LETTRE n° 63 Novembre 1999
LE PORTIQUE DU JUBILE
Editorial
- Impressions de Bosnie - Initiatives
- Gros plan sur une Revue
- Calendrier - Livres
& Revues - Hommage
à St Augustin
Le
28 octobre dernier à Rome, sur la place Saint-Pierre, le Cardinal
Etchegaray présentait au Pape et à la foule l’événement
qui se terminait dans le soleil couchant. Comparant au splendide portique
des temples de l’Extrême-Orient la réunion, pendant quatre
jours, de quinze religions représentées par deux cents délégués,
il disait sa joie de voir dans cette grande rencontre le prélude
à l’année jubilaire et au troisième millénaire. La
matinée du 24, des messages furent lus, en particulier celui du
Patriarche de Constantinople par son représentant Mgr Damaskinos,
métropolite pour l’Europe, celui de l’Archevêque de Cantorbéry
par l’évêque de Bradford, celui du Recteur d’Al Azhar par
Mr Ali Al Sammam. Des
discussions en assemblée plénière et en groupes de
travail voulurent ensuite répondre au but suggéré
par Mgr Fitzgerald, Secrétaire du Conseil Pontifical pour le
Dialogue Interreligieux, à savoir la confection d’un message
au monde. Les
quelques deux cents personnes rassemblées s’accordèrent sans
difficulté sur le besoin d’affirmer nettement leur volonté
de faire des religions un facteur de paix. Si chacune tient la paix comme
un fondement capital, les intervenants reconnaissaient que les croyants
n’ont pas toujours présenté un visage de non-violence. Les
invités du Conseil Pontifical insistèrent donc sur l’éducation
: il faut faire connaître l’autre comme on voudrait être soi-même
présenté en vérité. On insista aussi sur la
réflexion théologique : il faudrait voir, par exemple, dans
la vision du monde et du salut propre à chaque religion, si une
place peut être assurée au mécréant en
dehors de l’enfer. Bien
d’autres aspects sont présents dans les deux textes préparés.
Les souhaits furent si nombreux que l’équipe de rédaction
dût se résoudre à faire un Message pour le grand public
et une Déclaration, plus longue, pour les responsables religieux
et les personnes engagées dans le dialogue interreligieux. Ces documents
seront à réfléchir avec le recul nécessaire. Il
faut déjà bien noter un fait capital : c’est la première
fois, à partir du Centre de la catholicité, que les représentants
de diverses religions s’adressent ensemble au monde. Voilà sans
doute l’inédit de ce rassemblement. Même s’il était
dans la foulée d’Assise 86, il ne regroupait pas les grands leaders
spirituels mais des personnes au service du pluralisme religieux qui voulaient
donner une parole commune à l’aube du troisième millénaire.
Le 27 octobre 1986, le Pape avait invité les chefs religieux à
prier avec lui pour la paix ; du 24 au 28 octobre 1999, des croyants habitués
à la rencontre ont cherché comment engager leur communauté
dans une action commune. Si le chemin apparaît long, la facilité
à se trouver sur la même longueur d’onde spirituelle pour
proposer au monde des recommandations, même si elles sont devenues
courantes entre nous, donnait l’espérance au cœur et à la
raison. Pour
souligner l’importance de la Prière à Assise treize ans plus
tôt, nous sommes allés là-bas en pèlerinage.
Par pudeur, je cacherai ce que fut pour moi, en un tel lieu et devant un
tel auditoire, le fait de parler de celui à qui « Dieu
donna rendez-vous, non dans le martyre, ni dans la conversion du sultan,
mais dans la rencontre sur la rive de l’autre ». Quelle
joie d’entendre ensuite un responsable musulman et une femme hindoue dire
l’importance de cet homme hors les murs avant d’aller ensemble garder un
moment de silence intense autour du Tombeau de François d’Assise
et de Damiette. Dieu
nous a donné, en ce 27 octobre, rendez-vous fraternel sur la rive
de François ! Frère
Gwenolé, o.f.m.
|
Du
27 juillet au 15 août 1999, j’ai acquis une certitude qui grandissait
déjà en moi après d’autres voyages. Si l’on désire
que les religions soient un facteur de paix, il faut absolument couper
les liens entre ethnie et religion, comme entre religion et état.
