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Préparation
d'un mariage islamo-chrétien
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Cette
fiche succincte n'est qu'un aide-mémoire. Elle ne dispense pas de se
référer au dossier complet « Les mariages islamo-chrétiens »
édité par le SRI (coordonnées ci-dessous). Les fiches mentionnées ici sont
celles de ce document indispensable dans sa 4ème
édition (2004). |
C'est un fait : des couples
se présentent à nous, dont l'amour a une histoire et est devenu projet de vie.
Ils ont déjà pris leur décision. Ils envisagent une célébration religieuse
à l'église catholique. Nous ne pouvons préjuger de leur qualité de foi
ni d'humanité. Quel dialogue allons-nous engager avec eux?
Leur détermination ne peut en aucun cas dispenser le prêtre
ou ceux qui sont chargés de la préparation au mariage, d'attirer l’attention
sur les difficultés très fréquemment rencontrées par les couples islamo-chrétiens.
Toutefois, à tout moment de la rencontre, il importe de faire l'effort nécessaire
afin de rester objectif et de conserver un total respect des traditions chrétiennes
et musulmanes auxquelles se réfèrent ces couples en formation.
A un moment où à un autre, il peut être souhaitable de
rencontrer chaque conjoint à part, pour permettre une plus grande liberté de
dialogue. La partie chrétienne doit être mise, de façon claire, en face des
responsabilités qu'elle prend et que le conjoint musulman devra connaître,
comprendre et respecter. Il s’agit bien sûr, de le faire avec tact pour ne
pas compromettre l'établissement d'un climat de confiance, malgré le peu de
temps disponible.
La partie musulmane peut éprouver quelques réticences
en se trouvant devant un représentant de l'Eglise. L'accueillir suppose que
l'on tienne compte de ses origines et de ses réactions. Religion, communauté,
législation, organisation sociale, l'Islam est un tout: un musulman a cette
conscience d'appartenir à la grande communauté musulmane ; il est
toujours marqué plus ou moins consciemment par les valeurs et les perspectives
venant de ses traditions, même s'il semble avoir pris une certaine distance à
leur égard. Même incroyant, un musulman d'origine n'est jamais comme un
incroyant de culture occidentale. Aussi la partie musulmane comprendra le
mariage à travers la tradition de sa société d'origine (cf. Fiche
2 : "Le mariage en Islam").
Bien sûr, ces liens culturels et religieux seront différents
selon qu'il s'agit d'une personne élevée dans un pays musulman et arrivée récemment
en France ou de jeunes qui sont fils ou petit-fils d’immigré.
La partie catholique a souvent conscience de la
situation particulière dans laquelle la met son projet de mariage. Elle s'apprête
à franchir les murs de sa culture. Souvent elle va enfreindre les normes
sociologiques de son milieu en épousant une personne d'une autre origine. Elle
peut arriver quelque peu accablée par les reproches des siens. Dans cette
tension, elle ne sera plus capable de porter un jugement objectif. Il se peut
que son mariage avec un étranger soit ressenti comme une libération vis-à-vis
d'un milieu conformiste et étouffant. Il se peut aussi que, dans le climat sécularisé que nous connaissons,
la décision d’un(e) catholique d’épouser un(e) musulman(e) ne rencontre
dans son propre milieu qu’une sorte d’indifférence ou une attitude de
« tolérance » du genre « c’est son choix ».
Or, il n'est pas évident que cette personne soit informée
avec sérieux des divers problèmes de la vie des couples mixtes. En particulier
il existe habituellement une ignorance complète à propos des questions
juridiques concernant le code de la famille et le statut de la femme (héritages,
garde des enfants en cas de divorce, etc... (Cf. Fiche 6 : "Situation
juridique").
Ce point est particulièrement important dans le cas
d'une chrétienne désirant épouser un musulman étranger dont le pays a
passé des accords bilatéraux avec la France. Par exemple, la femme
non-musulmane engendre des enfants à la communauté musulmane. Si le mari
meurt, les enfants reviennent traditionnellement à cette communauté, plus précisément
à la famille paternelle. Lorsque le mariage est légalement contracté dans un
pays de tradition musulmane, la situation de la partie chrétienne est
tributaire de la législation du pays.
