette est simple: exercer la compassion et rechercher le bien commun de l’humanité. Si nous pouvions aimer ceux qui nous ont attaqués et chercher à comprendre pourquoi ils ont agi ainsi, quelle serait alors notre réaction? Et pourtant, si nous réagissons à la haine par la haine, à la rage par la rage, à l’attentat par l’attentat, quel en sera le résultat final? Voilà les questions qui sont posées à la race humaine aujourd’hui. Voilà les questions que nous avons laissées sans réponses pendant des millénaires. Ne pas y répondre maintenant risque d’éliminer tout besoin d’y répondre à jamais.

          Pour mettre un terme à la terreur, le monde a besoin de s’unir en une Humanité qui fait corps: citoyens avec citoyens, nations avec nations, religions avec religions, cherchant réellement la paix universelle parmi tous les hommes.

          Que pouvez-vous faire AUJOURD’HUI… à cette minute? Ce que vous voulez vivre… faites-le vivre aux autres. Si vous voulez vivre en paix, offrez la paix aux autres. Si vous voulez vous sentir en sécurité, donnez aux autres de se sentir en sécurité. Si vous voulez comprendre un peu mieux ce qui vous semble incompréhensible, aidez les autres à comprendre. Si vous voulez guérir de votre propre tristesse et de votre colère, cherchez à guérir la tristesse et la colère des autres.

“Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu'Il vous donne. Concurrencez-vous donc mutuellement dans les bonnes œuvres. C'est vers Allah qu'est votre retour à tous ; alors Il vous informera de ce en quoi vous divergiez. (Coran, al-Mâ’ida, 5,48)”.

Traduction française: J.M. Gaudeul

Tiré de http://www.IslamiCity.com 

E-mail: bulletin@IslamiCity.com


Le 2ème texte provient d’un rabbin américain libéral qui publie aussi sur Internet un journal appelé « Tikkun ». Ses prises de position hardies provoquent de vives réactions qui se traduisent par des menaces de mort quotidiennes. Il nous invite à une conversion radicale de notre façon de vivre et à un examen des attitudes individuelles et collectives qui risquent de faire renaître la violence et la mort dans le monde :

« D'où vient la Violence ?
Un Monde qui vit dans sa bulle »


 

 

Il n'y a jamais de justification pour les actes de terreur contre des civils innocents - c'est l'acte essentiel de déshumanisation et de non-reconnaissance de la sainteté des autres, c'est le symbole visible d'un monde de plus en plus irrationnel et hors du contrôle.

 

          On peut comprendre que beaucoup d'entre nous, après s'être affligés et avoir consolé les familles des défunts, sentiront monter la colère - et tandis que quelques démagogues au Congrès ont déjà cherché à manipuler ce sentiment dans le sens d'un militarisme grandissant (plus d'espions, légaliser l'assassinat de gouvernants étrangers, augmenter le budget de défense au détriment de programmes intérieurs), des leaders plus "responsables" cherchent à limiter la riposte de l'Amérique à des attaques ciblées sur des pays qui semblent héberger les terroristes.

 

          Les criminels méritent d'être punis et je serais personnellement heureux si tous les gens impliqués dans cet acte devaient être emprisonnés pour le reste de leurs vies. Ne soyons pas naïfs : ce sont des gens mauvais qui ont projeté cela et l'ont commis, de même que beaucoup parmi ceux qui sont engagés dans des actes de terreur contre Israël. Ils ne doivent pas être excusés ou pardonnés pour leurs actes. Quelle que soit la cause qu'ils prétendent soutenir, elle n'est que salie et discréditée par ces actes de violence répugnants.

