
A l'occasion des commémorations du 11 septembre, la Conférence épiscopale catholique des Etats-Unis a publié la déclaration suivante, qui accompagne neuf jours de prière, de jeûne et d'action des catholiques dans tout le pays. |
Ce
que signifie désormais la date du 11 septembre a changé nos vies, notre nation,
notre monde et notre communauté de foi. Le 11 septembre est devenu le symbole
d'un mal indicible et d'une profonde perte, d'un immense sacrifice, d'une
grande foi, de défis que nous devons affronter en tant que peuple. Nous savons
que les blessures sont profondes, qu'elles ne seront ni rapidement, ni
facilement guéries. Le meurtre de tant d'innocents issus de pays aussi différents,
nous demande d'agir au rang d'une nation. Mais aussi d'offrir consolation et
soutien en tant que peuple.
La
perte de vies en Afghanistan, que ce soient des militaires américains ou des
hommes, des femmes et des enfants afghans, pèse également lourdement sur nous.
Notre foi nous dit que chaque vie est précieuse, qu'il s'agisse d'une personne
qui travaillait dans le World Trade Center ou au Pentagone, qui se trouvait
dans l'avion qui s'est arasé à Shanksville ou qui vivait en Afghanistan.
Nous
faisons aussi le deuil de notre sentiment d'invulnérabilité. Notre foi nous met
au défi de vivre en solidarité avec ceux qui, de par le monde, affrontent la
violence perverse et l'insécurité. Au moment où notre nation considère d'importantes
questions de guerre et de paix, notre foi nous appelle à chercher les bonnes voies
pour chercher la justice, pour devenir artisans de paix, pour protéger la vie
et la dignité de tous dans un monde brisé par la terreur et le non-respect de
la vie humaine.
Un
an après, nous sommes encore portés par des actes de courage désintéressé. Nous
devons entretenir notre générosité en tendant la main à ceux qui ont été
touchés par cette tragédie. Nous devons continuer à enseigner les attitudes de
respect et d'équité, qui nous demandent de rejeter la haine, la vengeance et la
violence, particulièrement envers ceux d'entre nous qui sont Arabes-Américains
ou musulmans.
Surtout,
nous pouvons vaincre la peur suscitée par les terroristes en mettant notre foi
dans le Seigneur ressuscité, en travaillant à remplacer la haine par la
concorde, et la violence par le respect de toute vie humaine. Nous avons besoin
d'approfondir la foi et l'espérance qui nous ont relevés et portés au long de
cette année, afin de modeler ce que nous sommes et d'orienter l'action qui
reste maintenant à accomplir. Notre nation doit maintenant être fermement
résolue à défendre la vie innocente et le bien commun contre le terrorisme.
Dans cette tâche nécessaire, nous devons nous assurer de la modération dans
l'emploi de la force militaire, en insistant sur la nécessité de respecter les
règles de la morale traditionnelle régissant la guerre et la protection des
innocents.
Cette
« guerre contre le terrorisme » doit être conduite avec le soutien de la
communauté internationale. Elle doit être menée au préalable par des moyens non
militaires, en luttant contre les ressources financières des terroristes, leur
recrutement et les occasions de commettre de tels actes maléfiques.
Alors
que notre nation cherche à défendre nos personnes et nos valeurs, nous devons
aussi tenir avec force nos principes fondamentaux de justice, de liberté, de
droiture et d'ouverture vis-à-vis de tous, spécialement des plus vulnérables
que sont les immigrés et les réfugiés. Nous devons aussi nous assurer que les
pauvres, chez nous et dans le monde, ne paient pas un tribut trop lourd sua
sacrifices demandés.
A
l'heure où nous affrontons ces actes meurtriers, qu'aucune cause ne peut
justifier, cette « guerre contre le terrorisme » ne doit pas nous détourner
de (engagement durable pour vaincre la pauvreté, les conflits et les injustices,
particulièrement au Proche-Orient et dans les pays en développement, qui peuvent
offrir un terrain propice à le désespérance et au terrorisme. Notre foi nous
demande de ne pas rechercher seulement un monde plus sûr, mais un monde plus
juste et plus paisible pour tous les enfants de Dieu.
En
ce 11 septembre, nous rejoignons tous les catholiques de ce pays qui
accomplissent une neuvaine de prière, de jeune, de formation, de célébration et
de témoignage. Nous demandons au Dieu de miséricorde d'accueillir ceux qui sont
morts, de guérir un peuple meurtri, de nourrir notre foi et notre espérance
dans la promesse du Christ ressuscité. Nous demandons au Dieu de justice de nous
donner la grâce, la sagesse et le courage pour nous aider à réconforter ceux
qui sont dans la peine, pour témoigner de la miséricorde, pour avoir faim et
soif de la justice et pour devenir artisans de paix (Matthieu 5). Nous nous
faisons l'écho des paroles de Jean-Paul II : « Le mal (...) n'a pas le dernier
mot dans les affaires humaines. » Notre mission en tant que croyants, un an
après le 11 septembre, est d'aider à transformer cette promesse en réalité.