Dans le cas d'un chrétien voulant épouser une musulmane, il faut savoir que ce cas est interdit par la loi religieuse musulmane. Cet interdit est repris par la plupart des législations des pays musulmans (voir fiche 6). Cependant, ces cas existent et nous ne pouvons les ignorer.
Il faut avant tout permettre aux deux jeunes de s'exprimer
profondément et librement dans un climat dépassionné, pour rendre possible
une approche objective de la réalité. Une attitude d'accueil et de soutien de
la part du prêtre ou de ceux qui les accompagnent est un point d'appui
important pour mener à bien le dialogue et suivre ce jeune couple par la suite.
Mais cela ne doit pas estomper l'exigence de vérité et de prudence particulière
que requiert un tel dialogue pastoral.
La demande est parfois faite d'une célébration «
inter-religieuse » ou d'un mariage à la mosquée après le mariage à l'église.
Il faut savoir que dans la tradition musulmane le mariage est un acte juridique,
un contrat, et qu'il n'est pas célébré à la mosquée. La demande de symétrie
ne peut être totalement honorée. (cf. fiche
4 : « La célébration »).
Le cheminement avec le jeune couple n'aboutira pas nécessairement
à un mariage catholique avec disparité de culte. Les conditions requises ne
paraîtront peut-être pas réunies pour le permettre. C'est pourquoi il faut
d'abord orienter le dialogue pastoral sur l'histoire et le projet de vie du
futur couple, avant d'envisager la réalisation de la célébration chrétienne.
Le sentiment amoureux, la détermination de fonder un
foyer, risquent d'occulter les importantes différences qui existent entre les
deux futurs. Si l'on veut une vie de couple réussie, il faut bien les voir. Le
fait d'appartenir à des groupes différents par l'origine, la religion ou la
culture, crée des problèmes nouveaux. Ne pas les prendre au sérieux, fermer
les yeux sur leurs conséquences inéluctables pour la vie du couple, serait de
l'inconscience. Toute décision de mariage est un défi, a fortiori dans le cas
d'un mariage islamo-chrétien.
Le service le plus important à rendre au jeune couple est de lui permettre de prendre conscience, loyalement, sereinement, ensemble, des distances culturelles et religieuses qui les séparent et qui demeureront, car on ne peut pas se refaire complètement. Ces distances, qu'ils minimisent spontanément dans l'enthousiasme de leur amour, ils ont et auront toujours à les assumer. Elles se manifesteront peu à peu et il n'est pas à exclure qu'une affirmation de l'identité propre se manifeste fortement à l'âge de la maturité. Il ne suffit pas d'en rester à la bonne volonté ou à la seule force du sentiment.
Au fil des jours, les futurs apprendront que les mêmes
mots n'ont pas exactement le même sens pour chacun d'eux. Plus encore, ils vont
découvrir qu'ils ne ressentent pas les choses de la même manière et ne leur
donnent ni la même importance ni la même signification.
S'ils sont sincèrement croyants, ils seront amenés à découvrir
que les nombreux points de convergence entre l'islam et le christianisme ne
suppriment pas les différences en
ce qui concerne la conception de l'homme et la relation à Dieu.
Le cloisonnement du monde musulman traditionnel entre la
société masculine et féminine répugnera à la partie occidentale. Souvent
c'est la famille de type patriarcal qui prime sur la famille restreinte au
couple et à ses enfants.
Le problème de l'éducation religieuse des enfants se
posera vite. Si la tradition musulmane fait une
obligation au musulman de transmettre l'Islam à ses enfants, comment cela
pourra-t-il se faire avec son conjoint chrétien qui tient aussi à partager sa
foi avec ses enfants ? Les enfants seront pris dans le système éducatif d'un
des deux milieux. Quelle place aura l'autre culture dans cette éducation ?
Il est bien certain que, de toute différence, on peut
faire une plus grande richesse. Mais cela suppose d'en prendre les moyens avec cœur,
intelligence et sagesse. C'est pourquoi n'est probablement pas donnée à tout
le monde, du fait des grandes différences à assumer, la capacité de fonder un
foyer islamo-chrétien. Il y
a un discernement à faire naître. La construction d'un tel foyer
requiert une créativité toute particulière. Ils ont, dans une certaine
mesure, à inventer un style de vie qui leur soit propre. En gardant des liens
étroits avec leurs familles, les conjoints prendront soin de conserver l'indépendance
dont ils ont besoin. Ce qui exige beaucoup de tact, de délicatesse et aussi de
détermination.