 

          Et pourtant d'une certaine façon, cette manière de nous focaliser étroitement sur les criminels nous permet d'éviter de traiter les questions sous-jacentes. Quand la violence devient si répandue partout dans la planète, il est trop facile de parler tout simplement "d'esprits dérangés." Nous avons besoin de nous demander, « qu'y a-t-il dans la façon dont nous vivons, organisons nos sociétés et nous traitons les uns les autres qui fait que la violence semble plausible à tant de personnes ? »

 

Dans le monde spirituel, nous verrons cela comme une incapacité globale grandissante à reconnaître l'esprit de Dieu les uns dans les autres - ce que nous appelons la sainteté de chaque être humain. Mais même si vous rejetez le langage religieux, vous pouvez voir que l'empressement des gens à se blesser les uns les autres pour promouvoir leurs propres intérêts est devenu un problème mondial et seul le niveau dramatique de cette attaque particulière le distingue de la violence et l'insensibilité des uns aux autres qui fait partie de nos vies quotidiennes.

 

          Nous pouvons bien nous dire que la violence actuelle n'a "rien à faire" avec la façon dont nous avons appris à fermer nos oreilles quand on nous dit qu'une personne sur trois, sur cette planète, n'a pas assez à manger et qu'un milliard de personnes sont littéralement affamées. Nous pouvons nous rassurer que l'accaparement des ressources du monde entier par la société la plus riche de l'histoire du monde et nos tentatives frénétiques d'accélérer la mondialisation malgré les inégalités économiques qui l'accompagnent, n'ont aucun rapport avec le ressentiment que d'autres éprouvent à notre égard. Nous pouvons nous dire que la souffrance des réfugiés et des opprimés n'a rien à voir avec nous - que c'est une toute autre histoire qui se passe quelque part ailleurs.

 

          Mais nous vivons dans un monde de plus en plus interconnecté avec chacun et les forces qui jettent les gens dans l'humiliation, la colère et le désespoir en fin de compte frappent nos propres vies quotidiennes.

 

          La même incapacité à sentir la douleur des autres est la pathologie qui forme l'esprit de ces terroristes. Elevez des enfants dans des circonstances où personne ne s'occupe d'eux, où ils doivent vivre en mendiant ou en vendant leurs corps dans la prostitution, mettez-les dans des camps de réfugiés et dites-leur qu'ils n'ont "aucun droit de retour" dans leurs maisons, traitez-les comme s'ils avaient moins de valeur et méritaient moins de respect parce qu'ils font partie de quelque groupe national ou ethnique méprisé, entourez-les de médias qui vantent les riches et obligent tous ceux qui ne sont pas économiquement prospères, physiquement "en forme" et conventionnellement "beaux" à se sentir mal dans leur peau, offrez-leur des emplois dont le seul but est d'enrichir "le compte en banque" de quelqu'un d'autre et apprenez-leur que "chercher la première place" est la seule chose qui compte "vraiment" et que ceux qui croit à l'amour et à la justice sociale ne sont tout simplement que de naïfs idéalistes qui sont destinés à toujours rester impuissants et vous produirez, à l'échelle planétaire, une  population de gens qui se sentent déprimés, irrités, incapables de se soucier des autres et, de façons diverses, dérangés.

 

 Je vois cela en Israël, où les Israéliens ont pris l'habitude de rejeter le peuple palestinien tout entier comme "des terroristes", mais ne se demandent jamais : "Qu'avons-nous fait pour que ce (terrorisme) en arrive à sembler aux Palestiniens un plan d'action raisonnable aujourd'hui ?" Bien sûr il y a toujours eu quelques gens haineux et quelques fondamentalistes religieux qui désirent nuire à Israël, par principe. Et pourtant, dans la situation de 1993-96 quand Israël, sous l'autorité de Yitzhak Rabin, poursuivait un chemin de négociations et la paix, les fondamentalistes avait peu d'audience et il y avait peu d'actes de violence. Au contraire, quand Israël a tardé à se retirer de la Cisjordanie et, au contraire, a multiplié le nombre de ses colons, il est devenu plus facile aux fondamentalistes et aux semeurs de haine de convaincre beaucoup de Palestiniens modérés qu'il ne pouvait y avoir d'autre alternative.

