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LETTRE n° 65

Juin 2000

S E C R E T A R I A T   pour  les 
R E L A T I O N S    avec 
L’ I S L A M

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CHANGEMENTS  au  S.R.I.

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Peut-être le savez-vous déjà, le frère Gwenolé JEUSSET n’a pas souhaité renouveler son mandat de secrétaire du Secrétariat pour les Relations avec l’Islam, à la fois pour des raisons de santé, et parce que son Ordre lui a confié de nouvelles charges. Chacun a pu apprécier son esprit franciscain, son sens de l’accueil, et ses qualités d’écoute en même temps que sa connaissance des différentes formes d’Islam, liée à de fréquents voyages à travers le monde. Il nous a souvent permis de sortir de notre vision hexagonale du monde islamique.

 Pour moi, je perds un ami avec qui j’ai pris plaisir à travailler, notamment lors de la constitution du dossier de Lourdes. Je lui sais gré d’avoir modifié la structure du S.R.I. dans le sens d’un allègement institutionnel en vue d’une plus grande efficacité pratique, d’une régionalisation plus poussée, et dans le souci de répondre au vœu de la Conférence Episcopale qui n’a plus les moyens humains et financiers pour constituer de lourdes équipes nationales. Je sais que Gwenolé continuera à rester en lien avec nous et à nous apporter sa riche expérience du dialogue interreligieux. Je lui dis au nom de tous notre fraternelle reconnaissance.

 Pour le remplacer, j’ai proposé au Conseil Permanent de l’Episcopat, avec l’accord de son Supérieur religieux, le Père Jean-Marie GAUDEUL, de l’Institut des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Il est associé depuis plusieurs années au travail du Secrétariat et il a beaucoup travaillé au document de Lourdes. Son histoire personnelle et ses compétences le désignaient tout naturellement pour ce service du Secrétariat qu’il a accepté avec un sens ecclésial et une disponibilité personnelle dont je le remercie.
 Ce changement prendra effet le 1er septembre 2000.

 Le Père Michel SERAIN a bien voulu continuer sa participation bénévole au Secrétariat, ce dont je lui suis très reconnaissant. Sa connaissance des milieux musulmans est toujours précieuse.

 Sœur Claude DURONDEAU nous quitte au mois de juillet après plusieurs années de bons et loyaux services remplis avec discrétion et efficacité. Nous lui souhaitons « bon vent » dans sa nouvelle mission.

Monseigneur Bernard PANAFIEU
Archevêché de Marseille, Président du SRI

INITIATIVES

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Relais-Maghreb-Méditerranée

Les 27 et 28 mai 2000, à Lyon, se sont rassemblées quelques 180 personnes qui, dans le cadre du Secrétariat pour les Migrants, travaillent à la relation avec les musulmans plus spécialement touchés par le phénomène de la migration. Le SRI était présent car nous travaillons ensemble évidemment, même si nos angles d’approche sont différents. Ces journées nationales qui ont lieu tous les deux ans, avaient pour thème : « De nos mémoires blessées vers un avenir réconcilié ». On peut noter la participation, le premier jour, d’amis musulmans. Le P. G de Riemacker, qui remplaçait le P.Brunin, ordonné évêque de Lille le lendemain, fit une conférence remarquable.

Journées d’Arras

Du 14 au 18 juin 2000 , les Journées d’Arras ont eu lieu en Slovénie !  « Victimes » de leur succès, elles n’ont plus guère que le titre de francophone. Nées à Arras, sur l’initiative de Mgr Huygues, elles se sont déplacées vers Marseille et Paris puis à l’extérieur, rassemblant des pasteurs, des prêtres et des laïcs de plusieurs Eglises voulant réfléchir à leur vie avec les musulmans. Cette année, ils étaient vingt-cinq avec un thème plus précis : « L’Islam dans les Balkans ». Un professeur de la faculté islamique et le Vicaire général de Sarajevo ont fait un exposé. Les participants ont visité aussi le jeune centre musulman de Maribor dans le nord-est de ce petit pays (2 millions d’habitants).

