Mars 2000 |
EditorialCet éditorial voudrait tout simplement mettre l’accent sur trois événements en trois villes diverses : Lyon, Paris, Rome. LYON : à la mi-novembre 1999, quarante délégués
diocésains se sont rassemblés pour leur première session
nationale. Si quelques évêques avaient auparavant désigné
l’une ou l’autre personne pour coordonner une approche évangélique
des musulmans de leur région, cette fois-ci l’ensemble de l’Eglise
de France s’est placée sur le chemin de la rencontre. L’Assemblée
plénière des évêques à Lourdes en fin
1998 avait souhaité la nomination officielle d’un responsable dans
les régions où la communauté musulmane est importante.
Voilà qui est fait !
PARIS : Le 4 février 2000, à l’Institut Catholique
de Paris, une soirée était organisée par le Centre
Culturel Iranien et le S.R.I. Les principaux intervenants furent : du côté
musulman Mme Dabbagh, alors député du Parlement Iranien,
et S.E.M. Abdekoda’i, Ambassadeur de la République Islamique d’Iran
près du Saint-Siège ; du côté chrétien
le P. Jean Joncheray, Vice-recteur de la Catho, et Mgr B. Panafieu, Président
du SRI. Indépendamment du sujet : Chrétiens et Musulmans
face à l’avenir du monde, il faut noter le côté extraordinaire
de l’événement. Bien que nous n’ayons pas tardé à
répondre à la demande faite le 14 novembre 1999, le S.R.I.,
il est vrai, n’est pas coutumier de ce genre de rencontre et l’initiative
est bien venue de la communauté musulmane.
ROME : Le 12 mars, le Pape atteint un de ses buts, un de
ses combats commencé depuis le début de son pontificat. Comme
la Journée de prière pour la paix à Assise le 27 octobre
1986, le 12 mars 2000 sera une borne milliaire. Au plus haut niveau, par
sa voix, l’Eglise demande pardon à Dieu de n’avoir pas toujours
été fidèle à l’Evangile en certains de ses
fils. Pas toujours compris dans l’Eglise et au-delà, certains
criant à l’autoflagellation, d’autres demandant un désaveu,
confinant à la mise à genoux, comme si rien de bon ne pouvait
être mis au compte du Christianisme vécu, Jean Paul II a maintenu
le cap, faisant de cette journée, une étape importante dans
l’histoire des religions. Nous avons tous à purifier notre mémoire
pour ne pas retomber dans certaines ornières au nom de Dieu ! Pour
vivre en frères croyants, enfin !
Fr. Gwenolé, ofm.
Tél. 01 42 22 03 23 - Fax. 01 42 84 30 41 - E-Mail : sriparis@wanadoo.fr I.S.S.N. 0996 – 6935 |
Le 25 février 2000, à l’invitation du Délégué diocésain pour les relations avec l’Islam, Frère Gwenolé Jeusset a fait une conférence-débat devant un public d’une centaine de personnes, dont une vingtaine de musulman(es), en l’église Sainte Catherine de Valence, à l’occasion du pèlerinage de Jean-Paul II en Egypte. Thèse retenu : « Quels liens et quels échanges entre chrétiens et musulmans ? » S’appuyant sur les textes officiels de l’Eglise catholique depuis Vatican II à nos jours, Frère Gwenolé a clarifié des notions ambiguës telles que « religions du livre, révélées, monothéistes, abrahamiques … Ce fut l’apport le plus neuf et le plus apprécié du public qui s’est senti stimulé sur le chemin de la rencontre et du dialogue. La rencontre s’est terminée par la récitation de la Fatiha et du Notre Père, suivie du verre de l’amitié. Le « Dauphiné Libéré » a couvert l’événement de façon remarquable dans ses pages « Drôme-Ardèche ». Contact : Roger Michel, tél. 04 75 44 01 96.
+ ANNONCES +* Fraternité d’Abraham – BP. 231.08, 75364 Paris cedex
08 (T. 01 45 49 46 33).
* Aiguebelle
* Ergersheim
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GROS PLAN sur une REVUEG.R.I.C.Même s’il ne s’agit pas d’une revue proprement dite, le GRIC publie assez régulièrement ses travaux. Nous donnons la parole à un membre du GRIC. Le dialogue entre chrétiens et musulmans
a, on le sait, une longue histoire qui
commence dès la naissance de l’Islam
(On en trouve la trace dans le
texte même du Coran). Les relations entre les croyants
de l’Islam et ceux du Christianisme
ont été souvent marquées par
des affrontements politiques et militaires. Mais
cette histoire a eu ses moments de lumière au
cours desquels les échanges culturels
furent très nombreux. De Bagdad à
Cordoue, ils ont porté des fruits
de paix et de compréhension. Dans le monde
d’aujourd’hui qui va vers une civilisation
planétaire, cette tradition de recherche et
de réflexion en commun, paraît de
plus en plus une tâche de notre
temps. C’est dans cet esprit qu’un
groupe d’amis, chrétiens et musulmans, a
fondé le G.R.I.C. en 1977. Si ce
groupe est déjà connu de beaucoup,
il n’est pas inutile de rappeler ici
son esprit et les travaux déjà
réalisés.