          De la même façon si les Etats-Unis reviennent sur les accords mondiaux concernant la préservation de l'environnement, annulent unilatéralement leurs traités de ne pas construire une défense anti-missile, accélèrent les processus par lesquels l'économie mondiale a rendu certaines personnes du Tiers-Monde plus riches, mais beaucoup d'autres plus pauvres, s'ils montrent qu'ils ne se soucient en rien du destin des réfugiés qui ont été sans foyer pendant des décennies et si, à tout bout de champ, ils s'affranchissent des normes morales, il devient beaucoup plus facile aux semeurs de haine et aux fondamentalistes de recruter les gens qui sont disposés à se tuer dans des attaques dirigées contre ce qu'ils perçoivent comme un mal, l'empire américain représenté par le Pentagone et le World Trade Center (Centre Mondial du Commerce).

 

          La plupart des Américains seront perplexes devant toute évocation de ce "contexte plus large". Il est dérangeant d'imaginer que, d'une façon ou d'une autre, nous faisons partie d'un système mondial qui détruit lentement les ressources vitales de la planète et transfère rapidement la richesse du monde dans nos propres poches.

 

          Nous ne nous estimons pas personnellement responsables quand une société américaine exploite des travailleurs dans les Philippines ou écrase l'effort des ouvriers pour s'organiser à Singapour. Nous ne nous sentons pas impliqués quand les Etats-Unis refusent de considérer la situation critique de réfugiés palestiniens ou s'abritent derrière la lutte contre la drogue pour soutenir la répression en Colombie ou d'autres parties de l'Amérique Centrale. Nous ne voyons même pas le symbolisme quand les terroristes attaquent le centre militaire de l'Amérique et notre centre commercial - nous en parlons comme des bâtiments, alors que d'autres les voient comme le cœur des forces qui causent tant de souffrances dans le monde.

 

          Nous avons limité notre propre attention à "réussir" ou "gagner" dans nos propres vies personnelles et qui a le temps pour se concentrer sur tout le reste de cette  situation ? La plupart d'entre nous mènent des vies parfaitement raisonnables dans les limites des options qui nous sont ouvertes - pourquoi les autres devraient-ils être fâchés contre nous, pire, pourquoi nous attaqueraient-ils ? Et, à dire vrai, notre colère aussi est compréhensible : les actes de terreur par lesquels d'autres nous frappent sont aussi irrationnels que le système mondial qu'ils cherchent à affronter. Et pourtant, nos actes de contre-terreur seront tout aussi contre-productifs. Nous aurions dû apprendre de la phase actuelle de la lutte entre Israël et les Palestiniens, que répondre à la terreur par plus de violence, au lieu de nous demander nous-mêmes ce que nous pourrions faire pour changer les conditions qui l'ont produite en premier lieu, ne fera que susciter encore plus de violence contre nous dans l'avenir.

 

          Heureusement, la plupart des gens ne s'abandonnent pas à  la violence - ils ont plutôt tendance à s'auto-détruire, se noyant dans l'alcool ou les drogues ou le désespoir personnel. D'autres se tournent vers des religions fondamentalistes ou l'extrémisme ultra-nationaliste. D'autres encore se mettent à agresser les gens qu'ils aiment, par un comportement coléreux et brutal envers leurs enfants ou leurs conjoints.

 

          C'est un monde qui a perdu contact avec lui-même, rempli des gens qui ont oublié comment reconnaître et répondre au sacré les uns dans les autres parce que nous sommes si habitués à estimer les autres en fonction de ce qu'ils peuvent faire pour nous, et de la façon dont nous pouvons les utiliser à notre service. Les alternatives sont dramatiques : ou bien commencez à vous soucier du destin de chacun sur cette planète ou bien soyez prêts à glisser rapidement vers une violence qui finira par dominer nos vies quotidiennes.

 

          Ne soyons pas naïfs au sujet des responsables de cette terreur. Beaucoup sont des gens mauvais, comme le sont certains des fondamentalistes et des ultra-nationalistes qui avilissent les autres et désirent les détruire. Mais ces gens mauvais sont souvent marginalisés quand la dynamique sociale se déplace vers la paix et l'espoir (par exemple en Israël alors qu'Yitzhak Rabin était Premier ministre) ; mais ils deviennent beaucoup plus influents et capables de recruter les gens prêts à donner leurs vies à leur cause quand les gens ordinaires et généralement modérés désespèrent de la paix et de la justice (comme pendant la période de 1996 à 2000 quand Israël a dramatiquement augmenté le nombre de colons).

