Juin 2000 |
CHANGEMENTS au S.R.I.Peut-être le savez-vous déjà, le frère Gwenolé JEUSSET n’a pas souhaité renouveler son mandat de secrétaire du Secrétariat pour les Relations avec l’Islam, à la fois pour des raisons de santé, et parce que son Ordre lui a confié de nouvelles charges. Chacun a pu apprécier son esprit franciscain, son sens de l’accueil, et ses qualités d’écoute en même temps que sa connaissance des différentes formes d’Islam, liée à de fréquents voyages à travers le monde. Il nous a souvent permis de sortir de notre vision hexagonale du monde islamique. Pour moi, je perds un ami avec qui j’ai pris plaisir à travailler, notamment lors de la constitution du dossier de Lourdes. Je lui sais gré d’avoir modifié la structure du S.R.I. dans le sens d’un allègement institutionnel en vue d’une plus grande efficacité pratique, d’une régionalisation plus poussée, et dans le souci de répondre au vœu de la Conférence Episcopale qui n’a plus les moyens humains et financiers pour constituer de lourdes équipes nationales. Je sais que Gwenolé continuera à rester en lien avec nous et à nous apporter sa riche expérience du dialogue interreligieux. Je lui dis au nom de tous notre fraternelle reconnaissance. Pour le remplacer, j’ai proposé
au Conseil Permanent de l’Episcopat, avec l’accord de son Supérieur
religieux, le Père Jean-Marie GAUDEUL, de l’Institut des
Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Il est associé depuis
plusieurs années au travail du Secrétariat et il a beaucoup
travaillé au document de Lourdes. Son histoire personnelle et ses
compétences le désignaient tout naturellement pour ce service
du Secrétariat qu’il a accepté avec un sens ecclésial
et une disponibilité personnelle dont je le remercie.
Le Père Michel SERAIN a bien voulu continuer sa participation bénévole au Secrétariat, ce dont je lui suis très reconnaissant. Sa connaissance des milieux musulmans est toujours précieuse. Sœur Claude DURONDEAU nous quitte au mois de juillet après plusieurs années de bons et loyaux services remplis avec discrétion et efficacité. Nous lui souhaitons « bon vent » dans sa nouvelle mission. Monseigneur Bernard
PANAFIEU
Archevêché de Marseille, Président du SRI |
Rectificatif : |
«Islamochristiana»Revue scientifique du « Pontificio
Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica » (PISAI) de Rome, Islamochristiana
publie chaque année les travaux de ses professeurs, permanents ou
invités, chrétiens ou musulmans, ce qui leur permet de développer
un « dialogue à distance » sur les thèmes les
plus importants de la relation islamo-chrétienne, tant au plan historique
et sociologique qu’au plan théologique et spirituel. Elle propose
ainsi aux centres d’études et aux bibliothèques universitaires
un outil de choix en ce qui concerne les relations entre les communautés
chrétiennes et musulmanes de par le monde. Si le premier numéro,
paru en 1975, se ressentait de la modestie des débuts, les numéros
suivants arrivèrent bien vite à une formule équilibrée
(entre 300 et 350 pages en moyenne), comprenant des articles de recherches
(études, réflexions et témoignages, dialogue islamo-chrétien
au cours de l’histoire, le dialogue dans son contexte actuel : les rencontres
et les situations d’aujourd’hui), des notes et documents concernant les
divers pays intéressés, des recensions de livres traitant
des mêmes sujets, des présentations succinctes d’ouvrages
d’islamologie.
|
21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 - T. 01 44 39 52 51 – F. 01 44 39 52 48).
Du vendredi 13 octobre 2000, au 12 janvier 2001. «Introduction à l’islam» et «Les sources du militantisme contemporain» par Emilio Platti o.p.
Du jeudi 19 octobre au 21 décembre 2000, « Diversité de la référence au religieux en France aujourd’hui », par Jean Joncheray – niveau universitaire. Il existe de nombreuses façons de se référer à une confession religieuse ou au religieux en général : simple déclaration d’appartenance, intérêt culturel ou de curiosité, engagement personnel ou communautaire, etc. On essaiera de repérer comment, en France aujourd’hui, en particulier dans les nouvelles générations, la référence à diverses traditions religieuses, christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, ou à de nombreux mouvement religieux, peut contribuer ou non à définir l’identité sociale et les réseaux de relations des personnes. On examinera ensuite les conséquences qui en découlent pour les Eglises.
