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Française) - 71, rue de Grenelle, 75007
PARIS
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Dans le cadre de l’année du dialogue
des civilisations décidé par l’Organisation des Nations Unies, un colloque sur
Saint Augustin s’est déroulé en Algérie sur le thème «Africanité et
Universalité». Organisé par le Haut Conseil Islamique d’Algérie,
l’Université augustinienne de Rome et l’Université de Fribourg, il s’est
déroulé du 1er au 7 avril d’abord à Annaba et ensuite à Alger. Plus
d’une centaine d’historiens, d’archéologues et de théologiens européens et
arabes étaient réunis pour retrouver le sillage de celui qui est manifestement
un trait d’union entre le Maghreb et l’Occident. Augustin l’Africain est un enfant du
pays, né en 354 dans l’est algérien à Thagaste, actuellement Souk-Ahras, d’un
père romain et d’une mère berbère. Sa conversion, après une vie de plaisirs
loin de Dieu, le ramena sur cette terre d’Afrique. Il y devint Evêque de la
ville d’Hippone où l’on voit encore les ruines de sa basilique. Si parfois on a regardé Saint Augustin
comme un symbole du colonialisme, du fait de sa filiation paternelle, le
gouvernement algérien et le Haut Conseil Islamique se sont résolument situés en
regardant l’apport positif de Saint Augustin pour la pensée universelle. Ses «Confessions»
permettent de comprendre cet itinéraire tumultueux et prodigieux à la fois.
Devenu chrétien, ayant accédé à l’Episcopat, Augustin marqué par des années
d’études et de réflexion philosophiques, va livrer une pensée qui marquera
fortement le christianisme. Dans l’une de ses œuvres majeures, il met en
opposition la «Cité de Dieu» et les prétentions de la Cité païenne
où le désir, la jouissance et le profit sont rois. Son rayonnement marquera
l’ensemble du bassin méditerranéen et plus largement l’ensemble de l’occident
chrétien. Quelques traits significatifs de sa
pensée sont de nature à apporter des lumières à l’homme moderne: C’est
ainsi qu’il ouvrit une page importante de la réflexion de l’Eglise sur les
rapports entre la foi et la raison: «Dieu ne saurait haïr en nous la raison par laquelle il nous a rendu
supérieurs aux autres êtres vivants». Aussi sa démarche est en
opposition avec toute interprétation obscurantiste et servile de la foi chrétienne.
Enraciné profondément dans sa foi, marqué par l’étude et la méditation des
textes bibliques, Augustin rappelle l’indispensable liberté de la réponse de
l’homme en face de la proposition de la foi. Souvent à la recherche des
défavorisés ayant besoin de soutien, il exprima ce souci des pauvres et de la
Justice sociale dans de nombreux écrits. En annonçant
ce Colloque, le Président Boutéflika exprima avec lyrisme l’admiration que
suscite la personne de Saint Augustin:«
Augustin traitait une question de droit comme un avocat de Rome, une question
d’exégèse comme un docteur d’Alexandrie. Il argumentait comme un philosophe
d’Athènes. Il racontait une anecdote comme un bourgeois de Carthage» Dans la
presse algérienne, des dizaines d’articles ont été publiés manifestant
l’intérêt que ce colloque a suscité chez de nombreux algériens. Le colloque a
mis en lumière la pensée philosophique d’Augustin ainsi que son algérianité.
Selon l’expression employée par le recteur du sanctuaire d’Hippone: «Augustin peut être un pont entre les
Algériens et les Arabes chrétiens du Moyen-Orient, un pont entre les chrétiens
et ce grand peuple qui n’a pas peur de l’enfant de Tagaste». Monseigneur Teissier, l’Archevêque
d’Alger, a rappelé un aspect de son message spirituel: pour Augustin,
comme d’ailleurs pour le célèbre juriste musulman Mawardi, bâtir la cité de
Dieu, c’est laisser faire l’œuvre de Dieu dans le cœur des hommes. Sur l’une et
l’autre rive de la Méditerranée on ne peut pas ignorer Saint Augustin. De même qu’on
ne peut pas ignorer Ibn Arabi ou Ibn Khaldoun. Les richesses spirituelles et
intellectuelles qui sont le fruit de nos civilisations font partie du
Patrimoine commun de l’Humanité. Il existe
actuellement de nombreuses manifestations culturelles en Algérie. Celle-ci a
une place particulière par sa hardiesse et sa volonté de dialogue. Le colloque
fut un temps fort du dialogue entre chrétiens et musulmans. Michel Serain |
Au lendemain de la visite du Pape Jean-Paul II à la grande
mosquée de Damas en Syrie, une centaine de chrétiens et de musulmans se sont
retrouvés à la mosquée de Valence, à Fontbarlettes, autour de Mgr Didier-Léon
Marchand, notre évêque, et de l’Imam Ahmed Belabed.
Nous étions ensemble pour un temps de prière et de
méditation entre « frères dans la foi au Dieu d’Abraham ». Un moment
rare, symbole d’un dialogue islamo-chrétien plus que jamais nécessaire à notre
époque où nous croisons quotidiennement des hommes, des femmes et des enfants
qui se réfèrent à l’islam dans notre pays.
