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Dernière Heure |
Guerre
à Gaza : Réactions des responsables catholiques
Pour la troisième semaine, l’armée israëlienne
poursuit ses opérations militaires dans le territoire palestinien de Gaza.
Chaque jour nous sont annoncées les morts d’hommes, femmes et enfants
palestiniens. Cette situation est intolérable.
L’Eglise catholique par la voix de ses plus hauts
responsables a demandé un cessez-le feu et plaidé pour le respect de la
population civile et son droit à des conditions de vie humaines et a redit :
« Israël a droit à la sécurité. Les Palestiniens ont droit à avoir
leur état. »,.
Ce conflit n’est pas religieux. Mais des deux côtés, la religion peut
être et est utilisée. Devant les
risques de dérapages communautaires en France, des responsables religieux chrétiens,
juifs et musulmans, à Lyon et à Strasbourg, appellent les croyants, légitimement
émus par ce qui se déroule à Gaza, à éviter tout conflit intercommunautaire
en France.
* Benoît XVI : « l'option militaire n'est pas une solution » à Gaza
Le pape Benoît XVI
a affirmé jeudi que "l'option militaire n'est pas une solution" pour
résoudre le conflit qui oppose Israël et le Hamas, dans son discours annuel au
corps diplomatique accrédité auprès du Vatican.
"Une fois de plus, je voudrais redire que
l'option militaire n'est pas une solution et que la violence, d'où qu'elle
provienne et quelque forme qu'elle prenne, doit être condamnée
fermement", a lancé Benoît XVI.
Faisant appel à "la communauté
internationale", dont l'engagement peut être "déterminant", le
pape a plaidé pour que "la trêve dans la bande de Gaza soit remise en
vigueur, (afin de) redonner des conditions de vie acceptables à la
population".
Évoquant les prochaines élections en Israël,
qui auront lieu le 10 février, le pape estime "très important" que
puissent "émerger des dirigeants capables de faire progresser avec détermination
le processus (de paix, ndlr) et de guider leurs peuples vers la difficile mais
indispensable réconciliation".
Cité du Vatican, 8 jan 2009 (AFP)
*
Déclaration du cardinal Renato Martino, président du Conseil pontifical
Justice et Paix
Le cardinal Renato Martino, ministre de la Justice
et de la Paix du Vatican a estimé jeudi qu'il n'y avait "rien d'anti-israélien"
dans des propos tenus mercredi dans lesquels il affirmait que la bande de Gaza
"ressemblait de plus en plus à un camp de concentration". Israël
avait vivement dénoncé ces déclarations mercredi soir, accusant Mgr Martino
d'employer des termes "tirés de la propagande du Hamas".
"Certaines accusations ne me touchent pas.
Dans mes paroles, il n'y a rien qui
puisse être interprété comme anti-israélien", a déclaré au quotidien La
Repubblica, le président du conseil pontifical pour la Justice et la
Paix.
"Je dis de regarder les conditions (de vie) des personnes qui vivent là-bas.
Entourées par un mur qu'il est difficile de franchir. Dans des conditions
contraires à la dignité humaine. Ce qui se passe ces jours-ci fait
horreur", a réaffirmé le cardinal Martino.
"Israël a certainement le droit de se défendre et Hamas doit en tenir
compte. Mais que dire quand on tue autant d'enfants, quand on bombarde des écoles
de l'ONU, alors qu'on est en possession de moyens technologiques qui permettent
de repérer une fourmi sur le terrain?", s'est interrogé Mgr Martino. Le
cardinal a aussi dit "condamner les tirs du Hamas" sur Israël,
estimant que celui-ci "ne représente pas tous les Palestiniens".
"Je ne défends pas le Hamas: s'ils veulent un Etat palestinien, ils
doivent comprendre que la voie sur laquelle ils se sont engagés est erronée",
a ajouté le prélat. Il a tenu à rappeler qu'il avait jugé
"horrible" que des manifestants aient brûlé des drapeaux israéliens
à Milan (nord) samedi lors d'un défilé contre les raids sur Gaza et qu'il a
"condamné ces gestes de haine".