Comme c'est le cas pour tout foyer, mais plus encore ici,
ils ne chemineront pas nécessairement au même rythme. Chacun devra respecter
chez son conjoint ce qu'on serait tenté de nommer lenteur, hésitation ou peur.
Il est indispensable de connaître et d'accueillir la tradition culturelle et
religieuse de l'autre. Les rencontres entre couples islamo-chrétiens pourront
être d'un grand secours. Il existe d’ailleurs une association de ces foyers :
le GFIC (cf. www.gfic.net), (cf. fin de la Fiche
5).
Sur le plan religieux, le mariage islamochrétien peut être
l'occasion d'un réel approfondissement de part et d'autre. La solution négative
serait d'éviter ce sujet du fait
des difficultés. Dans l'ambiance française de sécularisation, la
tentation est grande d'un « nivellement par le bas ». Or c'est justement grâce
à une vie spirituelle sérieuse que les jeunes époux pourront trouver la force
de mener à bien leur projet commun.
La confrontation peut être source d'une plus grande
exigence, et elle invite à approfondir sa propre tradition religieuse. La célébration
en famille des fêtes religieuses des deux traditions est souvent une manière
bien concrète de manifester, avec les enfants, le souci que chacun reste fidèle
à ses propres sources et s'enrichisse de celles de l'autre. Ces couples auront,
de fait, un rôle à jouer dans la rencontre islamo-chrétienne.
Dans un mariage contracté dans l'Eglise catholique, les
engagements requis sont ceux du mariage avec dispense de disparité de culte
(cf. Fiche
3 : "Le mariage inter-religieux"
§ 2)
En ce qui concerne la partie musulmane,
il faut d'abord rappeler que le mariage à l'église ne signifie ni
conversion ni baptême. Les exigences posées sont d'abord l'abandon de
certaines pratiques admises en Islam (répudiation. divorce, polygamie).
L'engagement à la fidélité doit être bien clair. Aucune de ces exigences
n’est incompatible avec l’islam.
Chacun s'engage en outre à respecter les obligations
religieuses de son conjoint.
Il arrive, dans certains cas, que des pressions soient exercées sur le fiancé catholique pour qu’il prononce la profession de foi musulmane (chahada). (cf. fiche 6 : situation juridique). Il ne s'agit pas d'une simple formule administrative : cette profession de foi est toujours considérée comme un acte religieux par lequel l'intéressé devient membre à part entière de la communauté musulmane.
· Il faut exhorter les deux fiancés à se protéger mutuellement contre ce genre de pression.
·
Au cas où cette profession de foi musulmane a été
prononcée, une ré-intégration dans l’Eglise n’est envisageable qu’après
en avoir référé à l’autorité diocésaine. (se reporter alors à la
fiche 3).
Le prêtre ou l'accompagnateur sera attentif à un certain
nombre d'éléments pour aider au discernement avec le couple : qualité
spirituelle des deux futurs, chances d’harmonie, projet, avenir du couple...
(voir fiche 1 développée).
Il peut arriver parfois qu’on ne puisse envisager qu’un
mariage civil.
Au plan civil : Lorsque les époux sont de
nationalités différentes, il importe de tenir compte des législations des
pays concernés (cf. Fiche 6 : « Situation
juridique »), et notamment des accords bilatéraux avec la France.
Au plan canonique, comme pour tout mariage, on est amené à se poser les questions suivantes :
· y a-t-il déjà eu mariage antérieur ?
·
a-t-il été forcé par la pression sociale ?
·
y a-t-il possibilité d'un nouveau mariage célébré
chrétiennement ?
·
comment effectuer une recherche d'état libre ?
Pour le reste, cf. fiche
4.
La déclaration d'intention est obligatoire pour les deux
parties. Ces déclarations sont délicates à établir.
Les modèles ci-après sont donnés à titre indicatif. Des modalités diverses peuvent être envisagées : l'essentiel est que ces déclarations soient l'aboutissement de la réflexion du couple, qu'elles précisent leurs engagements respectifs et expriment les bases de leurs vies.
Proposition
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Proposition
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Secrétariat pour les
Relations avec l'islam (S.R.I.) - 71, rue de
Grenelle, 75007 Paris - Tél. : 01 42 22 03 23 - Fax: 01 42 84 30 41