Après le mot de « bienvenue » souhaitée par le
président de l’association islamique, un chrétien a lu un extrait de la
première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens sur l’amour fraternel (13,1
à 8). L’évêque de Valence s’est alors adressé à l’ensemble des croyants
en citant le concile Vatican II et le Pape à Damas pour les exhorter à vivre
sous le regard de Dieu, Créateur et tout puissant en miséricorde. Ensemble,
chrétiens et musulmans ont à travailler pour la paix, la justice sociale, la
liberté, les valeurs morales, pour le bien de l’humanité.
Puis l’Imam Ahmed Belabed a commenté quelques versets du
Coran qui rappellent aux croyants qu’ils ont à œuvrer pour la paix et à
éliminer les causes de la guerre et des conflits. Tel est le message répété par
tous les prophètes de tous les temps, au nom du Dieu unique.
Dans une ambiance de recueillement et d’émotion partagée,
les chrétiens ont alors récité une prière du Notre Père, suivie de la psalmodie
de la Fatiha, la première sourate du Coran, par nos amis musulmans.
Une prière de conclusion prononcée par l’évêque de Valence
fut suivie d’un moment sympathique autour d’un thé à la menthe et de quelques
friandises offertes par nos hôtes.
Sur le chemin de la rencontre et du dialogue entre chrétiens
et musulmans (cf. le document des Evêques de France à Lourdes 98), ce lundi 7
mai est à marquer d’un caillou blanc dans notre diocèse.
Père
Roger Michel
Quelques extraits de l’intervention de Mgr Marchand :
(…) C’est avec reconnaissance que je loue le Dieu
tout-puissant pour cette rencontre d’aujourd’hui, comme pour la rencontre
d’hier avec le Pape Jean-Paul II à la mosquée Omeyyade en Syrie. Ces rencontres
sont des gestes pleins de signification pour nos deux religions et j’ose dire
aussi pour la grande famille humaine. C’est dans l’esprit du dialogue
interreligieux que nous le faisons. C’est dans un souci de respect mutuel de
nos deux traditions musulmane et chrétienne.
Nous adorons Dieu Créateur et tout puissant en miséricorde.
Nous lui rendons grâce pour ses innombrables bienfaits et nous souhaitons que
cette rencontre manifeste la foi de chaque communauté. Nous souhaitons vivement,
comme le disait hier Jean-Paul II à Damas, que nos deux communautés religieuses
se comportent comme « des
communautés engagées dans un dialogue respectueux et plus jamais comme des
communautés en conflits », ce qui a souvent été ressenti comme tel. Et le Pape ajoutait : « il est capital d’enseigner aux jeunes les
chemins du respect et de la compréhension, afin qu’ils ne soient jamais
conduits à faire un mauvais usage de la religion elle-même pour promouvoir ou
justifier la haine et la violence ». C’est dans cet esprit que nous désirons, nous Chrétiens,
travailler avec vous, Musulmans, ensemble pour la Paix, la justice sociale, la
liberté, les valeurs morales. Nous devons œuvrer pour le bien de l’humanité.
(…)
(…) Nous tournant les uns vers les autres, Chrétiens et
Musulmans, dans le respect mutuel, la fraternité et l’amitié, nous pourrons encore
mieux nous tourner vers le Tout Puissant, afin qu’il nous bénisse et nous garde
dans sa Paix.
Une rencontre assez exceptionnelle a eu lieu le samedi 7 avril
2001 après-midi à l’église Jeanne d’Arc, dans le cadre du dialogue
interreligieux.
Mohamed Khouttoul, responsable régional de Terres d’Europe et
le Père Christophe Panis, étaient à l’origine de cette initiative. Le thème
« Réconciliation, Pardon, Amour » convenait pour une période de
Ramadan ou de Carême. Le temps de la préparation a conduit les organisateurs à
choisir la fin du Carême.
Trois personnes étaient invitées pour une
conférence-débat : Emile Moatti juif, délégué général de la Fraternité
d’Abraham, Michel Lelong prêtre catholique et Cheikh Khaleb Bentounès, maître
spirituel soufi. Plus de 500 personnes étaient présentes parmi lesquelles de
nombreux jeunes musulmans et tout un car venu de Paris. Chacun des trois
conférenciers a développé le thème de la rencontre à partir de sa tradition
religieuse. Pour les juifs, le livre de la Genèse montre Abraham appelé à
quitter son pays pour devenir une source de bénédiction pour toutes les
familles de la terre. Ce livre se termine par l’admirable pardon de Joseph à
ses frères. Pour les chrétiens, le pardon est au cœur de leur foi, c’est la
prière du Notre Père, c’est l’appel à se réconcilier avant d’apporter son
offrande à l’autel, c’est l’appel à aimer ses ennemis. Pour les musulmans, Dieu
est le Miséricordieux. Pardonner à l’autre, c’est se débarrasser d’un poids
énorme. Ne pas se réconcilier, c’est une souffrance terrible. Celui qui
pardonne n’a rien à perdre et tout à gagner. Il faut se hâter de soigner les
conflits par la réconciliation et le pardon. C’est urgent.