A la Crypte de l’église Saint-Sulpice à Paris

Depuis le 1er mars 2000, l’acteur C.Laugier tient, sous le charme des propos de C. de Foucauld,  un public qui ne diminue pas. Dommage que ce soit fini, malgré une prolongation de trois semaines… Les musulmans apprécient aussi.

Groupe des couples Islamochrétiens

Il existe depuis 24 ans. Chaque année une rencontre est organisée pour Pentecôte. En 1999, 37 familles y ont participé, cette année 33. Quelques-unes n’ont pu être là à cause des célébrations du Jubilé. La maison accueillante des Orantes de l’Assomption à Bonnelles au sud de Paris, permet un partage en petits groupes et assemblées globales.
Les thèmes des carrefours proposés sont bien divers :
/ Rites de la naissance au mariage : baptême, circoncision, éducation des enfants, mariage, etc…
/ La culture musulmane : intégration ou cohabitation ?
/ Abraham, un homme déterminé dans sa foi. Comment, au quotidien, vivons-nous notre foi au Dieu Unique ?
Des temps de prière marquent ces journées, par communauté ou ensemble. Des intervenants, un musulman et un chrétien, ont apporté une réflexion sur Abraham dans l’islam et dans le christianisme. Une soirée festive le samedi, toujours appréciée, avec les spécialités gustatives des divers pays. Et puis les repas, les promenades dans le bois, les rencontres informelles permettent les échanges, des liens se créent entre les couples. Et c’est souvent ainsi que se forment des groupes régionaux, Lyon, Alsace, la Belgique toujours présente.

Aiguebelle

On se reportera à la dernière page, à la rubrique « Expérience ».
 
 

Rectificatif :

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Dans la dernière lettre, la page EXPERIENCE parlait d’un « groupe œcuménique élargi aux musulmans ». Nous tenons à faire écho à l’étonnement de certains. Le terme œcuménique nous disent-ils est utilisé pour parler de rencontres entre chrétiens qui recherchent l’unité en Christ. Le groupe d’Avignon reste un groupe œcuménique quand il se réunit seul bien sûr, mais il devient interreligieux quand il se réunit avec d’autres croyants.

 

GROS PLAN sur une REVUE

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«Islamochristiana»

Viale di Trastervere, 89 – 00153 Roma – Italia  (175 F)