 

Le 17 septembre 2001,
Monsieur le rabbin Michael Lerner,
Rédacteur, TIKKUN Magazine

http://www.tikkun.org  

           


 

*  RAPPEL

La Session de formation pour les Délégués Diocésains à l’Islam et à l’Interreligieux se déroulera à Francheville (69), les 17 et 18 novembre 2001. Merci à tous les Délégués de s’y inscrire !

*  A N N O N C E S  *


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*   Centre du Haumont (31, rue Mirabeau, BP 19, 59420 Mouvaux – T. 03 20 26 09 61 – F. 03 20 11 26 59).

24ème rencontre du groupe islamo-chrétien des 23-24 mars 2002, 1ère soirée le 18 octobre 2001 de 19 à 21 h. Dialogue Islamo-chrétien : depuis plus de 20 ans, chrétiens et musulmans partagent leur foi dans l’amitié et le respect à l’occasion de 4 soirées par an et d’une rencontre importante.

 

*  Fraternité d’Abraham

Conférence par Mme Danièle Hervieu-Léger « Judaïsme, christianisme et islam face aux défis du XXIème sicèle », mercredi 17 octobre 2001 à 18h45 à l’Espace Georges Bernanos (4, rue du Havre, 75009 Paris).

 

*   Centre Sèvres  (35 bis, rue de Sèvres, 75006 Paris – T. 01 44 39 75 00 – F. 01 45 44 32 06).

Cours d’Alain Feuvrier : « Une introduction à l’islam au miroir du christianisme », le mardi de 19h30 à 21h30, du 9 octobre au 27 novembre 2001. Ce cours est une initiation à l’islamologie ; il se propose d’entrer dans une meilleure connaissance de l’islam « au miroir du christianisme ». On étudiera d’abord la sourate liminaire ; puis, quelques aspects essentiels de la trajectoire de Muhammed, des « piliers » de l’islam, de la mystique musulmane ; enfin quelques figures de l’islam contemporain. Il ne requiert aucune connaissance préalable en islamologie

Colloque public : « Le Fils Unique et ses Frères, l’unicité du Christ à l’heure du pluralisme religieux », vendredi 19 octobre de 18h30 à 20h30 et samedi 20 octobre 2001 de 9h30 à 12h30 et de 14h30 à 18h.

 

*   Institut Catholique de Paris (21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex – T. 01 44 39 52 54 – F. 01 44 39 52 73)

Cours d’Emilio Platti : « Introduction à l’islam » (12 octobre 2001 - 18 janvier 2002, 9h30-12h) et « Les sources du militantisme islamique contemporain » (9 novembre 2001 -18 janvier 2002, 14h-17h).

 

*   Centre études du Saulchoir (20, rue des Tanneries, 75013 Paris – T. 01 44 08 07 47 – F. 01 43 37 13 13).

« L’avenir du dialogue interreligieux après la Déclaration Dominus Jesus » avec Claude Geffré, samedi 8 décembre 2001.

« Les thèmes du Coran », avec Emilio Platti, samedi 15 décembre 2001.

 

*   Les Semaines du G.A.I.C. (92 bis, boulevard du Montparnasse, 75014 – T.F. 01 43 35 41 16).

Les semaines de rencontre organisées par le GAIC se dérouleront du 13 au 21 octobre 2001 dans 10 villes de France : Angoulême, Clermont-Ferrand, Lille, Lyon, Metz, Montpellier, Mulhouse, Nantes, Paris, Strasbourg. Au cours des vingt dernières années, les rencontres entre chrétiens et musulmans se sont multipliées. Engagés au sein du GAIC ils ont pris l’initiative d’instaurer une semaine de rencontres islamo-chrétiennes.