Le débat fit apparaître un large accord des participants. Pour
se réconcilier, il faut se connaître, se parler de manière franche en étant à
la fois fidèle à ses croyances et totalement respectueux de l’autre, en
reconnaissant à la fois les divergences et les convergences. La connaissance
des autres religions nous aide à approfondir notre propre foi. La
méconnaissance de l’autre mène à l’intégrisme et à la violence. La laïcité à la
française favorise la rencontre entre les différentes traditions religieuses.
Le Coran invite les gens du livre au dialogue. Le Père Lelong
insiste sur notre fond commun : notre foi en Dieu le Créateur de tous.
Celui qui a parlé aux hommes. Les mêmes valeurs morales de base sont rappelées
par les prophètes des trois religions. Tout ce qui ouvre aux autres va dans le
bon sens.
Il a été beaucoup question de Jérusalem, actuellement à feu et
à sang. Il ne peut y avoir de vraie réconciliation sans recherche de la justice
pour tous, sans respect du droit de chacun. Jérusalem, c’est la capitale de
deux peuples et la ville sainte pour les croyants des trois religions.
Le mot de la fin revint au Père Christophe Panis : « La conclusion de cette rencontre,
c’est une existence quotidienne vécue dans la fraternité universelle ».
Du 19 au 24 avril, Monseigneur Michel Sabbah est venu en France pour
participer aux Assises de « Pax Christi - international» dont il est
le Président. Ce passage fut l’occasion de plusieurs rencontres dont l’importance
ne peut échapper du fait des événements actuels en Palestine-Israël. Avec
quelques membres de l’Episcopat catholique, à l’UNESCO, au Ministère des
affaires étrangères devant de hauts fonctionnaires ou lors de rencontres avec
différents groupes confessionnels ou non, Monseigneur Sabbah a présenté la
situation actuelle et les perspectives dans lesquelles il faudrait se mettre
pour obtenir un retour à la Paix. Son passage en France s’est clôturé le 23
avril par une conférence publique donnée à l’Institut Catholique de Paris.
Depuis longtemps,
Monseigneur Sabbah rappelle : « Il n’y a pas de paix possible sans la
Justice ». C’est surtout dans le remarquable document publié en 1998
« Recherche la Paix et poursuis là » qu’il exprima cette conviction.
Chrétien Palestinien, solidaire avec son peuple souffrant et humilié,
Monseigneur Sabbah analyse la situation et montre les impasses par lesquelles
le processus de Paix est stoppé actuellement et le pays paralysé.
Sa demande est
principalement celle d’un dialogue des Croyants pour favoriser le droit de
vivre en Paix pour tous. S’il y a un traité de Paix, il faudra encore « le
transférer dans les cœurs ». Car actuellement on en est loin.
« L’oppression qui continue à l’égard du Peuple Palestinien en est la
cause ». Il s’agit essentiellement d’un respect des personnes qui
permettrait de prendre de la distance par rapport aux idéologies partisanes
faciles qu’elles soient religieuses ou non.
Monseigneur Sabbah a demandé
également que l’Eglise qui est à Jérusalem, l’Eglise-Mère, soit mieux connue
dans ses institutions et dans ce qu’elle vit. Venant de ces chrétiens de
Palestine, cette recherche de la Vérité dans l’analyse des événements et la
volonté d’un respect radical de toutes les personnes constituent un message évangélique
particulièrement fort, message qui concerne l’ensemble des Eglises. Il a
également exprimé le besoin d’un soutien afin que cette Eglise puisse continuer
à remplir sa Mission.
Ils étaient nombreux ce
samedi 19 mai 2001 réunis dans une salle municipale, à réfléchir sur un thème
fort actuel : « Une âme pour l’Europe ». A l’initiative de
l’association « Approches 92 », les organisateurs relevaient ainsi un
double défi.
Tout d’abord, que peut-il y
avoir en commun entre l’échelon des politiques européennes qui se décident en
de très hauts lieux et les problèmes quotidiens de nos cités ? La gageure
a été assumée par Fouad Immarraine et Samia Said, musulmans, responsables
d’association ainsi que par deux intervenants chrétiens, Christine Fontaine et
Gilles Couvreur. Un mot prononcé à la fois par deux orateurs peut être un fil
rouge pour la réflexion . Les banlieues sont un laboratoire pour
l’Europe : le brassage des diversités et des origines invitant à ouvrir
les chemins d’une convivialité respectueuse des différences. Par ailleurs, la
présence simultanée de croyants musulmans et chrétiens les appelle à forger une
âme pour l’Europe. Cependant, on ne peut accepter que la maison
« Europe » soit construite sans nous et que la religion ne fournisse
à l’édifice qu’un supplément d’âme. Au contraire, nos spiritualités doivent
prendre part à la construction européenne, elle-même, en particulier dans ses
choix économiques et sociaux (priorité aux pauvres, refus d’une société à deux
vitesses, etc.). Le second défi associait musulmans et chrétiens dans la même
mémoire d’un assassinat, celui des Moines de Tibhirine : en présence de
trois moines de Bellefontaine, dont le Père Abbé, chrétiens et musulmans des
Hauts-de-Seine s’associèrent dans une même prière.