Revue scientifique du « Pontificio Istituto di Studi Arabi e d’Islamistica » (PISAI) de Rome, Islamochristiana publie chaque année les travaux de ses professeurs, permanents ou invités, chrétiens ou musulmans, ce qui leur permet de développer un « dialogue à distance » sur les thèmes les plus importants de la relation islamo-chrétienne, tant au plan historique et sociologique qu’au plan théologique et spirituel. Elle propose ainsi aux centres d’études et aux bibliothèques universitaires un outil de choix en ce qui concerne les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes de par le monde. Si le premier numéro, paru en 1975, se ressentait de la modestie des débuts, les numéros suivants arrivèrent bien vite à une formule équilibrée (entre 300 et 350 pages en moyenne), comprenant des articles de recherches (études, réflexions et témoignages, dialogue islamo-chrétien au cours de l’histoire, le dialogue dans son contexte actuel : les rencontres et les situations d’aujourd’hui), des notes et documents concernant les divers pays intéressés, des recensions de livres traitant des mêmes sujets, des présentations succinctes d’ouvrages d’islamologie.
La revue, dont le titre signifie qu’elle a pour souci essentiel la rencontre scientifique et évangélique entre chrétiens et musulmans, est rédigée moitié en français et moitié en anglais, avec l’un ou l’autre article ou document en arabe, ce qui n’est pas sans compliquer sa préparation. Son comité de rédaction est composé de professeurs, musulmans et chrétiens, qui sont engagés dans ce même effort de dialogue interreligieux et qui participent, de près ou de loin, à l’enseignement du PISAI. Faut-il fournir des statistiques ? Avec ses 24 numéros déjà parus, Islamochristiana (format 17X24) a publié 288 articles de recherches, 1 384 pages de notes et documents, couvrant plus ou moins une soixantaine de pays, et 953 pages de recensions de livres ayant trait au dialogue islamo-chrétien (701 titres répertoriés), sans parler des 559 titres de livres d’islamologie qui y ont été présentés. Tirant à 1 000 exemplaires, cette revue constitue une « somme » d’études et d’informations sur la « relation islamo-chrétienne » à travers l’histoire et surtout de nos jours. Elle est reçue par de très nombreuses bibliothèques de pays islamiques et d’universités, tant européennes qu’américaines, africaines ou asiatiques. Sa documentation est à la disposition des revues et des bulletins qui, localement, ont intérêt à en divulguer le contenu.
Les titres du n° 24 (1999) d’Islamochristiana disent assez quels en sont les thèmes privilégiés, car on y trouve les titres suivants : « Convergences et divergences entre la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et les récentes Déclarations des Droits de l’Homme en Islam » (M. Borrmans), « Christian-Muslim Relations in the Twenty-First Century : Lessons from Indonesia » (I.M. Abu-Rabi’), « Dialogue au sujet d’Abraham et à notre sujet en son nom » (en arabe) (T. Mitri), « Sufism and Law in Islam : a Text of Ibn’Arabî on ‘Protected People’ »(G. Scattolin), « Catholiques et musulmans : deux approches de la modernité » (M. Borrmans), « Jesus Christ and Christianity in Abdullah Yusuf Ali’s English Interpretation of the Qur’ân » (C.W. Troll), « L’islam et les relations islamo-chrétiennes au Togo » (K.S. Sidza). Viennent ensuite des notes et documents relatifs à 34 pays, la recension détaillée de 51 ouvrages et la présentation de 41 livres. Quant au n° 25, on y peut trouver : « Religions and Tomorrow’s World » (M. Bayrakdar), « Lettre à un ami musulman » (en arabe) (J. Gelot), « Le message posthume de Soumia Lamri » (suivi d’une note conjointe sur la compassion) (D. Lamri), « Du combat de Jacob avec l’ange à la licéité de la viande de chameau » (J.L. Déclais), « The Ends of al-Radd al-Jamîl and its Portrayal of Christian Sects » (G.S. Reynolds), « Frédéric II et le monde musulman » (M.G. Stasolla), « Le PISAI : cinquante ans au service du dialogue » (M. Borrmans), « A Note on Teaching the Bible en Arabic » (Paul L. Heck), « L’éthique de l’hospitalité et le dialogue islamo-chrétien selon Louis Massignon » (M.S. Janjar), « La minorité musulmane de Roumanie » (N. Anghelescu), « Nouvelles voix pour le dialogue interreligieux en Turquie » (X. Jacob). S’y ajoutent les notes et documents, les recensions et les présentations nécessaire. (M.B.)

EVENEMENTS

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Général Pierre RONDOT

 Davantage qu’un militaire, Pierre Rondot était un spécialiste et un ami du Proche-Orient et du Maghreb. Durant quelques soixante-dix ans, il fut un inlassable serviteur des relations franco-arabes. Jeune officier détaché dans les services politiques du Haut-Commissariat de la République Française à Beyrouth, puis enquêteur sociologique de l’équipe du Professeur Robert Montagne, alors directeur de l’Institut d’Etudes Arabes de Damas, c’est dès la fin des années vingt qu’il commença à observer les hommes et les événements, à accumuler des notes et à se faire des amis. Sa thèse de droit, soutenue à Paris en 1946, portait sur « Les Institutions politiques du Liban », un pays où il passa, en plusieurs séjours, presque dix ans, et auquel il réserva une grande place dans plusieurs de ses livres.
 Par la suite directeur du Centre de Hautes Etudes sur l’Afrique et l’Asie Modernes (CHEAM), enseignant dans divers Instituts d’Etudes Politiques (Paris, Lyon et Grenoble), Pierre Rondot eut une immense activité d’analyste, de commentateur et de pédagogue de toutes les questions touchant le monde arabe. Aussi bien spécialiste de l’Islam que des chrétiens d’Orient, il forma un grand nombre d’universitaires, de journalistes, de militaires et d’ecclésiastiques. A l’âge de quatre-vingt-treize ans (il s’est éteint dans sa quatre-vingt dix-septième année), il pouvait encore captiver un auditoire par une conférence d’une clarté impressionnante.
(Extraits d’un hommage de Christian Delorme).