 

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Calendrier des Fêtes musulmanes


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Voici les fêtes musulmanes qui s’annoncent dans les douze mois à venir. Les dates données doivent être entendues comme susceptibles de fluctuer d’un jour ou deux en fonction de la possibilité de voir la lune dans nos régions

 

15 octobre 2001

Ascension Nocturne
(Mi`râj)

23 février 2002

Grande Fête (mouton)
(Aïd al-Adha)

17 novembre 2001

Début Ramadan

15 mars 2002

Jour de l’an «1423»
1 Muharram

14 décembre 2001

Nuit du Destin
(Laylat al-Qadr)

24 mars 2002

Ashoura
(Martyre de Husssein)

17 décembre 2001

Fin du Ramadan
(Aïd al-Fitr)

25 mai 2002

Naissance de Mohammed
(Mouloud)

7 novembre 2002

Début Ramadan

Ces festivités peuvent fournir aux communautés chrétiennes l’occasion d’envoyer leurs vœux de bonne fête à leurs voisins musulmans surtout s’il se trouve un lieu de culte dans la même localité.

I N I T I A T I V E S


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  Dans les milieux chrétiens de France, les  événements ont déclenché de nombreuses initiatives. On trouve d’abord plusieurs déclarations d’évêques qui, toutes, insistent sur une analyse plus exigeante des causes profondes du terrorisme. Comment notre monde sécrète-t-il une telle haine, une telle violence.

A côté de ces invitations à nous remettre en cause, un certain nombre de démarches consistent en des échanges de correspondance entre chrétiens et musulmans, d’autres en des réunions de prière inter-religieuses qui  se sont multipliées dans les grandes villes de France.

Nous n’en citons ici que quelques éléments, quelques exemples  :

 

/      Des Evêques catholiques, des Dirigeants musulmans aux Etats-Unis

Publient le 14 septembre une déclaration commune à Washington en réponse aux attentats terroristes. Considérant que catholiques et musulmans se rencontrent régulièrement et s’engagent dans beaucoup de projets civiques, la déclaration dit : « Nous croyons que le Dieu unique nous appelle pour être des peuples pacifiques. Rien dans nos Ecritures Saintes, rien dans notre compréhension de la révélation divine, rien de chrétien ou d’islamique ne justifie les actes terroristes et la ruine de millions de vies que nous avons constatée cette semaine. Ensemble nous condamnons ces actions comme mauvaises et diamétralement opposées à la religion véritable ».

 

/      Des Evêques français réagissent aux événements – Quelques extraits :

·         Mgr Daloz, Président de  Justice et Paix-France  : « Pour que rien ne soit plus comme avant. (…) La découverte de l’ampleur des dégâts et de leurs conséquences révèle jour après jour la profondeur des fractures qui parcourent notre humanité. C’est un nouvel aspect, inattendu, de la mondialisation. (…) Des voix se sont heureusement élevées pour qu’on ne confonde pas justice et vengeance et qu’on ne fasse pas payer à des populations entières la cruauté des responsables des attentats. Mais l’enjeu est à plus long terme. Il ne suffit pas de guérir des symptômes, il faut s’attaquer aux causes et en prendre les moyens. On ne peut rêver de supprimer la violence sans combattre les situations de violence. Les inégalités criantes entre les peuples, en ce qui concerne les richesses, l’éducation, la santé, la dignité, la sécurité et la liberté, engendrent frustration, révolte, désespoir. Désespoir qui n’est pas la cause du terrorisme, mais que les terroristes utilisent à leurs fins. N’est-il pas temps de mettre en œuvre un vaste plan de solidarité concrète ? N’est-il pas temps d’exercer les pressions nécessaires pour une solution juste et pacifique du conflit du Proche-Orient, dans le respect du droit international, comme l’a maintes fois rappelé le Saint-Siège ? (…) Les religions sont interpellées. Le sens de Dieu est perverti lorsqu’on utilise son nom à  des fins politiques, plus encore pour justifier des meurtres et des massacres d’êtres humains. Aucune religion n’est à l’abri de telles perversions. Le dialogue entre les religions et avec tous les hommes de bonne volonté, pour une mondialisation de la fraternité, devra prendre de nouvelles dimensions (…) ».