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EXPERIENCE« UN GROUPE DE PRIERE OECUMENIQUE ELARGI AUX MUSULMANS »En Avignon, un groupe de prière œcuménique (catholiques, protestants, orthodoxes) se réunit une fois par mois, avec des formules variables, depuis longtemps. Mais pour la troisième année consécutive, ce groupe accueille des musulmans, à leur demande. En janvier 1996, au moment de la Semaine de l’Unité des Chrétiens et de notre réunion publique à la Médiathèque, de jeunes musulmans lançaient un appel dans la presse locale à l’adresse du public avignonnais. Venant de terminer le Ramadan, temps fort de leur foi, ils proclamaient que tous les jeunes maghrébins n’étaient pas des casseurs de voitures et se déclaraient prêts à échanger avec toutes personnes de bonne volonté. Sous l’impulsion d’une participante, le groupe de prière a proposé de faire signe aux jeunes musulmans. En juin, rencontre avec l’un deux, Mohamed, directeurs dans une association socio-culturelle pour jeunes maghrébins. Il amènera avec lui «des amis mieux formés en doctrine islamique ». Leur demande : « Que nous nous connaissions mieux vous et nous ; que nous nous connaissions mieux nous-mêmes grâce à vous ». C’est bien ce qui arrive aux participants des diverses confessions. Notre réunion mensuelle, le jeudi de 18h30 à 19h30, a lieu au presbytère St-Symphorien, centre ville. En tout, une trentaine de personnes, assidues et régulières : catholiques, réformés, évangéliques et musulmans. Animateurs : Yves Cruvellier, pasteur E.R.F., Père Jacques Prinat, jésuite, Mahfoud Galizera, musulman. La première année, des thèmes assez généraux : la prière, la justice, la charité, le jeûne , … Temps d’apprivoisement. Puis thèmes plus précis : « Comment exprimons-nous que Dieu est Unique ? » « La résurrection ? » - « Jésus ? » - « La prière ? » - « Le jugement de Dieu » - « La culpabilité » - « Qui sauve ? ». Toujours : « … en islam et selon la foi chrétienne » . Suite au document des Evêques de France « Chrétiens et musulmans : un chemin de rencontre et de dialogue » (novembre 1999), nous avons pris rendez-vous avec Mgr Bouchex, archevêque d’Avignon, pour lui demander de se faire l’écho de ce texte dans le diocèse. Accueil sympathique et encourageant pour notre action. Travail sur ce document dans nos réunions. Puis les thèmes : « Qu’entendons-nous par Jésus Christ Fils de Dieu ? » - « Mohamed, révélateur de la Parole de Dieu ? » - « Identité, foi et laïcité « - « Comment abordons-nous nos textes de référence Bible et Coran ? » - « L’homme, lieutenant de Dieu sur la terre ». Juin 1999, invitation de nos amis musulmans à un repas : belle hospitalité maghrébine pour une trentaine de participants. Pour notre troisième année de rencontres, le nombre de participants a augmenté. De jeunes femmes musulmanes viennent et prennent part à la discussion. Nous nous connaissons assez pour aborder des sujets qui peuvent faire difficulté : « Identité, foi et laïcité » (à nouveau) – « La pudeur » - « Sexualité et culpabilité » - « qu’attendons-nous de Dieu ? » - « Comment prions-nous ? » - « Pouvons-nous prier ensemble ? » Ce qui était souhaité est en voie de réalisation. Les informations et la réflexion font disparaître des idées toutes faites, de part et d’autre, et donnent de voir aussi des convergences. Nous nous considérons toujours comme un groupe œcuménique, puisque c’est bien ensemble, en tant que chrétiens, que nous allons à la rencontre des musulmans, et que nous sommes perçus par eux, sans que soient occultées les différences qui peuvent se manifester entre nos points de vue. Une très grande cordialité caractérise notre groupe. Sans jamais perdre la conscience de ce qui nous sépare, nous nous apportons beaucoup les uns aux autres. En même temps que nous nous sentons fortifiés dans notre propre foi, nous percevons l’unanimité de notre démarche, l’unité de notre sincérité. Si nous nous convertissons, c’est chacun dans notre propre foi, puisque c’est notre chemin à chacun vers l’unité, vers Dieu. Geneviève Lavigne
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« ISLAM et CHRISTIANISME » |