Le Père J.L.BRUNIN, évêque.

 Le 28 mai 2000, notre frère J.L. Brunin, bien connu dans les rencontres islamochrétiennes, a reçu l’ordination épiscopale dans la cathédrale de Lille. Des jeunes de Roubaix, chrétiens et musulmans étaient là à la grande cérémonie de leur « pote ». D’autres musulmans, moins anonymes, et les paroles qui furent dites en cet après-midi dans une cathédrale comble signalaient le souci de notre ami et théologien du SRI pour la rencontre et le dialogue interreligieux. Après le P.Aubertin, évêque de Chartres, un deuxième islamologue fait ainsi son entrée dans la Conférence épiscopale. Dire que nous nous en réjouissons est un euphémisme!
 

Le P.I.S.A.I. : cinquante ans au service du dialogue

 Au moment de célébrer son cinquantenaire, l’Institut Pontifical d’Etudes Arabes et Islamiques se souvient qu’il est né et a vécu sa première jeunesse en Tunisie. En fait, on parle de cinquante ans, mais il faudrait remonter plus tôt dans l’histoire jusqu’à la fondation de l’Ibla en 1926.
 Peu à peu, l’Ibla a développé la dimension de contacts avec les élites tunisiennes grâce au Cercle des Amitiés Tunisiennes, fondé en 1934. Si bien que les responsables Pères Blancs décidèrent de détacher de l’Ibla la section « Etudes et formation » pour la constituer en un institut autonome qui fut transféré à La Manouba, dans la banlieue nord de Tunis, en septembre 1949. Le rythme des études s’y développa à partir de l’expérience précédente à l’Ibla pour se concentrer bien vite sur l’apprentissage de l’arabe littéraire et l’étude approfondie des divers domaines de l’Islamologie.
 En 1960, l’institut fut érigé en Institut Pontifical d’Etudes Orientales (IPEO) et la possibilité d’une troisième année fut ajoutée, permettant ainsi d’acquérir une licence. En 1964, une nouvelle étape allait s’ouvrir pour l’Institut : 1964 était l’année de la nationalisation de la propriété de la Manouba ; c’était aussi l’année de la convention entre la République Tunisienne et le Saint-Siège. C’est dans ce contexte que le Supérieur général des Pères Blancs décida le transfert à Rome, où se déroulait le Concile de Vatican II.
Il ne s’agissait plus désormais de connaître simplement l’islam maghrébin, mais il fallait s’intéresser aux manifestations de l’islam dans le monde entier. Cela impliquait entre autres une ouverture à l’anglophonie ; c’est ainsi qu’en 1972 une section anglophone fut instaurée. A partir de 1989, à la demande des Eglises africaines, une section « islam et réflexion chrétienne » fut ajoutée avec une orientation plus particulièrement pastorale, et un enseignement durant seulement un an. Il faut souligner que la réflexion et la prière sont une dimension importante de la présence au PISAI.
La bibliothèque du PISAI a connu un développement assez sensible et désormais pas mal de chercheurs viennent y travailler. Une activité importante de l’Institut est constituée par les publications, au nombre de trois : Islamochristiana (cf.« Gros plan sur une revue », p.), publiée une fois par an avec des articles en française, anglais et arabe et une importante section de « notes et documents » ; Etudes Arabes revue également annuelle comprenant des articles en arabe avec la traduction française en vis-à-vis sur un thème donné, et Encounter, publiée en anglais avec 10 numéros par an, comportant chaque fois un article sur un sujet d’actualité ou d’islamologie.
 Au total, on peut compter qu’environ 1 200 étudiants sont passés par le PISAI depuis sa fondation sur la terre de Tunisie. Souhaitons au PISAI de continuer encore longtemps sa mission en recevant du sang neuf et beaucoup d’étudiants.
(Extraits d’un article de : « Le lien d’Oran », mai 2000)
 

+   ANNONCES   +

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Centre Albert Le Grand

La Tourette Eveux BP. 105, 69210 L’Arbresle - T. 04 74 26 79 70 – F. 04 74 296 79 99
Session Eté 2000, du mercredi 16 août 19 h, au samedi 19 août 16 h : «Lire le Coran», avec Luc Moreau, o.p., islamologue. Tarif d’inscription 600 F.
 