En ce dernier lundi de mai
les portes du monastère étaient largement ouvertes. Afin de se recueillir à la
mémoire des frères de Tibhirine, un groupe important de chrétiens et de
musulmans s’est retrouvé autour de Monseigneur Henri Teissier, Archevêque
d’Alger. Le diocèse de Valence, la région, étaient bien présents. Un groupe de
jeunes soufis a ouvert la rencontre par leurs chants à la gloire de Dieu et du
Prophète de l’Islam. Monsieur A. Guiderdoni s’est fait l’apôtre de la
diversité, de l’unité et de la rencontre. Des frères du monastère chantèrent à
leur tour des litanies à la gloire de Dieu. Ce fut dans ce recueillement
général que Monseigneur Teissier nous parla du récent colloque voulu par les
autorités algériennes sur Saint Augustin. Rejoignant le thème de la rencontre
« Universalisme et exclusivisme », il apporta des raisons d’espérer,
des signes d’ouverture et de réveil des consciences. Même si dans l’immédiat
les moines résidant à Alger ont regagné Aiguebelle, l’avenir reste ouvert. Le
Père A. Barbeau conclut la rencontre et c’est autour du thé à la menthe préparé
et servi par nos amis maghrébins que les échanges se poursuivirent.
Lourdes attire des chrétiens
de diverses confessions et des croyants d’autres religions. C’est un fait. Il a
donc paru bon à l’Evêque de Tarbes et de Lourdes d’organiser un colloque qui a
réuni 120 personnes dans le célèbre sanctuaire marial, les 7 et 8 juin 2001.
Avec l’aide de quelques grands témoins, nous avons écouté et exprimé diverses
expériences et points de vue sur « Marie dans le dialogue œcuménique et
dans les relations inter-religieuses », sous la présidence du Cardinal
Francis Arinze (Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue
Interreligieux). Etonnant de voir ainsi, près de la grotte de Lourdes, des
chrétiens de toutes confessions côtoyer un rabbin, des musulmans, des
bouddhistes et des hindous. Conférences, carrefours, tables rondes, auditions
d’œuvres musicales et représentations de Marie dans l’iconographie orientale et
occidentale se sont harmonieusement succédés. Marie, la Mère de Jésus,
pourrait-elle favoriser la rencontre entre les hommes à l’aube du troisième
millénaire ? Colloque suggestif, actualisant le projet ecclésial exprimé
dans la déclaration conciliaire Nostra Aetate sur l’Eglise en rapport
avec les autres religions, sous le regard de la Mère du Sauveur.
+ Session d’Ergersheim 2001
Du jeudi 2 au 5 août, à
l’Abbaye cistercienne Notre Dame d’Altbronn à Ergersheim (67). Thème des
journées : « Jésus dans le Coran et les Commentaires
Coraniques », avec Ove ULLESTAD, théologien protestant à Strasbourg et
Mohammed LATAHY, aumônier musulman des hôpitaux Universitaires de Strasbourg.
Contact : Nicole BENOIT : 03 88 36 86 51. Email : nibenoit@ics.u-strasbg.fr
* UNE NOUVEAUTE *
*
Alex
et Hélène BRICET rééditent sur disquette (Microsoft Word) « Hôte de Dieu, Sois le Bienvenu ! A la rencontre des
musulmans». Un travail précieux en 16 chapitres sur l’islam et les
musulmans et 7 chapitres sur le dialogue entre chrétiens et musulmans.
Disponible au SRI pour 25 F (port en sus).
- REVUE -
* « Chemins de dialogue »
Le
n° 17 vient de paraître. Un important dossier concerne « la
non-dualité : bouddhisme et christianisme ». Il s’agit du fruit d’un
colloque qui s’est tenu au Centre Théologique de Meylan. Un autre dossier
propose de « nouveaux regards sur Jésus » : Jésus, le juif par
Charles Perrot. Comment les hindous considèrent-ils Jésus-Christ par Michaël
Amaladoss. Eléments d’une christologie coranique par Abd-al-Haqq Guiderdoni. On
lira également avec intérêt le témoignage d’Henri Sanson sur l’Eglise
d’Algérie.
- VIDEO
-
* « Merci Pierre »
Documentaire de 52 mn,
réalisé par Boualem Kamel avec la collaboration du diocèse d’Oran produit par
Adonide, maison de production algérienne.
En hommage à Mgr Pierre Claverie, ce film réalisé par
un algérien donne de nombreux témoignages des amis musulmans et chrétiens de
l’évêque et montre les images de victimes du terrorisme dont Alloula, Hasni,
Bakhti, Liabès, Mekbel, Hammadi. Il rend ainsi hommage à tous ces algériens,
quelle que soit leur condition et leur religion, victimes de la barbarie
islamiste.