Le nationalisme se repaît de ces liens et ligote les croyances. La
religion devient système plus que spiritualité et on arrive
vite à emprisonner Dieu pour en faire une idole qui justifiera tout.
Une des perversions du lien ethnie-état-religion est de faire croire
que les athées sont des militants, par exemple, d’un dieu catholique,
opposé à un dieu orthodoxe ou à un dieu islamique
et d’entraîner de vrais croyants dans ce culte idolâtre.
Les
partis nationalistes ont le vent en poupe en Croatie, en Bosnie, en Serbie.
En Bosnie-Herzégovine notamment, les nationalistes l’emportent dans
presque tous les “cantons” et l’acceptation de fait de la “republica srbska”
entérine une purification ethnique. A Banja Luka, on a détruit
systématiquement les 13 ou 16 mosquées de la ville et les
musulmans, malgré la SFOR, ont bien du mal à obtenir le permis
de reconstruire la seule grande mosquée. C’est un euphémisme
de dire que les autorités serbes sont peu empressées de voir
revenir les Croates et les Musulmans et s’il y a encore des mariages mixtes,
c’est entre Croates et Musulmans. En Herzégovine où de furieux
combats ont eu lieu entre Croates et Musulmans, les réfugiés
ne reviennent guère à Mostar-est où reste seulement
une cinquantaine de vieillards croates. Ce chiffre est à comparer
avec les 9 000 musulmans restés ou revenus à Mostar-ouest.
Mon
étonnement est, en voyant une haine rampante en plus d’un lieu,
de trouver les gens relativement optimistes. Beaucoup croient que la paix
est possible. En fait, j’ai cru découvrir trois grandes positions
par rapport à l’avenir, la première et la troisième
étant minoritaires :
-ceux
qui rêvent de revanche sur une autre communauté ;
-ceux
et celles qui pensent qu’il faut retrouver une cohabitation inévitable
mais chacun restant chez soi le plus possible, en admettant l’autre … à
côté ;
-ceux
et celles qui estiment qu’une simple coexistence ne peut mener à
la paix. Il faut établir des liens d’amitié au-delà
de la réconciliation qui suppose elle-même le pardon et la
rencontre.
Les
tenants des deux dernières positions savent que la réconciliation
sera longue à venir et que, pour le moment, vivre sans se battre
est déjà positif et justifie d’accepter la présence
de la SFOR.
1.Le
désir très fort d’une intégration à l’Europe
exige un minimum d’entente et le rejet du mépris mutuel. La volonté
d’être européen entraîne la démocratie et demande
que la pluralité soit reconnue. Si on ne peut accepter le lien ethnie-religion
ou état-religion, il faut prendre en compte le phénomène
culturel et le phénomène religieux, sinon celui-ci rejaillit
un jour en chauvinisme politico-religieux.
2.Il
n’y a d’autre chemin aujourd’hui, à la différence d’hier,
que le chemin de réconciliation. Les plus clairvoyants reconnaissent
sans ambage que le refuser conduirait à un suicide des jeunes nations
comme ce fut le cas de la Yougoslavie. Ce suicide annoncé
comme scénario-catastrophe est heureusement contrecarré par
les efforts de réconciliation.
äAvignon,
juin 1999.
Durant
le conflit des Balkans, l’association de Dialogue Inter-Religieux (D.I.R.E.)
a relayé un appel du groupe local « Pax Christi » en
organisant un temps de prière chaque mercredi. Cette rencontre de
prière s’est déroulée en centre ville, au Temple de
l’Eglise Réformée de France. Mgr Bouchex, archevêque
d’Avignon, et Mr Mimoun, président de l’association culturelle islamique
(marocaine) et le rabin Moché Amar se sont joints au lancement de
cette initiative. A chaque rencontre : Parole de Dieu, silence, méditation,
orgue, message.
Le
groupe D.I.R.E., en réunion mensuelle, a approfondi cette année
le sens des fêtes religieuses dans les diverses traditions religieuses.