Le Pardon des SEPT SAINTS

Rencontre musulmans, chrétiens et autres aux Sept Saints du Vieux Marché en Plouaret (Côtes d’Armor). Pour l’année 2000, l’association « Les Sources » de Vieux Marché propose un colloque le samedi 22 juillet 2000 (entre 14h et 18h) sur le thème : «Sentiers et pèlerinages. La marche comme retour aux sources. La marche comme attente».
Par ailleurs, sous la responsabilité de Mr le Curé Jean Le Brizaut, Pardon traditionnel à 20h30 dans la chapelle des Sept Saints avec le Tantad (feu traditionnel) où l’on chante la « gwerz » des Sept Emmurés d’Ephèse.
Ensuite, sous la responsabilité commune des chrétiens  et des musulmans (et du maire de Vieux Marché) : le dimanche 23 juillet  2000, après la grand messe de 11h, lecture, par un musulman, de la Sourate 18 du Coran « Ahl al-Kahf » (les Gens de la Caverne), près de la fontaine aux Sept Trous. Chant de la gwerz des Sept Saints par les chrétiens.
Enfin, l’association « Les Sources » propose un repas partagé ensemble et à 15h30 un concert dans la chapelle.
 

Institut Catholique de Paris

21, rue d’Assas, 75270 Paris cedex 06 - T. 01 44 39 52 51 – F. 01 44 39 52 48).
  • Du vendredi 13 octobre 2000, au 12 janvier 2001. «Introduction à l’islam» et «Les sources du militantisme contemporain»  par Emilio Platti o.p.

  •  
  • Du jeudi 19 octobre au 21 décembre 2000, « Diversité de la référence au religieux en France aujourd’hui », par Jean Joncheray – niveau universitaire. Il existe de nombreuses façons de se référer à une confession religieuse ou au religieux en général : simple déclaration d’appartenance, intérêt culturel ou de curiosité, engagement personnel ou communautaire, etc. On essaiera de repérer comment, en France aujourd’hui, en particulier dans les nouvelles générations, la référence à diverses traditions religieuses, christianisme, judaïsme, islam, bouddhisme, ou à de nombreux mouvement religieux, peut contribuer ou non à définir l’identité sociale et les réseaux de relations des personnes. On examinera ensuite les conséquences qui en découlent pour les Eglises.
  • P.I.S.A.I. (Institut Pontifical d’Etudes Arabes et Islamiques).

    Une année académique de la mi-octobre à la mi-juin, «Islam et Réflexion Chrétienne». Que penser de l’islam et des musulmans aujourd’hui ? Objectifs et contenu d’un dialogue islamo-chrétien ? Quelle communauté chrétienne devant les défis de la communauté musulmane ?
     

    REVUES  -  LIVRES  -  AUDIO-VISUEL

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     «Islam – Occident - les voiles du respect, de l’entente, de la concorde »
    Georges HIRTZZ, Editions PSR, La Roche-Rigault, 1998, 217 p., 160 F.
    L’auteur livre au compte de l’histoire son témoignage sur une période et des situations peu connues qu’illustrèrent de véritables « chercheurs de paix » : l’Emir Abd El Qader, le Général de La Moricière, Aurélie Picard et son mari, le Cheikh Si Ahmed Tidjani. « Cet essai de Georges Hirtz vient à son heure : il rappelle que si l’histoire est souvent tragique, certains destins individuels peuvent, par la lumière qui en irradie, l’éclairer de sens et d’une sérieuse espérance » (préface de Boutros Boutros-Ghali, Secrétaire Général de la Francophonie). R.M.