Discours
du pape Jean-Paul II lors de la
rencontre avec la communauté musulmane à Damas Le dimanche 6 mai,
après la visite à la Mosquée des Omeyyades à Damas, où subsiste un monument en
mémoire de saint Jean-Baptiste, le Pape Jean-Paul Il a rencontré des
représentants de la communauté musulmane. Il leur a adressé un discours. Nous
en publions le texte[1]:
CHERS AMIS MUSULMANS, As-salâmu ‘alaikum! 1. Du fond de mon cœur, je loue Dieu le Tout-Puissant
pour la grâce de cette rencontre. Je vous suis très reconnaissant de
m’accueillir chaleureusement, dans la tradition d’hospitalité si chère au
peuple de cette région. Je remercie particulièrement le Ministre des Waqfs et
le Grand Mufti pour leurs vœux courtois, traduisant la grande aspiration à la
paix qui emplit les cœurs de tout peuple de bonne volonté. Mon pèlerinage
jubilaire a été marqué par d’importantes rencontres avec des chefs musulmans
au Caire et à Jérusalem, et je suis maintenant profondément touché d’être votre
hôte ici-même dans la grande Mosquée des Omeyyades, si riche en histoire
religieuse. Votre terre est chère aux chrétiens: ici notre religion a connu des
périodes vitales pour sa croissance et son développement doctrinal. Ici se
trouvent des communautés chrétiennes qui ont vécu en paix et en harmonie avec
leurs voisins musulmans pendant des siècles. Enseigner
les chemins du respect et de la compréhension 2. Notre rencontre se tient tout près du lieu que les chrétiens et les
musulmans vénèrent comme la tombe de Jean le Baptiste, connu sous le nom de
Yahya dans la tradition musulmane. Le fils de Zacharie est une figure de première
importance dans l’histoire de la chrétienté, car il était le Précurseur qui a
préparé le chemin pour le Christ. La vie de Jean, toute consacrée à Dieu, fut
couronnée par le martyre. Que tous ceux qui vénèrent sa mémoire ici soient
illuminés par son témoignage, afin qu’ils puissent comprendre — et nous aussi —
que la grande tâche de la vie est de chercher la vérité de Dieu et sa justice! Notre rencontre dans ce lieu renommé nous rappelle
que l’homme est un être spirituel, appelé à reconnaître et à respecter le
primat absolu de Dieu sur toutes choses. Pour nous, chrétiens et musulmans, la
rencontre avec Dieu dans la prière est la nourriture nécessaire de nos âmes,
sans laquelle nos cœurs se flétrissent et notre volonté ne lutte plus pour le
bien mais succombe au mal. 3. Les musulmans et les
chrétiens honorent pareillement leurs lieux de prière, oasis où ils rencontrent
le Dieu Miséricordieux dans leur voyage vers la vie éternelle, et où ils
rencontrent leurs frères et leurs sœurs en religion. Lorsqu’à l’occasion de
mariages, de funérailles ou d’autres célébrations, chrétiens et musulmans
demeurent dans un silence respectueux de la prière de l’autre, ils portent
témoignage de ce qui les unit, sans masquer ou nier ce qui les séparent. C’est dans les mosquées ou les églises que les communautés musulmanes
et chrétiennes ont façonné leur identité religieuse, et c’est en leur sein que
les jeunes reçoivent une part importante de leur éducation religieuse. Quel
sens de l’identité insuffle-t-on chez les jeunes chrétiens et chez les jeunes
musulmans dans nos églises et nos mosquées? Je souhaite ardemment que les
responsables religieux et les professeurs de religion, musulmans et chrétiens,
présentent nos deux importantes communautés religieuses comme des communautés
engagées dans un dialogue respectueux
et plus jamais comme des communautés en conflit. Il est capital
d’enseigner aux jeunes les chemins du respect et de la compréhension, afin
qu’ils ne soient pas conduits à faire un mauvais usage de la religion elle-même
pour promouvoir ou pour justifier la haine et la violence. La violence détruit
l’image du Créateur dans ses créatures, et elle ne devrait jamais être
considérée comme le fruit de convictions religieuses. Le
dialogue interreligieux se vit au
quotidien 4. J’espère
vraiment que notre rencontre d’aujourd’hui à la Mosquée des Omeyyades sera le
signe de notre détermination à faire progresser le dialogue interreligieux de
l’Église catholique et de l’islam. Ce dialogue s’est accru lors des récentes
décennies; et nous pouvons aujourd’hui manifester notre reconnaissance pour la
route qu’aussi loin nous avons parcourue ensemble. Au plus haut niveau, le
Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux représente l’Église
catholique dans cet effort. Depuis plus de trente ans, le Conseil envoie un
message aux musulmans à l’occasion de l’Id
al-Fitr à la clôture du Ramadan, et je suis très heureux que ce geste ait
été bien accueilli par de nombreux musulmans comme un signe d’amitié croissante
entre nous. Ces dernières années, le Conseil a mis en place un comité de
liaison avec des Organisations islamiques internationales, et aussi avec
l’Université al-Azhar en Egypte, que
j’ai eu le plaisir de visiter l’an dernier. Il est important que musulmans et chrétiens continuent
à explorer ensemble les questions philosophiques et théologiques, afin de
parvenir à une connaissance plus objective et plus approfondie de leurs
convictions religieuses respectives. Une meilleure compréhension mutuelle
conduira sûrement, sur le plan pratique, à une nouvelle manière de présenter
nos deux religions non pas en opposition, comme cela est advenu trop souvent
par le passé, mais en partenariat pour le bien de la famille humaine. Le dialogue interreligieux est plus efficace
lorsqu’il jaillit de l’expérience d’une « vie partagée avec l’autre » au
quotidien, à l’intérieur d’une même communauté et d’une même culture. En
Syrie, chrétiens et musulmans ont vécu côte à côte pendant des siècles, et le
riche dialogue de vie s’est poursuivi sans interruption. Chaque personne et
chaque famille connaissent des moments d’harmonie, et d’autres moments où le
dialogue s’interrompt. Les expériences positives doivent fortifier nos
communautés dans l’espérance de la paix; et les expériences négatives ne
devraient pas ruiner cette espérance. Chaque fois que les musulmans et les
chrétiens se sont offensés les uns les autres, nous avons besoin de rechercher
le pardon qui vient du Tout-Puissant et de nous offrir mutuellement ce pardon.