«Islam – Occident
- les voiles du respect, de l’entente, de la concorde »
Georges HIRTZZ, Editions PSR, La
Roche-Rigault, 1998, 217 p., 160 F.
L’auteur livre au compte de l’histoire
son témoignage sur une période et des situations peu connues
qu’illustrèrent de véritables « chercheurs de paix
» : l’Emir Abd El Qader, le Général de La Moricière,
Aurélie Picard et son mari, le Cheikh Si Ahmed Tidjani. «
Cet essai de Georges Hirtz vient à son heure : il rappelle que si
l’histoire est souvent tragique, certains destins individuels peuvent,
par la lumière qui en irradie, l’éclairer de sens et d’une
sérieuse espérance » (préface de Boutros Boutros-Ghali,
Secrétaire Général de la Francophonie). R.M.
«Jihad, expansion et déclin
de l’islamisme »
Gilles KEPEL, Editions Gallimard,
2000. 452p., 145 F.
Gilles Kepel combine au mieux l’érudition
et la mise en scène, la science politique et le récit épique
pour dresser le bilan de 25 ans d’islamisme à travers le monde.
Après l’ère des nationalismes, l’idéal islamiste
paraissait une voie d’avenir dont le bilan est, pour le moins, peu conforme
aux aspirations de départ. Les sociétés musulmanes
vont-elles enfanter « une sorte de démocratie musulmane, sachant
mêler de manière inédite, culture, religion et modernité
politique et économique » ? (p. 363). Ce scénario suppose
que les élites rajeunies qui accèdent au pouvoir soient capables
de s’engager dans de sérieuses réformes. Une brillante démonstration.
R.M.
«Les plus beaux prénoms
du Maghreb »
Abdelghnai BELHANDI et Jean-Jacques
SALVETAT, Editions du Dauphin, Paris, 2000, 351 p.
Ce livre est un dictionnaire inédit
et une invitation au dialogue. On y trouve un index des prénoms
arabes et français, un liste alphabétique arabe des prénoms
usuels de la culture arabe avec l’étymologie des prénoms
français correspondants, les noms propres de l’histoire et un appendice
technique pour aller plus loin. Un ouvrage destiné à tous
ceux qui veulent aider les enfants du Maghreb à comprendre leurs
origines en comparaison avec ce qu’ils peuvent percevoir de la culture
occidentale. R.M.
«L’islâm : les valeurs
communes au judéo-chrisitanisme »
Diane STEIGERWALD, 1999. Montréal-Paris,
Médiaspaul, 312 p. ISBN 2-89420-390-X.
Le propos se réalise autour
de grands thèmes : la tolérance dans le Coran, l’esprit de
fraternité et d’entraide, la foi, la prière, la prophétie,
la justice, la mort et l’au-delà. En chacun de ces domaines, le
lecteur peut découvrir la réalité plurielle de l’islâm
et, chaque fois que la matière le permet, le lecteur est invité
au voyage : bien sûr dans le « Kalam sunnite » (théologie
sunnite), mais aussi dans le pays du « shi’isme » et du «
sûfisme », et encore dans la « falsafa » (philosophie
hellénistique de l’islam). Mais personne ne doit s’effrayer du parcours
proposé ; celui qui n’est pas un islamologue averti est aidé
de diverses manières : il a à sa disposition un résumé
de l’histoire de la pensée musulmane ainsi qu’un très bon
index thématique et onomastique accompagné des dates des
différents auteurs cités. G.C.
«Chemins de Dialogue n°
15 : L’expérience religieuse chrétienne»
I.S.T.R., 38 rue Paul Coxe, 13015
Marseille (T. 04 910 03 03 73 – F. 04 91 03 03 75).
On lira avec intérêt
le texte inédit de Thomas Merton, suivi de deux articles sur l’expérience
intérieure selon Maître Eckart et sur l’expérience
chrétienne. L’étude sur la notion de Qurb dans le soufisme
(R. Michel), l’article sur Amadou Hampâté Bâ (Jean-Marie
Mathieu) et un texte libanais font apparaître constantes et divergences
dans l’expérience spirituelle entre islam et christianisme. D’où
la nécessité d’un discernement exprimé dans l’exposé
de Mgr Panafieu lors d’une rencontre avec des musulmans iraniens.