    «Jihad, expansion et déclin de l’islamisme »
    Gilles KEPEL, Editions Gallimard, 2000. 452p., 145 F.
    Gilles Kepel combine au mieux l’érudition et la mise en scène, la science politique et le récit épique pour dresser le bilan de 25 ans d’islamisme à travers le monde. Après l’ère des nationalismes, l’idéal islamiste  paraissait une voie d’avenir dont le bilan est, pour le moins, peu conforme aux aspirations de départ. Les sociétés musulmanes vont-elles enfanter « une sorte de démocratie musulmane, sachant mêler de manière inédite, culture, religion et modernité politique et économique » ? (p. 363). Ce scénario suppose que les élites rajeunies qui accèdent au pouvoir soient capables de s’engager dans de sérieuses réformes. Une brillante démonstration. R.M.

    «Les plus beaux prénoms du Maghreb »
    Abdelghnai BELHANDI et Jean-Jacques SALVETAT, Editions du Dauphin, Paris, 2000, 351 p.
    Ce livre est un dictionnaire inédit et une invitation au dialogue. On y trouve un index des prénoms arabes et français, un liste alphabétique arabe des prénoms usuels de la culture arabe avec l’étymologie des prénoms français correspondants, les noms propres de l’histoire et un appendice technique pour aller plus loin. Un ouvrage destiné à tous ceux qui veulent aider les enfants du Maghreb à comprendre leurs origines en comparaison avec ce qu’ils peuvent percevoir de la culture occidentale. R.M.

    «L’islâm : les valeurs communes au judéo-chrisitanisme »
    Diane STEIGERWALD, 1999. Montréal-Paris, Médiaspaul, 312 p. ISBN 2-89420-390-X.
    Le propos se réalise autour de grands thèmes : la tolérance dans le Coran, l’esprit de fraternité et d’entraide, la foi, la prière, la prophétie, la justice, la mort et l’au-delà. En chacun de ces domaines, le lecteur peut découvrir la réalité plurielle de l’islâm et, chaque fois que la matière le permet, le lecteur est invité au voyage : bien sûr dans le « Kalam sunnite » (théologie sunnite), mais aussi dans le pays du « shi’isme » et du « sûfisme », et encore dans la « falsafa » (philosophie hellénistique de l’islam). Mais personne ne doit s’effrayer du parcours proposé ; celui qui n’est pas un islamologue averti est aidé de diverses manières : il a à sa disposition un résumé de l’histoire de la pensée musulmane ainsi qu’un très bon index thématique et onomastique accompagné des dates des différents auteurs cités. G.C.

    «Chemins de Dialogue n° 15 : L’expérience religieuse chrétienne»
    I.S.T.R., 38 rue Paul Coxe, 13015 Marseille (T. 04 910 03 03 73 – F. 04 91 03 03 75).
    On lira avec intérêt le texte inédit de Thomas Merton, suivi de deux articles sur l’expérience intérieure selon Maître Eckart et sur l’expérience chrétienne. L’étude sur la notion de Qurb dans le soufisme (R. Michel), l’article sur Amadou Hampâté Bâ (Jean-Marie Mathieu) et un texte libanais font apparaître constantes et divergences dans l’expérience spirituelle entre islam et christianisme. D’où la nécessité d’un discernement exprimé dans l’exposé de Mgr Panafieu lors d’une rencontre avec des musulmans iraniens.
    Trois textes relatent successivement le rôle d’Henri Bouillard à l’ISTR de Paris, l’originalité de Marseille-Espérance et l’importance du Groupe de Recherche Islamo-Chrétien (G.R.I.C.). R.M.

    «L’Isthme, Soufisme d’Orient et d’Occident
    Quartier Colonne, route de Séxignan, 84100 Orange. Contact : Le Derviche, 8, rue des Trois Rois, 13006 Marseille. 35 F.
    Cette revue a pour objectif de jeter des ponts, des passerelles. Elle se veut un lieu où se rencontrent les gens de la quête intérieure. Elle aborde deux fois par an des thèmes présentant les valeurs du soufisme :
    N° 1 : « Qu’est-ce que le soufisme ? »
    N° 2 : « Le soufisme et l’Occident »
    N° 3 : « Chevalerie spirituelle et compagnonnage ».
    N° 4 : « Hommage à Eva de Vitray-Meyerovitch ». R.M.