Jésus nous enseigne qu’il nous faut pardonner les offenses des autres pour que
Dieu puisse nous pardonner nos péchés (cf. Mt 6,14). Comme membres de l’unique famille humaine et comme
croyants, nous avons des obligations quant au bien commun, à la justice et à la
solidarité. Le dialogue interreligieux conduira à des formes variées de coopération,
particulièrement en répondant à notre devoir de prendre soin du pauvre et du
faible. Tels sont les signes que notre adoration de Dieu est véritable. 5. Alors
que nous nous frayons un chemin à travers l’existence vers notre destinée
céleste, nous, chrétiens, nous sentons la présence de Marie, la Mère de Jésus
; l’islam aussi rend hommage à Marie et l’honore, elle qui est « choisie
de préférence à toutes les femmes de l’univers» (Coran, 3,42). La Vierge de Nazareth, la Dame de Saïdnaya, nous a enseigné que Dieu
protège les humbles et « disperse les superbes » (Lc 1,51). Puissent
les cœurs des musulmans et des chrétiens se tourner les uns vers les autres
avec des sentiments de fraternité et d’amitié, pour que le Tout-Puissant nous
bénisse avec la paix que seul le Ciel peut donner! Au Dieu Un et Tout-Puissant,
louange et gloire pour l’éternité. Amen. |
- LIVRES -
+ «Ils disent que je suis une beurette»
Soraya NINI, éditions Fixot, 1993, 258 p.
Une famille algérienne de la cité « Le
Paradis » près de Toulon. La vie est rythmée par les traditions, les trois
garçons font la loi, les quatre filles obéissent. Soraya se bat pour faire
admettre ce qu’elle est : tiraillée entre ses désirs et les valeurs que
les parents veulent transmettre, une jeune fille entre deux cultures. Pour
conquérir le droit de vivre comme les filles de leur âge, elle et ses sœurs se
serrent les coudes, les parents ne comprennent pas ce monde qui les entoure. Il
en a été fait une adaptation cinématographique « Samia » sortie en automne
2000.
+ «Femmes musulmanes, rencontre
ici et là-bas»
Josiane CRISCUOLO, Chroniques Sociales, 2001, « Comprendre les
personnes », 120 p.
Ce livre n’est pas une interprétation ou un jugement
mais une restitution des propos des femmes musulmanes. Recueil de témoignages,
histoires de vies. Permettre une meilleure connaissance pour sortir des clichés
et des idées reçues.
+ «Les filles de l’autre voie – témoignages de femmes américaines
converties à l’islam»
Carol L. ANWAY, Al-Attique
Publishers Inc …, Canada, 1999, 270 p.
Témoignages de 53 femmes qui ont choisi l’Islam. Ce
livre révèle quelques unes des raisons et des pensées profondes qui les ont
conduites vers un nouveau cheminement de vie spirituelle. L’auteur nous apporte
l’histoire de sa relation avec sa fille convertie.
+ «L’Algérie au cœur – une Epiphanie de notre Eglise d’Algérie»
Jean Yahia FRANCHIMONT, préface de Mgr Teissier, Librairie des Trois
Jumeaux (ZAE Saints Geomes, 52203 Langres), 2001, 144 p.
Ayant acquis la nationalité algérienne dans le cadre
des accords d’Evian, l’auteur a tout connu de l’Algérie contemporaine. Prêtre, « éducateur
né », il a été au service des jeunes de la Casbah d’Alger et enseignant
dans les montagnes du Jijel. « Le
récit des événements que nous raconte le Père Franchimont, écrit Mgr
Teissier, exprime en son sommet la
vocation de notre Eglise, envoyée hors frontières ecclésiales pour un partage
avec une société musulmane ».
+ «Par-delà le voile, femmes d’Islam
en Europe»
Nadine B. WEIBEL, éditions Complexes, 2000, 215 p.
Des jeunes musulmanes tentent de vivre les principes
d’un islam scrupuleux qu’elles associent à la modernité. Les règles
vestimentaires, comportementales, imposées n’entravent pas un dynamisme de
femmes actives décidées à s’investir socialement. Elles redéfinissent leur
identité féminine et réactualisent au cœur de l’Europe des repères séculaires.
C’est à cette exploration que convie cet ouvrage.