Trois textes relatent successivement
le rôle d’Henri Bouillard à l’ISTR de Paris, l’originalité
de Marseille-Espérance et l’importance du Groupe de Recherche Islamo-Chrétien
(G.R.I.C.). R.M.
«L’Isthme, Soufisme d’Orient
et d’Occident
Quartier Colonne, route de Séxignan,
84100 Orange. Contact : Le Derviche, 8, rue des Trois Rois, 13006 Marseille.
35 F.
Cette revue a pour objectif de jeter
des ponts, des passerelles. Elle se veut un lieu où se rencontrent
les gens de la quête intérieure. Elle aborde deux fois par
an des thèmes présentant les valeurs du soufisme :
N° 1 : « Qu’est-ce que
le soufisme ? »
N° 2 : « Le soufisme et
l’Occident »
N° 3 : « Chevalerie spirituelle
et compagnonnage ».
N° 4 : « Hommage à
Eva de Vitray-Meyerovitch ». R.M.
«Peuples du Monde»
- n° 335, mai 2000 : Marseille, Terre de Mission, dialogue avec les
musulmans
Revue de la Mission catholique –
8, rue François Villon, 75015 Paris – 25 F.
Un reportage sur Marseille, capitale phocéenne et métropole méditerranéenne qui accueille depuis des siècles toutes les religions. L’islam est devenu une force spirituelle incontournable avec laquelle l’Eglise entend désormais dialoguer et travailler. Un reportage sur l’association des Hauts-de-Seine « Approches 92 ». Au cœur de la Cité de la Caravelle à Villeneuve-la-Garenne, les rencontres régulières de chrétiens et de musulmans sont devenues un lieu de convivialité et de solidarité. Textes d’Eglise et nombreux échos sur la route du dialogue. R.M.
«Présence Mariste»
-n° 223, 2è trimestre 2000
Revue des Frères Maristes
: N.D. de l’Hermitage, BP. 9, 42405 Saint-Chamond cedex – 15 F.
A publié aussi un excellent
numéro sur le Dialogue interreligieux. On constate que de plus en
plus de revues s’investissent auprès de leurs lecteurs dans cette
nouvelle manière de vivre sa foi en France ! G.J.
«Chrétiens et musulmans
dans nos établissements : chances et risques»
Après une brève introduction
sur l’Islam par le P. Gérard de Riemaecker. Mr Jacques Motte, animateur
en pastorale scolaire, dresse un profil de son collège où
sur 400 élèves 17 % sont musulmans. « Les risques sont
celui du syncrétisme, de gommer la richesse de nos différences
… » (p. 5). Suivent cinq monographies sur le partage de « l’interreligieux
» dans différents établissements avec ses « chances
» et ses « risques » (p. 11).
Ce document de 27 pages se termine,
après une table ronde, par « conclusion et ouverture »
précisant que pour se rencontrer, il faut se connaître. L'amitié
est un début.
Il s’agit d’un travail interne,
donc pas publié mais, au siège de la Commission Diocésaine
Education au Développement et à l’Universel, Sr Marie-Paule
Graer accepte volontiers de répondre aux demandes de renseignements.
(16, rue Négrier, 59000 Lille – T. 03 20 12 54 50 – F. 03 20 55
70 36). C.D.
«Réflexions sur l’Islam»
Une vidéo de 52 mn. Collection
« Vie de l’esprit », Vidéo-visite, production «
Ici et Ailleurs », 1999, 17039 La Rochelle cedex 1.
Cette cassette vidéo, élaborée
en relation avec l’imam de La Rochelle-Mireuil, Mohamed Tarhouchi, cherche
à proposer le plus objectivement possible une connaissance de la
religion musulmane et de ses incidences culturelles. Par des cartes présentant
les régions islamisées, avec leur pourcentage de musulmans,
et par des repères historiques défilant sur l’écran,
le réalisateur, J.F. Poirot-Valencourt, situe le contexte des civilisations
anciennes de la péninsule arabique au milieu desquelles l’islam
est né. Rapidement aussi, la communication du Coran à Mohamed
est mise en rapport avec les révélations antérieures,
d’Abraham à Jésus. L’énoncé des cinq obligations
de la pratique islamique une fois fait, la cassette s’arrête plus
longuement sur le jeûne du Ramadan, appelé à maintes
reprises « Carême » (confusion regrettable). Nous partageons
la vie des musulmans de Kairouan, qui attendent l’heure de la rupture du
jeûne à la terrasse des cafés, se précipitent
ensuite sur les plats spécialement cuisinés et participent
à l’ambiance festive des soirées de Ramadan. De Tunisie,
nous nous rendons au Caire qui vit aussi ce moment particulier du ftour.