    «Peuples du Monde» - n° 335, mai 2000 : Marseille, Terre de Mission, dialogue avec les musulmans
    Revue de la Mission catholique – 8, rue François Villon, 75015 Paris – 25 F.

  • Un reportage sur Marseille, capitale phocéenne et métropole méditerranéenne qui accueille depuis des siècles toutes les religions. L’islam est devenu une force spirituelle incontournable avec laquelle l’Eglise entend désormais dialoguer et travailler.
  • Un reportage sur l’association des Hauts-de-Seine « Approches 92 ». Au cœur de la Cité de la Caravelle à Villeneuve-la-Garenne, les rencontres régulières de chrétiens et de musulmans sont devenues un lieu de convivialité et de solidarité.
  • Textes d’Eglise et nombreux échos sur la route du dialogue. R.M.

  • «Présence Mariste» -n° 223, 2è trimestre 2000
    Revue des Frères Maristes : N.D. de l’Hermitage, BP. 9, 42405 Saint-Chamond cedex – 15 F.
    A publié aussi un excellent numéro sur le Dialogue interreligieux. On constate que de plus en plus de revues s’investissent auprès de leurs lecteurs dans cette nouvelle manière de vivre sa foi en France ! G.J.

    «Chrétiens et musulmans dans nos établissements : chances et risques»
    Après une brève introduction sur l’Islam par le P. Gérard de Riemaecker. Mr Jacques Motte, animateur en pastorale scolaire, dresse un profil de son collège où sur 400 élèves 17 % sont musulmans. « Les risques sont celui du syncrétisme, de gommer la richesse de nos différences … » (p. 5). Suivent cinq monographies sur le partage de « l’interreligieux » dans différents établissements avec ses « chances » et ses « risques » (p. 11).
    Ce document de 27 pages se termine, après une table ronde, par « conclusion et ouverture » précisant que pour se rencontrer, il faut se connaître. L'amitié est un début.
    Il s’agit d’un travail interne, donc pas publié mais, au siège de la Commission Diocésaine Education au Développement et à l’Universel, Sr Marie-Paule Graer accepte volontiers de répondre aux demandes de renseignements. (16, rue Négrier, 59000 Lille – T. 03 20 12 54 50 – F. 03 20 55 70 36). C.D.

    «Réflexions sur l’Islam»
    Une vidéo de 52 mn. Collection « Vie de l’esprit », Vidéo-visite, production « Ici et Ailleurs », 1999, 17039 La Rochelle cedex 1.
    Cette cassette vidéo, élaborée en relation avec l’imam de La Rochelle-Mireuil, Mohamed Tarhouchi, cherche à proposer le plus objectivement possible une connaissance de la religion musulmane et de ses incidences culturelles. Par des cartes présentant les régions islamisées, avec leur pourcentage de musulmans, et par des repères historiques défilant sur l’écran, le réalisateur, J.F. Poirot-Valencourt, situe le contexte des civilisations anciennes de la péninsule arabique au milieu desquelles l’islam est né. Rapidement aussi, la communication du Coran à Mohamed est mise en rapport avec les révélations antérieures, d’Abraham à Jésus. L’énoncé des cinq obligations de la pratique islamique une fois fait, la cassette s’arrête plus longuement sur le jeûne du Ramadan, appelé à maintes reprises « Carême » (confusion regrettable). Nous partageons la vie des musulmans de Kairouan, qui attendent l’heure de la rupture du jeûne à la terrasse des cafés, se précipitent ensuite sur les plats spécialement cuisinés et participent à l’ambiance festive des soirées de Ramadan. De Tunisie, nous nous rendons au Caire qui vit aussi ce moment particulier du ftour. L’intérêt de cette vidéo, c’est aussi qu’elle aborde des sujets qui touchent la vie personnelle et sociale des musulmans, comme la polygamie, le port du voile, seulement recommandé tout comme la circoncision. Le culturel s’y même étroitement au religieux, comme dans les remarques faites à propos de la langue arabe et de la calligraphie. Dans les derniers instants, est souligné le sentiment de fraternité qu’insuffle l’islam, tel qu’il apparaît bien le jour de l’Aïd el Fitr. C’est cette fraternité, et non le langage belliqueux des terroristes, dit l’auteur, qu’il faut retenir. Davantage destinée à un public adulte, cette cassette peut cependant être un instrument de travail avec des jeunes, à condition de l’utiliser par séquences, pour mieux en assimiler le contenu. Car sa principale faiblesse semble être l’absence de séparation nette entre les parties de l’exposé (ne serait-ce que par des titres). M.H.
     