+ «La question du Hijab»
Mortada MOTAHARI ,
éditions Al Bouraq, 2000, 175 p.
Le port du voile pose des questions. L’auteur
s’appuyant sur le Coran et des Hadith-s essaye de mettre un terme à bien des
confusions et de faire connaître la réalité de l’enseignement du Prophète.
+ «Au-delà de la tolérance – La rencontre des religions»
Dennis GIRA, éditions
Bayard, 2001, 170 p.
Dialoguer, ce n’est évidemment pas tout rejeter, mais
ce n’est pas non plus tolérer uniformément. L’auteur propose un modèle exigeant
de dialogue qui exclut la tolérance molle.
Les chrétiens et la guerre d’Algérie
Les documents consacrés à la
guerre d’Algérie ne datent pas d’aujourd’hui, y compris ceux livrant les
réflexions des chrétiens confrontés à une guerre qui ne disait pas encore son
nom. Quelques essais de référence, indisponibles depuis des années sont
actuellement réédités. De l’action de Mgr Léon Etienne Duval à celle du peuple
chrétien, civils et militaires, plusieurs ouvrages reviennent sur le
dossier :
+ «Algérie – Les chrétiens et la torture 1954-1962»
Dossier
publié par le magazine Histoire du
Christianisme, N° 6, mars 2001, p. 32-89, 69 F.
Excellente présentation, rappel des faits et commentaire des documents publiés par les chrétiens sur ce sujet.
+ «Au nom de la vérité, Algérie 1954-1962»
Cardinal Léon-Etienne DUVAL, préface de Jean Offredo, textes présentés
par Denis Gonzalez vicaire général du Cardinal Duval et André Nozière, éditions
Albin Michel, collection Espaces libres, 198 p., 45 F.
Premier témoin, le Cardinal Léon-Etienne Duval. Ce
haut-savoyard avait été nommé Archevêque d’Alger en 1954, quelques mois avant
le début des « événements ». Dans la tourmente algérienne, celui que
ses ennemis surnommeront « Mohamed Duval » prendra parti haut et fort
contre la torture et pour la dignité de l’homme. Les éditions Albin Michel
proposent, en collaboration avec les éditions Cana, un recueil de ses
communiqués, homélies, déclarations et lettres adressées parfois aux plus hautes
autorités de l’Etat et aux gradés de l’armée. La première édition datait de
1982. Dans sa préface, son éditeur, le journaliste Jean Offredo, rappelle que
Léon-Etienne Duval est mort le 30 mars 1996. Il venait d’apprendre le martyre
des moines de Tibhirine. Une cérémonie d’obsèques commune les a réunis à
Notre-Dame d’Afrique.
+ «Les chrétiens dans la guerre»
André
NOZIERE, préface de René Rémond, éditions Cana, 328 p., 149 F.
Le second ouvrage est l’œuvre d’un historien, André
Nozière, qui fut aussi appelé dans le contingent pendant la guerre, avant de
revenir en Algérie comme professeur de 1967 à 1974. La réédition des
« Chrétiens dans la guerre » paru en 1979, préfacée par René Rémond,
est complétée par de nouvelles informations concernant le rôle des
organisations et mouvements se réclamant de l’Eglise, ou considérés comme tels
pendant la guerre. La figure de Monseigneur Duval s’y détache une nouvelle
fois. « Le jugement des chrétiens, souligne
René Rémond, a évolué plus vite que celui
de leurs concitoyens ». Ce livre est considéré comme le plus complet
sur un sujet qui continue bien souvent encore à diviser ceux qui ont vécu ces
événements.
+ «L’aumônerie militaire»
Xavier BONIFACE, éditions du Cerf, 500 p., 250 F.
Très précisément, le rôle de
l’aumônerie militaire française est un des chapitres à parcourir sous l’angle
des relations entre les Eglises et l’Etat, une instance religieuse et une
institution publique. Un historien, Xavier Boniface, professeur à l’université
du Littoral-Côte d’opale, publie une somme sur l’aumônerie militaire de la
Grande Guerre à la fin de la guerre d’Algérie, en 1962, regroupant catholiques,
protestants et juifs. L’assistance spirituelle des soldats adeptes de l’islam
posera problème. Préfacé par Mgr Badré, qui a été vicaire aux armées, ce
parcours nuancé montre comment l’institution a été prise au dépourvu par les
enjeux moraux de la guerre d’Algérie comme guerre révolutionnaire.
Robert
Migliorini
Proposés aux familles
+ «Racontez-moi … l’Islam », éditions
Nouvelle Arche de Noë, 40 pages illustrées.
+ «Le racisme expliqué à ma fille», Somi NAIR, éditions du Seuil.
+ «L’immigration expliquée à ma fille», Tahar
BEN JELLOUN, éditions du Seuil.
+ «L’Islam expliqué à ma fille», Rochdy
ALILI, éditions du Seuil.
+ « Les religions expliquées à ma fille », Roger POLDROIT, éditions du Seuil.
+ « Les Dix Commandements », Mgr
Charles THOMAS, M. Dalil BOUBAKEUR, M.
le Rabbin SITRUCK, M.Alain MAMOU-MANI, éditions Albin Michel.