·         Mgr Despierre, évêque de Carcassonne : « (…) Nous prions pour tous et surtout pour les chefs d’Etat. Ils ont de graves décisions à prendre. Qu’ils aient le courage et la lucidité pour discerner ce qu’il faut entreprendre. Les soutenir est nécessaire. Les fanatiques et ceux qui les approuvent ne peuvent avoir le dernier mot. (…) Résister à la violence : c’est lutter contre la racine du terrorisme. La Paix, c’est toujours le respect de l’autre. Mais il faudra aussi se demander pourquoi des gens des pays pauvres ont tant de haine accumulée contre les nations occidentales ? A qui profitent les bienfaits de la croissance ? Pourquoi l’aide au développement diminue d’année en année ? Je voudrais qu’on entende une Parole d’Espérance qui vient de l’Evangile de Jésus-Christ. L’avenir du monde n’est pas dans la haine et dans la vengeance, mais dans l’amour et le partage. La paix est à ces conditions ».

·         Mgr Raffin, évêque de Metz : « (…) Nous savons aussi que si l’Amérique est aujourd’hui victime, d’autres l’ont été ou le sont encore du fait de l’Amérique. Comment ne pas penser à l’embargo qui meurtrit depuis dix ans le peuple irakien, faisant de nombreuses victimes parmi les enfants (plus de 500 000 selon les statistiques de l’Unicef) ! Plus que jamais nous devons prier et œuvrer pour une paix juste, demandant à l’Esprit Saint d’inspirer aux responsables des nations de sages décisions ».

 

/      « Musulmans et chrétiens d’Evreux»

« L’urgence de la rencontre. (…) Nous sommes aussi conscients des risques que peut entraîner cette situation au cœur de notre société : peur de l’autre qui s’insinue dans les mentalités, amalgames de toutes sortes, discriminations qui engendrent la violence, désir de revanche. (…) En ce temps de crise, la rencontre entre croyants musulmans et chrétiens, ainsi qu’avec les femmes et les hommes d’autres convictions devient une urgence. Elle prend sa place dans le cadre de la laïcité de notre pays comme une contribution à la paix et au développement du lien social (…) ».

 

/      « Marseille-Espérance»

« (…) Le fanatisme religieux, d’où qu’il vienne, est intolérable. Il est une perversion de la religion. « Dieu ne doit pas aimer qu’on tue pour lui » écrivait récemment un enfant. (…) A Marseille, où s’enracinent des hommes et des femmes de diverses cultures, nationalités et religions, nous avons une longue tradition de respect mutuel et d’amitié réciproque. Mais les tragiques événements que nous venons de vivre nous invitent à redoubler de vigilance pour éviter les amalgames faciles. Ils sont un appel à travailler pour une plus grande justice sociale, en luttant contre toutes les formes de rejet et d’exclusion et en apprenant à nous apprécier dans nos diversités (…) ».

 

/      « Approches 92 »

Au cœur d’un conflit où, partout dans le monde, les communautés chrétiennes et musulmanes risquent de se condamner et de s’exclure, des musulmans et des chrétiens des Hauts-de-Seine (92) ont organisé un temps de rencontre spirituelle le samedi 29 septembre 2001 à Vanves. Ils ont voulu témoigner devant Dieu et devant les hommes de leur volonté de combattre la haine.

 

/      Valence

Une veillée de recueillement et de prière pour la paix dans la cathédrale le soir du 20 septembre 2001 : un moment très fort avec plus de 1 500 personnes. Les responsables des grandes religions sont intervenus autour de trois thèmes : « Condamnation de la violence, mais la guerre n’est pas la seule violence » - « La paix est une bénédiction, mais pas de paix sans justice » - « Invitation à la prière et à l’espérance ».