Contact
: Anne-Marie Bardoux, (T/F. 04 90 82 47 06).
Une
soixantaine de participants catholiques et protestants issus de plusieurs
régions de France, ont réfléchi sur le thème
: « Un appel à construire la paix », aidés
de spécialistes tels que Geneviève Comeau pour le Judaïsme
et le Père François Jourdan pour l’Islam, accompagnés
de théologiens catholiques et protestants.
«
Nous avons successivement envisagé comment le Judaïsme et l’Islam
vivaient la paix avec Dieu et la société, quels regards ils
jetaient sur le Christianisme, ce que la Bible nous dit de la paix ; comment
au cours des siècles le Christianisme a favorisé ou non la
paix. … En fin de parcours nous sommes revenus à ce qui fait notre
spécificité de croyants : l’Incarnation, un Christ historique
et unique médiateur ce qui n’est accepté ni par les juifs,
ni par les musulmans et notre confession de foi en la Trinité. Les
échanges faisant suite aux interventions ont révélé
le besoin de bien connaître les enjeux de notre foi, allié
au souci de découvrir la foi des autres pour favoriser le «
vivre ensemble » et cela dans la ligne de l’association «Les
Avents » fondée en 1955 dans le Tarn par le Père André
Fabre (1900-1983) ». (Père G. Girroy et Madame S. Martineau).
Contatc
: Denise Bréard, 53, rue du Moulin, 61100 Flers. (T. 02 33 64 31
26).
La
salle Georges Bonnaire était pleine jeudi 7 octobre 1999 pour l’émouvante
veillée de paix organisée par « Tibhirine »,
l’association pour le dialogue interreligieux. Jacques Hubert le président,
a invité chaque participant dans la présentation du sens
de la veillée, « à ouvrir sa porte à l’autre
différent, à se ranger du côté de son visage,
à courir des risques : celui d’être hospitalier à l’autre
en soi ; chacun pouvant faire émerger du plus profond la valeur
de la paix et délivrer des énergies de paix. C’est possible
dès maintenant ! » Une originale « marche des pierres
» a permis à tous les participants d’apporter concrètement
sur le podium « sa » pierre à la construction de la
paix,tout en écoutant des voix off d’acteurs de paix tels : Hanna
Kina Hoth, femme de dialogue du Sud-Soudan, le Frère Roger Schultz
de Taizé, Mohamed Talbi intellectuel tunisien … Le dernier témoin,
invité par Tibhirine et venu spécialement de Rome représentant
la Communauté Sant’Egidio, Ricardo Cannelli, a pu nous dire comment
la fameuse Communauté donne la main à tous les êtres
humains et continue patiemment de poser brique sur brique pour construire
la maison de la paix : la paix au Mozambique, la signature d’un accord
au Guatemala, la recherche d’un dialogue entre Hutus et Tutsis au Burundi,
etc. Puis chaque confession a pu exprimer sa prière. Quelques mots
de Etty Hillesum proclamés par l’ensemble des participants debout
clôturaient l’expression interreligieuse : « Notre unique obligation
morale, c’est défricher en nous-mêmes de vastes clairières
de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce
que cette paix irradie vers les autres. »
Un
très beau chant, inspiré d’une parole de Fr. Christian de
Chergé, moine de Tibhirine, accompagné à la harpe
et au violoncelle, a permis de clore cette émouvante cérémonie
pendant que différents pains confectionnés par des communautés
africaines, asiatiques, européennes et américaines de Nantes
étaient distribués.
Contact
: Tibhirine, association pour le dialogue interreligieux (T. 02 40 76 83
20).
«Ces
dernières semaines, un collège (Valence), une radio locale
(Montélimar) et les scouts de France (Allex), m’ont invité
à parler de l’islam. J’ai pu mesurer l’intérêt, la
curiosité, l’indifférence ou l’ignorance des jeunes rencontrés.