+ « L’Islam du VII au XVème siècle », collection Histoire
Junior.
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Voici des extraits du discours du Président Bouteflika à l’occasion de
la cérémonie d’ouverture du 1er Colloque International sur le
philosophe algérien "Africanité et Universalité" (in El Moudjahid du 02.04.01, pp. 6 et 7) « Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs, En accueillant cette rencontre, l'Algérie a voulu marquer sa contribution à l'année internationale du dialogue entre les civilisations, décidée par l'Organisation des Nations Unies, à l'initiative du Président Mohamed Khatami. (…) Je voudrais indiquer en quoi l'œuvre d'Augustin, de nos
jours, peut constituer l'une des passerelles pour établir, dans la diversité,
la concorde entre les sociétés humaines. Je veux saluer chaleureusement les éminents participants à
cette rencontre, dont beaucoup, parmi les hôtes étrangers, sont des amis de
l'Algérie. De vrais amis, ceux des bons jours comme des jours difficiles. (…) La diversité, depuis le commencement de l'Histoire, a
été la caractéristique de l'humanité. Pendant très longtemps elle a, certes,
suscité des rivalités, souvent violentes, mais qui s'accompagnaient toujours
d'un enrichissement réciproque qui fut le ressort essentiel du progrès humain. Aussi, il peut sembler quelque peu paradoxal qu'à notre
époque où l'éducation, les moyens de communication, d'informations, et les
échanges, se sont prodigieusement développés, à notre époque où les distances
sont abolies, où les menaces sur l'environnement font concrètement prendre
conscience de la solidarité objective et de l'interdépendance étroite de toutes
les sociétés humaines, il peut sembler paradoxal que l'on en soit à évoquer un
choc dévastateur de civilisations et que, souvent encore - et peut-être plus
que jamais par le passé - la culture de l’autre ne soit perçue, exclusivement,
que comme une menace pour soi. ( …) Sans doute, l'émergence, au cours des toutes dernières
décennies, de mouvements extrémistes violents, dévoyant le véritable enseignement
du Coran, a-t-il pu contribuer à accentuer la déformation des représentations
en Occident et à y aiguiser davantage la méfiance. ( …) Car - entreprise de domination - la colonisation s'est
accompagnée aussi très souvent, dans la culture occidentale, d'une
dévalorisation infériorisante, voire de la négation culturelle et du dépouillement
identitaire de l'Autre. ( …) Le dialogue entre les civilisations, si nécessaire,
doit ainsi être, pour nous musulmans. inséparable d'un dialogue avec
nous-mêmes, à l'intérieur de nos sociétés. Un dialogue qui, prenant appui sur
la leçon de nos erreurs anciennes et de nos convulsions récentes, s'attache à
réhabiliter l'Homme dans sa responsabilité vis-à-vis de son destin. Un dialogue
orienté vers la libération du champ des libertés et la revalorisation du
principe de raison, afin de nous ouvrir de nouveau à l’esprit scientifique et
de reprendre notre place dans la course au progrès universel. ( …) Quand l'Eglise reconnaît ses erreurs et sa responsabilité
dans des dérives de l'Histoire, quand des hommes de culture, des hommes de
science, des hommes de bonne volonté, simplement, dévoilent les errements et
les crimes de l'entreprise coloniale, les violences, les atteintes à la dignité
et aux droits élémentaires de L'Homme dont elle fut l'auteur à ses diverses phases,
quand des Juifs dénoncent le déni par Israël des droits légitimes du peuple
palestinien à une existence autonome dans un Etat national, et la répression
dont il est l'objet - quand des voix, de plus en plus nombreuses, s'élèvent
pour condamner les excès et les dangers d'une mondialisation vouée au culte
excessif du profit, insensible aux détresses des plus faibles qu'elle aggrave,
insoucieuse des dommages irréversibles qu'elle cause au patrimoine naturel commun.
Tout cela nous conforte dans notre détermination vis-à-vis de nous-mêmes. Et tout cela nous fait croire que l'amorce d'un vrai
dialogue entre les cultures et les civilisations, un dialogue franc et loyal
devient non seulement possible, mais que celui-ci peut, dans sa continuité,
aboutir à une pédagogie plus objective
et plus sereine de notre passé commun, si mêlé, si tourmenté et si riche, une
pédagogie à même d'éliminer la méfiance et les préjugés. Et que ce dialogue peut aboutir à partir des valeurs
communes, constituant le socle de l'universel, à tracer les voies de la convergence,
celles d'un avenir qui donne enfin son sens à la fraternité partout proclamée
des hommes, à la justice entre eux et à leur solidarité. Paru dans Revue De Presse, avril 2001, N° 454 - 5 |
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notre site internet : le-sri.com
Quelques documents ont
récemment été ajouté, notamment :
-
Une longue liste des sites
sur l’Islam (http://www.le-sri.com/sites_Islam.html)
-
Un traité sur des interdits
alimentaires par Abu Sahlieh (http://www.le-sri.com/Tabous.html)
[1] Texte original anglais publié dans l’Osservatore Romano des 7-8 mai. Traduction de la Salle de presse du Saint-Siège. Titre et sous-titres de la DC.
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