 

/      Montargis

Les prêtres de l’agglomération, les équipes d’animation pastorale, l’Eglise réformée de Montargis ont écrit le 19 septembre 2001 une Lettre aux communautés musulmanes locales ; quelques extraits :

« A nos frères musulmans de l’association de l’union islamique de France, de l’association islamique du Loiret, de l’association islamique du Montargois. Dimanche dernier, dans toutes nos églises nous avons prié pour toutes les victimes des attentats terroristes qui viennent de se dérouler aux Etats-Unis, pour leurs familles et pour le peuple de ce pays. Nous sommes touchés par ce drame, que nous ayons ou non de la famille ou des amis qui vivent aux Etats-Unis. Nous avons également prié pour que Dieu nous aide à devenir toujours plus des artisans de paix dans ce monde en commençant par faire œuvre de paix et de concorde dans notre agglomération. (…) Dans ce message, nous voulons vous dire qu’en aucun cas nous ne faisons l’amalgame entre le terrorisme et l’islam : nous invitons nos communautés à refuser qu’une telle confusion puisse se développer. (…) On a entendu dire que « le bien partait en guerre contre le mal ». (…) S’engager dans les voies de la violence, ce serait ajouter le mal au mal, la souffrance à la souffrance, la haine à la haine et le mal finirait par l’emporter, tuant le bien auquel tous aspirent. Notre croyance est que le bien ne peut triompher que par les seuls moyens de la non-violence et de la bonté. C’est tout l’enseignement que nous tirons des paroles et des actes de Jésus de Nazareth. Nous avons appris de vous que le Coran invite aussi à suivre les voies de la paix et de la bonté . (…) ».

 

/      Sevran

La paroisse catholique a envoyé une lettre à la communauté musulmane. Après avoir exprimé leur horreur des attentats et de toute violence à travers le monde, la lettre invite à demander à Dieu le discernement, la solidarité avec tous ceux qui souffrent. Elle appelle aussi à faire la vérité pour éviter tout amalgame entre musulmans et terroristes.

 

 

REVUE


Début - Editorial - Initiatives - Voix musulmane - Voix juive - Annonces - Calendrier - Revue - Expérience

 

/       Chemins de Dialogue Octobre 2001, n° 18, 80 F. 288 p. (11, impasse Flammarion, 13001 Marseille – T. 04 91 50 35 43)

Numéro spécial sur « La religion et la mystique en islam et christianisme ».

·  Une première partie : « Islam et christianisme : les chemins de la rencontre », avec Claude Geffré, Luc Moreau, François Jourdan, Gwenolé Jeusset, Jean-François Berjonneau.

·  Une deuxième partie : « Mystique », avec Pierre Gire, Gérard Bailhache, Roger Michel, Michel Rondet, Françoise Durand, Jean-Marie Ploux.


 

E X P E R I E N C E

 « Juillet 2001 – Vingt étudiants français en Algérie »


Après dix ans d’efforts pour accueillir dignement les algériens contraints de venir en France pour fuir menaces et violences, il devenait urgent de chercher à soutenir ceux qui sur place essaient de faire quelque chose, de s’accrocher, de reconstruire une société sans violence, sans corruption, qui donne envie de rester.

 

          Après « sondage », la réponse faite aux personnes envoyées au printemps 2000 par la Cimade Rhône-Alpes et le Collectif de soutien à la démocratie et aux victimes  de la violence en Algérie est la suivante : le plus urgent aux yeux des amis rencontrés consiste à envoyer des français qui viennent simplement pour une « visite de fraternité », rompre la quarantaine où sont confinés les algériens sans visites et sans visas depuis 1992, pour être témoins de ce qu’ils vivent et essaient de faire.

 

          La Mission Etudiante Catholique a relayé cette demande auprès des aumôneries universitaires. C’est ainsi que le 1er juillet 2001, vingt étudiants prenaient le bateau à Marseille.