Ce fut chaque fois l’occasion de faire découvrir l’essentiel de
la foi chrétienne au miroir de l’islam et d’inviter ces jeunes à
se positionner avec justesse par rapport à « l’autre différent
». Ni racisme, ni prosélytisme, ni syncrétisme, mais
découverte d’un dialogue interreligieux possible et concret, dans
un pays de plus en plus métissé. Ces expériences de
terrain rejoignent, me semble-t-il, les grandes intuitions du Concile Vatican
II sur les religions non chrétiennes. La soif de culture religieuse
est grande chez les jeunes, pour peu qu’on la suscite et qu’on sache y
répondre. Encore faut-il s’y préparer. Voilà un chantier
intéressant, dans le cadre d’une laïcité ouverte, un
chemin d’espérance pour une société bigarrée,
dans une Europe pluraliste et solidaire ».
N.B.
: on lira avec profit « Chemins de dialogue » n° 14 à
paraître prochainement sur le « fait religieux à
l’école ».
Contact
: Père Roger Michel (T.04 75 44 01 96).
Du
15 au 18 novembre 1999, se sont retrouvés à la Maison Saint-Joseph
à Francheville, 39 Délégués à l’Islam
(sur 43) des diocèses de France, certains engagés depuis
un temps déjà sur ce chemin de la rencontre, d’autres plus
récemment nommés par les Evêques à la suite
de l’Assemblée de Lourdes 1998.
Dans
une ambiance amicale les partages en groupes de travail et les rencontres
informelles ont permis un approfondissement de cette démarche. Les
témoignages de plusieurs régions ont enrichi notre expérience
et ouvert des perspectives pour l’an 2000 !
-Centre
Sèvres - 35
bis, rue de Sèvres, 75006 Paris
(T. 01 44 39 75 01).
·Christian
Van Nispen, « A la rencontre de l’Islam moderne et contemporain »,
du 4 janvier au 1er
février 2000, le mardi de 19h30 à 21h30.
·Jean-Luc
Brunin : « L’Islam de France : réalités, débats
et enjeux pour l’Eglise », du 23 février au 29 mars 2000,
le mercredi de 19h30 à 21h30.
·Philippe
Lécrivain : « Le salut des autres, Recherches sur le pluralisme
religieux », du 12 octobre 1999 au 25 janvier 2000, le mardi de 14h30
à 16h30.
(T.
03 20 13 41 57 – F. 03 20 13 41 56).
Histoire
et sciences sociales de l’Islam, une année de formation de 84 heures,
avec des spécialistes ; l’objectif étant de préparer
à une connaissance scientifique de l’Islam.
(T.
03 20 26 09 61 – F. 03 20 11 26 50).
Un
groupe islamo-chrétien se retrouve quatre fois par an et organise
une rencontre : du 18 mars à 14h30, au 19 mars 2000 à 17h.
Thème de cette 22ème
rencontre islamo-chrétienne : « L’interpellation des pauvres
».
(T.
02 47 75 30 60 – F. 02 47 64 85 97).
«
L’islam mystique, le jaillissement, les grandes heures du soufisme, les
confréries », avec Luc Moreau, o.p. Les 3 février,
2 mars et 6 avril 2000, de 20h30 à 22h.
(T.
01 44 39 52 51 – F. 01 44 39 52 48).
·«
Introduction à l’Islam », 4 février 2000, de 10h à
12h.
·«Islam
et modernité », 28 janvier 2000, de 15h à 17h.
Ces
2 cours sont donnés par Emilio Platti.
·«
Islam et modernité, courants actuels », vendredi 25 février
et 28 avril 2000, de 14h à 16h.
·«
Islam et Christianisme », mercredi 23 février et 23 mars 2000,
de 14h à 16h.
·«
Islam en France, questions posées à l’Eglise », mercredi
29 mars et 10 mai 2000, de 14h à 16h.
·«
Islam en Afrique », mercredi 17 mai et 14 juin 2000, de 14h à
16h.
Ces
4 cours sont donnés par Jean-Marie Gaudeul
Prochaine
réunion de l’association le 25 janvier 2000, au Centre Sèvres,
avec Jean-Loup Herbert et Ghaleb Bencheikh.