L’intérêt de cette vidéo, c’est aussi qu’elle aborde
des sujets qui touchent la vie personnelle et sociale des musulmans, comme
la polygamie, le port du voile, seulement recommandé tout comme
la circoncision. Le culturel s’y même étroitement au religieux,
comme dans les remarques faites à propos de la langue arabe et de
la calligraphie. Dans les derniers instants, est souligné le sentiment
de fraternité qu’insuffle l’islam, tel qu’il apparaît bien
le jour de l’Aïd el Fitr. C’est cette fraternité, et non le
langage belliqueux des terroristes, dit l’auteur, qu’il faut retenir. Davantage
destinée à un public adulte, cette cassette peut cependant
être un instrument de travail avec des jeunes, à condition
de l’utiliser par séquences, pour mieux en assimiler le contenu.
Car sa principale faiblesse semble être l’absence de séparation
nette entre les parties de l’exposé (ne serait-ce que par des titres).
M.H.
« Au fond du puits la même eau et le même Dieu ! »Quand le Père Christian de Chergé avait demandé à un voisin musulman de Tibhirine, ce qu’on trouverait en creusant au fond du puits : le Dieu des chrétiens ou le Dieu des musulmans, il lui avait répondu : « Tu en es encore là ! C’est le même Dieu ! » Cette anecdote pourrait illustrer la rencontre islamo-chrétienne de lundi 29 mai qui a réuni plus de cent vingt personnes durant deux heures trente au monastère d’Aiguebelle. Elle était organisée conjointement par le diocèse de Valence dans le cadre de l’année jubilaire et par la communauté d’Aiguebelle pour le quatrième anniversaire de la mort des sept frères de Tibhirine. La soirée s’est divisée en deux temps : trois conférences tout d’abord sur la mystique, musulmane ou chrétienne, puis un temps de prière en silence avec lecture de textes des deux traditions religieuses. Eric Geoffroy, musulman et professeur à Strasbourg, nous a présenté les grandes lignes de la pratique du soufisme dans l’Islam. Gilbert Jouberjean, professeur à l’Institut de Sciences et de Théologie des Religions à Marseille, a fait de même pour la spiritualité chrétienne. Et entre les deux, comme au cœur de ce qui était partagé durant cette soirée, le Cheikh Khaleb Bentounès, guide spirituel de la Tariqa Alawiya, confrérie soufie présente en Afrique du Nord (elle a été fondée à Mostagarem en Algérie par le Cheikh Al Alawi au début du siècle), au Moyen-Orient et en Europe, a témoigné de ce qu’était le soufisme : arriver au détachement total pour ne plus se reposer qu’en Dieu et se laisser porter par Lui ; passer de la Loi à l’amour et de l’amour à la connaissance amoureuse de Dieu qui nous fait mourir en Lui pour n’être plus qu’un avec Lui. Le vrai soufi est celui qui comme Salomon dans le Coran, peut entendre le cri de la fourmi et faire arrêter toute son armée pour lui donner de passer sans être écrasée. Réintégrer l’homme en Dieu, restaurer l’état primordial par le dépouillement et la prière du cœur, être dans le monde sans être dans le monde, vivre dans la présence continuelle de Dieu : des valeurs partagée par tous les spirituels, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Le temps de prière est venu comme couronner l’enseignement reçu et montrer qu’il est réellement possible de nous retrouver ensemble au cœur de nos fois respectives, sans rien abandonner de ce qui fait la spécificité de chacune. Origène, au IIIe siècle, parlait déjà des semences du Verbe présentes dans les autres traditions religieuses, expression reprise par le Concile Vatican II. Une telle rencontre ne nous montre-t-elle pas la voie pour un réel partage entre nos deux traditions religieuses ? Chercher à vivre et promouvoir ce qui nous unit dans notre cheminement vers le Dieu « Miséricordieux », pour reprendre l’un des 99 noms de Dieu. Frère Eric,
Aiguebelle
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