     

    EXPERIENCE

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    « Au fond du puits la même eau et le même Dieu ! »

     Après une réunion d’étude avec la communauté monastique d’Aiguebelle sur le document « Catholiques et musulmans : un chemin de rencontre et de dialogue » publié par les Evêques de France (1998), une soirée fut organisée avec Christian Delorme et Rachid Benzine, coauteurs du livre « Nous avons tant de choses à nous dire » (1999). Pour le quatrième anniversaire de la mort des sept frères de Tibhirine, une nouvelle rencontre islamo-chrétienne s’est tenu le 29 mai 2000, organisée par le diocèse de Valence et la communauté d’Aiguebelle, en attendant une autre rencontre prévue en mai 2001, dans « l’Esprit de Tibhirine » …

     Quand le Père Christian de Chergé avait demandé à un voisin musulman de Tibhirine, ce qu’on trouverait en creusant au fond du puits : le Dieu des chrétiens ou le Dieu des musulmans, il lui avait répondu : « Tu en es encore là ! C’est le même Dieu ! » Cette anecdote pourrait illustrer la rencontre islamo-chrétienne de lundi 29 mai qui a réuni plus de cent vingt personnes durant deux heures trente au monastère d’Aiguebelle. Elle était organisée conjointement par le diocèse de Valence dans le cadre de l’année jubilaire et par la communauté d’Aiguebelle pour le quatrième anniversaire de la mort des sept frères de Tibhirine.

     La soirée s’est divisée en deux temps : trois conférences tout d’abord sur la mystique, musulmane ou chrétienne, puis un temps de prière en silence avec lecture de textes des deux traditions religieuses. Eric Geoffroy, musulman et professeur à Strasbourg, nous a présenté les grandes lignes de la pratique du soufisme dans l’Islam. Gilbert Jouberjean, professeur à l’Institut de Sciences et de Théologie des Religions à Marseille, a fait de même pour la spiritualité chrétienne. Et entre les deux, comme au cœur de ce qui était partagé durant cette soirée, le Cheikh Khaleb Bentounès, guide spirituel de la Tariqa Alawiya, confrérie soufie présente en Afrique du Nord (elle a été fondée à Mostagarem en Algérie par le Cheikh Al Alawi au début du siècle), au Moyen-Orient et en Europe, a témoigné de ce qu’était le soufisme : arriver au détachement total pour ne plus se reposer qu’en Dieu et se laisser porter par Lui ;  passer de la Loi à l’amour et de l’amour à la connaissance amoureuse de Dieu qui nous fait mourir en Lui pour n’être plus qu’un avec Lui. Le vrai soufi est celui qui comme Salomon dans le Coran, peut entendre le cri de la fourmi et faire arrêter toute son armée pour lui donner de passer sans être écrasée.

     Réintégrer l’homme en Dieu, restaurer l’état primordial par le dépouillement et la prière du cœur, être dans le monde sans être dans le monde, vivre dans la présence continuelle de Dieu : des valeurs partagée par tous les spirituels, qu’ils soient musulmans ou chrétiens. Le temps de prière est venu comme couronner l’enseignement reçu et montrer qu’il est réellement possible de nous retrouver ensemble au cœur de nos fois respectives, sans rien abandonner de ce qui fait la spécificité de chacune. Origène, au IIIe siècle, parlait déjà des semences du Verbe présentes dans les autres traditions religieuses, expression reprise par le Concile Vatican II. Une telle rencontre ne nous montre-t-elle pas la voie pour un réel partage entre nos deux traditions religieuses ? Chercher à vivre et promouvoir ce qui nous unit dans notre cheminement vers le Dieu « Miséricordieux », pour reprendre l’un des 99 noms de Dieu.

    Frère Eric, Aiguebelle

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