"Israël a le droit de vivre en paix, les Palestiniens ont le droit d'avoir
leur propre Etat", a-t-il résumé, estimant qu'"une force
internationale d'interposition" était nécessaire et que "les deux
parties ont des choses à se reprocher".
Rome, 8 janvier 2009
(AFP)
A
Lyon les représentants des grandes religions s'engagent
à
"témoigner de leur désir de paix"
Le
groupe « Concorde et Solidarité » qui rassemble les Représentants des
grandes religions de l'agglomération lyonnaise avec le Maire de Lyon, a tenu à
exprimer le 9 janvier son engagement pour la concorde civile, le dialogue et la
cohésion sociale.
"A l'heure où les affrontements au Proche-Orient suscitent de fortes
tensions sur la scène internationale, nous voulons réaffirmer notre détermination
à vivre ensemble dans la paix, la tolérance, le respect de chacun.
Nous sommes profondément accablés par les souffrances des populations civiles
et nous engageons à témoigner de notre désir de paix par la parole, l'action
et la prière, chacun selon ses responsabilités politiques ou religieuses.
Nous rejetons tout amalgame que ces événements pourraient engendrer parmi la
population et condamnons tout agissement visant à mettre à mal les liens
d'amitié et de confiance entre les différentes communautés de notre Cité.
Comme par le passé, et fidèles à la tradition lyonnaise de dialogue, nous
veillons avec la plus grande vigilance à ce que toutes les conditions soient réunies
pour construire ensemble un avenir commun."
Philippe Barbarin, Cardinal
Archevêque
de Lyon
Gérard Collomb, Sénateur-Maire de Lyon
Père Isaac Hekimian, Eglise Apostolique Arménienne
Père Athanase Iskos, Eglise Orthodoxe
Kamel Kabtane, Recteur
de la Grande Mosquée de Lyon
Révérend Chris Martin, Eglise Anglicane
Jean-Frédéric Patrzynski, Pasteur
de l'Eglise Luthérienne
Joël Rochat, Président de l'Eglise Réformée de Lyon
Richard Wertenschlag, Grand Rabbin Régional
John Wilson, Pasteur
de l'Eglise Evangélique Baptiste
Strasbourg :
Déclaration des responsables chrétiens Pour
la paix au Proche-Orient
Responsables des Eglises Catholique et Protestantes d’Alsace,
nous sommes profondément bouleversés par le regain de violence dans la bande
de Gaza.
Nous exprimons notre profonde solidarité à toutes les
victimes civiles innocentes dans chaque camp.
Fondée sur l’Evangile, notre conviction est qu’il ne naîtra
du recours aux armes et à la violence, aucune solution satisfaisante. Seule la
reconnaissance pleine et entière du droit à l’existence de l’autre par
chacune des parties, garantira une paix juste et durable.
Chacun, dans ce territoire marqué de tant d’histoire et de
spiritualité, doit pouvoir vivre dans la paix et la sécurité à l’intérieur
des frontières clairement reconnues par la communauté internationale.
Nous associant pleinement aux efforts de nos frères chrétiens
d’Israël et de Palestine, nous demandons à la communauté internationale de
prendre ses responsabilités et d’intervenir immédiatement pour arrêter
l’effusion de sang. Nous lui demandons de mettre fin à toute forme de
confrontation et de résoudre les causes du conflit entre les deux peuples, en
vue d’une solution juste et globale sur la base des résolutions
internationales (message du 30 décembre 2008).
En tant qu’habitants de l’Alsace, marquée par des
affrontements séculaires, et des haines farouches, nous savons que la réconciliation
et la paix sont possibles dès lors qu’existe une volonté politique. Nous espérons
qu’un processus comparable à celui qui permit la réconciliation
franco-allemande sera enclenché entre Israël et la Palestine.
Monseigneur
Jean-Pierre GRALLET, Archevêque
de Strasbourg
Professeur
Jean-François COLLANGE, Président
de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine, Président du
Directoire de l’Eglise Protestante de la Confession d’Augsbourg d’Alsace
et de Lorraine
Pasteur
Geoffroy GŒTZ , Vice-Président
de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine, Président du
Conseil Synodal de l’Eglise Protestante Réformée d’Alsace et de Lorraine