Contact
: Madame Frapier (T. 01 69 03 50 15).
|
Editorial - Impressions de Bosnie - Initiatives - Gros plan sur une Revue - Calendrier - Livres & Revues - Hommage à St Augustin Voeux de Ramadhan - Expérience - Annonces
«Islam
de France» Conçue
par des journalistes et intellectuels aux parcours associatifs ou individuels
diversifiés, la revue«Islam de France»est une publication
indépendante (d’abord éditée par l’Harmattan, puis
désormais par Al Bouraq). Elle voudrait faire émerger une
intelligentsia musulmane relevant les défis d’une expression religieuse
islamique tout à la fois fidèle et moderne. Depuis deux ans,
ses objectifs sont de : 1.travailler
à ce que l’islam soit perçu d’abord pour ce qu’il est : une
foi revendiquantson appartenance abrahamique et la continuité des
révélations divines, et non une idéologie politique
en guerre avec l’Occident ; une tradition spirituelle vivifiée par
le mystère de la Parole coranique inaugurant sa propre dynamique
prophétique et humaniste, et non une prédication fanatique
et passéiste à visée hégémonique. 2.aider
à redécouvrir la diversité théologique et l’historicité
de la culture islamique pour que les musulmans soient plus «informés»des
fondements de leur croyance comme de la piété que peut susciter
sa haute spiritualité ;plus à même également
de la confronter aux autres avec sérénité et de penser
à un «islam de France» adapté à la modernité
de l’Europe sécularisée. 3.faire
circuler l’information sur la vie cultuelle et culturelle de la deuxième
religion de ce pays ; organiser le débat d’idées sur son
intégration et sa représentation ; mener le dialogue avec
les autres confessions ; tisser des liens avec les responsables d’associations
et le public des fidèles qui fréquente les mosquées
comme celui attaché à une observance plus privée.
Revue «Islam
de France»: 12, avenue Karl Marx – porte 83 – 93000 Bobigny * * *
Le
numéro 6 de la revue comprend notamment : •
La Résolution des Assises interreligieuses de Lille (7 mars 99). •
Un article du Père Michel Lelong, « Quelle laïcité
pour le christianisme et pour l’islam ? » •
Un article du Père Jean-Luc Brunin, « Du véritable
esprit du dialogue ». |
Communiqué
par l’Institut de la Mosquée de Paris. Comme d’habitude, il peut
se produire un décalage d’un jour en plus ou en moins.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Claude
GEFFRE - Entretiens avec Gwendoline Zarczyk, Editions Albin Michel, 1999,
320 p., 120 F.
L’auteur
de ce mémoire dévoile les caractéristiques du dialogue
islamo-chrétien en trois périodes différentes :
-la
fin des années 60 et des années 70 : l’élaboration
dynamique d’un dialogue islamo-chrétien centré sur l’islam
;
--
la décennie des années 80 : rééquilibrage et
maturation lente du dialogue islamo-chrétien ;
--
les années 90 : un dialogue qui se développe au niveau régional
et au niveau politique.
En
conclusion, il parie «que le dialogue islamo-chrétien organisé
n’en est en France qu’à ses débuts et que l’ouverture interreligieuse
sera un des traits caractéristiques du paysage religieux de demain
» (p. 177).
*
* * * *
|
Editorial
- Impressions de Bosnie - Initiatives
- Gros plan sur une Revue
- Calendrier - Livres
& Revues - Hommage
à St Augustin
Voeux
de Ramadhan - Expérience
- Annonces
Si,
selon la Tradition, au premier soir du mois béni vous rompez le
jeûne avec les dattes et le lait, sachez que bien des amis chrétiens
vous sont très proches et vous accompagnent dans la prière.
|
Editorial - Impressions de Bosnie - Initiatives - Gros plan sur une Revue - Calendrier - Livres & Revues - Hommage à St Augustin Voeux de Ramadhan - Expérience - Annonces Si
la première urgence est de répondre à une situation
matérielle très précaire, le Secours Catholique, situé
dans la promotion de la dignité de l’homme et relié à
sa foi chrétienne, a à cœur de respecter chacun dans ce qui
constitue sa différence, y compris religieuse. Ainsi pour une bonne
intégration de tous, nous avons décidé de débuter
le repas festif par un échange fraternel sur le thème : «
Pourquoi fêter Noël ? » Pour
aider à la réalisation de ce projet, l’équipe de Créteil
a eu l’idée d’inviter le SRI. Une première rencontre a eu
lieu à Champigny le 7 décembre. Sur place nous avons trouvé
Yédi, Christophe, Mohammed, Jean, Rached, Joseph, Mustapha et David.