 

          Le séjour commence par quatre jours d’Université d’Eté. Trente étudiants algériens accueillent les étudiants français le soir, chez eux, en famille ; soir et matin, tous circulent en transport en commun, en profitent pour se balader dans Alger, participent à des fêtes. L’Université d’Eté aborde successivement quatre thèmes : l’histoire de l’Algérie et notre histoire commune ; l’économie algérienne et les questions d’hydrocarbures, de développement ; religion et société ; les jeunes dans la société algérienne. Un étudiant français et un étudiant algérien prennent chacun la parole dix minutes, puis un intervenant qualifié fait un exposé suivi d’un échange. Il y a des moment de débats chauds ! A midi, on mange dans les fast-foods des alentours. Le dernier jour, nous partons avec deux bus à Tipaza, pour visiter les ruines romaines et une partie de plage l’après-midi sur la belle plage du Chenoy.

 

          Chacun se disperse ensuite dans des directions différentes pour huit jour d’immersion. Au maximum deux étudiants dans le même lieu, soit dans une famille, soit pour participer à une action avec d’autres jeunes algériens : l’animation d’une colonie, donner des cours de français, à Oran, Sidi Bel Abbès, Ghardaïa, Ouargla, Alger, Constantine, Khenchela, Tebessa …

 

 « Avec ma valise et mon sac à dos, j’étais très chargée. A mesure que j’approchais du petit village où m’attendait ma famille d’accueil, je réalisais que j’étais bien encombrée alors que j’allais chez des gens modestes. Chez les sœurs venues me chercher à la station de taxis collectifs, je fais un tri douloureux pour ne garder que ma valise. Mais voilà que quand je prends la dite valise pour partir, elles me disent : tu prends un sac de plastique avec l’essentiel, pas plus ! Il n’y avait effectivement que l’essentiel dans cette famille. Nous avons partagé l’essentiel, le mien et le leur. Ce fut une semaine formidable ! »

 

          Que de choses à se raconter quand on se retrouve à Alger ! Le texte de la Samaritaine sert de canevas à notre relecture (demander à boire au puits de l’autre, franchir des barrières culturelles ou religieuses, chercher l’eau vive, adorer en esprit et en vérité …). Grand couscous avec les étudiants de l’Université d’Eté. Stupéfaction quand, pour le 14 juillet à l’Ambassade de France à Alger, où tout le monde vit comme dans un blockhaus, nous racontons toutes nos rencontres ! Encore une après-midi avec des associations d’Alger qui nous révèlent encore d’autres aspects. On vérifie une dernière fois qu’on a bien les e-mails des uns des autres. Hop dans le bateau. Retour vers la France, pour dire que l’Algérie a aussi de splendides et paisibles visages, qu’il ne faut pas que le bruit d’un arbre qui tombe empêche de voir toute une forêt qui pousse. Vive l’Algérie !

 

          Vive aussi l’Eglise d’Algérie, qui nous a permis de réaliser tout cela, grâce à ses liens dans tous les milieux. Elle a fait l’interface, pour trouver l’Institut Universitaire avec qui réaliser l’Université d’Eté, les familles d’accueil, des lieux d’immersion dans toute l’Algérie. Elle s’est donnée à rencontrer en attitude de service, facilitant la rencontre entre français et algériens, entre étudiants des deux rives, entre chrétiens et musulmans.

 

          En célébrant l’Eucharistie avec les étudiants, la veille du départ, Mgr Teissier archevêque d’Alger disait que quand on va réellement à la rencontre de l’autre, on sent à un moment que quelque chose ne nous appartient plus, que ce qui est engagé appartient aussi à l’autre. On ne peut plus retirer ses billes et rentrer en disant que c’est fini.

Il y a maintenant vingt étudiants français dont une partie du cœur habite, appartient, est liée … à l’Algérie et aux algériens.

Michel Guillaud - Lyon



         


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N’oubliez pas de vous abonner ou de vous réabonner. L’abonnement annuel comprend quatre lettres par an et débute le 1er janvier de chaque année. Participation aux frais : 10 Euros (65,60 F) à l’ordre de l’A.R.E.C. (CCP 2629 91 R Paris, à expédier au SRI). D’avance merci.

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