Il s’agissait tout d’abord de faire connaissance autour d’un repas. Différents
pays étaient évoqués comme l’Algérie, le Maroc,
la Tunisie, le Mali, le Congo … Le contact était facilité
par le fait que le Frère Gwenolé du SRI avait déjà
visité plus ou moins longtemps chacun de ces pays. Ensuite, nous
sommes entrés un peu plus dans le vif du sujet, à savoir
la préparation de la fête de Noël le 24 décembre
au soir. Nous
prévoyons des animations musicales, une urne à messages et
un livre d’or, de la décoration, de l’aide à la cuisine,
le transport … et un repas vers 17h30 pour les musulmans qui ont accompli
le jeûne de la journée. Chacun est d’accord pour l’organisation
d’un échange fraternel au moment de l’apéritif. Enfin, nous
concluons les derniers préparatifs autour d’un bon thé à
la menthe préparé et versé (c’est tout un art !) par
Mohammed. Arrive
le 24 décembre, où la majorité chrétienne du
Secours Catholique se rend à la messe de Noël à 18h30
en l’église Saint Michel de Créteil.D’autres ajoutent les
dernières finitions à la préparation de la salle. La
possibilité est offerte aux musulmans qui le désirent de
participer à la messe. Frère Jacques les accompagnera. Ali
est le seul a avoir ce désir mais pour des raisons pratiquesil ne
pourra pas nous rejoindre. A l’issue de la messe, nous prolongeons la soirée
dans les locaux paroissiaux situés en face de l’église. C’est
à ce moment que toute l’équipe de la préparation du
7 décembre nous rejoint. Claude Vienot président du Secours
Catholique de Créteil prononce un discours de bienvenue et situe
la soirée autour du thème de l’échange, du respect
et du dialogue entre tous et spécialement ce soir entre chrétiens
et musulmans. Puis, sur fond sonore de musique antillaise bien rythmée,
nous sommes invités à nous approcher des tables bien garnies
et à nous servir. Après quelques minutes, nous nous mettons
en cercle et nous commençons notre discussion. Après
la présentation du thème, Ali prend la parole, réaffirme
sa foi musulmane et remercie le Secours Catholique de son invitation. Tous
situent cette soirée dans le sens de l’ouverture aux autres et le
respect des différences. Celles-ci ne sont pas gommées mais
au contraire présentées dans le sens d’une véritable
richesse pour tous. L’échange se prolonge encore quelques minutes
avec des questions de compréhension, comme : qu’est-ce que le Ramadan
? Quelle est sa finalité ? Puis Frère Gwenolé conclut
par un texte de Khalil Gibran. Nous poursuivons par des chansons et des
histoires spontanées, des danses, de la musique … Tous, nous
avons vraiment passé une très bonne soirée. C’est
le mot de conclusion que donnera Hélène Chauvigné,
déléguée diocésaine du Secours Catholique de
Créteil, en remerciant tous les acteurs et les invités pour
leur participation à cette fête qu’elle a particulièrement
appréciée. Nous avons vraiment senti combien nous avions
à nous apporter les uns aux autres, à l’écoute de
nos différences. Nous sommesainsi encouragés à continuer
de nous donner pour objectif de lutter contre la fatalité de l’exclusion,
de la misère et du racisme et à témoigner de l’amitié
fraternelle qui nous unit entre gens de différentes conditions,
origines et religions. Noël
au Secours Catholique en compagnie de musulmans ! La question ici n’est
plus de l’ordre du « Pourquoi pas ? » mais elle est de savoir
comment mettre à profit dans le quotidien ce que nous avons reçu
les uns des autres. Frère
Jacques, o.f.m.
|